Cole, un lycéen, est le souffre-douleur de Jeremy. Mais il a la chance d'avoir encore une baby-sitter pour le protéger : elle est canon et courageuse, et s'appelle Bee. Lorsque les parents du garçon partent pour un week-end romantique, il reste donc à la maison avec Bee et ils passent la soirée à s'amuser avant qu'il doive aller se coucher. Pour qu'il trouve le sommeil rapidement, Bee lui sert un shot d'alcool qu'il verse discrètement dans un pot de fleurs pendant qu'elle va s'en servir un.
Une fois au lit, Cole textote avec son amie et voisine Melanie qui le convainc de se relever pour espionner Bee, lui assurant que les baby-sitters en profitent pour passer du bon temps avec leur petit copain. Il observe donc depuis le premier étage la jeune femme et sa bande d'amis (Max, Alison, Sonya, John et Samuel) qui jouent à action ou vérité. Bee doit embrasser tout le monde et quand elle s'exécute avec Samuel, elle lui plante deux poignards dans le crâne avant que les autres ne recueillent son sang.
Horrifié, Cole retourne dans sa chambre et appelle la police. Mais il fait ensuite semblant de dormir quand Bee et ses partenaires entrent dans la pièce pour lui prélever un peu de sang. Une fois seul à nouveau, il tente de s'enfuir en passant par la fenêtre mais s'évanouit avant. Lorsqu'il revient à lui, il est ligoté à une chaise dans le salon face à Bee et ses potes, certain qu'il va être tué à son tour...
Si, hier, je vous ai parlé, sans grand enthousiasme, de Borderline, j'avais envie de rattraper le coup, en quelque sorte, aujourd'hui, avec un autre film dont Samara Weaving est la vedette. On peut même dire que c'est le long métrage qui a fait d'elle l'actrice populaire qu'elle est devenue. Comme quoi, c'est encore possible d'être remarquée durablement dans une production Netflix.
Car Samara Weaving, c'est un peu Milly Bobby Brown qui aurait su s'émanciper du format de la plateforme de streaming en investissant un genre hybride dont elle est devenue la reine. Tandis que l'interprète de Stranger Things ou Enola Holmes n'arrive toujours pas à s'imposer hors de Netflix, Samara Weaving a pu capter une fan base fidèle qui l'a suivie au-delà de The Babysitter.
Ce n'était pas gagné car c'est un film réalisé et produit par McG, connu pour sa version de Charlie's Angels (avec Cameron Diaz, Drew Barrymore, Lucy Liu) de triste mémoire. En 2017, ce dernier est pourtant dans le creux de la vague, et il accepte une commande en espérant se relancer (ce qui n'arrivera pas).
Le vrai petit malin dans cette affaire, c'est le scénariste Brian Duffield. Il écrit ce script qui démarre comme une teen comedy assez idiote, avec ce gamin de riches qui, alors qu'il est au lycée, a encore une baby-sitter payée par ses parents. On pense alors, légitimement, à ce que la suite nous raconte les fantasmes de ce puceau, persécuté au bahut.
Et comme la baby-sitter en question a le physique très avantageux et la badass attitude de Samara Weaving, on se dit surtout qu'il a du bol. Moi aussi, à cet âge, j'aurai eu des bouffées de chaleur avec une bombasse pareille, mais je m'égare. En outre, le scénario joue sur un autre fantasme : que fait la baby-sitter une fois que le gamin qu'elle garde est au lit ?
La meilleure amie de Cole, la jolie Melanie, suggère qu'elle s'envoie en l'air avec un ou plusieurs copains, et le nom d'orgie est même prononcé pour émoustiller encore plus l'ado une fois qu'il a recherché la définition sur le Net. Trop difficile de résister, il va reluquer en douce ce qui se passe au rez-de-chaussée de la maison familiale abandonnée par ses parents.
Et c'est là que Duffield se montre original : en lieu et place de l'orgie, on a droit à une sorte de culte satanique qui révèle que Bee, la baby-sitter, est une vraie psychopathe entourée d'adorateurs aussi givrés qu'elle (quoique beaucoup plus superficiels, avec la bimbo habillée en pom-pom girl, le bellâtre musclé, le black hystérique et l'asiatique mystérieuse - une vraie bande de quotas sur pattes).
Evidemment, Cole est vite repéré, capturé et promis à un funeste sort. Sauf que rien ne va se passer comme prévu. Le film bascule dans une version gore et très drôle de Maman, j'ai raté l'avion ! où, en lieu et place de deux gredins, notre jeune héros va devoir se sauver les miches et faire preuve de plus de courage et de débrouille qu'il ne s'en pensait capable.
On pense aussi à la saga Destination Finale dans l'imagination débridée avec laquelle les méchants succombent successivement. A la fin, c'est même carrément du grand wtf, mais jouissif, car, depuis longtemps maintenant, on a compris que le film assumait son côté régressif, excessif, et qu'il ne fallait surtout pas le freiner.
En matière de plaisir coupable, The Babysitter se pose donc là. Mais, pour une fois, le formatage Netflix en fait ressortir les meilleurs atouts : en moins de 90', c'est plié. Tout va à toute allure, et l'affrontement entre ce petit bourge dont on ne donnait pas cher et Bee qui est bien décidé à lui faire la peau avant qu'il ne lui règle son compte devient irrésistiblement savoureux.
McG met tout ça en images avec efficacité. Le mélange entre les genres aboutit à un drôle d'objet qui fait rire et vous asperge d'hémoglobine en même temps, mais qui a le grand mérité d'être joué au premier degré, ce qui rend chaque scène, et la progression du récit très accrocheuse, sans temps mort. C'est très con, certes, indéniablement, mais je vous défie de vous ennuyer.
Le casting est presque accessoire : Robbie Amell est parfait en crétin qui a l'air de sortir de la salle de gym après avoir surconsommé des excitants, Hana Mae Lee et Andrew Bachelor défendent comme ils peuvent des rôles de clichés ambulants, uniquement là pour que le film soit "inclusif", et Bella Thorne suinte de vulgarité comme son personnage l'exige.
Même s'il ne brille guère par son charisme, Judah Lewis (sérieux, le gosse s'appelle Judah, mais quels parents appellent leur enfant Judah !) fait le job ne petit rupin tête à claques au début mais qui vend chèrement sa peau. Evidemment, Samara Weaving l'éclipse totalement : elle est sexy en diable, et aussi complètement flippante, et surtout elle ne cherche jamais à rendre Bee sympa, défendable. Je l'adore ! (Message à James Gunn : si Margot Robbie ne veut plus jouer Harley Quinn, pensez à Samara, elle serait géniale dans le rôle.)
Evidemment, ça ne pouvait pas s'arrêter là et Netflix nous a offert une suite, dont je vous parlerai très vite...







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