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vendredi 31 juillet 2026

GALACTIC #2 (of 3) (Curt Pires / Amilcar Pinna)


Après avoir rendu Seriah, sa fille, au chancelier Silva, Jecht Marko et son partenaire Wolf se font payer par Maxir Kesik, le vizir. Mais alors qu'ils vont remonter dans leur vaisseau, les deux chasseurs de primes surprennent Fabian, le fils du chancelier Gondek, sur le point de tuer Seriah. Ils la sauvent et prennent la fuite avec elle.


Leur vaisseau touché, ils atterrissent en catastrophe sur Kasdan V, une planète glacée. Wolf trouve la mort dans le crash et les deux autres se cachent dans une grotte. Pendant ce temps, Gondek persuade ses pairs que Silva préparait un coup d'état galactique et envoie un mercenaire, Cyn Venta, supprimer les fugitifs...


Petit à petit, les choses rentrent dans l'ordre chez l'éditeur DSTLRY. Après avoir publié la fin tant attendue de The City Beneath her Feet (aka La Fille au Blouson Lépoard, par James Tynion IV et Elsa Charretier), voici enfin le deuxième épisode de Galactic - le premier était sorti en Novembre 2025. Mais, restons mesurés : en effet, la date de parution du dernier numéro n'est toujours pas connu (alors que la série est bel et bien complétée).
 

Petit rappel : Galactic raconte l'histoire de Seraih, une princesse délurée, que son père envoie chercher par deux chasseurs de primes, Jecht Marko et Wolf. Ils s'acquittent de leur tâche sans difficulté mais Seriah a fui un mariage arrangé avec Fabian, le fils de Gondek. Ces derniers tuent le père de la jeune femme pour s'emparer de son trône.


Ce deuxième numéro reprend donc là où le récit s'était arrêté. Jecht et Wolf sont payés et sauvent Seriah de Fabian. Ils prennent la fuite. L'occasion pour Gondek de faire croire aux autres chanceliers de la galaxie que Silva allait les trahir et de justifier l'élimination de sa fille... DSTLRY a vendu la série comme la rencontre de Star Wars et Sex Criminals.


Star Wars, c'est évident : Jecht ressemble à Han Solo, son compère Wolf (un chien humanoïde) remplace Chewbacca, Seriah serait une version hot de Leia, Gondek de Palpatine. Sex Criminals est convoqué surtout pour les scènes de sexe, représentées sans fard, mais tout de même moins fréquentes et centrales que la série de Matt Fraction et Chip Zdarsky.

Curt Pires est un scénariste habile, voire roublard : il s'amuse avec les clichés du genre space opera en y ajoutant un peu de piment et pas mal de dérision. Au fond, ce n'est pas plus mal : quitte à imiter des classiques (et en passant, il est toujours nécessaire de rappeler que George Lucas a tout piqué à Valérian et Laureline de Christin et Mézières), autant le faire franchement, mais avec ce qu'il faut de distanciation.

Donc, tout est très balisé dans Galactic, mais tout est aussi plus frais, moins coincé, moins écrasé par la mythologie d'une franchise. On ne peut pas vraiment parler d'un comic book plus adulte parce qu'il y a du sexe, ou alors mieux vaut relire par exemple Les Naufragés du Temps de Forest et Gillon, mais c'est certainement un divertissement généreux et très cool.

Comme d'habitude chez DSTLRY, les épisodes sont fournis au niveau pagination : vous avez plus de 45 pages de BD, éditées dans un fascicule d'un format plus grand que les comics traditionnels, sur un meilleur papier, avec une meilleure impression. Cela donne aux auteurs le temps d'une narration affranchie des canons de l'industrie, même s'il faut payer plus cher (mais franchement, ça les vaut).

En outre, Galactic, comme beaucoup de productions DSTLRY, se distingue par sa qualité visuelle : Amilcar Pinna (qui a depuis enchaîné sur une autre série, Sicko, écrite par Tini Howard pour Ignition Press) est un artiste qui nous gratifie de pages sensationnelles, avec souvent un effet d'anamorphose dans les cadres.

Cela confère à l'ensemble un dynamisme très accrocheur, déformant les perspectives. Mais ce n'est pas constant : quand Pinna découpe une action, il peut soit opter pour un nombre de cases important, qui contribue à dilater la narration, ou alors se laisser aller à des doubles pages somptueuses, avec là encore une alternance de plans larges et serrés, de grandes et petites vignettes, pour un résultat très rythmé.

Galactic est vraiment une mini série très plaisante. Mais il faut impérativement que son éditeur communique mieux à son sujet, surtout après un aussi long hiatus.

jeudi 27 novembre 2025

GALACTIC #1 (of 3) (Curt Pires / Amilcar Pinna)


Jecht Marks et son partenaire Wolf sont des chasseurs de primes et Ventrill Null leur agent. Il leur propose une mission que leur confie Maxir Kesik, le conseiller du Chancelier Silva de la planète Azor, et qui exige de la discrétion, en échange de quoi une grosse récompense est promise. Il s'agit de retrouver la fille du Chancelier, Seriah, qui a fugué subitement et dont le traceur ne répond plus.


Ce qu'ignore tout le monde, c'est que la jeune femme a fui à cause de l'annonce d'un mariage arrangé avec Fabian, le fils psychopathe du Chancelier Gondek, et qu'elle a eu une vision de l'assassinat de son père par son prétendant... Jecht et Wolf acceptent le contrat et sollicitent leurs indics. Ils retrouvent vite la fille mais sans se douter de ce qui les attend, eux et les Silva...


J'ai appris à me méfier des comics publiés par DSTLRY qui, en la matière, réussit l'exploit de les sortir souvent avec encore plus de retard que Image Comics - par exemple, il s'est écoulé la bagatelle de 11 mois -!) entre les épisodes 1 et 2 de The City Beneath Her Feet de James Tynion IV et Elsa Charretier, raison pour laquelle je vais attendre sagement la fin de cette mini pour la lire et la critiquer.


DSTLRY est un malgré tout un éditeur qui produit des comics originaux et leurs floppies sont certes coûteux mais de grande qualité, au point que les séries compilées en albums rougissent presque la comparaison. Mais bon, il y a quand même un énorme problème de communication entre eux et leurs lecteurs sur leurs bandes dessinées.


Suivant les annonces de DSTLRY sur le réseau social BlueSky, j'ai entendu parler de ce projet depuis son annonce en Février dernier et j'ai été immédiatement accroché. Pourtant, je n'avais rien lu de Curt Pires avant, mais la promesse d'un space opera à la Star Wars comme si c'était écrit par Tarantino m'a intrigué. C'est du marketing certes, mais efficace.
  

Et je dois dire que la promesse est tenue. Le héros de Galactic est un chasseur de primes qui est directement inspiré de Han Solo et il a pour acolyte un extraterrestre avec une tête de chien. C'est pas Chewbacca, mais presque. On fait appel à lui pour retrouver une princesse fugueuse, qui a fui un mariage arrangé avec un jeune héritier psychopathe.

Et c'est là qu'intervient l'aspect "tarantinesque" du plot : la jolie princesse est une délurée de première, qui, une fois partie de chez elle, échoue dans un bar tenu par des hippies et couche avec une fille. Visiblement elle aime ça puisqu'elle se demande "pourquoi les femmes sont meilleures que les hommes pour bouffer de la chatte ?".

Curt Pires, avant cela, nous gratifie d'un long prologue (peut-être un peu trop long, mais quelque chose me dit qu'on reverra des personnages qui y figurent) où il présente Jecht et Wolf. Ceux-ci ont récupéré l'équipement d'un ranger de l'espace qui, en guise de remerciement, a effacé leur casier judiciaire, car ils avaient été arrêtés à la suite d'une bagarre dans un bar.

Ce prologue permet en tout cas d'introduire le personnage qui opère la liaison entre cette première mission et la suivante, celle qui consiste à retrouver la princesse. Ventrill Null est l'agent de Jecht et Wolf, c'est lui qui leur déniche de juteux contrats et, en l'occurrence, leur présente Maxir Kesik, le conseilleur du Chancelier Silva, le père de la princesse.

Le récit est extrêmement rythmé, très drôle, abondant en action. Au fond, Galactic, comme beaucoup de space operas, aurait pu être un western ou un polar, mais le scénariste a manifestement voulu se faire plaisir en déplaçant tout ça dans le futur et l'univers. Les références sont explicites et assumés, c'est vraiment comme si Tarantino avait écrit un film Star Wars.

Partant de là, Amilcar Pinna ne se dégonfle pas : son dessin est hyper expressif, et comme DSTLRY est un éditeur indé, pas de censure. On peut montrer une fille en train de bouffer la chatte d'une autre, on peut aussi montrer un chasseur de primes dégommant à la grenade des aliens. Mais ce n'est jamais racoleur, gratuit. En revanche, c'est donc très amusant et décomplexé.

Pinna, comme Pires, est une révélation pour moi : son dessin avec un trait fin et détaillé cite Moebius (dans le texte) ou plus proche de nous Frank Quitely, rien que ça. Le découpage est généreux, avec des doubles pages incroyablement détaillées, des enchaînements très fluides. Et surtout un recours à des plans en anamorphoses qui déforment les perspectives de manière super énergiques.

Le mec est un surdoué dont je m'étonne, après m'être un peu renseigné à son sujet, qu'il n'ait pratiquement pas bossé chez les Big Two (il avait dessiné All-New Ultimates chez Marvel). Comment peut-on passer ou laisser filer un tel artiste ? Incroyable ! Et pour ne rien gâcher, la colorisation est assuré par l'excellent Lee Loughridge.

On ne voit en tout cas pas filer ces 50 pages de BD grisantes. C'est formidablement écrit et mis en images, c'est assurément un titre qui va compter en 2026 (et comme il a été annoncé très en avance, je pense que les auteurs ont eu le temps de réaliser déjà pas mal de boulot). Je ne regrette pas ce retour chez DSTLRY.