Après avoir rendu Seriah, sa fille, au chancelier Silva, Jecht Marko et son partenaire Wolf se font payer par Maxir Kesik, le vizir. Mais alors qu'ils vont remonter dans leur vaisseau, les deux chasseurs de primes surprennent Fabian, le fils du chancelier Gondek, sur le point de tuer Seriah. Ils la sauvent et prennent la fuite avec elle.
Leur vaisseau touché, ils atterrissent en catastrophe sur Kasdan V, une planète glacée. Wolf trouve la mort dans le crash et les deux autres se cachent dans une grotte. Pendant ce temps, Gondek persuade ses pairs que Silva préparait un coup d'état galactique et envoie un mercenaire, Cyn Venta, supprimer les fugitifs...
Petit à petit, les choses rentrent dans l'ordre chez l'éditeur DSTLRY. Après avoir publié la fin tant attendue de The City Beneath her Feet (aka La Fille au Blouson Lépoard, par James Tynion IV et Elsa Charretier), voici enfin le deuxième épisode de Galactic - le premier était sorti en Novembre 2025. Mais, restons mesurés : en effet, la date de parution du dernier numéro n'est toujours pas connu (alors que la série est bel et bien complétée).
Petit rappel : Galactic raconte l'histoire de Seraih, une princesse délurée, que son père envoie chercher par deux chasseurs de primes, Jecht Marko et Wolf. Ils s'acquittent de leur tâche sans difficulté mais Seriah a fui un mariage arrangé avec Fabian, le fils de Gondek. Ces derniers tuent le père de la jeune femme pour s'emparer de son trône.
Ce deuxième numéro reprend donc là où le récit s'était arrêté. Jecht et Wolf sont payés et sauvent Seriah de Fabian. Ils prennent la fuite. L'occasion pour Gondek de faire croire aux autres chanceliers de la galaxie que Silva allait les trahir et de justifier l'élimination de sa fille... DSTLRY a vendu la série comme la rencontre de Star Wars et Sex Criminals.
Star Wars, c'est évident : Jecht ressemble à Han Solo, son compère Wolf (un chien humanoïde) remplace Chewbacca, Seriah serait une version hot de Leia, Gondek de Palpatine. Sex Criminals est convoqué surtout pour les scènes de sexe, représentées sans fard, mais tout de même moins fréquentes et centrales que la série de Matt Fraction et Chip Zdarsky.
Curt Pires est un scénariste habile, voire roublard : il s'amuse avec les clichés du genre space opera en y ajoutant un peu de piment et pas mal de dérision. Au fond, ce n'est pas plus mal : quitte à imiter des classiques (et en passant, il est toujours nécessaire de rappeler que George Lucas a tout piqué à Valérian et Laureline de Christin et Mézières), autant le faire franchement, mais avec ce qu'il faut de distanciation.
Donc, tout est très balisé dans Galactic, mais tout est aussi plus frais, moins coincé, moins écrasé par la mythologie d'une franchise. On ne peut pas vraiment parler d'un comic book plus adulte parce qu'il y a du sexe, ou alors mieux vaut relire par exemple Les Naufragés du Temps de Forest et Gillon, mais c'est certainement un divertissement généreux et très cool.
Comme d'habitude chez DSTLRY, les épisodes sont fournis au niveau pagination : vous avez plus de 45 pages de BD, éditées dans un fascicule d'un format plus grand que les comics traditionnels, sur un meilleur papier, avec une meilleure impression. Cela donne aux auteurs le temps d'une narration affranchie des canons de l'industrie, même s'il faut payer plus cher (mais franchement, ça les vaut).
En outre, Galactic, comme beaucoup de productions DSTLRY, se distingue par sa qualité visuelle : Amilcar Pinna (qui a depuis enchaîné sur une autre série, Sicko, écrite par Tini Howard pour Ignition Press) est un artiste qui nous gratifie de pages sensationnelles, avec souvent un effet d'anamorphose dans les cadres.
Cela confère à l'ensemble un dynamisme très accrocheur, déformant les perspectives. Mais ce n'est pas constant : quand Pinna découpe une action, il peut soit opter pour un nombre de cases important, qui contribue à dilater la narration, ou alors se laisser aller à des doubles pages somptueuses, avec là encore une alternance de plans larges et serrés, de grandes et petites vignettes, pour un résultat très rythmé.
Galactic est vraiment une mini série très plaisante. Mais il faut impérativement que son éditeur communique mieux à son sujet, surtout après un aussi long hiatus.











