Affichage des articles dont le libellé est Federico Vicentini. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Federico Vicentini. Afficher tous les articles

mardi 10 février 2026

X-MEN : RAID ON GRAYMALKIN (Jed MacKay, Gail Simone / Ryan Stegman, David Marquez, Edgar Salazar, Federico Vicentini, Javier Garron, Netho Diaz)


X-MEN : RAID ON GRAYMALKIN
(X-Men #8-9-10 &
Uncanny X-Men #7-8)


L'équipe des X-Men dirigée par Cyclope est basée en Alaska et le Fauve se rend à Merle pour y rencontrer les shérif. Il est arrêté et capturé en chemin par une équipe des forces paramilitaires du Dr. Corinna Ellis qui l'enferme dans une cellule du manoir de Graymalkin, l'ancien institut Charles Xavier reconverti en prison. Elle va le livrer au gouvernement de Terra Verde pour les exactions qu'il y a commises. Hank McCoy retrouve au manoir, parmi d'autres détenus mutants, Jubilé et Calico...


En apprenant la capture de Calico et Jubilé, Malicia décide d'aller les libérer et contacte Cyclope qui désapprouve d'abord son plan avant de se raviser lorsqu'il apprend l'enlèvement du Fauve. L'équipe de Cyclope attaque le manoir de Graymalkin où elle retrouve celle de Malicia. Les deux formations s'affrontent d'abord avant de revenir à la raison lorsque Calico, Jubilé et le Fauve s'évadent...


C'est alors que le Dr. Ellis lâche sur eux les mutants qu'elle a convaincus de collaborer avec elle. Diablo et Psylocke profitent du chaos pour aller libérer le professeur Charles Xavier, également retenu dans ces murs. Ellis fait alors appel aux services de Phillip Scurvy, un télépathe surpuissant pour empêcher cela...


Ce crossover entre les séries X-Men et Uncanny X-Men est symptomatique de la méthode Tom Brevoort sur la franchise X : à peine les deux deux titres ont-ils achevé leur premier arc qu'il organise leur réunion et leur affrontement. L'affaire a cependant le mérite de ne pas prendre trop de temps : 4 épisodes plus un cinquième qui montre les conséquences des actions de l'équipe de Cyclope.


Après la fin de l'ère Krakoa, les mutants sont donc dispersés et les deux équipes les plus emblématiques résident aux extrémités de l'Amérique du Nord : Cyclope et ses fidèles sont basés en Alaska tandis que la bande à Malicia habitent en Louisiane. Si Malicia et compagnie se tiennent à l'écart des humains, ne désirant plus chercher à cohabiter avec eux, Cyclope et les siens sont plus actifs et enquêtent sur des mutants dont les pouvoirs se manifestent non pas à la puberté mais à l'âge adulte.

Pour justifier la réunion des deux formations, Jed MacKay et Gail Simone ont un argument tout trouvé : l'institut pour jeunes surdoués de Charles Xavier à Graymalkin, Wortchester, est devenu la propriété du Dr. Corinna Ellis qui l'a transformé en prison pour mutants. Elle tire ses financements de plusieurs sources, notamment de la Terra Verde, un pays (fictif) d'Amérique latine.

Ceux qui ont lu X-Force durant l'ère Krakoa se souviennent que le Fauve y a mené des exactions, révélant son côté le plus sombre, prêt à tout pour assurer la protection de l'Etat mutant. Aujourd'hui, Ellis le fait capturer pour le livrer aux autorités de la Terra Verde pour ses crimes passés en échange d'un gros chèque.

En parallèle, dans Uncanny X-Men #6, on a assisté à la capture de Jubilé (qui faisait des courses en compagnie de Diablo) et de Calico (une des Outliers qui faisait sa rentrée scolaire) par les mêmes sbires de Ellis. Les deux filles retrouvent donc le Fauve au réfectoire du manoir. Malicia apprend que ses amies sont portées disparues grâce à Diablo tandis que Cyclope ne découvre le kidnapping du Fauve qu'ensuite.

Le reste aboutit donc aux assauts conjugués des deux équipes sur Graymalkin, chacune pour libérer leurs amis. Mais la mission va se compliquer quand Malicia entreprend de sortir Charles Xavier de là alors que Cyclope y est fermement opposé, considérant que Xavier les a toujours manipulés, trahis et qu'il mérite de rester incarcéré.

Ces épisodes ayant déjà été traduits en vf par Panini, je ne spoile rien en disant que chacun repartira avec ceux qu'ils sont venus chercher, mais que Xavier restera effectivement dans sa cellule. Cela aboutit à un énième schisme entre mutants : Malicia ne pardonnant pas à Cyclope d'avoir abandonné Xavier. 

L'album se termine par un épisode de X-Men où Cyclope répond à Lundqvist, leader de O.N.E. (Office of National Emergency) qui veille au respect de la loi par les mutants en Alaska, de ses actions à Graymalkin. L'échange est tendu et Cyclope l'emporte sur le fil en menaçant Lundqvist : s'il l'arrête ou s'en prend aux mutants, alors sa femme (Jean Grey/Phénix) reviendra et détruira tous les humains en représailles !

Tout ça n'est franchement pas très bon. Pas nul, mais pas bon non plus. On assiste à un affrontement idéologique entre Malicia et Cyclope comme jadis entre Wolverine et Cyclope (la mini Schism), c'est du réchauffé. En même temps durant le raid sur Graymalkin, X-Men et Uncanny X-Men prennent quand même le temps de plaisanter et finalement Ellis laisse filer tout le monde.

Jed MacKay et Gail Simone auraient pu en profiter pour expliquer pourquoi les deux équipes (et les mutants en général) se sont dispersés depuis la chute de Krakoa. Mais on sent que Brevoort n'a pas envie de justifier cela et donc ça reste injustifié. Tout juste doit-on se contenter d'une équipe (X-Men) qui continue à défendre des mutants en s'opposant aux autorités et une autre (Uncanny X-Men) qui continue à vivre de manière isolée (la Louisiane se substituant à l'île de Krakoa en somme).

Tout cela révèle un manque flagrant de direction sur toute la franchise. Non seulement les séries ne communiquent plus vraiment entre elles, mais surtout tous ces mutants qui formaient il n'y a pas si longtemps une communauté unie, un Etat, sont désormais artificiellement décomposés, comme si rien ne subsistait du passé récent (bon, maintenant, Brevoort a annoncé X-Men United, qui pourrait revenir sur ce statu quo..).   

Même si Jonathan Hickman avait prévu la fin de Krakoa dans sa saga initiale, il n'en reste pas moins qu'avec la reprise en main de la franchise X par Brevoort, priorité est donnée à la multiplication de séries sans qu'on saisisse très bien pourquoi qui choisit tel camp (Forge avec X-Force, Angel puis Havok avec X-Factor, Kitty Pryde et Emma Frost avec Exceptional X-Men, Ms Marvel avec Nyx).

Hickman avait trouvé avec Krakoa, la nation X, le moyen de réunir tous les mutants (ou quasi) sous un même "toit" et en le justifiant intelligemment et audacieusement. Brevoort revient à une logique plus marchande : sans refuge commun, les mutants sont aux quatre vents et donc on lance plein de séries pour montrer où ils sont, ce qu'ils deviennent, même si, pour la plupart, c'est absurde.

En revanche, l'intrigue de Raid on Graymalkin est plus un prétexte pour évoquer l'éléphant dans pièce (Charles Xavier) que pour motiver la libération du Fauve, Calico et Jubilé. Xavier a une fois de plus dérapé à la fin de l'ère Krakoa : mérite-t-il, comme le pense Cyclope, qu'il paie et reste enfermé ? Ou qu'on le libère lui aussi car il reste le mentor des mutants ? Ce sera tranché plus tard, avec le crossover (impliquant cette fois toutes les séries X) X-Manhunt.

Visuellement, ce crossover voit défiler pas moins de six artistes pour cinq épisodes. Ryan Stegman dessine seul X-Men #8 puis reçoit le renfort de Federico Vicentini sur le #9 avant d'être carrément remplacé par Netho Diaz sur le #10. Dans tous les cas, c'est assez médiocre, en plus d'être donc très inégal.

David Marquez est aidé par Edgar Salazar sur Uncanny X-Men #7, puis remplacé par Javier Garron sur le #8. C'est déjà plus concluant et j'aurai adoré que Marquez et Garron restent les deux artistes réguliers, en alternance, sur UXM. Cela aura permis à chacun de souffler tout en maintenant de la qualité sur cette cadence effrénée de 18 épisodes/an. 

Cette parenthèse, superflue, refermée, Jed MacKay et Gail Simone vont pouvoir reprendre leurs séries tranquillement... Jusqu'à X-Manhunt.

jeudi 30 octobre 2025

IMPERIAL #4 (of 4) (Jonathan Hickman / Iban Coello & Federico Vicentini)


Nova a découvert qui avait organisé l'assassinat des dirigeants galactiques et déclenché ainsi une guerre. Les Skrulls ayant infiltré les rangs des Kree ont été les jouets de cette manipulation. Les Shi'ar préfèrent se retirer du conflit tandis que Black Panther, Hulk et Brawl affrontent le Super-Skrull que Flèche Noire, leader des Inhumains, les aide à vaincre. Quelles seront les conséquences de cette bataille ?


Jonathan Hickman conclut son event cosmique avec un numéro à la pagination généreuse (près de 50 pages). Il est donc temps de dresser un bilan sur ce projet qui doit relancer les comics dans ce registre chez Marvel. L'éditeur reste d'ailleurs très mesuré sur le futur et encore plus quand il s'agit de nommer l'auteur qui dirigera cette collection.


De fait on ignore l'implication de Hickman après la fin de Imperial. La logique voudrait qu'il reste la tête pensante de ces récits galactiques, mais le scénariste ne communique pas à ce sujet. On sait qu'il occupe désormais une place un peu spéciale chez Marvel, lançant des "concepts" qu'il laisse à d'autres le soin de développer, trop mécontente que la franchise X-Men lui ait échappé.


Imperial semble avoir satisfait au niveau commercial Marvel, sans pour autant être un énorme carton, ce qui confirme que l'éditeur a toujours autant de mal à pérenniser ce pan de son univers (quand DC le fait avec facilité et succès). Peut-être que si une relance sérieuse des Gardiens de la Galaxie était à l'ordre du jour, les lecteurs s'investiraient davantage mais Imperial risque bien de compromettre cette idée.


En effet, sans trop spoiler, le dénouement de cette mini-saga (si on s'est contenté de lire la série centrale, sans les tie-in) impacte notamment mais conséquemment la position de Peter Quill/Star-Lord dont Hickman fait l'héritier direct de son père, J'Son, avec lequel il a pourtant toujours eu une relation difficile. En tout cas, on ne semble pas près de revoir Star-Lord à la tête d'une équipe de pirates de l'espace.


En vérité, Imperial, par certains aspects (pas tous cependant), fait l'effet d'un pétard mouillé. On nous promettait un changement de statu quo mais ce n'est qu'à moitié vrai. A l'issue de ces quatre épisodes, la mini-série modifie certes l'échiquier politique cosmique mais pas tant que ça. Et même le retour des Inhumains sur le devant de la scène ne remplit pas toutes ses promesses.

Certaines forces en présence retournent à une forme d'isolationnisme (les Shi'ar), d'autres reprennent leur rôle de moutons noirs (les Skrulls). L'Empire du Wakanda joue la montre. Nova se fâche durablement avec Star-Lord. Hulk retourne à Sakaar. Et les Kree et les Inhumains se préparent à des lendemains difficiles.

Ce qu'effectue ce dernier épisode d'Imperial, c'est plus de préparer le terrain à de nouvelles intrigues qu'à une résolution en bonne et due forme. C'est assez malin si Marvel compte sérieusement développer ce que Hickman a proposé. Par contre, je ne suis pas certain que ça suffise à convaincre un nombre important de lecteurs d'investir dans de prochaines mini-séries ou ongoing sur ces factions.

En effet, Hulk, Black Panther sont, à mon avis, trop identifiés comme des personnages dont les histoires sont liées à la Terre (et d'ailleurs, outre le fait que Black Panther n'a plus de série régulière, le titre Hulk est actuellement écrit par Philip Kennedy Johnson sans aucune mention à sa partie cosmique). Quant aux Shi'ar, aux Kree, aux Skrulls, et même aux Inhumains, ont-ils un public prêts à les lire ?

Si Hickman écrit une série Inhumans, ce serait un argument certain pour attirer des curieux, mais rien n'a été annoncé dans ce sens. Les Gardiens de la Galaxie sont aux abonnés absents depuis le bref run de Lanzing & Kelly (en 2023) et donc le nouveau rôle de Star-Lord compromet tout relaunch, alors que ce sont les personnages les plus populaires de la branche cosmique de Marvel. Quant à Nova, Marvel a toujours rêvé d'en faire son Green Lantern, mais sans placer une équipe créative digne de ce nom dessus.

Imperial donnait envie de croire à un projet solide et à long terme, mais au bout de ses quatre épisodes et de ses tie-in, rien de convaincant, rien d'accrocheur. Ce que Hickman peut développer sur Substack avec son grand projet 3Moons.3Worlds. où il invente, avec d'autres auteurs et d'autres artistes, tout un univers de S.-F., Marvel ne peut le lui permettre.

L'autre défaut d'Imperial, c'est sa partie graphique. Contrairement à House of X/Powers of X, ici pas de Pepe Larraz et RB Silva pour soutenir graphiquement le scénario, mais Iban Coello et Federico Vicentini. Coello a un dessin plus classique et lisible, mais sans éclat. Vicentini est trop brouillon mais a de l'énergie. L'un dans l'autre, ça demeure trop moyen pour susciter l'enthousiasme.

Si Imperial était une série régulière fédérant des personnages charismatiques et d'autres moins mais avec un sérieux potentiel, avec un auteur résolu à mener tout ça sur le long terme (avec des lecteurs nombreux au rendez-vous), je serai plus optimiste. Mais là, c'est à la fois trop pour quatre numéros introductifs et pas assez pour voir plus loin.

Reste que la rumeur d'un retour de Brian Michael Bendis circule et que les pronostics vont bon train sur ce qu'il pourrait faire (Daredevil ? Avengers ? Miles Morales ?). Et si c'était justement un projet cosmique sur les bases lancées par Imperial, lui qui avait fait des Gardiens de la Galaxie un carton, inspirant les films de James Gunn ? 

vendredi 22 août 2025

IMPERIAL #3 (of 4) (Jonathan Hickman / Iban Coello, Federico Vicentini)


L'attaque des Skrulls s'est achevée par la destruction du portail qui a permis aux belligérants d'atteindre l'empire du Wakanda. Seul le Milano II, vaisseau de Star-Lord avec à son bord ce dernier, Nova et Shuri, a réussi à passer avant sa fermeture. Direction : Xandar, l'ancienne base du Nova Corps, pour savoir qui a déclenché cette guerre...


Enfin ! A un mois de son dénouement, Imperial aboutit à un épisode de qualité. Pas au niveau visuel : c'est toujours aussi médiocre et le partage des planches entre Iban Coello et Federico Vicentini n'arrange rien. Les deux artistes sont tous les deux incapables depuis le début de retranscrire l'ampleur cosmique et la complexité de l'intrigue.


C'est vraiment dommage que Marvel n'ait pas mis à la disposition de Jonathan Hickman des dessinateurs à la mesure d'un tel projet. D'ailleurs un seul bon dessinateur ou deux moyens n'auraient pas suffi : il fallait à Imperial un metteur en scène de première classe. Mais qui chez Marvel aujourd'hui peut prétendre à ce titre ?


Il y a vraiment un gros souci à ce niveau en ce moment chez Marvel. L'éditeur possède encore des artistes compétents, mais guère qui soient réellement excitants au point que leur nom dans les crédits vous fassent espérer à un résultat exceptionnel. Surtout dans le registre du space opera qui requiert des aptitudes bien spéciales.


Pour Hickman, c'est même assez cruel : quand on pense que pour relancer les mutants, il avait pu s'appuyer sur Pepe Larraz et RB Silva et aujourd'hui on lui file Coello et Vicentini. Quelle dégringolade ! Mais aussi quel manque affiché d'ambition visuelle pour Marvel qui compte sur un scénariste vedette mais sans le soutenir sur le plan graphique.

C'est d'autant plus dommage qu'avec ce pénultième épisode, Imperial se réveille franchement. L'épisode est découpé en deux parties bien nettes : la première voit Star-Lord, Shuri et Nova arriver sur Xandar, l'ancienne QG du Nova Corps où Richard Rider va consulter l'Esprit-Monde pour découvrir qui a organisé le conflit galactique.

La seconde partie, plus importante en nombre de pages et termes narratifs, voit l'identité des deux joueurs révélée : depuis le début de cette mini-série, on a pu voir en effet deux individus s'adonner à une partie qui correspond aux mouvements des adversaires sur le terrain. Ces deux personnages, restés dans l'ombre, étaient les véritables instigateurs du conflit.

Et il s'agit donc d'un côté du doyen de l'univers, le Grand Maître, et de l'autre de l'Inhumain, Maximus le fou. Si le premier gagne le match, il disposera du savoir des Inhumains, en particulier celui concernant les brumes terrigènes qui leur donnent leurs pouvoirs. Mais si c'est l'autre qui l'emporte, alors les Inhumains seront en position de force pour devenir les nouveaux maîtres de la galaxie.

De là à supposer que Marvel et Hickman préparent le terrain pour un retour des Inhumains dans une série qui leur serait dédiée, il n'y a qu'un pas (même si Hickman a déclaré que son rêve serait d'écrire un relaunch de Micronauts, ce qui ne serait possible qu'avec un accord entre Hasbro et Marvel). Mais la situation a de quoi faire sourire.

Car, rappelez-vous du sinistre Ike Permulter, ancien cadre de Marvel, qui, furieux de ne pouvoir récupérer les droits pour le cinéma des X-Men et des Fantastic Four (alors propriétés de la Fox), avait fait le forcing, il y a une dizaine d'années, pour que les mutants soient remplacés par les Inhumains dans les boutiques...

Le résultat avait produit des choses intéressantes, sous la houlette de Charles Soule (après avoir été d'abord confiées à Matt Fraction), mais les lecteurs n'avaient pas suivi. Il est certain que si les Inhumains devaient retenter leur chance avec Hickman à la barre, ce serait plus vendeur. Et sans doute l'auteur aurait les coudées plus franches que sur les X-Men.

Mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs. Ce qui est certain, c'est que les Inhumains sont voués à jouer un rôle majeur dans le dernier épisode d'Imperial et ce qui sera fait du pan cosmique de Marvel ensuite. Pour cela Hickman s'est adonné à un de ses jeux favoris en exploitant divers événements antérieurs pour y placer les Inhumains en première ligne.

C'est ce qu'il avait fait avec HoX/PoX, et il montre qu'il est toujours aussi habile ici. Imperial aura donc été un projet carburant au diesel, démarrant laborieusement, mais aboutissant à un final prometteur. Hickman continuera-t-il à superviser ce qu'il a mis en place ou va-t-il en rester là ? Tout dépend de ce que Marvel a donc en tête avec les Inhumains. Et si les auteurs désignés pour développer ce qu'Imperial a établi seront inspirés - assez en tout cas pour motiver les lecteurs à acheter.

J'aimerai évidemment y croire, avec Hickman à la barre, et si possible un vrai bon dessinateur cette fois. Mais comme il est d'usage de le dire maintenant, avec Marvel, c'est compliqué...

vendredi 18 juillet 2025

IMPERIAL #2 (of 4) (Jonathan Hickman / Iban Coello, Federico Vicentini)


La mort par empoisonnement de plusieurs dirigeants galactiques et l'assassinat de J'son de Spartax par un sniper wakandais a déclenché une guerre contre l'empire galactique de Black Panther. Les kree réussissent à percer une brèche dans le dôme de vibranium qui le protègent et les shi'ar capturent Shuri. Mais celle-ci démontre à Nova et Star-Lord que les meurtres ne viennent pas de son clan...


Le premier épisode de Imperial m'avait franchement laissé sur ma faim. Malgré une pagination étendue (comme ce nouveau numéro), ce dont souffrait cet event cosmique, c'était d'un souffle épique que Jonathan Hickman échouait à créer. Il faut dire que le projet a de quoi surprendre sans son format avec une saga principale de quatre chapitres et autant de tie-in.


L'autre curiosité, c'était que les protagonistes de cette intrigue étaient la famille Hulk (Bruce Banner, Amadeus Cho, Jennifer Walters) et l'empire du Wakanda côtoyant des forces comme les shi'ar, les kree, les skrulls, les kymméliens, les spartoi. Un peu comme si Hickman se moquait du temps passé et réintroduisait des concepts de Greg Pak, Ta-Nehisi Coates à la va-comme-je-te-pousse.


Le souci, en vérité, c'est que Hickman, chez Marvel, il l'a dit lui-même, est maintenant une sorte de lanceur d'idées, de concepts, mais une fois lancés, il ne s'occupe plus de les développer, laissant à son éditeur le choix de poursuivre et de sélectionner des auteurs pour continuer. Une implication minimale qui laisse songeur mais qui est la conséquence de sa mauvaise expérience sur X-Men.


En fait, Hickman synthétise à lui seul ce qui ne va pas chez Marvel : avec leur manie de relancer des séries tous les ans (et encore, ça, c'est quand ils ne les annulent pas avant), le lecteur n'a plus envie de s'investir, en temps et en argent, dans des histoires qui risquent d'être rapidement condamnées, faute de ventes suffisantes ou d'intrigues passionnantes.
  

Que Hickman ait eu une mauvaise expérience sur X-Men, c'est évidemment déplorable. Qu'il renonce désormais à s'engager sur le long terme dans des projets ambitieux pose d'autres questions : pourquoi continuer chez Marvel s'il ne s'y sent plus bien ? Dans quelle mesure lui-même est intéressé par ce qu'il produit ? Et le résultat ne souffre-t-il pas imparablement de tout ça ?

Imperial, c'est donc ça : une énième tentative pour Marvel d'exploiter son domaine cosmique mais sans grande conviction. Evidemment, mettre Hickman en première ligne est attirant pour le lecteur qui sait la capacité de cet auteur à bâtir des sagas, mais ça n'est pas non plus un gage de réussite commercial (G.O.D.S. est là pour le prouver).

Et puis, à part Les Gardiens de la Galaxie, quelle autre série peut-on citer chez Marvel qui a largement plu aux lecteurs ? Dan Abnett et Andy Lanning avaient initié le phénomène, mais c'est Brian Michael Bendis qui l'a vraiment popularisé, et après lui, ce fut une très longue dégringolade (Donny Cates, Al Ewing, Jackson Lanzing & Collin Kelly) jusqu'à la disparition effective du titre.

Quand chez DC, on peut compter sur Green Lantern depuis belle lurette, Nova, qui a été imaginé comme son équivalent chez Marvel, n'a jamais accédé au rang de vedette. Thanos, le pendant de Darkseid, est usé jusqu'à la corde, comme tous les antagonistes kree-skrulls. Et ne parlons pas d'Adam Warlock, Captain Marvel, Silver Surfer...

Une fois qu'on a dit ça, qu'en est-il de ce deuxième numéro de Imperial ? C'est donc la guerre déclarée contre l'empire du wakanda. La majeure partie du chapitre est une longue bataille, très confuse, notamment à cause de dessins épouvantablement mal fichus où on passe plus de temps à se demander ce qui arrive qu'à savourer l'action et ses rebondissements.

Que Marvel soit infichu de trouver un dessinateur valable pour un tel projet, c'est déjà pas glorieux, mais qu'on en ait deux qui produisent des planches aussi médiocres, c'est le pompon. Iban Coello est plus classique, donc plus facile à lire, mais c'est tout de même très décevant. Et Federico Vicentini commet des dessins d'un niveau tellement bas qu'on se demande comment il a pu être retenu.

Hickman, lui, enfile les péripéties comme des perles. Jamais on ne vibre pour ce qu'il nous raconte, c'est totalement désincarné, le signe qu'il s'en branle ouvertement. Ses personnages n'ont aucune épaisseur, leurs interactions sont mécaniques, on se fiche de ce qui leur arrive. Même les bastons sont ennuyeuses. C'est terrible.

Il y a pourtant de bons ingrédients, mais tout est tellement balancé à la figure du lecteur, qu'on sent bien que le coeur n'y est pas. Et quand les vrais méchants se démasquent, on soupire en se disant : "encore eux !". Honnêtement, c'est pénible et je ne suis plus motivé pour les deux prochains épisodes, au point que j'ignore si j'en ferai la critique. Quelle débâcle !

mercredi 4 juin 2025

IMPERIAL #1 (of 4) (Jonathan Hickman / Iban Coello & Federico Vicentini)


Amadeus Cho et Jennifer Walters accompagnent Bruce Banner sur Sakaar En Nevo pour y assister aux funérailles du second fils de Hulk, Hiro Kala. Celui-ci, comme l'expliquent des médecins-légistes, que la victime a été empoisonnée. Hulk part pour le siège du conseil galactique avec Amadeus, laissant She-Hulk sur Sakaar afin d'assurer le maintien de l'ordre.


Mais là-bas, J'son et son fils Peter Quill sont au chevet de l'impératrice Victoria de Spartax, également empoisonnée. Star-Lord tente de convaincre Richard Rider/Nova de mener l'enquête mais il refuse d'être mêlé aux affaires de J'son et Peter. Par ailleurs, une réunion du conseil doit se tenir mais la délégation du Wakanda fait savoir qu'elle ne s'y rendra pas.


La mort de Victoria et les conclusions des médécins-légistes forcent J'son à ouvrir la réunion des chefs d'Etats de la galaxie en affirmant que le coupable est parmi eux. Mais la situation va connaître plusieurs rebondissements...


C'est parti pour l'event cosmique de Marvel. Un petit event qui ne comptera que quatre épisodes, mais qui, en vérité, serviront de rampe de lancement pour des spin-off (deux ont déjà été annoncés) et plus globalement pour relancer toute cette collection de titres "spatiaux". Tout cela s'inscrit dans le nouveau job de Jonathan Hickman qui consiste à lancer des concepts que d'autres poursuivront.


L'argument est très simple : plusieurs régents galactiques sont assassinés, tous de la même manière (par empoisonnement). Qui commet ces crimes ? Et pourquoi ? Dès la fin de l'épisode, un coupable est désigné, que toutes les preuves accablent. Mais bien sûr, le lecteur se doute bien que ça ne peut pas être si simple. On est donc clairement dans un récit policier avec un cadre géopolitique et s.-f..


On est donc aussi dans quelque chose de typiquement à la (dé)mesure de Hickman, world-builder (et destroyer) par excellence. Mais on se souvient aussi que le même Hickman avait tenté quelque chose de similaire avec son projet G.O.D.S. en 2023, revisitant le panthéon de Marvel, et si j'avais beaucoup aimé pour ma part, il faut bien reconnaître que j'étais un peu le seul.

Personne, à part un peu Al Ewing dans Immortal Thor, n'avait été inspiré par ces personnages, leur revisite, et visiblement le succès commercial n'avait pas été suffisant pour générer une suite. Et désormais Hickman refuse d'assumer une collection de séries (n'étant pas en mesure de diriger une troupe d'auteurs comme un editor et donc de leur imposer sa conception d'ensemble).

En fait, la génèse de Imperial remonte aux épisodes que Hickman écrivit pour New Mutants au début de l'ère Krakoa : il avait envoyé les héros dans l'espace, plus précisément sur le monde-trône Shi'ar de Chandilar, pour y orchestrer les retrouvailles de l'équipe (et de Sunspot en particulier) avec leur ami Cannonball, marié à un membre de la garde impériale.

Hickman avait prévu de continuer cette histoire qui aurait abouti à l'accession au trône Shi'ar du couple Sunspot-Deathbird. Mais, accaparé par la série X-Men (puis le crossover X of Swords), il s'est fait griller la politesse par l'editor Jordan White qui a nommé Vita Ayala scénariste de New Mutants et a entraîné la série dans une direction totalement différente, oubliant Sunspot et Cannonball.

Depuis, Hickman a reconnu que l'expérience X-Men avait été sa plus grande déception professionnelle (sans toutefois égratigner personne, mais évidemment tout le monde sait désormais que lui et White ont été en désaccord et que l'auteur a préféré en rester là en concluant son run avec la mini Inferno). Toutefois, Imperial ressemble à du recyclage.

L'intrigue met en scène plusieurs protagonistes que Hickman réemploie comme si leurs dernières aventures dataient d'un certain temps : il y Hulk mais tel qu'on l'a connu durant Planet Hulk (par Greg Pak en 2009), il y a Black Panther (mais tel que Ta-Nehisi Coates l'a dirigé dans son run en 2018), il y a Star-Lord (mais sans les Gardiens de la Galaxie), Nova, les Shi'ar, Hulkling et Wiccan et leur alliance Kree/Skrull...

Et il est aisé de voir que, pour Imperial, Nova et Star-Lord, jouent les rôles qui devaient être prévus pour Cannonball et Sunspot - reste à voir si Star-Lord finira à la tête de la garde impériale Shi'ar (ce serait étonnant puisqu'il est prince héritier de Spartax) ou Nova marié à l'une de ses membres ((tout aussi improbable).

Certains lecteurs amateurs de sagas cosmiques compareront immanquablement Imperial avec les différentes sagas Annihilation du temps de Dan Abnett et Andy Lanning, quand les deux auteurs avaient la main sur le cosmique Marvel à coup d'events comme Jim Starlin avant eux. Mais comparaison n'est pas raison.

D'autres, comme moi, trouveront aussi que Hickman marche dans ses propres pas puisque dans ses runs sur Fantastic Four et Avengers, il explorait déjà beaucoup le registre cosmique, avec ambition, et, dans sa production indé, on pense notamment à Decorum. C'est une impression étrange que de voir un auteur, non pas se répéter, mais "juste" amorcer quelque chose qui se veut aussi grand alors qu'on l'a aimé quand il s'en chargeait complètement.

Et ce sentiment domine à la lecture. Hickman est vraiment là pour poser quelque chose d'intéressant, mais pas forcément de manière très investie. Ce premier épisode a beau faire 55 pages, sa trame est étonnamment simple, basique. Il y a quelques surprises niveau casting donc, mais rien de transcendant. On a vraiment la sensation de lire le pilote d'un feuilleton dont le maître d'oeuvre ne restera pas. Etrange.

Au niveau du dessin, deux artistes se relaient : on sent que Marvel n'a plus sous la main un bonhomme capable de tout faire tout seul - Valerio Schiti n'étant plus libre (il est l'artiste du prochain volume de Captain America, qui débute le mois prochain), Javier Garron non plus (il a préféré Godzilla vs the Marvel Universe à ça...), Pepe Larraz et RB Silva pas davantage...

Et il faut bien avouer que j'ai été déçu de voir Imperial entre les mains d'Iban Coello (Fantastic Four, Venom) et Federico Vicentini (Miles Morales : Spider-Man). Le résultat est tout de même très moyen, au mieux quelconque, au pire bâclé, en tout cas sûrement pas à la hauteur d'un auteur comme Hickman et d'un projet de ce calibre qui aurait mérité plus d'expérience et de talent.

Coello s'occupe des scènes avec les Hulk, Vicentini du reste. Coello a un style soigné, appliqué, avec des lignes courbes, du dynamisme, mais ça ne vole pas bien haut, ça manque cruellement de souffle, de puissance. Vicentini a un style plus lâché, nerveux, avec des traits plus anguleux, mais surtout un manque de soin dans les finitions, un découpage brouillon.

C'est à l'image de ce que Marvel peut proposer de plus générique, sans aucun génie, sans rien qui transcende le script, génère un effet "wahou". Un comble pour quelque chose qui se veut le renouveau du cosmique Marvel. Mais la norme esthétique de Marvel aujourd'hui où très peu d'artistes sont capables de vous épater par leur narration ou leurs représentations.

Ce qui manque en fait à Imperial, c'est de l'investissement. Marvel dit compter dessus pour exploiter cette zone de leur univers, mais sans s'en donner les moyens. Hickman ne veut plus rêver qu'il puisse piloter une collection de séries. Les deux dessinateurs sont dans la moyenne (basse) de ceux qu'on trouve chez l'éditeur. Personne ne paraît réellement envie d'être là.

Et le lecteur, du coup, se sent embarrassé. Ce n'est pas mauvais ni affreux, mais ce n'est pas le grand frisson. On va voir ce que réserve la suite, ce sera vite vu avec trois autres numéros (je n'ai pas l'intention de lire les spin-off, j'étais déjà pas motivé avant, alors maintenant...), mais c'est assez terrible de ne déjà plus en attendre grand-chose. Imperial sera-t-il le nouveau G.O.D.S. ?