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vendredi 8 mai 2026

BULLET TRAIN (David Leitch, 2022)


Un train à grande vitesse part de la gare de Tokyo avec à son bord plusieurs individus qui sont liés sans le savoir. Parmi eux, "le Père" dont le fils a été jeté du haut d'un immeuble et qui cherche qui a fait ça ; "Le Prince" qui est le responsable de cette agression ; "Coccinelle" un tueur à gages qui aimerait se retirer mais remplace un collègue au pied levé pour récupérer une mallette pleine d'argent...


"Citron" et "Mandarine" deux assassins anglais qui rapatrient le fils de "la Mort Blanche" le chef russe d'une bande de yakusas ; "le Loup" qui traque celui qui a empoisonné sa femme lors de leur mariage ; "le Frelon" responsable de cet empoisonnement... Lorsque le fils de "la Mort Blanche" est tué par empoisonnement et que la mallette d'argent disparaît, la situation devient hors de contrôle.


"Coccinelle" est pris dans ce tourbillon et peut compter sur une chance insolente tandis que "le Père" doit obéir au "Prince" qui a un homme de main prêt à achever son fils à l'hôpital...


A l'origine Bullet Train est un projet développé par Antoine Fuqua (réalisateur de Michael, le biopic à succès sur Michael Jackson actuellement en salles) d'après un roman de Kotaro Isaka, où tous les personnages sont japonais. Fuqua voulait en faire une sorte de Die Hard au pays du soleil levant, mais a échoué à le financer. Il se contentera d'un crédit comme producteur associé.


Le script est remanié par Zak Olkewicz pour David Leitch qui le destine à son ami Brad Pitt, dont il fut la doublure avant de passer derrière la caméra (Atomic Blonde ; Deadpool 2 ; The Fall Guy). L'histoire devient alors plus comique et évacue tous les éléments japonais en dehors de deux personnages et des décors de Tokyo et Kyoto (même si le film a été entièrement tourné en studio sur fond vert).


Bullet Train fait partie de ces séries B qui tirent vers le cartoon, d'ailleurs on en retrouve l'esthétique avec un montage très speed, des couleurs vives, un humour débridé que n'aurait pas renié Tex Avery. C'est aussi ce qui lui permet de se distinguer des "tarantinades" dans la mesure où l'ambiance est nettement plus délirante, voire parodique.


C'est intéressant car on peut y voir une sorte de commentaire sur le cinéma de Tarantino dans les 90's (incluant aussi bien les films qu'il a réalisés que ceux pour lesquels il n'a fait qu'écrire le script et que d'autres ont mis en images) : David Leitch ne recopie pas les effets de Tarantino, il les passe à la moulinette pour en montrer toute l'absurdité, toute la dimension grotesque.

Un exemple simple réside dans le fait que tous les personnages ici digressent verbalement en deux scènes violentes comme on a l'habitude de le voir chez Tarantino, mais ce sont tous des individus qui aspirent à sortir du jeu dans lequel ils ont brillé. C'est pour tous leur dernière mission, ou du moins l'espèrent-ils, que ce soit dès le début du récit ou en cours de route.

Bullet Train, c'est donc un peu comme si le personnage de Jules Winnfield (Samuel L. Jackson), qui expliquait à celui de Vincent Vega (John Travolta) à la fin de Pulp Fiction qu'il allait raccrocher, se démultipliait : "Coccinelle" veut échapper à son karma, "le Prince" à l'ombre de son père, "Citron" et "Mandarine" à "la Mort Blanche", etc.

Le film joue aussi brillamment de ses paradoxes : son look, très coloré, se conjugue à une forme de dépouillement narratif. Au début, les protagonistes sont des passagers d'un train rempli de voyageurs et plus l'histoire avance, plus le train se vide car ses passagers descendent à chaque arrêt mais aussi parce que les tueurs s'entretuent.

Le terminus revêt une double signification : c'est à la fois la fin du voyage au sens géographique mais aussi au sens propre, c'est-à-dire une rendez-vous avec une mort certaine personnifiée justement par le personnage de "la Mort Blanche" dont on apprend qu'il a loué toutes les places du train pour ne garder que les tueurs à bord.

Une sorte de mélancolie assez étonnante s'empare alors du récit au fur et à mesure car, derrière la fantaisie, surgit une gravité : c'est particulièrement éloquent dans le cas des deux "frères" que sont "Citron" et "Mandarine" qui, bien que se chamaillant tout le temps, doivent affronter l'éventualité de leur mort probable quand leur mission tourne au fiasco.

Bien que les éléments du roman d'origine aient été presque totalement purgés, David Leitch adresse quand même des clins d'oeil à la culture nippone, comme le personnage du "Prince" qui est en fait une jeune fille habillée comme une écolière (mais qui s'avère être une redoutable machine à tuer), ou celui de "l'Ancien", tout droit sorti d'un récit de samouraï.

On sent la griffe de Leitch dans son approche très physique de la mise en scène où les acteurs ne sont pas doublés, où les combats sont souvent au corps à corps, avec comme armes tout ce qui leur passent sous la main (la mallette par exemple est aussi défensive qu'offensive), et l'exiguïté du décor, avec les allées du train, devient une arène propice à ce genre de combat.

Le cinéaste a pu, grâce à l'engagement de Brad Pitt, attirer un casting all-star pour tous les rôles principaux. Pitt fait preuve d'un timing comique irrésistible et il est bien entouré par la paire Aaron Taylor-Johnson-Brian Tyree Henry, Joey King, mais aussi le chanteur Bad Bunny, Zazie Beetz, Michael Shannon. Sandra Bullock, Channing Tatum et Ryan Reynolds viennent même passer une tête (les deux derniers ne sont pas crédités au générique et la première a remplacé Lady Gaga).

Bullet Train aurait pu se permettre d'aller encore plus loin dans l'outrance, manière de compléter sa nature cartoonesque. Mais en soi, c'est déjà un divertissement très dynamique, souvent très drôle, parfois touchant. Un sacré cocktail.

samedi 2 mai 2026

THEY WILL KILL YOU (Kirill Sokolov, 2026)


Asia Reaves sort de prison après y avoir purgé une peine de dix ans. Sous une fausse identité, elle se présente au "Virgil", un hôtel particulier, où la reçoit Lilith Woodhouse, la gestionnaire, qui la prend pour la nouvelle femme de ménage et qui lui explique qu'habite là l'élite de la société new-yorkaise. Asia remarque qu'après son entrée tout est bouclé. Elle prend possession de sa chambre et s'endort.


Elle est réveillée brusquement quand quatre individus armés l'agressent et tentent de la chloroformer. Elle se rebelle et s'enferme dans sa penderie. Lorsqu'on l'en déloge, elle est armée d'une machette et tue ses quatre assaillants puis sort dans le couloir où l'attend Lilith qui se demande qui elle est vraiment. Asia lui répond être là pour retrouver sa soeur.


Car, dix ans auparavant, Asia et Maria furent séparées après que la première ait tiré sur leur père, un homme violent, qui les poursuivait. Asia fut arrêtée et Maria laissée à la garde de leur paternel. Les quatre agresseurs d'Asia resurgissent derrière elle et elle découvre qu'ils sont immortels comme tous les locataires et le personnel après avoir passé un pacte avec Satan...
 

They Will Kill You est le deuxième long métrage de Kirill Sokolov, qui en a co-écrit le scénario avec Alex Litvak. Et, pour vous situer la chose, je pourrai dire que si vous avez aimé Wedding Nightmare (Ready or Not en vo) avec Samara Weaving, alors vous allez adorer ce film qui s'inscrit dans même veine. C'est-à-dire une série B bien sanglante, violente et très drôle surtout.


Jusque dans les années 70 le cinéma américain a produit ce genre de projets pour les séances dans les drive-in. C'étaient des spectacles régressifs qu'on pouvait suivre distraitement au début puis qui réussissaient à vous happer parce que c'était très divertissant. Puis progressivement ils ont disparu, pour devenir des direct-to-dvd qu'on trouvait en promo dans les bacs des supermarchés.


Mais il semble que la mode revient et on peut s'en réjouir car ce sont des films dont ls auteurs ont désormais intégré les codes narratifs et visuels mais qui soignent leur ouvrage de manière à ce qu'ils ne soient plus considérés comme des rebuts du 7ème Art mais une forme à part, des plaisirs coupables certes mais dont on n'a plus honte.


L'argument initial n'a rien de renversant : une jeune femme veut retrouver sa soeur et s'infiltre dans un milieu louche. C'est évidemment à ce moment-là que les choses se compliquent. Ici, comme dans Wedding Nightmare, il y a un élément surnaturel (un pacte satanique conférant l'immortalité à une communauté en échange d'offrandes - des sacrifices humains).

L'héroïne voit sa mission dégénérer quand il lui faut, en plus de tirer sa soeur de cet endroit, sauver leur peau à elles deux. Problème : comment tuer des immortels ? Réponse : en les exterminant de telle manière qu'il ne reste plus rien d'eux qui puisse se régénérer. Pas simple. Encore moins quand il faut se battre contre les résidents d'un immeuble entier et le personnel de maison.

On a donc droit à des combats en rafale à coups de machette, de hache, de fusil, de couteau, de feuille de boucher, de croc de boucher, et même de tête de cochon. L'énormité des affrontements fait tout le sel de l'affaire, comme par exemple quand Asia a l'idée d'enrouler un chiffon autour de la lame de sa hache et de l'enflammer afin de zigouiller plus efficacement ses ennemis.

Quand on lui demande où a-t-elle appris à se battre avec une telle férocité et une telle maîtrise, elle répond naturellement : "en prison". Et un bref flashback nous la montre en train de rosser des co-détenues dans les douches. Cette fille est suprêmement badass, à côté d'elle Samara Weaving est juste une nana qui tente de survivre alors qu'ici elle résiste à tout (couteau planté dans le dos, coup de crosse à la mâchoire, etc.).

Vous pouvez trouver ça absolument débile et vous aurez le droit, mais c'est quand même jubilatoire parce que c'est très bien filmé. Sokolov manie la caméra et le cadre comme un maboul, tournant autour de son héroïne pour mieux nous faire ressentir le vertige qu'elle ressent, le tourbillon qui l'entoure. C'est juste dommage qu'il ne nous gratifie pas de davantage de plans-séquence, car, là, son film s'élèverait vers de cimes ahurissantes.

Mais pour cela le cinéaste peut compter sur une carte maîtresse : Zazie Beetz. La comédienne, qui s'était déjà fait remarquer pour ses prédispositions physiques dans Deadpool 2 (où elle incarnait la mutante Domino), est sensationnelle. Elle prouve qu'elle est capable de porter un film sur ses épaules et d'incarner une action star comme il n'y en a plus guère.

Ce qui est appréciable, c'est que jamais le film ne cherche à sexualiser Asia : c'est une guerrière, même quand elle charcute quatre adversaires en petite culotte dans sa chambre. L'énergie affolante qu'elle déploie emporte tout sur son passage. Elle donne la réplique à Myha'la, qu'on peut voir dans l'excellente série Industry, ici dans un rôle de fausse innocente.

Plus surprenant, on trouve face à elles deux icones des 90's : d'un côté Patricia Arquette en propriétaire possédée et, de l'autre, Heather Graham, en locataire increvable. Elles ont l'air de s'amuser follement et ça fait plaisir de les voir dans un truc aussi foutraque.

They Will Kill You, c'est un joyeux jeu de massacre, qui pourrait facilement devenir le premier volet d'une franchise. Au moment où Tarantino sort sa version uncut de Kill Bill (The Whole Bloody Affair), la relève est assurée.   

vendredi 21 juin 2024

SEBERG (Benedict Andrews, 2019)


Mondialement connu pour ses rôles dans Bonjour Tristesse, Jeanne d'Arc et A Bout de Souffle, Jean Seberg rentre en 1968 aux Etats-Unis tourner La Kermesse de l'Ouest de Joshua Logan avec Lee Marvin. Elle a laissé à Paris son mari, l'écrivain Romain Gary, et leur fils Diego.


Dans le vol pour Los Angeles, elle assiste à un esclandre entre un passager noir, qui réclame une place en première classe pour la femme qu'il accompagne, la veuve du leader noir activiste Malcolm X, et une hôtesse de l'air qui lui commande de rester à sa place. Jean s'interpose, proposant de payer pour ce que réclame l'homme. A leur descente d'avion, elle remarque qu'il est attendu par des photographes en compagnie de membres des Black Panthers et, contre l'avis de son agent, elle va poser à leurs côtés.


La scène ne passe pas inaperçue pour Jack Solomon et Carl Kowalski, deux agents du F.B.I., qui surveillent l'homme et identifient l'actrice. Renseignant leur supérieur, ils reçoivent l'ordre de suivre Jean pour savoir si elle est liée aux Black Panthers et l'homme, Akim Jamal. Le soir même, elle va en effet frapper à sa porte pour lui proposer de financer l'organisation. Ils finissent la nuit ensemble, bien qu'ils soient tous les deux mariés.


Un ordre venu d'en haut ordonne alors de se servir de cette liaison pour discréditer Jamal auprès des Black Panthers, qui ne lui pardonneront pas de coucher avec une blanche, et Jean, dont le public refusera de la soutenir car elle couche avec un "nègre"...


La vie de Jean Seberg est une des histoires les plus tristes qui soient. Celle qui était surnommée "la petite fiancée de l'Amérique", révélée à 19 ans par Otto Preminger dans son film Jeanne d'Arc puis devenue l'égérie de la Nouvelle Vague en France dès la sortie de A Bout de Souffle de Jean-Luc Godard, est morte à 40 ans dans sa voiture, après dix jours sans donner de nouvelles d'elle, probablement d'une overdose.
 

Ce film de Benedict Andrews n'est pas à proprement parler un biopic, il ne couvre pas toute l'existence et la carrière de l'actrice mais principalement trois années décisives, de 1968 à 1971, quand elle a fait son retour sur les plateaux de tournage hollywoodiens et a commencé à soutenir le mouvement des Black Panthers contre la ségrégation raciale et pour la lutte pour les droits civiques des noirs américains.


Cet engagement, le film le montre très bien, a coûte très cher à Jean Seberg puisque, en devenant la maîtresse du militant Akim Jamal et un des mécènes des Black Panthers, elle est devenue la cible d'une campagne de persécution orchestrée par le FBI, alors dirigé par le terrifiant J. Edgar Hoover. 

Le scénario écrit par Joe Schrapnel et Anna Waterhouse est découpé en deux parties assez distinctes et suit de manière quasiment égale les parcours de Jean Seberg et de l'agent Jack Solomon. Dans un premier temps, l'actrice est présentée comme une femme qui cherche à donner un second souffle à sa carrière et prend conscience de l'activisme dans son pays natal. De son côté, Solomon est un fonctionnaire du renseignement qui se montre très professionnel et convainc sa hiérarchie de surveiller l'actrice pour mieux suivre Akim Jamal.

Sans perdre son temps, le récit montre la liaison entre Seberg et Jamal et il est bon de la replacer dans le contexte de l'époque : Jean Seberg est une belle femme blanche qui couche avec un "nègre" dont le mouvement appelle à l'insurrection civile. En 1969, alors que la guerre du Vietnam est déjà un bourbier, que les frères Kennedy et le pasteur Luther Ling ont été assassinés, un tel couple, qui plus est adultérin, puisque tous deux son mariés chacun de leur côté, est scandaleux.

Mais pour le FBI, qui traque les communistes, les homosexuels, les noirs, bref tous les éléments de la société qui refusent d'être alignés, c'est de la dynamite. Il ne faudra pas bien longtemps pour décider su sort à leur réserver car Jamal peut porter préjudice à Seberg comme Seberg à Jamal.

Lorsque leur romance est rendue publique, le film bascule dans sa seconde partie, réellement cauchemardesque. Solomon s'oppose d'abord mollement à cette manipulation puis se rend compte des ravages que cela va causer. Lorsque sa femme découvre les clichés qu'il a pris de Seberg lors de sa surveillance, elle se méprend d'abord, connaissant mal l'actrice elle croit qu'il l'a trompe. Il lui révèle péniblement la vérité sur son métier et ce qu'il a contribué à déclencher. Le réflexe de l'épouse est de le convaincre de demander un changement d'affectation. Mais il est trop tard.

Solomon sait que ce qui va suivre sera terrible. Et ça le sera en effet. Jamal est effectivement ostracisé dans son propre mouvement. Romain Gary, le mari de Jean, encaisse la trahison de cette dernière mais craint pour leur sécurité, à elle, à lui et pour leur fils Diego. Il la supplie d'arrêter de soutenir les Black Panthers, de rentrer avec eux à Paris, pour éviter d'être littéralement crucifiée, broyée par la machine. Elle refuse d'abord. Puis ce sera le drame : une tentative de suicide, la mort d'un bébé, la paranoïa permanente, l'alcool, les calmants... Elle ne tournera plus jamais en Amérique mais continuera à aider les Black Panthers depuis la France, jusqu'à ce que Gary la quitte...

Si le script ménage un peu trop Akim Jamal, dont on sait qu'il a beaucoup profité de Jean Seberg, alors qu'il est ici montré sous un jour plus avantageux, plus flatteur, en revanche le calvaire de cette dernière est atroce. On ne peut que compatir. La mécanique impitoyable du FBI est détaillée et le spectateur peut se rendre compte que Seberg a été un instrument pratique pour le Bureau. Je n'en sais pas assez sur le rôle éventuel de Solomon, qu'on voit tenter in fine de se repentir, ou du moins de s'excuser, mais je serai étonné que cela se soit produit de manière aussi franche, aussi sincère.

Le film doit énormément en tout cas à son casting : d'abord avec des seconds rôles nombreux mais bien caractérisés et interprétés par Vince Vaughn (absolument odieux), Margaret Qualley, Yvan Attal (très bien en Romain Gary), Zazie Beetz. En première ligne, Anthony Mackie est exemplaire dans la peau de Jamal, quand bien même le personnage était beaucoup moins aimable. Jack O'Connell est remarquable dans le costard de Jack Solomon, gagné par un trouble puis un malaise grandissant. Et enfin Kristen Stewart est juste exceptionnelle : elle ne ressemble pas à Jean Seberg, mais produit une composition qui ne sombre jamais dans l'excès, le surjeu. C'est vraiment une actrice phénoménale quand elle dispose d'une telle partition, d'une séduction insensée, et transmettant une émotion vibrante.

Alors que va bientôt sortir en salles Maria (au sujet de Maria Schneider, autre figure du cinéma des années 60-70, brûlée sur l'autel de la gloire), se souvenir de Jean Seberg, à l'heure où #metoo commence enfin à faire effet en France, est d'autant plus poignant.