Le futur proche. Une organisation criminelle, Skizm, organise des combats à mort entre criminels, retransmis en streaming pour des millions de spectateurs hystériques. Miles Lee Harris, un codeur, dégoûté par ce divertissement barbare, frustré par son boulot sous les ordres d'un patron qui l'humilie, et accablé après sa rupture avec sa copine Nova, se connecte au forum de l'émission et commence à insulter aussi bien ses programmateurs que ses fans.
Riktor, le caïd à l'origine du show, débarque chez Miles peu après avec ses sbires, le frappe et le drogue. Quand Miles revient à lui, il a un pistolet automatique vissé à chaque main et apprend qu'il est inscrit au jeu avec pour adversaire la plus redoutable des candidates encore en lice, Nix. C'est à son tour d'enfoncer la porte de l'appartement du jeune homme et d'ouvrir le feu sur lui. Il s'échappe par l'escalier de secours et, apercevant deux policiers, les supplie de l'aider.
Mais en le voyant lourdement armé, ils tentent plutôt de le neutraliser. La cavale continue et Miles trouve refuge auprès de Glenjamin, un clochard qui le cache. Puis il rejoint le parc où Nova a ses habitudes et essaie de lui expliquer la situation. Effrayée, elle l'asperge de gaz lacrymogène et prend la tangente. Nix resurgit et prend Miles en chasse avec sa moto tandis qu'il a pris le volant de la voiture de Nova. Tous deux percutent un autre véhicule et Riktor, pour pimenter l'affaire, promet à celui des deux qui tuera l'autre qu'il quittera la partie...
La rencontre entre l'acteur de Harry Potter et la comédienne de The Babysitter était déjà suffisamment improbable pour que Guns Akimbo suscite la curiosité. Mais la vérité, c'est que le résultat dépasse, et de loin, tout ce qu'on pouvait imaginer à ce sujet. Le film de Jason Lei Howden est un boulet de canon, dévastant tout sur son passage, ne laissant jamais ni à ses héros ni au spectateur le temps de souffler.
Il faut un certain temps pour s'habituer au rythme frénétique de ce long métrage. La mise en scène ne recule devant aucun effet, surtout les plus criards, et de mauvais goût, pour nous faire partager le calvaire que vit Miles. La caméra tourne à 360°, tout est cul par-dessus tête, les zooms et les travellings sont incessants, la photo est hallucinée. C'est proprement épuisant.
Si, néanmoins, vous passez l'épreuve que constitue le premier 1/4 d'heure, alors vous êtes parés pour la suite, avec des prises de vue encore assez sauvages, mais un tout petit peu moins foutraques. Tout le récit se déroule en temps réel, ce qui ajoute au stress et on compatit pour Miles et la situation insensée qu'il vit.
Pourtant, Guns Akimbo, dans son ensemble, même s'il s'agit d'un film d'action, a des ambitions comiques. Le script, également signé par Howden, montre à quel point ce n'est vraiment pas pratique d'avoir les mains vissées à deux pistolets automatiques. Essayez de pisser ou de manger ou de vous servir d'un téléphone, ou même d'ouvrir une porte sans vous tirer dessus...
Lorsque Riktor pimente la partie en promettant aux deux adversaires que sont Miles et Nix la liberté qu'ils désirent plus que tout (lui pour en finir avec ce cauchemar, elle pour tenter de refaire sa vie loin de cette ville où la police tente de la capturer), évidemment l'affrontement prend des proportions dantesques. Mais ça ne s'arrête pas là...
Si l'existence de loser de Miles est un amas de clichés (fiancée partie, patron harceleur, collègues crétins...), le passé de Nix n'est pas négligé. On découvre qu'elle est la fille d'un flic et que sa mère a été tuée dans des circonstances abominables par Riktor (même si ça, elle l'ignore) mais qui justifie sa phobie du feu et ses sourcils cramés.
En outre, quand la police s'en mêle, via deux inspecteurs et la déposition de Nova (la petite amie de Miles), on a aussi droit à quelques surprises qui corsent encore un peu l'intrigue. Mine de rien, l'histoire est assez dense et ne se résume pas à une collection de gunfights déchaînés. Howden s'amuse beaucoup mais ne bâcle pas son ouvrage.
L'ironie du film se trouve dans ce que le cinéaste lui-même a vécu : lors de sa sortie, qui a été gâchée par le déclenchement de la pandémie de Covid, ce qui a réduit son exploitation en salles et abouti à son échec commercial, Howden a accusé des critiques de cinéma d'avoir cyber-harcelé une de leurs consoeurs pour la pousser au suicide.
Alertés par cette accusation, le cinéaste Barry Jenkins a alors pris la défense de la victime supposée et s'est voulu rassurant et les accusées ont alors reproché à Howden de les avoir attaquées de manière racistes. Howden a fini par supprimer ses messages sur Twitter et ne n'est plus exprimé sur le sujet, mais le distributeur de son film a désapprouvé son attitude.
Etrange de voir donc Howden se comporter comme un troll à l'image de Miles au début du film quand il s'en prend aux organisateurs de Skizm et au public... Mais cela semble lui avoir coûté très cher puisqu'il n'a plus rien tourné depuis.
Daniel Radcliffe, comme beaucoup d'enfants stars, fait tout depuis la fin de la saga Harry Potter pour qu'on ne l'associe plus à ce rôle, et il est certain que Guns Akimbo est une façon drastique de casser son image. Il se montre impeccable dans la peau de ce pauvre type embarqué dans un jeu cruel qui le dépasse, et va in fine le révéler.
Natasha Liu Bordizzo joue son love interest et elle est effectivement très mignonne (on l'a revue depuis dans la série Star Wars : Ahsoka ou le film Voyeurs, avec Sydney Sweeney). Ned Dennehy compose un méchant gratiné et très tatoué, en surchauffe permanente.
Mais vous avez lu ma critique de Borderline où je pensais qu'elle ferait une parfaite Harley Quinn pour le DCU de James Gunn , hé bien, regardez la performance complètement barrée de Samara Weaving ici. Enlaidie, et pourvue d'un rôle à sa démesure, elle est irrésistible et fabuleuse. La reine de la série B actuelle, c'est vraiment elle !
Guns Akimbo, c'est de la dynamite !







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