Hawkman et Hawkgirl en enfer à la recherche de Kid Eternity tombent dans une embuscade tendue par Gentlemen Ghost et Solomon Grundy... Johnny Sorrow échappe à Alan Scott et Jade... La Société d'Injustice s'empare de la Lance de la Destinée... Et Kid Eternity découvre qu'elle seule peut encore sauver la JSA...
Après avoir collaboré sur le septième épisode, Jeff Lemire et Rafael de Latorre se retrouvent à l'occasion de cet antépénultième épisode du premier arc de JSA. Le scénariste ne ménage pas sa peine pour préparer la conclusion de son histoire tout en ménageant assez de scènes d'action pour combler le lecteur.
On sent bien que le dénouement est désormais proche mais il faut auparavant organiser la réunion de la JSA avec des membres encore très dispersés et quand ils sont restés ensemble, minés par des tensions internes vivaces. Tout n'a pas été un long fleuve tranquille depuis que Lemire a repris en main le titre, il a parfois donné l'impression de se perdre dans plusieurs fils narratifs...
... Mais il faut reconnaître qu'il a tenu son affaire de main de maître. Lire JSA est exigeant (il faut avoir une bonne mémoire), surtout quand on lit la série mois après mois, mais la récompense est désormais à portée de main. Et je crois qu'on peut compter sur cet auteur pour terminer en beauté . En tout cas, il n'aura manqué ni d'ambition ni de culot.
Et du culot, on en trouve dans la manière dont il continue de mettre en difficulté tous ces héros : la Société d'Injustice mène la vie dure à la JSA et semble même sur le point de la vaincre. Lemire, dont l'oeuvre est traversée par des figures d'enfants et d'adolescents sur les épaules desquels pèsent des responsabilités terribles, reste fidèle à ses obsessions, même dans une série aussi codifiée.
En effet, le personnage central de cet épisode, et peut-être même de toute l'histoire, est Kid Eternity, du moins la nouvelle incarnation de ce personnage, en l'occurrence, une jeune fille perdue, qui apprend ici qu'elle est la dernière représentante d'une sorte d'ordre, sa plus puissante sans doute aussi, et qui, pour tout cela, a le destin de la JSA entre ses mains.
Evidemment, cela confère à Kid Eternity l'allure d'un deus ex machina mais ne crions pas au loup, Lemire peut encore nous surprendre. En revanche, il montre une JSA traversée par des crises diverses au pire moment : le couple Hourman-Jessie Quick ou celui des Hawks (Hawkman-Hawkgirl) qui ont du mal à travailler ensemble.
Rafael de Latorre revient donc et livre une excellente copie au niveau visuel. La série a vraiment eu des fill-in exceptionnels, ce qui témoigne de la volonté de DC de donner les moyens au projet de Lemire. Surtout, on a le sentiment que chaque dessinateur s'est investi et a donné le meilleur de lui-même, même si Diego Olortegui est le titulaire du post.
Après, c'est indéniable que la série gagnerait en homogénéité si elle avait, disons, que deux artistes se répartissant les épisodes, et il sera donc intéressant d'examiner si, une fois cette première histoire conclue, l'éditeur continuera à faire appel à plusieurs dessinateurs en complément d'Olortegui, ou si ce dernier aura un partenaire attitré (dans ce cas, De Latorre ou Gavin Guidry serait, à mon avis, les mieux placés).
Malgré un récit qui est parti parfois dans trop de directions, un casting trop abondant, et une intrigue qui s'est donc éparpillée, JSA demeure le meilleur team book disponible actuellement. Lemire tient bon la barre et les artistes autour de lui le soutiennent très efficacement. Il faut que ça dure.





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