Affichage des articles dont le libellé est Kev Walker. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kev Walker. Afficher tous les articles

vendredi 14 mars 2025

GUARDIANS OF THE GALAXY, VOLUME 2 : GROOTRISE (Jackson Lanzing & Collin Kelly / Kev Walker, Alex Lins)

ATTENTION !
Ce qui suit contient des spoilers.
Assurez-vous d'avoir lu le volume 1 avant d'aller plus loin.


GUARDIANS OF THE GALAXY, VOLUME 2 : GROOTRISE
(Guardians of the Galaxy #6-10 + Annual 2024)


Les Gardiens de la galaxie sont morts, consumés par le Grootfall. Tandis qu'ils accèdent à nouveau stade de leur existence, intégrés à la flore de cette entité, ils se souviennent des événements survenus un an auparavant quand Nebula intégra leur équipe et leur signala une anomalie dans les Territoires Manifold.
 

Groot y trouva la première des Flora Colossi qui le transforma en Grootfall, une nuée d'astéroïdes non pas pour détruire des mondes mais pour les absorber et attendre une nouvelle floraison qui donnerait naissance à une nouvelle galaxie... Aujourd'hui, à leur tour informés, Wiccan et son mari, l'empereur des kree et des skrulls, Hulkling, viennent explorer ce Grootspace.
 

De retour devant le conseil galactique, Hulkling explique que les Gardiens de la galaxie sont devenus partie intégrante du Grootspace pour éviter qu'on le ne détruise. Mais l'impératrice de Spartax, Victoria, demi-soeur de Star-Lord, entend bien se débarrasser de ce qu'elle considère comme une menace.


Lorsque l'armada de Spartax approche du Grootspace, Mantis entraîne Gamora sur Terre afin d'y récupérer la pierre de l'âme pour que Drax recouvre son esprit guerrier en vue de la bataille. La confrontation est inévitable et un des Gardiens n'en sortira pas vivant...


Ce second volume conclut le run, très bref, de Collin Kelly et Jackson Lanzing sur le titre. Comme je le disais dans ma critique du tome 1, on peut se demander pourquoi les deux auteurs et Marvel n'ont pas poursuivi l'aventure. Soit les auteurs ont dit tout ce qu'ils avaient à dire, ce qui n'est pas impossible puisqu'ils sont familiers des mini-séries. Soit Marvel a été déçu par les ventes et a abrégé leur run.
 

Toutefois est-il que depuis l'éditeur a cessé de publier de nouveaux épisodes des Gardiens de la Galaxie et rien n'est au programme pour un retour imminent. Je le regrette parce que, bien que n'étant pas un gros client de titres cosmiques, j'ai apprécié cette série depuis que Brian Michael Bendis l'écrivait et ensuite je n'ai raté ni les prestations de Donny Cates et Al Ewing, malgré leurs différences.

Mais peut-être aura-t-on droit à une apparition des Gardiens d'ici peu puisque, cet été, Jonathan Hickman va signer un event cosmique, Imperial, dans lequel on est déjà certain de trouver au moins Star-Lord (voir l'image promotionnel en fin d'article)... Et qui promet de bouleverser l'ordre des choses sur le plan galactique de l'univers Marvel.

En attendant, ce second tome se compose comme le premier de cinq épisodes plus l'Annual 2024. Au passage, ce dernier est une curiosité : d'habitude un Annual est un épisode plus volumineux (trente pages ou plus) détaché de l'histoire en cours, alors qu'ici il tient en 25 pages et conclut le récit.

A la fin du tome 1, les Gardiens semblaient mourir dans un dernier combat suicidaire contre le Grootfall. On découvre qu'ils ont survécu... En quelque sorte. Car en fait ils ont été absorbés par la créature et font désormais partie intégralement de sa flore et de sa flore, c'est-à-dire qu'ils sont en bois mais toujours doués de la parole, conscients de leur état et investis d'une mission : protéger ce qui est le Grootspace.

Wiccan et Hulkling vont à la rencontre de cette entité qui dérive dans le cosmos sans plus rien dévaster et découvrent ce que sont devenus leurs amis. Quand Hulkling, empereur des kree et des skrulls, renseigne le conseil galactique, tous sont d'accord pour en rester là, sauf l'impératrice de Spartax, Victoria, la demi-soeur de Peter Quill. Star Lord, qui veut annihiler le Grootspace pour venger les morts.

L'issue de l'histoire devient très prévisible et, en dehors d'un épisode (le #9) où on suit Mantis et Gamora sur Terre où elle récupère la pierre de l'âme pour que Drax redevienne le destructeur en vue de la bataille, Lanzing et Kelly ne font aucun effort pour surprendre le lecteur. Les deux scénaristes expliquent détail les origines de la Flora Colossi, en impliquant des Doyens de l'univers, mais sans que cela ajoute quoi que ce soit à la conclusion.

On peut légitimement être déçu par ce dénouement, comme si les deux auteurs avaient grillé l'essentiel de leurs cartouches et n'avaient pas voulu ou pu aller plus loin en bouleversant le destin des Gardiens de la galaxie. Ils sacrifient même au cliché de tuer un personnage de l'équipe : la scène ne manque pas de panache, mais le fan, blasé, doute que ce décès soit définitif.

Reste la partie graphique. Alex Lins, remarqué récemment sur la mini-série Plastic Man no more ! chez DC, signe l'épisode 6 avec brio. Son découpage très inventif couplé à une narration elle-même audacieuse et émouvante aboutit au meilleur numéro de ce volume. Il explore la culpabilité des Gardiens tout en dévoilant ce qui s'est passé un an auparavant. Lins est vraiment un talent à suivre  de près, même si son style peut en rebuter certains.

En tout cas, il opère une transition parfaite avec Kev Walker qui revient dès le #7 et se déchaîne toujours autant. L'artiste est bien le seul ici à rester motivé pour rendre ce récit aussi fou, puissant et épique qu'on est en droit de l'attendre. Ses planches ont cette énergie à la Kirby sans jamais chercher à singer le king of comics et je suis heureux qu'il ait eu l'occasion d'exercer son talent sur ces personnages et leur univers.

On sort de ces 10 épisodes avec de la frustration. L'ensemble se tient, mais aboutit à une fin convenue et expédiée. Reste des images intenses. Et un rendez-vous en Juin pour Imperial... 

jeudi 13 mars 2025

GUARDIANS OF THE GALAXY, VOLUME 1 : GROOTFALL (Jackson Lanzing & Collin Kelly / Kev Walker)


GUARDIANS OF THE GALAXY, VOLUME 1 : GROOTFALL
(Guardians of the Galaxy #1-5)


Les Gardiens de la la galaxie étaient devenus une équipe très fournie défendant tout l'univers. Un an s'est écoulé depuis et il ne sont plus que cinq : Star-Lord, Drax, Gamorra, Nebula et Mantis. Quid de Rocket Raccoon ? Et de Groot ? Ce dernier a subi une transformation dramatique en muant en une horde d'astéroïdes qui dévaste tout sur son passage : le Grootfall.
 

Alors qu'un de ces monstres va percuter les territoires Manifold aux confins de l'espace connu, les Gardiens se rendent sur place pour tenter d'évacuer ceux qui s'y trouvent. Problème : deux peuples, les Secteurs Unis et les Caps Blancsn s'y livrent une guerre sans merci pour la possession du Mysterium, un métal aux propriétés uniques. Et aucun ne veut partir malgré le risque
 

Nebula tente de résoudre l'affaire en volant le Mysterium aux mains des Caps Blancs, mais sans succès. Star-Lord a reçu entre temps une invitation pour une chasse sur la planète de son père et de sa demi-soeur. Il y emmène Drax dans l'espoir d'y trouver un des Groot. Avant que les chasseurs spartoi ne le détruisent, la créature demande à Star-Lord de réunir l'équipe, donc de ramener Rocket Raccoon.
 

Rocket est devenu le shérif sur la planète Refuge, qui sert comme son nom l'indique d'abri pour tous les rescapés du Grootfall. Mais un culte s'y installe, croyant que le monstre va en vérité purifier ce monde. Rocket tente de repousser le Grootfall, en vain mais il est sauvé par les Gardiens qui lui expliquent l'évolution de la situation...


Deux ans près la fin du run de Al Ewing, Marvel décide de confier le destin des Gardiens de la galaxie au duo Jackson Lanzing-Collin Kelly. Il est évident que l'éditeur ne compte plus trop sur ces personnages puisque leur trilogie au cinéma vient de s'achever. Mais sait-on jamais ? Une nouvelle histoire pourrait séduire les lecteurs et justifier la publication d'une nouvelle ongoing.

Al Ewing a terminé sa prestation avec une formation très élargie des Gardiens, plus proche de la Légion des Super-Héros de DC que de ses incarnations précédentes. En vérité, ils sont devenus les Avengers de l'univers, qui était d'ailleurs le projet initié par Bendis (non pas en termes de volume mais pour les rendre aussi attractifs commercialement).

Lorsque Lanzing et Kelly débutent leur récit, un an s'est écoulé depuis la dernière aventure contée par Ewing et l'équipe apparaît décimée. Il n'en reste plus que cinq membres actifs et dans un sale état psychologique : Star-Lord est hanté par la mort de plusieurs de ses camarades, Gamora est devenue alcoolique, Drax refuse de se battre, Mantis semble avoir perdu la raison. Seule Nebula paraît tenir le coup, ayant intégré la bande juste avant la tragédie qui l'a frappée...

Mais de quelle tragédie est-il question ? Groot est devenu un monstre, une nuée d'astéroïdes qui dévaste tout sur son passage, détruit des planètes encore plus rapidement que Galactus : c'est le Grootfall. Lanzing et Kelly vont faire durer le plaisir en ne révélant pas comment le gentil Groot s'est ainsi transformé avant le second tome.

Car, de fait, le run des deux auteurs sera effectivement bref. Est-ce parce que les ventes n'ont pas été à la hauteur ? Ou parce que les scénaristes n'avaient que cette histoire à raconter ? Sans doute un peu des deux puisque Lanzing et Kelly apprécient les histoires avec une fin, ils ne s'installent jamais très longtemps sur une série. Et peut-être que les fans n'ont pas apprécié l'intrigue.

Pour ma part, ce premier tome m'a séduit, tandis que le suivant m'a paru vouloir défaire ce qu'il avait posé comme si les auteurs avaient dû ranger leurs jouets afin que leurs successeurs n'aient pas à tout reprendre. Sauf que depuis ces dix épisodes et un Annual, Marvel n'a pas relancé de série Guardians of the Galaxy, les personnages sont comme tombés aux oubliettes et on ne voit pas qui les en sortira.

Etrange destin pour des héros qui ont connu un regain de popularité inouï depuis les runs de Dan Abnett et Andy Lanning et plus encore grâce à Brian Michael Bendis (qui a établi l'équipe telle qu'on l'a connu dans les films du MCU), puis Donny Cates et Al Ewing - autant de grands noms pour des prestations certes inégales mais au succès indéniable.

Lanzing et Kelly se les réapproprient brillamment dans une esthétique qui emprunte à la fois au space opera (normal) mais aussi au western (comme en témoigne le look de Star-Lord ou de Mantis) et à l'heroic fantasy (voir le look de Drax). Contre toute attente, ce mélange des genres fonctionne parfaitement et le mystère autour de Groot s'avère accrocheur tout ses ravages spectaculaires.

Les deux auteurs soignent également l'aspect psychologique en montrant des Gardiens cassés, brisés, ce qui avait été peu traité avant mais qui est intéressant quand on sait toutes les épreuves qu'ils ont endurés (ce sont tous des vétérans, ayant servi dans des guerres cosmiques). C'est certes moins fun mais digne d'intérêt.

En prime, la série est dessinée par Kev Walker. Un artiste que j'ai mis longtemps à apprécier mais qui est taillé pour ce job. Son imagination est sans limites et il a le sens de la démesure requise. Avec lui, on accède à des mondes et des peuplades bizarroïdes et on s'éloigne de tout réalisme classique, ce qui colle avec les Gardiens de la galaxie.

Son découpage comme son trait est brut de décoffrage, avec une ampleur, une générosité dans les détails et en même temps quelque chose d'un peu frustre. Walker ne flatte pas particulièrement le physique des personnages, y compris féminins, mais justement cela fait ressortir leur côté freaks, outsiders, et c'est raccord.

Moi qui ai longtemps espéré que Chris Bachalo dessine la série (ce qui ne risque plus d'arriver puisque, hélas ! il ne fait quasiment plus rien), avec Kev Walker, on s'en rapproche dans le baroque. En outre, sur ces épisodes, on profite de sublimes couvertures de Marco Checchetto, ce qui ne gâche rien (et qui donnerait envie de voir l'italien à l'oeuvre sur les pages intérieures d'un tel titre, mais là aussi, ce n'est absolument pas prévu).

Ces cinq premiers numéros sont très prometteurs et réussis. Et je ne tarderai pas à vous parler de la suite (et fin) de ce run... So, stay tuned !

vendredi 10 janvier 2025

CAPTAIN AMERICA : SENTINEL OF LIBERTY, TOME 2 - L'ENVAHISSEUR (Collin Kelly & Jackson Lanzing / Carmen Carnero, Kev Walker)


CAPTAIN AMERICA : SENTINEL OF LIBERTY, TOME 2 - L'ENVAHISSEUR
(Captain America and the Winter Soldier Special #1 +
Captain America : Sentinel of Liberty #7-11


Le Cercle Extérieur s'est formé en 1922, au lendemain de la première guerre mondiale, à l'initiative de Wulf Fortunov, un ressortissant latvérien, qui a guéri Princip Gravilo de la tuberculose. Il invite sur un champ de bataille Etien Argent, le premier multimilliardaire du monde ; Ika Agboje, l'ancienne chef du Wakandan Engineering Vanguard ; et "Ana", l'artiste underground la plus célèbre d'Europe. Ensemble, ils vont influencer la marche du monde à chaque décennie jusqu'à nos jours. Bucky Barnes a pris la place de la Révolution et contacte discrètement Peggy Carter pour qu'elle l'aide à détruire le Cercle...
  

Steve Rogers, lui, se remet difficilement du choix de Bucky et une discussion avec Namor l'incite à former une nouvelle équipe des Invaders. Il invite avec Sharon Carter la tante de cette dernière, Peggy ; Nick Fury Jr. ; Black Widow ; Hawkeye (Clint Barton) ; Roger Aubrey (le Destructeur), à qui il présente le Radié, qui s'est émancipé du Cercle. Ensemble, ils élaborent un plan pour que l'ennemi se découvre et l'attaquer.


Mais ils découvrent rapidement grâce à Emma Frost, qui doit une faveur à Captain America, qu'on a manipulé leurs esprits grâce à M.O.D.O.C., tandis que l'A.I.M., affilié au Cercle, a coupé Manhattan du reste du monde sous un dôme. L'équipe lance un assaut sur l'île mais quelque chose cloche : ils sont toujours sous l'emprise mental de MODOC...


Seule Peggy Carter y échappe car Bucky lui a fourni de quoi s'en affranchir. Et quand MODOC torture mentalement le Destructeur, ce dernier résiste tant et si bien qu'il parvient au prix d'un terrible sacrifice à renverser la situation. Mais pour combien de temps ?
 

Ce deuxième tome (sur trois) de Captain America : Sentinel of Liberty s'ouvre par un numéro spécial qui revient sur les origines du Cercle Extérieur. SPOILER : on a quitté Captain America alors que Bucky Barnes a éliminé le membre de cette organisation qui incarnait la Révolution pour prendre son siège. Mais comment et quand tout cela a commencé ?
 

De façon classique mais logique, Collin Kelly et Jackson Lanzing situent la naissance du Cercle après la première guerre mondiale alors que l'Europe panse encore ses blessures. Cinq individus se réunissent, personnalisant chacun un domaine et décidant de ne plus subir les événements mais de les provoquer pour mieux contrôler les masses. De 1922 à 2022, ils vont ainsi générer et gérer les crises mondiales en coulisses.

Bucky pense éliminer d'un coup les quatre membres restants mais il est vite calmé et change de stratégie en feignant de participer aux conspirations à venir car le Cercle prépare son prochain mouvement. Il est même déjà initié (c'était l'attaque lancée par Arnim Zola sur New York vu dans le n°0 de la série). Peggy Carter, que Bucky avait accusée d'être de mèche avec le Cercle, travaille au contraire à le torpiller et rentre en contact avec Barnes pour frapper au bon moment.

Puis la série reprend son cours. Steve Rogers retrouve Sharon Carter, assemble une nouvelle équipe d'Invaders (mais sans Namor ou Jim Hammond). Et c'est là que les scénaristes embobinent à la fois leurs personnages et les lecteurs avec un twist narratif imprévisible et superbement disposé : en vérité, le Cercle a tout anticipé et s'est payé les services de MODOC pour les manipuler mentalement.

On assiste donc pendant plusieurs épisodes à une simulation particulièrement perverse où les Invaders croient reprendre la main alors que, dans la réalité, l'AIM coupe Manhattan du reste du monde pour que le Pouvoir récupère la Néganite d'Arnim Zola, un composant suffisant pour rayer une métropole comme New York de la carte !

Comment sortir de ce piège très vicieux ? Sans en dire trop, MODOC va pécher par orgueil en s'attaquant au membre des Invaders qui a le moins à perdre et qui peut lui faire le plus de mal... Cela finira mal pour un des héros, mais Kelly et Lanzing lui offrent une sortie de scène vraiment pleine de panache.

En même temps le tandem se montre assez retors pour continuer à semer le doute jusqu'au bout dans l'esprit du lecteur, notamment en ce qui concerne le rôle réel de Peggy Carter (qu'on voit communiquer avec quelqu'un qui n'est sans doute pas Bucky et peut-être un rival du Cercle). Sans compter le retour surprise, tout aussi inattendu, d'un personnage apparu dans le run de Rick Remender...

Kev Walker dessine le n° spécial qui ouvre l'album : son style brut convient bien à cet intermède sur les méchants de l'histoire (et de l'Histoire avec un grand H). Walker va à l'essentiel, en toutes circonstances, sa narration est dépouillée, très efficace, et tranche avec l'esthétique de la série jusque-là, bref c'est parfait pour cette partie.

Puis Carmen Carnero enchaîne avec cinq nouveaux chapitres, toujours aussi excellents. Elle ravit le lecteur avec des doubles planches magnifiquement composées, à la mise en scène inventive et dynamique, mais aussi, comme toujours, avec l'allure qu'elle sait donner aux personnages, qu'elle campe subtilement.

Qu'il s'agisse des anciens comme Roger Aubrey/le Destructeur et Peggy Carter, en passant par Black Widow et Hawkeye, ou Steve et Sharon, Carnero fait la preuve encore une fois de son talent phénoménal, réussissant même à rendre intéressant Nick Fury Jr., c'est dire ! Son interprétation de MODOC est particulièrement impressionnante et glaçante.

Et puis, c'est amusant aussi pour le rôle donné à Emma Frost dans l'épisode 8 où le scénario renvoie au Hellfire Gala (durant lequel la White Queen avait sondé l'esprit de Rogers et l'avait assuré qu'elle pourrait l'aider s'il avait besoin d'une télépathe - sous-entendu : Emma n'aurait pas été contre une petite aventure avec Captain America... Mais c'était avant qu'elle et Tony Stark fassent leur petite affaire). Carnero a pu s'exercer sur le personnage avant de la retrouver récemment sur Exceptional X-Men.

Je vais tâcher de finir de lire le tome 3 pour demain afin d'écrire sa critique dans la foulée. Après quoi je pourrai enfin passer aux sorties de la semaine. Mais donc, d'ici-là, stay tuned pour la suite et fin de Captain America : Sentinel of Liberty !

samedi 14 décembre 2024

AVENGERS, TOME 10 : LES PLUS PUISSANTS HEROS DE L'HISTOIRE (Jason Aaron & Mark Russell / Javier Garron, Greg Land, Ivan Fiorelli, Aaron Kuder, Jim Towe, Kev Walker)


AVENGERS : LES PLUS PUISSANTS HEROS DE L'HISTOIRE
(Avengers #57-62 + Avengers Forever #6-11 +
Avengers Forever Infinity Comics #1-4)


1943. Sebastian Szardos, le Soldat Suprême, lutte, grâce à ses pouvoirs magiques contre les forces occultes du Reich. Après avoir coulé un sous-marin, il échoue sur une île où l'ont repêché des soldats américains qui sont possédés à tour de rôle par une force maléfique. Il reçoit le renfort de Thor et Captain Marvel avant de retrouver ses compagnons, les Envahisseurs Secrets.


Japon, époque Edo (entre 1600 ap. J.C. et 1800 ap. J.C.). Captain America et Nighthawk se battent aux côtés du Ghost Ronin, l'esprit de la vengeance de cette époque, contre les sbires envoyés là par Méphisto. Dans un village voisin, c'est Echo/Phénix et Namor puis Thor et Valkyrie, rejoints finalement par Starbrand et Captain Marvel qui lui prêtent main forte.
 

1868, dans l'Ouest américain. Reno Phénix et Kid Starbrand poursuivent un train Shi'ar ayant capturé des esclaves humains avant d'engager une fusillade contre des outlaws à la solde de Méphisto. Echo/Phénix et Valkyrie se joignent au combat avant que Starbrand commette une terrible erreur face à Méphisto lui-même...


Pendant ce temps, de nos jours, c'est le Jour du Jugement dernier provoqué par les Eternels qui ont réactivé le Céleste mort servant de base aux Avengers. Hawkeye (Clint Barton) est soumis à cette épreuve de vérité... Puis Starbrand continue sa traque contre Mephisto en traversant les époques... Après quoi les Avengers d'aujourd'hui font la connaissance de leurs prédécesseurs d'il y a un million d'années grâce à l'intervention d'Agamotto...


De leur côté, Deathlock, Robbie Reyes (devenu l'Omni-Rider) et Tony Stark/Ant-Man continuent de sillonner les dimensions à la recherche de héros pour contrer les Maîtres du mal du multivers. Ils vont rencontrer successivement Vibranium Man, Iron Thor, le Carol Corps, les Steve...


C'est encore un gros volume que ce tome 10 de Avengers, l'avant-dernier de cette série. On peut y lire un arc en cinq parties de la série-mère, entrecoupé par un épisode tie-in à l'event Judgment Day (de Kieron Gillen et Valerio Schiti, paru en 2022), puis six nouveaux épisodes d'Avengers Forever. Panini a mis le paquet en ajoutant les quatre numéros parus en numérique sous le titre Avengers Forever Infinity Comics.
   

Bon, on va tout de suite se débarrasser du surplus : les épisodes d'Infinity Comics ne servent absolument à rien, on peut saluer l'effort de mise en pages de Panini pour qu'ils soient lisibles sur papier (alors que ces web-comics se lisent en scrollant sur une tablette normalement), mais en dehors de ça, c'est un gadget sans intérêt. J'espère néanmoins que ça paie bien pour l'artiste puisque c'est quand même Kev Walker qui a signé les dessins (pas son meilleur taf, loin s'en faut).


Le tie-in à Judgment Day tombe également comme un cheveu dans la soupe. Jason Aaron n'en a visiblement tellement rien eu à faire qu'il a laissé Mark Russell l'écrire. Hawkeye est donc soumis au jugement du Céleste réactivé par l'Eternel Druig et Clint Barton appréhende ça avec la décontraction qui le caractérise depuis le fameux run de Matt Fraction et David Aja, qui a remis l'archer sous les feux des projecteurs (quand bien même il n'a plus eu droit depuis à des histoires dignes de ce run). Niveau visuel, ça pique puisque Greg Land se charge des planches et c'est évidemment navrant pour les raisons que l'on sait (mais qui ne semblent pas déranger Marvel qui continue à employer ce tâcheron).


L'arc qui donne son titre à ce tome voit divers Avengers, principalement par paires, observer et/ou interagir avec des héros du passé. Jason Aaron s'amuse donc visiblement toujours autant, un peu à la manière d'un Geoff Johns (en plus rock'n'roll), à imaginer des justiciers improbables dans l'Histoire de l'humanité, tout en veillant à ne jamais les montrer à côté de contemporains célèbres.


L'exemple type, c'est Sebastian Szardos, le Soldat Suprême, qui, bien que ce ne soit pas clair, semble être un ancêtre de Margali Szardos, la sorcière qui recueillit Wanda Maximoff/Scarlet Witch. Sebastian, lui, détient l'Oeil d'Agamotto que lui a confié l'Ancien, qui formera plus tard Stephen Strange, et appartient aux Envahisseurs Secrets, qui, comme son nom l'indique, serait une division des Invaders (Captain America, Namor, Bucky Barnes, Jim Hammond, Toro, Union Jack, Spitfire) spécialisé dans les black ops.


Mais donc Aaron ne montre pas les Invaders et suggère même que Captain America n'a jamais entendu parler des Envahisseurs Secrets (où on trouve aussi un Ghost Rider, un Man-Thing, et un Blade). En revanche, le scénariste s'autorise plus de liberté avec le Ghost Ronin de l'époque Edo au Japon ou Reno Phénix et Kid Starbrand dans le far-west du XIXème siècle américain. Tout ça, à défaut d'être passionnant, est très divertissant et spectaculaire. Même si...


... Même si, en vérité, ça doublonne un peu avec la série Avengers Forever où le trio Deathlock-Robbie Reyes-Tony Stark remonte à la fois le temps et explore les dimensions pour former une armée au service du Premier Avenger. Dans les deux cas, il est question de rencontres avec des surhumains ayant été investi de pouvoirs aujourd'hui détenus par certains Avengers. 

La seule différence, elle est notable, c'est que, dans Avengers Forever, on recrute, alors que dans Avengers, on s'instruit au contact des héros qui ont agi dans le passé. Là où la question, réelle, légitime, se pose, c'est : est-ce qu'il y avait vraiment besoin de deux séries pour ça ? Pour moi, il aurait été plus pratique et plus concis d'alterner des épisodes dans le passé et dans le multivers.

Et ainsi, on aurait certainement échappé à des épisodes franchement pas captivants. Parce que, oui, Avengers Forever est toujours aussi faiblard : le titre semble n'exister que pour permettre à Aaron d'inventer des amalgames de plus en plus improbables et dont on apprécie mal en quoi ils peuvent menacer et Méphisto et ses Maîtres du Mal.

Jugez-en plutôt : Vibranium Man, c'est un mélange entre Black Panther et Iron Man avec des origines copiées sur celles de Superman (un exercice auquel s'était livré Warren Ellis dans Planetary, mais avec un tout autre brio), un Thor qui acquiert le poing de fer parce qu'il est incapable dans sa dimension de brandir Mjolnir, des Steve Rogers enfermés dans une prison qui doivent unir leurs forces pour trouver la sortie, une Carol Danvers devenue esclave du Club des Damnés, des tas de Tony Stark complètement à la ramasse...

Le seul intérêt de ce gloubi-boulga dans le multivers, c'est ce qui advient de Robbie Reyes, investi désormais d'une telle puissance qu'il n'est plus Ghost Rider mais l'Omni-Rider. Et ainsi augmenté, il risque d'oublier son humanité et de ne plus être qu'un esprit inarrêtable de la vengeance... Aaron aime ce personnage, comme il aime la mythologie des Ghost Rider en général (à laquelle il a beaucoup apportée). Mais tout ce qu'il y a autour de cette évolution est pénible à supporter avec ces héros fusionnés.

Heureusement, graphiquement, ça tient la route. Javier Garron est de retour pour les épisodes 57 à 59 et c'est toujours aussi éblouissant. Ce garçon est phénoménal : le script de Aaron lui réclame des décors, de la figuration, des batailles insensés, et il sort des scènes visuellement exceptionnelles. Il faut prendre le temps de s'arrêter sur certaines vignettes, pages, pour admirer le niveau de détail bluffant de l'artiste espagnol en même temps que le dynamisme de son découpage.

Mais cette débauche d'efforts a un prix et Ivan Fiorelli doit le suppléer sur les n° 61 et 62. L'italien n'est pas mauvais, mais il est quand même bien moins bon que l'espagnol. Son trait, plus anguleux, moins ouvragé, ne tient pas la comparaison, alors qu'il a une séquence essentielle à illustrer avec Starbrand contre Méphisto. Toutefois, je ne veux pas être trop sévère avec Fiorelli que Marvel exploite de manière assez médiocre, sans jamais lui confier de séries dès le début, toujours à jouer aux pompiers de service. Il a du mérite. Il lui reste à progresser.

Aaron Kuder s'acquitte, incroyable, de trois épisodes consécutifs (#7-8-9) sur Avengers Forever. Bon, le #7 n'est pas trop exigeant en matière de décors, mais quand même, saluons cet exploit. Jim Towe officie sur les épisodes 6, 10 et 11, avec toujours ce manque de personnalité (on pense à Marcus To, mais sans la même maîtrise dans les compositions et le storytelling en général). J'ignore qui s'est chargé des designs des héros du multivers, mais il faut bien admettre qu'ils sont tous d'une laideur accablante : dommage, ça aurait été bien de confier ça à quelqu'un de capable.

Comme le tome précédent, on trouve le temps un peu long, mais on garde espoir que le grand final du tome 11 soit à la hauteur. Jason Aaron a souvent de l'inspiration pour boucler ses runs (cf. Wolverine a the X-Men, Doctor Strange), donc on croise les doigts et on y croit fort.

mercredi 11 décembre 2024

AVENGERS, TOME 9 : CHASSE A MORT (Jason Aaron / Iban Coello, Juan Frigeri, Aaron Kuder, Jim Towe, Carlos Magno, Kev Walker)


AVENGERS : CHASSE A MORT
(Avengers : Free Comic Book Day 2021 + Avengers #51-56 +
Avengers 1,000,000 B.C. #1 + Avengers Forever #1-5)


Mephisto a décidé de passer à la vitesse supérieure pour détruire les Avengers. Et pas seulement ceux de la Terre 616, mais de tout le Multivers. Pour l'aider dans cette tâche, il a assemblé sa propre équipe de Maîtres du Mal. De son côté, le Premier Avenger, depuis sa Tour à la fin de l'infini, envoie ses Deathlocks prévenir les Avengers du Multivers de se tenir prêts...


Sur la Terre 616, un de ces Deathlocks arrive à la montagne des Avengers in extremis pour alerter Iron Man et Thor qui s'y trouvent de la menace en marche. Les deux héros affrontent trois des Maîtres du Mal du multivers avant que Echo, qui est désormais l'hôtesse de la force Phénix, ne vienne à la rescousse.


Puis c'est au tour de Captain America et Captain Marvel d'être assailli par deux autres Maîtres du Mal. Malmenés, ils ne devront leur salut qu'à l'intervention de Starbrand qui, en déployant sa puissance, vieillit prématurément et de fillette devient une jeune femme...


A la montagne des Avengers, Black Panther, Namor et Valkyrie arrivent pour contrer les deux derniers Maîtres du Mal qui endommagent sérieusement le Céleste mort qui sert de base aux Avengers. L'équipe s'en sort de justesse et comprend l'ampleur du danger...


Black Panther doit, au plus mauvais moment, quitter son poste de chef et demande à Nighthawk, de l'Escadron Suprême désormais dissous, d'intégrer les Avengers pour mettre à leur service ses talents de stratège. Méphisto en profite pour montrer aux héros l'armée qu'ils s'apprêtent à défier. Jane Foster, elle, s'interroge sur son rôle...


Retour dans le passé, il y a un million d'années. Après une bataille contre les géants de glace de Jotunheim et la reine de la zone négative, les premiers Avengers perdent Black Panther au champ d'honneur. L'équipe se sépare et Phénix repousse les avances d'Odin qui souhaite en faire sa femme. Plus tard, elle convainc Gaia d'épouser le roi d'Asgard et de lui donner un héritier : Thor, dont Phénix réveillera les pouvoirs divins.


Avant l'attaque de Maîtres du Mal du multivers, un Deathlock a embarqué Robbie Reyes/Ghost Rider dans un trip à travers les dimensions pour assembler une équipe d'Avengers avec des héros ayant survécu aux assauts de Méphisto et ses acolytes. Ils sont pourtant rapidement capturés par Crâne Noir sur la Terre 818.


Sur ce monde, Tony Stark n'est pas devenu Iron Man mais Ant-Man aux côtés de Vision, Moon Knight, Wonder Man et la Chose. Ce groupe de résistants va s'efforcer de secourir Robbie et le Deathlock. Dans un futur lointain, les trois petites-filles de Thor décident de remonter le temps et de parcourir le multivers après que Mjolnir leur ait suggéré qu'une menace terrible s'y produisait.
  

Les routes des trois petites-filles de Thor, de Tony Stark/Ant-Man, de Robbie Reyes et du Deathlock vont finir par converger. Mais de son côté, le Fatalis Fatal, que Méphisto a choisi pour diriger ses Maîtres du Mal sur le terrain, conspire pour sortir seul vainqueur de la guerre qui se déroule...


Ce neuvième tome de Avengers est très copieux, et même un peu indigeste : on a droit au numéro du FCBD 2021 qui tient un rôle de prologue pour la dernière ligne droite du run de Jason Aaron (qu'on pourrait baptiser Avengers vs les Maîtres du Mal du multivers), puis un arc en quatre épisodes d'Avengers, plus deux épisodes centrés sur Nighthawk et Jane Foster, puis le numéro spécial Avengers 1,000,000 BC, et enfin le premier arc de la série dérivée Avengers Forever.


Car, en Février 2022, Jason Aaron lance un spin-off d'Avengers avec Avengers Forever. Evidemment, le titre renvoie à la mini-série de Roger Stern, Kurt Busiek et Carlos Pacheco (1998-1999) où déjà on suivait l'aventure épique d'une équipe d'Avengers dont tous les membres venaient d'époques différentes. Cette référence, écrasante (car c'était un chef d'oeuvre), n'effraie pas Jason Aaron.


On a envie de dire : hélas ! car ses Avengers Forever sont loin d'avoir le brio de ceux de Stern et Busiek. En vérité, le résultat est très poussif avec des Avengers alternatifs qui ne semblent avoir été conçus que pour s'amuser à imaginer comment untel serait devenu untel s'il avait fait un autre choix, avait eu une autre existence, un autre passé, avait évolué dans un autre cadre.

Ici, on fait connaissance avec un Tony Stark qui n'est pas Iron Man mais... Ant-Man, sur une Terre parallèle post-apocalyptique. Pourquoi pas ? Mais surtout : pourquoi ? Aaron se montre absolument incapable de justifier autrement que par un simple swipe le fait que Stark soit devenu Ant-Man dans ce monde. Bref, c'est un gadget narratif qui montre tout de suite sa vacuité.

Et si on juge les Maîtres du Mal du multivers, c'est la même chose. Ils sont brièvement apparus à la fin du tome précédent et la plupart sont des amalgames de plusieurs vilains, comme Crâne Rouge mélangé avec Venom ou Killmonger avec le Destructeur ou le Bouffon Vert avec Ghost Rider. Les autres sont encore plus pitoyables comme le Berserker qui est un énième avatar de Wolverine.

Bref, le bilan n'est pas fameux de ce côté-là. Aaron sombre dans un gros délire lourdingue, comme il lui est déjà arrivé d'y succomber et perd de vue, dans ce défilé de vilains ou de héros alternatifs, à la fois les Avengers et Méphisto. D'ailleurs, ce dernier en recrutant les Maîtres du Mal semble incapable d'accomplir son plan seul alors que le scénariste montre par ailleurs qu'il dispose d'une armée de ses propres variants bien suffisante pour le mener à bien !

L'arc issu de la série Avengers est une suite d'épisodes franchement décevante et honteusement décompressée. Certes ça ne manque pas d'action et côté baston, on est copieusement servi, avec les héros bien malmenés. Mais tout ça n'aura jamais dû prendre quatre épisodes - la moitié aurait amplement suffi.

Le seul rebondissement à retenir de cet arc revient à Starbrand dont on saisit que, plus elle déploie de puissance, plus elle perd d'espérance de vie : la fillette qui a hérité de cette immense pouvoir cosmique devient ainsi une jeune femme et on devine que ça ne va pas s'arrêter là.

En définitive, ce qu'il y a de meilleur dans ce tome tient dans les épisodes 55 et 56 d'Avengers. D'abord, Jason Aaron doit laisser filer Black Panther, qui dans sa propre série est face à des problèmes incompatibles avec sa position de leader des Avengers. On aurait aimé que Aaron contextualise un peu plus tout ça pour ceux qui ne lisaient pas la série Black Panther en question, mais il n'a pas assez de pages pour ça.

Toutefois est-il que T'challa doit trouver non pas un remplaçant mais une recrue capable de pallier son absence en tant que stratège pour l'équipe. Et il fait le choix surprenant de s'adresser à Nightawk de l'Escadron Suprême d'Amérique, qui s'est dissous. Cela s'est produit à l'issue de l'event Heroes Reborn (2021) où Méphisto trafiquait la réalité en rendant amnésiques les Avengers et en faisant de l'Escadron la seule équipe super-héroïque existante. Seul Blade se souvenait de la vérité et finissait par mettre fin à cette machination (ce qui sera repris dans The Avengers de Jed MacKay).

A la suite de Heroes Reborn donc, Hyperion disparaît, totalement désorienté, Princess Power et Blur tuent Dr. Spectrum, et Nighthawk entame une carrière de justicier solitaire. Il accepte, d'abord avec réticence, l'offre de Black Panther et les Avengers entament leur mue en intégrant à leur composition Valkyrie (Jane Foster), Starbrand, mais aussi Namor (qui souhaite se racheter). Thor, Iron Man, Captain Marvel, Captain America, Echo/Phénix et Blade complètent le casting, avec un leadership tournant.

Puis l'épisode 56 prouve que, dans tout ce bordel, Aaron est encore capable de produire un numéro d'excellence. Jane Foster est confrontée à ses démons, en l'occurrence la tentation de redevenir la puissante Thor, comme elle le fut quand Thor Odinson fut indigne de soulever Mjolnir. Le résultat est vraiment très bon mais ne sera malheureusement pas plus exploité ensuite (et pourtant avoir fait de Jane Foster la déesse du tonnerre restera une des meilleures idées de Aaron, son personnage étant finalement plus subtil, intéressant que celui d'Odinson).

Le n° Avengers 1,000,000 BC revient, quant à lui, sur l'identité de la vraie mère biologique de Thor Odinson justement. Aaron, ayant sûrement senti que son idée d'en faire le fils d'Odin et de Phénix n'était pas ni des plus inspirées ni des plus populaires, effectue un rétropédalage assez énorme. On peut lui en savoir gré tout en déplorant qu'il ait eu tout simplement cette idée saugrenue au départ.

Visuellement, ce tome est une vraie auberge espagnole. Iban Coello signe les pages du FCBD sans briller mais avec application. Puis Juan Frigeri, un des "stormbreakers" de Marvel (entendez : un jeune artiste sur lequel mise l'éditeur), prend le relais sur les épisodes 51 à 54 : perso, je trouve cet artiste très surcoté, techniquement très moyen, mais Marvel lui file du boulot alors que d'autres, plus capables, doivent se contenter de bien moins.

Javier Garron revient pour les épisodes 55 et 56 et là, on mesure l'écart immense qui le sépare de confrères moyens comme Coello et Frigeri : il nous régale avec des planches généreuses, dynamiques, avec un niveau de détails ahurissant mais toujours d'une lisibilité parfaite. Il ne boxe tout bonnement pas dans la même catégorie.

Kev Walker s'occupe de l'épisode avec les Vengeurs préhistoriques : c'est un dessinateur qu'il m'a fallu du temps pour apprécier mais aujourd'hui j'aime son côté un peu rustre, brut, qui tranche beaucoup avec le reste, mais qui est parfait ici.

Avengers Forever a quand même droit à trois artistes en cinq numéros. Mais qui peut s'en étonner quand Aaron Kuder est désigné pour lancer la série ? Il réalise seul le premier épisode mais dès le deuxième (!) il doit déjà être aidé par Carlos Magno. La qualité est là, ce n'est pas le souci, mais tout de même, Kuder a un gros problème de ponctualité et je reste interloqué que Marvel continue de compter sur lui pour tenir un rythme mensuel.

Jim Towe se charge des épisodes 4 et 5 dans un style plus lisse, un peu trop sans doute pour assumer l'aspect épique que Aaron souhaitait donner à ce titre.

Si on résume vite fait, ce tome 9 n'est guère engageant pour la suite et fin du run. Toutefois, Aaron a souvent prouvé qu'il avait de la ressource et tout son run, quoique très inégal sur Avengers, atteste de son imagination fertile, de son ambition pour livrer une saga popcorn, un peu grotesque parfois mais jamais à court de souffle. A vérifier donc.