mardi 3 novembre 2026

MINOR THREATS, VOLUME 3 : THE LAST DEVIL LEFT ALIVE (Patton Oswalt, Jordan Blum / Scott Hepburn)


MINOR THREATS, VOL. 3 : THE LAST DEVIL LEFT ALIVE
(Minor Threats #1-5)


Le deal passé par Frankie Follis/Playtime et l'équipe de super-héros le Continuum pour qu'elle ait le contrôle du quartier mal famé de Redport à Twilight City et la révélation qu'elle a fait porter le chapeau de la mort d'Insomniac à son partenaire Pigeon Pete a abouti à son exil depuis trois ans. Scalpel, son amante, qui ne lui a pas pardonnée, en a profité pour prendre sa place avec la complicité du promoteur immobilier Cooper Sadlock avec lequel elle a fait de ce territoire un modèle de gentrification.


Mais la situation de Scalpel lui vaut d'être menacée en permanence par des prétendants à son trône. Elle est sauvée d'une tentative d'assassinat par Playtime qui la convainc que Sadlock est à l'origine de ces agressions et qu'il veut s'emparer de toute la ville. Pour l'en empêcher, Platytime a constitué une équipe mais elle veut recruter l'ex-leader du Continuum, the Searcher, pour la diriger. The Searcher est tombée en disgrâce depuis que le deal avec Playtime a été dévoilé et on lui a ôté ses super pouvoirs.


Pour ne rien arranger, elle porte un bracelet électronique qui alerte le groupe de jeunes justiciers The Action de tous ses mouvements - groupe qu'a rejoint Maggie Follis, la propre fille de Playtime, qui n'a pas pardonné non plus à sa mère de l'avoir abandonnée pour partir en cavale...


Depuis 2022, le comédien Patton Oswalt et le scénariste Jordan Blum avec le dessinateur Scott Hepburn ont produit chaque année un volume de leur série Minor Threats, qu'on pourrait désigner comme le sale gosse née de l'union de Top 10 (Alan Moore, Zander Cannon, Gene Ha) et Astro City (Kurt Busiek, Brent Anderson, Alex Ross).


On trouve dans cette quinzaine de numéros le même amour pour les super héros classiques inspirés des personnages DC et Marvel avec une préférence pour les bras cassés, les outsiders, les marginaux, les super vilains de seconde zone qui s'en prennent plein la tête et sont éclipsés par d'autres malfrats plus redoutables et charismatiques.

Ces "menaces mineures", ce sont eux, les vrais héros de cette série à la fois déjantée et touchante. Au premier rang desquels on trouve Frankie Follis alias Playtime et ses gadgets improbables, fille d'une super vilaine, elle-même devenue mère divorcée et amante de Scalpel, une autre super vilaine. Playtime n'est pas une criminelle endurcie et vraiment mauvaise, ce qu'elle veut, c'est préserver son quartier natal, Redport.

Redport, c'est la zone, la banlieue au sens littéral de Twilight City. Le repaire des malfrats dans une mégalopole gardée par le Continuum, une équipe de super héros du type Avengers/Justice League. Dans la dernière aventure de Playtime et ses alliés, Frankie Follis passait un marché avec le Continuum : elle devenait la gardienne de Redport et veillait à ce que les malfrats ne causent plus d'ennuis au reste de la cité.

Mais Playtime avait bâti son empire de poche sur un double mensonge : la plupart de ses semblables ignorait ce deal avec le Continuum et elle avait tué un des membres de cette équipe, Insomniac (le Batman/Punisher local) en faisant porter le chapeau à Pigeon Pete. Quand ces secrets ont été connus, elle a dû fuir, abandonnant Scalpel et sa propre fille.

Trois ans se sont écoulés. Scalpel rêve toujours qu'elle zigouillera Playtime mais elle est surtout occupée à gentrifier Redport avec un promoteur immobilier sans scrupules, Cooper Sadlock, et à échapper aux tentatives d'assassinats de ses rivaux. Maggie, elle aussi, rêve que sa mère revienne mais pour la jeter en prison avec ses collègues de the Action, un groupe de sidekicks super héroïques.

Quand Playtime réapparaît, c'est pour avertir Scalpel que son associé lui a menti et qu'il a des projets bien plus terribles que de nettoyer Redport. Et pour cela, il a accès à un secret bien gardé de Twilight City, en relation avec des disparitions en série. C'est donc sur ces bases que part le nouveau volume de Minor Threats, présenté comme le dernier (même si à la toute fin il est mentionné "Never the end...").

Cette série se distingue toujours par son rythme infernal : à chaque fois, en quatre ou cinq épisodes, c'est bouclé et les auteurs plongent le lecteur dans un véritable maëlstrom bourré d'action, de rebondissements, de péripéties, de coups tordus. C'est très dense mais tout de même très lisible, très fluide, très entraînant.

Evidemment, il faut avoir lu les épisodes précédents à ce stade, sans quoi on ne peut ni apprécier les relations entre les personnages ni comprendre les enjeux dramatiques de l'intrigue. Tout cela est une construction qui a atteint un sommet dans son ouvrage. Le couple Playtime-Scalpel, le sort de the Searcher, celui de Insomniac, de Maggie Follis, tout arrive à son climax.

Et comme Top 10 et Astro City, Minor Threats se savoure aussi pour son aspect méta : c'est une série qui analyse aussi la manière dont son faits les comics de super héros, qui se joue des clichés, qui les détourne, les remodèle, les déconstruit. Il ne s'agit pas seulement d'un gros délire potache entre geeks, c'est une relecture maline du genre.

Dans le cas présent, les auteurs explorent le concept de multivers qui a envahi les comics contemporains mais ils en connaissent les limites, les caricatures, et se gardent bien d'en rajouter. Oswalt, Blum et Hepburn sonnent littéralement la fin de la récréation en pointant l'absurdité du concept qui au lieu de revitaliser le genre le gâche, le désagrège. Plutôt que de créer des variants de personnages, ils préfèrent in fine explorer la notion d'héritage, de transmission.

Cela se voit dans les rapports mère-fille de Frankie et Maggie, mais aussi dans la mutation subie par Redport ou encore dans le rôle que tient the Searcher, qui pour exister encore comme héroïne s'accapare l'identité d'un camarade. C'est aussi le cas avec le personnage de Brain Tease, un "génie" du crime qui doit beaucoup à Playtime, ou encore aux deux gamins que sont Dinosorcerer et VHS Villain, assoiffés de sensations fortes mais qui découvrent le danger de leur "profession".

Scott Hepburn a trouvé avec cette série de quoi faire parler son talent. Son style est proche de celui d'un James Harren, avec une exagération, une emphase constantes, un tonus ravageur dans le découpage, une énergie incroyable pour l'action. Mais cette expressivité folle lui permet aussi de souligner avec intensité ce que traversent intimement les personnages, leurs tourments, leurs regrets, leurs espoirs, leurs sacrifices. Le tout agrémenté des couleurs de Ian Herring.

J'espère vraiment que Minor Threats n'a pas dit son dernier mot. Le titre a désormais des spin off réalisés par des invités, mais ses créateurs veillent au grain. Et je ne crois pas une seconde qu'ils ont tout dit sur les héros et anti héros de Twilight City... Ne reste plus finalement qu'à espérer qu'un éditeur français traduise ça pour que le plus grand nombre en profite.

lundi 2 novembre 2026

KEVIN MAGUIRE : #INKTOBER 2026


Kevin Maguire a saisi l'occasion de se prêter au jeu du #Inktober et cette année, il a pris pour thème les X-Men. De quoi prouver qu'il reste le maître du portrait expressif et qu'il n'a rien perdu de la finesse de son trait. De quoi aussi regretter qu'on ne le voit plus signer les pages intérieures d'un comic book mensuel. So, enjoy !































dimanche 1 novembre 2026

CHRIS SAMNEE : BATOBER 2026


Comme chaque année en ce mois d'Octobre, Chris Samnee a proposé un dessin original par jour (+ un en bonus) pour ce qu'on appelle le #Inktober. Samnee, lui, s'est fait une spécialité de l'exercice, malgré un emploi du temps toujours bien rempli, en mettant à l'honneur l'univers de Batman pour ce qu'il nomme le #Batober (Batman + October). 


Pour cela, il publie une liste de 31 mots autour desquels il va produire une illustration. Voici la cuvée 2026 :
































+ BONUS :