Pendant que Batman neutralise le Chapelier Fou, Dick Grayson, qui a infiltré les rangs des jeunes voleurs de la Meute de Loups, doit abattre Catwoman. Une des filles de la bande créé une diversion qui permet à Catwoman de s'échapper. Mais Dick est renvoyé...
Ce n'est pas si fréquent pour que je l'avoue, mais cet épisode m'a un peu laissé sur ma faim. La faute à une construction assez curieuse et à un manque de progression dans l'intrigue. Il est vrai que cette semaine a été chargée en sorties et en lectures de haut vol, du coup j'attendais que Batman and Robin : Year One - Dynamic Duos (ce titre est vraiment trop long !) soit à la hauteur.
Ce n'est pas catastrophique non plus et ça n'entame pas la confiance dans les prochains épisodes, juste c'est frustrant. Récapitulons : Mark Waid ouvre sur une scène très efficace, avec de l'action, où Batman affronte et neutralise rapidement le Chapelier Fou, un vilain tout droit sorti d'Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll.
Bien que ces premières pages soient admirablement mises en images par un Chris Samnee toujours aussi impérial, avec un découpage très vif qui restitue toute l'intensité et la rapidité du combat, je n'ai pu m'empêcher de penser que c'était tout de même un peu gratuit, comme s'il fallait donner au lecteur son quota d'action avec un adversaire vite expédié.
Bien entendu, Waid évite l'écueil des scénarios à la Jeph Loeb où tous les vilains de la galerie de Batman défilent juste pour le plaisir des yeux et pour peupler une intrigue en mode fan service. Mais cet affrontement express donne un peu le même sentiment de piocher dans la mythologie de Batman et de gagner du temps avec un personnage qui ne fait que passer.
Une fois ce prologue terminé, le scénario revient à Dick Grayson qu'on avait laissé le mois dernier en fâcheuse posture, obligé de tuer Catwoman pour prouver au leader du Wolf Pack qu'il était digne d'en intégrer les rangs. Cela donne une séquence très tendue où encore une fois l'écriture de Waid et les dessins de Samnee sont en osmose parfaite.
Ces deux-là, quand ils fonctionnent de cette manière, semble n'être qu'une seule et même entité, on ne distingue plus les coutures entre le script et les planches, c'est absolument divin. Une telle concordance entre un auteur et un artiste est une sorte de leçon de bande dessinée et suffit à démontrer que séparer l'un de l'autre est une hérésie - les comics sont un partenariat, une association.
Dick est banni du groupe pour avoir failli et rejoint Batman à qui il fait son rapport. Entre temps Alfred Pennyworth a reçu un courrier préoccupant mais que Bruce Wayne n'a pas pris le temps de lire. C'est évidemment un indice pour le prochain numéro et le signal que quelque chose d'embêtant va se produire. La ficelle est un peu grosse mais toujours pratique.
En revanche, une fois Dick dans la Batmobile, l'épisode est déjà fini. C'est dire si tout ça sonne quand même creux. On a quoi ? Trois scènes et hop ! Terminé. C'est un peu court, jeune homme ! Pourtant il faut s'en contenter. De quoi être déçu. Encore une fois, pas de quoi s'affoler pour la suite, mais enfin, on a le sentiment que Waid et Samnee ont bouclé ce numéro un peu à la va-vite.
En garder sous le pied, rien de plus normal. Il faut tenir 12 mois et produire un épisode un peu vide, où il ne se passe pas grand-chose, qui n'apporte quasi rien, ce n'est pas un crime. Mais quand on lit une série par une telle équipe créative, on en attend forcément plus. Et quand cela survient lors d'une semaine aussi riche en quantité qu'en qualité, c'est ressemble à un faux pas.



































