jeudi 30 juillet 2026

DOOMQUEST #3 (of 10) (Ryan North / Francesco Mobili)


Juillet 1775. Le Dr. Fatalis a investi le corps de George Washington lors du siège de Boston pris par les anglais. Il décide une nouvelle fois de modifier radicalement le cours des événements pour en faire profiter la Latvérie...


C'est délicat d'en dire plus sans déflorer ce qui fait le sel de cet épisode - et de la série. Ryan North, on l'a compris, fait remonter le temps à l'esprit de Fatalis qui investit le corps d'anonymes ou de personnalités célèbres (comme ici George Washington) pour modifier profondément le cours de l'histoire au bénéfice de la Latvérie.
 

Le dispositif est très drôle et North ne recule devant aucune énormité pour animer cette aventure. C'est brillamment écrit, avec beaucoup... Hé bien... D'esprit, d''humour, de malice. Suivre Fatalis et le voir bouleverser des moments aussi marquants que le naufrage du Titanic ou la révolution américaine est savoureux car toute la mégalomanie du personnage s'exprime sans aucune retenue.


Mais on peut aussi se poser des questions sur un tel projet : d'abord, est-ce canonique ? Y aura-t-il à la fin des conséquences réelles ? Ou bien tout cela n'aboutira qu'à une succession de péripéties rocambolesques sans aucune répercussion ? On ne parle pas ici de petit effet papillon mais bien du nouveau visage du monde.


Si vous me demandez mon avis, je pense que Fatalis ne remonte pas le temps dans notre espace-temps, mais dans une continuité parallèle, ce qui collerait avec l'obsession du multivers chez Marvel (aussi bien dans les comics qu'au cinéma ou dans leurs séries en streaming). Je ne peux imaginer que tout cela se conclut autrement que par Fatalis réalisant que tous ses efforts auront été, comme d'habitude, vains ou réduits à néant.

Et puis l'autre souci du projet de North, c'est la répétition du procédé. Maintenant que Fatalis a compris comment échapper à l'époque où il atterrit, à quoi s'attendre dans les prochains épisodes ? Et surtout est-ce que ce sera toujours aussi fun et intéressant pendant toute cette mini série qui compte quand même dix numéros (sept à paraître).

Tout cela paraît un peu artificiel, une sorte de What if... ? géant. Alors que si Marvel n'avait pas déjà sur le feu Armageddon et ses promesses de changement du statu quo, Doomquest aurait été une manière habile et puissante de remanier de fond en comble ce même statu quo. C'est même, disons-le franchement, plus efficace que One World Under Doom - et moins grandiloquent que Secret Wars (version 2015).

Donc je m'interroge sur la pertinence et même le sens d'une telle mini série. Je ne doute pas que North a assez d'imagination pour produire dix épisodes surprenants. En revanche, j'ai du mal à considérer que quoi que ce soit change véritablement au bout de cette aventure. Comme Marvel ne nourrit pas de collection semblable à Elseworlds ou Black Label, Doomquest risque d'être inoffensif.

Néanmoins, la série bénéficie de dessins splendides et Francesco Mobili accomplit un travail tout à fait impressionnant ici. Non seulement il doit s'acquitter d'un nombre important de scènes exigeantes, avec de la figuration, de la reconstitution, mais en plus il doit veiller à représenter George Washington de manière ressemblante.

Aux couleurs, Frank d'Armata le soutient superbement et respecte son trait comme il doit l'être. Il y a assez sur le plan graphique pour contenter n'importe qui, et surtout les amoureux de dessin réaliste classique. Et si vraiment, comme je l'espère, Mobili rend tous ses épisodes, sans que Marvel ne fasse appel à un fill-in si ce n'est pas le cas, ça fera un très beau recueil, à même de faire découvrir cet artiste à un public plus vaste que The Tin Can Society (pour lequel aucun éditeur vf ne s'est encore placé !).

Bref, Doomquest, c'est cool, très beau, amusant. Mais déjà susceptible de ne pas être aussi percutant que promis.

mercredi 29 juillet 2026

QUEEN IN BLACK #1 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Zé Carlos)


Knull est devenu une créature qui contrôle la lumière mais il est resté ce méchant qui veut dominer l'univers. Hela, la déesse asgardienne de la mort, a hérité des pouvoirs initiaux du roi sombre et vise la conquête de la Terre avec son armée de symbiotes possédant divers races aliens. Captain Alliance briefe les héros qui se mettent en ordre de marche...


Queen In Black sera donc l'adieu du scénariste Al Ewing à l'univers des symbiotes puisqu'au terme de cet event, il cessera également d'écrire la série Venom (dont il tenait les commandes depuis 2021). Le rythme de parution sera rapide puisque les épisodes sortiront tous les quinze jours. On peut déplorer que Marvel ait choisi de le publier en même temps que Armageddon, mais c'est ainsi.


Toutefois, même si c'est Al Ewing, force est de constater qu'on conserve strictement les mêmes recettes ici. Ce premier (et volumineux - 50 pages !) épisode expose donc les menaces - Knull et Hela - , montre la réunion des super héros qui se prépare à une nouvelle crise, et s'achève sur un cliffhanger spectaculaire. Rien de bien folichon donc.


Ewing, qui avait dû partager l'écriture de Empyre avec Dan Slott, pour un résultat très moyen (et je reste poli), ne semble pas avoir eu les coudées plus franches au moment de signer un event tout seul. Comme les films du MCU qui sont supervisés par Kevin Feige, on sent que le staff éditorial de Marvel comics regardait par-dessus l'épaule de l'auteur pour s'assurer qu'il ne franchisse pas certaines limites.


Alors, parce que c'est Ewing, on ne s'ennuie pas et on a même droit à quelque traits d'humour rafraîchissants, en particulier dans l'interaction de certains personnages (ici Iron Man qui doit digérer le fait que Mary Jane Watson soit devenue le nouvel hôte de Venom par exemple). On apprécie le fait qu'un projet aussi balisé s'autorise un peu de légèreté.

D'ailleurs, c'est ce qui sauve Queen in Black de la médiocrité : Ewing n'a pas voulu se prendre trop au sérieux. Il sacrifie aux clichés du genre avec des dommages collatéraux importants (la pyramide de Gizeh est détruite !... Mais Scarlet Witch promet de la reconstruire une fois le conflit terminé...), mais il fonce pied au plancher dans une intrigue volontairement superficielle.

Ici, on n'a pas seulement droit donc à la Queen in Black du titre mais aussi au King in Bright (Knull) et ce dispositif laisse espérer que Ewing a imaginé un blockbuster où des super héros se battent contre des super méchants mais aussi que les deux super méchants principaux s'affrontent pour le gain de la Terre. C'est totalement absurde, je vous le confirme, mais c'est rigolo.

Côté dessin, alors qu'on nous promettait chez Marvel que Iban Coello serait le seul artiste sur ce projet, voilà-t'y pas qu'il a été incapable de produire toutes les pages et a dû être soutenu par Zé Carlos. Encore un event merveilleusement bien édité puisque Armageddon a le même souci (le duo Alpizar & Diaz est remplacé au #3 par un fill-in).

Dans leur frénésie à sortir des events à tout bout de champ, Marvel reste infichu de les préparer avec assez d'avance pour les confier à des artistes qui peuvent réaliser sans suppléant ce qu'on exige d'eux. C'est tout de même assez misérable. DC K.O. avait aussi deux artistes (Javi Fernandez et Xermanico, mais avec des tâches spécifiques), alors que là Coello tire la langue et doit passer le relais à Carlos.

C'est d'autant plus déplorable que Coello est habitué à cela (déjà pour Imperial, il se partageait le boulot avec Federico Vicentini), donc pourquoi encore lui confier un event ? Je pose la question sans méchanceté : Coello a du talent, un trait très énergique, qui colle bien à ce genre d'histoire. Mais c'est agaçant. Et puis Zé Carlos, bon, c'est quand même très moyen.

Heureusement que tout ça va vite passer parce que sinon j'aurai regretté mon investissement. Croisons quand même les doigts pour que Ewing nous surprenne un peu pour la suite....

lundi 27 juillet 2026

LES RAYONS ET LES OMBRES (Xavier Giannoli, 2026)


Paris, 1948. Après avoir été insultée et frappée dans un jardin public où elle a emmené sa fille, Corinne Luchaire est raccompagnée chez elle par une voisine, réfugiée chilienne devenue orthophoniste pour enfants. Elle lui prête un magnétophone et Corinne s'en sert pour enregistrer son témoignage sur son passé et celui de son père avant, pendant et après l'occupation allemande durant la seconde guerre mondiale.
 

Jean Luchaire, son père, journaliste et patron de presse, milite dans les années 30 aux côtés d'Otto Abetz pour la réconciliation franco-allemande. Mais l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en 1933 rebat les cartes en les deux pays. Expulsé en 37, Abetz revient à Paris en 1940 en qualité d'ambassadeur alors que le gouvernement du maréchal Pétain s'est établi à Vichy. Luchaire fonde un nouveau quotidien, "Les Nouveaux Temps", qui promeut la collaboration.
 

En parallèle, Corinne, qui a débuté une carrière de mannequin et d'actrice juste avant le début de la guerre, tente de se faire une place dans la France occupée. Mais elle souffre, comme son père, de la tuberculose et plus personne ne veut prendre le risque de l'assurer sur des tournages. Elle alterne séjours au sanatorium et vie de débauche dans la capitale auprès des comtesses de la Gestapo...


Les Rayons et les Ombres sera, quoiqu'il advienne, le grand film français de 2026. Habité d'une ambition immense, le nouveau long métrage de Xavier Giannoli cite dans son titre l'humaniste Victor Hugo et plonge dans les abîmes de la collaboration pour livrer un récit fleuve et inspiré sur ce que la France a commis de plus sordide dans les heures noires de la seconde guerre mondiale.


C'est un grand film et c'est un film grand : 3 h. 20 ! Pourtant n'ayez pas peur, on ne les voit pas passer, l'entreprise est aussi colossale que réussie, elle vous emporte, et ce souffle est assez rare pour une production hexagonale pour être salué. Mais ce serait une erreur de résumer le film à son format, à son budget, à son sujet.


Certes, le cinéma français a peu exploré la collaboration - à part Lacombe Lucien (Louis Malle, 1974), il est plutôt d'usage de visiter cette période en par le biais de la Résistance (cf. L'Armée des Ombres, Jean-Pierre Melville, 1969) ou des grandes figures de l'époque (comme en témoigne le succès actuel du diptyque De Gaulle).


Depuis sa sortie d'ailleurs, Les Rayons et les Ombres fait débat car une partie de la Gauche refuse toujours d'accepter qu'elle a collaboré avec l'ennemi et l'Extrême Droite toujours hantée par ses fondateurs adorateurs du Reich. Ici, on trouve la description trop indulgente, là trop sévère et généralisatrice. Mais c'est bien ainsi : le consensus aurait tué le film pour en faire une simple et banale illustration.

Le destin de Jean et Corinne Luchaire illustre parfaitement ce ligne de crète : dans les années 30, Jean Luchaire milite pour l'amitié franco-allemande devant un public de gueules cassées de la première guerre mondiale et des représentants de la L.I.C.A. (l'ancêtre de la Licra), aux côtés d'Otto Abetz, convaincu que les nazis ne prendront jamais le pouvoir avec seulement 30% de sympathisants Outre-Rhin.

Giannoli et son co-scénariste Jacques Fieschi montrent d'ailleurs ces deux hommes sincèrement persuadés de leur combat. Mais pourtant, en 1933, Hitler devient le chef de l'Etat et le IIIème Reich a conquis l'opinion germanique. Abetz est expulsé de France en 37, il y reviendra trois ans plus tard en tant qu'ambassadeur.

Pétain et son gouvernement se sont installés à Vichy, il y a la zone occupée et la libre. La situation s'est complètement renversée. Luchaire et Abetz promeuvent une collaboration "en bonne intelligence", l'envahisseur veut séduire un pays qu'elle a humilié en un temps record. Mais entre le compromis et la compromission, il n'y a que quelques lettres d'écart.

Le cinéaste fait un pari narratif : au lieu de nous servir un film sur les trajectoires de deux hommes qui s'entraînent l'un l'autre dans une spirale fatale, il adopte le point de vue de Corinne, la fille de Jean, jeune mannequin et actrice qui ignore - ou feint d'ignorer ce qui se joue vraiment. Elle est belle, a du talent, mais son innocence est marquée du sceau du péché.

A la fin, quand elle recroise le réalisateur Léonide Moguy qui l'a faite débuter, elle lui demande, sans penser à mal, ce qu'est devenue sa famille. Il lui répond qu'aucun de ses proches n'est revenu des camps de concentration. Elle s'excuse, elle ne savait pas. Moguy l'interroge, sans méchanceté : a-t-elle seulement cherché à savoir ?

Au fond, c'est là la tragédie des Luchaire : ont-ils seulement cherché à savoir ? Et à réagir ? Dans son réquisitoire, féroce mais juste, le procureur Raymond Lindon accablera Jean Luchaire en pointant son avidité. Et il soulignera la vanité de se demander "et à ma place, qu'auriez-vous fait ?". Quand on a aidé un régime coupable, il n'est plus temps de se poser ces questions : on a mal fait, on est coupable.

Non, les Luchaire n'ont pas cherché à savoir, encore moins à réagir. Ils ont profité de la guerre, de l'occupation, d'abord pour de simples petits services (un laissez-passer ici, des restrictions évitées là) puis en se vautrant dans des fêtes où tout le monde se goinfrait pendant que le reste de la population crevait de faim, que des hommes, femmes, enfants étaient raflés, déportés, torturés, exécutés.

Ce spectacle est obscène et révoltant. Il atteint sans doute son paroxysme, moins quand on suit les Luchaire dans la débauche, que quand Jean répond à Céline dans une lettre à l'accusation de l'écrivain de s'être "enjuivé". Luchaire explique que c'est faux et revendique d'être devenu antisémite, anticommuniste, d'approuver les lois d'exception imposées par l'occupant.

Peut-être cela vous rappelle-t-il alors quelque chose d'actuel. Il existe aujourd'hui le même antisémitisme décomplexé (et non "résiduel" ou "contextuel"), nourri par l'extrême Gauche, LF.I., et même une partie du P.C.F., des écolos et des socialistes, qui dénoncent un génocide fantasmé et justifient au nom de cela qu'on colle une cible dans le dos de journalistes, d'artistes, d'intellectuels et même de politiques.

J'espère, d'une certaine manière, que tous ceux qui verront Les Rayons et les Ombres y penseront à la lumière des événements récents et du comportement indigne d'une partie de la classe politique, car le film résonne puissamment et s'il gêne, c'est sans doute surtout parce qu'il renvoie ces nouveaux collabos, pro-Moscou, à leur responsabilité. Et j'espère aussi qu'en 2027, au moment de voter, on se souviendra d'eux comme des comtesses de la Gestapo.

Je jette l'opprobre sur eux, mais je mets dans le même sac le Rassemblement National, qui, en se prétendant le rempart contre l'antisémitisme, cherche à faire avaler une énormité plus grosse que lui à des nigauds sans mémoire, des égarés qui pensent que "pourquoi pas essayer ça", qui croient que la fille vaut mieux que le père et que la dédiabolisation a réussi.

Je souhaite surtout et enfin que Les Rayons et les Ombres provoquera une grande nausée pour rappeler à quel point ce n'est pas un cours d'Histoire, un film "dossiers de l'écran" suivi d'un débat citoyen, mais bien une piqûre douloureuse de rappel, avec de méchants effets secondaires. Il faut que ce film secoue ceux qui le verront, fasse mal, hante même. C'est à ce prix qu'on n'oubliera pas et qu'on ne répétera pas une tragédie.

Les trois acteurs principaux du film sont rien moins qu'extraordinaires : Jean Dujardin est fantastique dans la peau de ce salaud qui voulait faire le bien. August Diehl a le visage durci de ceux dont les idéaux ont écrasé le sens moral. Et surtout Nastya Golubeva est éblouissante : elle vole la vedette à ses partenaires avec une facilité ahurissante, visage solaire et ravagé à la fois, rayonnante et engloutie par les ombres.

Film nécessaire : oui. Grand film : oui. Chef d'oeuvre : oui. Et grande claque dans la gueule : oui.

dimanche 26 juillet 2026

CAROLINA CAROLINE (Adam Carter Rehmier, 2026)


Caroline Daniels est employée dans une station service du Texas. Elle vit avec son père, Hank, qui l'a élevée seul après le départ de sa femme, Deborah, ayant fui le foyer familial quand sa fille était encore un bébé. Elle rencontre Oliver Anderson, un escroc lorsqu'elle le remarque en train de réaliser une arnaque à la petite monnaie sur son lieu de travail. Ils tombent amoureux et elle décide de le suivre dans le but de rejoindre la Caroline du Sud où habite sa mère.


Le couple s'adonne à de petites combines où Caroline prouve qu'elle est une élève douée. L'ambition les gagne et ils commencent à braquer des banques. Mais lorsqu'un garçon d'hôtel reconnaît la jeune femme, Oliver le menace brutalement et ils prennent la fuite. L'attitude de son partenaire a effrayé Caroline qui insiste alors pour qu'ils gagnent la Caroline du Sud. Deborah s'avère être une alcoolique sans aucun regret d'avoir abandonné sa fille et qui continue de la rejeter.


Bouleversée, Caroline demande alors à Oliver combien d'argent il leur faudrait pour quitter le pays et s'établir à l'étranger. Il lui donne une estimation et surtout la prévient qu'il va falloir attaquer de plus grosses banques, donc prendre encore plus de risques...


Ceux qui lisent mes critiques de films en ont maintenant l'habitude : chaque fois que Samara Weaving est à l'affiche, je suis au rendez-vous car je suis un fan de celle que j'appelle la reine de la série B moderne. C'est dit sans aucune condescendance car j'adore les séries B, cet espace cinématographique où on trouve des longs métrages qui vont de la pépite inattendue au plaisir coupable.


Toutefois, avec Carolina Caroline, je serai tenté de dire qu'on évolue dans le haut du panier de la série B. C'est même incontestablement le meilleur film dans lequel j'ai vu Samara Weaving. Elle y déploie un jeu plus nuancé, certains diraient plus mature, au coeur d'une intrigue classique mais écrite avec subtilité, alors qu'elle appartient au registre très codé de la romance criminelle.


Le maître étalon de ce genre est ex aequo Le Démon des Armes (Gun Crazy de Joseph Lewis) et Bonnie & Clyde (d'Arthur Penn). Autant dire que qui s'y frotte s'y pique souvent. Sans égaler ces deux chefs d'oeuvre, le film de Adam Carter Rehmier sur un scénario écrit par William Thomas Dean IV s'en sort mieux que bien, surtout grâce à l'excellence de la caractérisation de ses deux héros.


Le coeur du récit met en relation une fille résignée à son sort et un voyou qui refuse de se poser. Ils tombent sous le charme l'un de l'autre : lui parce qu'il apprécie de pouvoir s'ouvrir à elle sans être jugé, elle parce qu'elle voit en lui la possibilité de s'évader. Ils étaient faits pour se rencontrer, lui parce qu'il ne tient pas en place, elle parce qu'elle n'en peut plus d'être là où elle est.

Oliver est un escroc qui apparaît d'abord sans grande envergure : il fait de beaux discours sur le pourquoi il vole (en justifiant que l'argent dont il dépouille ses victimes finirait dans les poches d'actionnaires autrement), mais il se contente en vérité de peu. On découvre ensuite qu'il cherchait sans doute une disciple et une égale.

Caroline est la candidate parfaite : elle semble d'abord ingénue, voire naïve, mais elle est vite réévaluée (par Oliver et le spectateur) car elle apprend vite et même dépasse le maître. Sa motivation, elle la puise dans sa grande faille : l'abandon de sa mère - cette femme qu'elle veut retrouver pour savoir si elle l'a jamais aimée. La réponse sera cruelle.

Plus que le parcours, convenu, balisé, des deux amants, qui passent de petites arnaques à des braquages de plus en plus risqués (où Oliver joue le rôle du chauffeur, Caroline prenant en vérité tous les risques en surgissant dans des banques flingue à la main), c'est bien dans les itinéraires croisés de Caroline et Oliver que le film prend tout son relief.

Le point de bascule est provoqué par la rencontre entre Caroline et sa mère qui plonge la jeune femme dans une spirale infernale. Il n'est alors plus question d'argent, de danger, mais d'oubli. Caroline veut littéralement se perdre et dans la cavale qu'elle mène aux côtés de Oliver il y a une forme de volonté suicidaire poignante.

Au début de leur liaison, Caroline demande à Olive ce qui distingue les bonnes personnes qui agissent mal des mauvaises personnes qui ont toujours mal agi. Dans la dernière ligne droite, ces interrogations morales ont disparu, englouties dans une course aveugle, où il s'agit de retarder le moment où l'on va se faire prendre, les sacrifices qu'on est prêt à faire l'un pour l'autre, le sens à donner au véritable amour.

Cela le film réussit formidablement à le traduire. L'écriture est fine, précise, ciselée, la réalisation est serrée, le rythme impeccable, et la photo superbe (signée du français Jean-Philippe Bernier, lumineuse comme un coucher de soleil).

Ces éléments sont nouveaux dans la filmographie de Samara Weaving, qui, sans tourner avec des manches, a rarement eu droit à un tel traitement. L'actrice australienne irradie de mélancolie dans ce rôle où elle prouve qu'elle a une palette de jeu plus étoffée que les comédies grinçantes ou les films horrifiques auxquels elle paraît abonnée.

Face à elle Kyle Gallner lui donne la réplique avec un sens de l'équilibre et du contraste brillant. Il est parfait dans la peau de ce voyou séduisant, taiseux, violent par éclairs, ce qui fait penser aux compositions de Steve McQueen ou James Caan. On notera aussi les présences de Kyra Sedgwick (une seule scène, mais quelle scène !) dans le rôle de la mère et de Jon Gries dans celui du père de Caroline.

Carolina Caroline est à la fois efficace et doux-amer, une combinaison qui lui confère une profondeur inattendue et très appréciable.

samedi 25 juillet 2026

INDUSTRY (Saison 1) (Mickey Down & Konrad Kay, 2020)


Fraîchement diplômés, Harper Stern, Yasmin Kara-Hanani, Gus Sackey, Robert Spearing et Hari Dhar intègrent les rangs de la banque d'investissement Pierpoint & Co. où ils ont six mois pour faire leurs preuves et obtenir un temps plein. La détermination de Harper tape dans l'oeil d'Eric Tao, son chef au service des ventes, même après qu'il a découvert qu'elle n'avait eu son diplôme. Entre elle et Eric se trouve Daria Greenok qui la présente à une riche cliente, Nicole Craig, qui lui fait rapidement des avances sexuelles. Gus est dans la même équipe que Hari qui abuse de produits stimulants et finit par succomber à un malaise cardiaque.


La banque met en place une cellule de crise pour éviter que l'affaire ne s'ébruite. Yasmin offre à Harper de la loger dans l'appartement que sa mère met à sa disposition et où elle habite avec son fiancé, Seb. Robert est sous les ordres de Clement Cowan qui n'a plus qu'un seul client et fait tout pour le conserver. La mort de Hari conduit la direction à dissoudre l'équipe dont il faisait partie et Gis est transféré dans le service de Robert. Yasmin subit le harcèlement de son supérieur, Kenny Kilbane.
 

Après la soirée d'anniversaire de Robert, Harper commet une erreur lors d'une transaction et va voir Nicole pour qu'elle l'aide en rachetant des actions pour faire remonter leur cours. Yasmin et Robert représentent la banque lors d'une journée portes ouvertes à des étudiants et flirtent. Gus s'aliène Clement en critiquant ses méthodes à l'ancienne. Et, pour ne rien arranger, une ancienne cadre de Pierpoint se répand dans la presse en dénonçant le management toxique de la boîte...


Lancée en pleine crise du Covid, Industry, créée par Mickey Down et Konrad Kay pour HBO, est devenue une série à succès dont le tournage de la saison 5 est actuellement en cours, voyant sa popularité croître d'année en année. J'ai voulu voir ce que ça valait en replongeant dans ces épisodes qui datent de 2020. Et j'ai été assez convaincu pour regarder la suite (même si je ne vais peut-être pas enchaîner tout de suite).


Bien que ce ne soit pas forcément attirant de prime abord, Industry a pour elle deux atouts indéniables : d'abord, la série nous plonge dans un univers rarement exploré, celui de la finance, et ensuite, elle ne fait pas de cadeau à ses protagonistes en les portraiturant de manière pas immédiatement sympathique. D'ailleurs, à la fin du huitième et dernier épisode, on peut déjà mesurer la progression nette de leurs relations.


Au coeur du dispositif, il y a surtout deux formidables personnages féminins, écrits avec une finesse assez exceptionnelle, et qui éclipsent facilement les rôles masculins. D'un côté, nous faisons la connaissance de Harper, une afro-américaine venant des Etats-Unis et qui a fraudé pour rentrer dans le milieu de la banque, comme son supérieur direct le découvre rapidement mais sans la dénoncer.


Harper se distingue par une détermination à toute épreuve et une ambition vorace. Prise en étau entre deux chefs de service qui ne partagent pas du tout la même façon de gérer leur équipe et les affaires, elle sait slalomer entre ces deux égos et miser sur le bon cheval au gré des situations. Pourtant, derrière ce masque plein d'assurance, se cache une jeune femme craignant à tout moment d'être prise en faute et sujette à des crises d'angoisse.


De l'autre, il y a Yasmin, issue d'une famille bourgeoise, elle vit avec un raté, Seb, qui traficote de ci, de là, préfère regarder du porno sur son téléphone que de lui faire l'amour, ce qui la pousse à flirter avec un collègue de sa promotion. Elle subit le harcèlement de son supérieur, Kenny, en faisant le dos rond, si bien qu'on se demande si elle ne manque pas au fond de caractère.
 

Mais Yasmin est, elle aussi, plus habile qu'il n'y paraît. Sa capacité à encaisser et à passer pour une employée docile en fait une co-équipière saluée et résiliente. Son amitié avec Harper est un peu celle du feu et de l'eau, et cela les conduira dans une sorte d'impasse, car elles éprouvent toutes deux des difficultés à ne pas mélanger travail et vie privée, désir d'évoluer et soupçon d'arrivisme.

Les deux autres diplômés sont Gus, un noir homosexuel de bonne famille et qui a une liaison avec un collègue, ami de lycée, marié ; et Richard, un beau gosse immature qui n'assume pas sa toxicomanie et dissimule mal son attitude dilettante. Pourtant, tous les deux sont les plus directement impactés par la mort prématurée de leur ami Hari.

Le premier épisode d'Industry (réalisé par Lena Dunham, la créatrice de la série culte Girls) affiche clairement la couleur : nul n'est à l'abri et le destin de Hari en est la preuve. Représentant la minorité visible, il se bat pour prouver son utilité en bossant littéralement jour et nuit, dormant dans les toilettes, et se dopant avec des pilules et des boissons énergisantes, jusqu'à la rupture.

Gus et Robert ont été les témoins directs de sa chute fulgurante et réagissent différemment : Gus intègre, cyniquement, que la culture managériale de Pierpoint & Co. est brutale et que tout est d'abord fait, non pas pour prévenir d'autres incidents de ce genre, mais pour étouffer l'affaire. Robert, lui, sombre dans la drogue pour se forger une carapace de bel indifférent.

La manière dont les quatre héros traversent cette saison 1 montre bien comment ils s'adaptent à ce milieu : Gus puis Harper sont abordés par Sara, une des dirigeantes de la banque, soucieuse de changer les mentalités en faveur de l'inclusivité et de la solidarité. Yasmin accepte de ne pas faire de vagues à la demande de Hilary pour faire son trou. Harper, comme écrit plus haut, compose alternativement avec Daria et Eric.

A la fin de la saison, sans rien spoiler d'essentiel, comme c'est exposé dès le début, les recrues doivent passer une audition devant le board de la banque et lui dire ce qu'il a surtout envie d'entendre pour être conserver dans les effectifs. L'un d'eux va choisir de claquer la porte avec éclat, un autre va révéler malgré lui ses failles, un troisième s'en sortira en usant de ruse, le dernier sera repêché en avalant une grosse couleuvre. Mais les amitiés, voire les amours, des uns et des autres, ne seront pas épargnées...

Et c'est pour cela, en plus de vouloir savoir comment ils vont se comporter maintenant qu'ils ont ou non été embauchés à temps plein, qu'on a envie d'en reprendre : si cette première saison est parfois un peu répétitive et limite complaisante sur certains aspects (la drogue, le sexe), on l'achève avec des positions plus ancrées qu'au début. Va-t-on avoir affaire à des monstres en puissance ? Ou garderont-ils un semblant d'intégrité morale ?

Si la série souffre d'une réalisation parfois plate et d'une photo terne, l'interprétation est fabuleuse et Industry peut se vanter d'avoir mis en valeur de futurs grands acteurs, à commencer par la superbe Marisa Abela (qui a connu la consécration entre temps en incarnant Amy Winehouse dans le biopic Back to Black en 2024) et qui joue Yasmin avec un savant mélange de sensualité effrontée et de sensibilité à fleur de peau.

A ses côtés, la révélation de la saison est Myha'la dans le rôle de Harper. Petit format mais regard de tueuse, elle est impressionnante et porte sur ses épaules plusieurs épisodes, soulignant toutes les ambiguïtés de la série. Harry Lawtey est tête à claques à souhait dans le rôle de Robert tandis que David Jonsson est impeccable de duplicité dans celui de Gus.

On remarquera aussi Ken Leung dans le rôle d'Eric (le comédien est un vieux routier des séries, depuis Lost) et Freya Mavor dans celui de Daria (je l'avais remarquée dans La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, de Joann Sfar, en 2015).

Industry est tout sauf un produit industrielle : c'est une série qui a tout du sleeper, gagnant en puissance au fur et à mesure de ses épisodes.

jeudi 23 juillet 2026

DETECTIVE COMICS #1111 (Tom Taylor / Mikel Janin)


Où l'on apprend les circonstances de la mort de Prion, sa véritable identité, la machination ourdie par sa grand-mère pour le venger... Et que la famille Reynoso a été manipulée depuis une dizaine d'années par un autre suspect identifié par Batman...


Ce pénultième chapitre de l'arc Flight prouve que cette intrigue traîne inutilement en longueur et est cousue de fil blanc avec des twists assez grotesques. C'est tout le problème de Tom Taylor sur Detective Comics : une absence de projet sur le long terme alors que, ironie du sort, la couverture de cet épisode montrait une voie possible à suivre.


Car au fond ce qui distingue, normalement, la série Batman de Detective Comics, c'est que, dans cette dernière, on doit suivre Batman prouvant ses qualités de détective, donc le voir en train d'enquêter davantage que se battre, même si l'action est quand même présente - on reste dans un comic book de super héros.


Malheureusement, depuis son arrivée sur le titre, on ne peut pas dire que les enquêtes imaginées par Tom Taylor soient palpitantes. Le talent de ce scénariste est ailleurs, dans la caractérisation des personnages, mais certainement pas dans la construction d'affaires susceptibles de tenir le lecteur en haleine pendant des mois.


Celle de l'arc Flight a multiplié les aspects invraisemblables et même ridicules - trop pour qu'on puisse encore être indulgent. Par ailleurs la faire traîner sur six numéros ne fait que souligner ses faiblesses et durer le déplaisir de la lire. Et puis, évidemment, comme depuis le début de son run Taylor s'appuie sur des éléments du passé qu'il a inventés mais qui n'ont aucun impact réel sur le présent.

C'est bien joli de vouloir ajouter des éléments à la mythologie d'un personnage comme Batman (et plus généralement à la continuité de DC), mais encore faut-il être capable d'écrire ces éléments de manière à ce qu'ils aient l'air d'être intéressant, qu'ils apportent un vrai plus. Ce n'est pas le cas avec ce jeune justicier, Prion, mort dans des circonstances par ailleurs assez pathétiques alors qu'elles sont censées être tragiques pour Batman mais aussi pour Green Arrow et surtout pour Black Canary.

Jamais, à aucun moment, on n'a senti que cela accablait des héros qui ont eu le comptant d'épreuves, de deuils à surmonter. Prion est trop faiblement caractérisé, son influence sur l'existence des trois protagonistes trop limitée, pour que Taylor ait réussi à nous faire croire que sa mort représentait un traumatisme.

Si, comme le suggère la couverture de ce numéro, Detective Comics selon Taylor avait été l'occasion pour Batman de partager son titre historique avec d'autres héros, une sorte de Batman team-up en fait, cela n'aurait pas été beaucoup plus original, mais sans doute plus efficace. Ici convoquer Green Arrow et Black Canary n'ajoute rien au projet, leurs relations sont peu creusées et ce qui est supposé les avoir pareillement touchés n'a que trop peu de poids.

Mikel Janin est irréprochable mais c'est tout de même un gâchis d'utiliser ce dessinateur si talentueux pour des histoires aussi médiocres. En outre, après avoir longtemps dessiné Batman déjà sous la direction de Tom King, je ne vous cache pas que j'aimerai le voir exercer son art sur un autre personnage (un peu comme Jorge Jimenez qui dessine la chauve-souris depuis Tynion IV, Zdarsky et maintenant Fraction).

Vivement le mois prochain que ça se termine car, c'est acquis, après le #1112, j'arrête cette série qui m'a trop déçu.

mercredi 22 juillet 2026

MARC SPECTOR : MOON KNIGHT #6 (Jed MacKay / Devmalya Pramanik)


Ses amis prisonniers du Manoir Vorace, Moon Knight suit le conseil de Clea Strange et recrute des alliés prêts à affronter à ses côtés des forces surnaturelles maléfiques : Blade le chasseur de vampires, Daredevil et Ghost Rider( Robbie Reyes) - les nouveaux Midnight Sons !


Après vous avoir parlé le mois dernier des cinq premiers épisodes de Marc Spector : Moon Knight, je peux à présent passer à des critiques mensuelles pour cette série. Et j'étais impatient de le faire puisque, à partir de ce sixième épisode, démarre un nouvel arc, suite directe du précédent, dans lequel le scénariste Jed MacKay assemble une nouvelle formation des Midnight Sons.


Dans les années 90, à partir de Ghost Rider (vol. 3) #31, apparaissent les Midnight Sons, composés de Danny Ketch et Johnny Blaze, Morbius, Blade. Par la suite, ce groupe informel s'enrichira de nombreux autres personnages (comme Hannibal King, Werewolf by Night, Man-Thing, Daimon Hellstrom, Jennifer Kale, Satana, Iron Fist, Elsa Bloodstone).


Cette fois, Jed MacKay a décidé de recruter des membres historiques (Ghost Rider mais en tant que Robbie Reyes, Blade) et d'autres plus inattendus (Clea Strange qui a révélé la composition, Daredevil). aux côtés de Moon Knight. On peut dire que ce gang a fière allure, surtout face au danger qu'il va affronter : le Manoir Vorace qui retient prisonnier les amis de MK avec la complicité du dragon Ginnar.


Le script de MacKay ne prétend pas être autre chose qu'un texte présentant la formation et son recrutement. Ce qui est intéressant en revanche, c'est que la majorité des membres ont eu un contentieux avec Moon Knight qui est donc obligé de les avoir au sentiment en expliquant la situation de ses proches.

Blade répond vite présent parce que Moon Knight l'a récemment vu sous son pire jour dans l'event Blood Hunt et réciproquement le chasseur de vampires s'est battu avec MK lors de l'arc L'Ere de Khonsou dans Avengers (2018) #31-38 (alors écrit par Jason Aaron). Les deux justiciers savent qu'ils doivent se racheter.

Pour Daredevil, il faut remonter au #600 de la série de l'homme sans peur (alors écrite par Charles Soule) où Moon Knight avait fait partie de la bande de héros ayant participé au raid contre Wilson Fisk et qui avait abouti à la nomination de Matt Murdock comme maire de New York. Toutefois DD n'apprécie pas les méthodes expéditives de son confrère qui lui demande alors de l'aider à devenir meilleur.

Robbie Reyes fait office de remplaçant et j'ai le sentiment que Marvel n'a peut-être pas accordé à MacKay le droit d'emprunter Johnny Blaze ou Danny Ketch, les Ghost Rider les plus populaires. A moins que l'auteur ait préféré faire appel à un nouveau cavalier fantôme pour que Moon Knight puisse plus facilement le persuader de le suivre.

Il faut aussi noter un détail : Clea Strange insiste auprès de Moon Knight pour qu'il saisisse bien que les Midnight Sons ne sont pas une équipe. Les membres du groupe sont désignés par la magie, et Moon Knight leur cache quelque chose sur la raison pour laquelle ils sont de cette aventure. S'ils viennent à apprendre ce secret, les choses pourraient se gâter pour MK...

Devamlya Pramanik livre une nouvelle fois des pages somptueuses et il faut souligner la contribution exceptionnelle de la coloriste Rachelle Rosenberg qui travaille avec cet artiste comme si elle communiquait de manière quasiment symbiotique avec lui. Pramanik est un dessinateur de la trempe d'un Gene Colan, au trait incroyable expressionniste et il faut une partenaire de choc pour ne pas gâcher un tel graphisme.

Le résultat est phénoménal : Marc Spector : Moon Knight est une série qui ne ressemble à aucune autre dans ce que publie actuellement Marvel, et c'est grâce à Pramanik et Rosenberg. MacKay dispose avec ces deux-là d'une paire capable de transcender ses histoires, d'en faire de véritables expériences visuelles, à la limite de ce qu'on voit d'habitude chez les indés.

Chaque entrée en scène des Midnight Sons devient un morceau de bravoure, à même de rendre ce groupe charismatique et mémorable. C'est certain que ce qui va suivre promet énormément.

Si tout ça ne vous donne pas envie, je ne sais pas ce qui peut le faire. Rendez-vous le mois prochain pour le début de la contre-attaque contre le Manoir Vorace !