jeudi 16 avril 2026

CATWOMAN #86 (Torunn Gronbekk / Davide Gianfelice)


Catwoman est en fuite à Gotham. Black Mask a offert à Katarina Belov, une femme qu'a défigurée Selina Kyle, ses services pour faire souffrir cette dernière avant de la tuer. Tandis qu'elle découvre qu'Holly Robinson a été capturée, Catwoman appelle Slam Bradley en renfort...


Il faut reconnaître à Torunn Gronbekk une réelle volonté de ne pas égarer le lecteur qui n'aurait pas lu son run depuis le début : dans cet épisode en effet on découvre l'identité de la mystérieuse femme à laquelle Roman Sionis/Black Mask s'est allié et il s'agit d'une antagoniste que Catwoman a déjà affronté il y a quelques mois.


Gronbekk réintroduit Katarina Belov de manière succincte mais suffisante pour qu'on comprenne ce qu'elle reproche à Catwoman. Une recherche facile sur le Net permet de savoir de quand date leur contentieux - c'était dans l'épisode 78 - et effectivement on saisit toute l'intensité de la haine que porte Belov à Selina Kyle.


L'intrigue présente la particularité de ne pas associer deux vilains pour éliminer l'héroïne (même si, in fine, c'est leur objectif commun) mais pour la faire souffrir car Belov a été marquée dans sa chair à cause de Catwoman. Et c'est évidemment quelque chose que peut appréhender Sionis, lui-même défiguré et mentalement très perturbé.


En convoquant Black Mask et en lui ajoutant Belov, Gronbekk convoque la meilleure histoire de Catwoman écrite par Ed Brubaker. C'est un signe d'audace - ou d'inconscience diront certains. En tout cas, je trouve que ça ne manque pas de panache et d'ambition car elle a tout à perdre à marcher dans les pas d'un tel scénariste.

Pour l'instant, en tout cas, c'est très efficace. Le rythme est très soutenu et les péripéties du récit sont excellentes. Comme souvent, il s'avère plus éprouvant pour l'héroïne de s'en prendre à ceux qu'elle aime qu'à elle directement. Mais le jeu de pistes macabre que Black Mask met en scène ne manque pas d'ingéniosité et de sadisme. Et si Catwoman est prête au combat, elle comprend que son adversaire est tout aussi résolu.

L'autre point fort, c'est évidemment le dessin de Davide Gianfelice. Comme je le disais le mois dernier, depuis le début du run actuel, la série a souffert de ne pas avoir un bon artiste régulier (alors qu'auparavant, entre Joelle Jones, Fernando Blanco et même Nico Leon, elle était mieux lotie). L'italien apporte une stabilité réelle.

En outre, Gianfelice est un narrateur formé à l'école transalpine : il va à l'essentiel, tout est très dynamique, sans fioritures. Les personnages sont expressifs, mais le plus important passe par le découpage, le choix des angles de vue, la composition des plans. Tout est bon pour ne jamais se répéter et établir une ambiance angoissante.

Et Patricio Delpeche, qui a un temps officié comme dessinateur sur ce run, accompagne, à la couleur, des planches ainsi savamment dotées. Sa palette joue sur des teintes, des tons parfois très marqués, mais que l'encrage soutenu de Gianfelice contrebalance. On retrouve ce qui a fait la qualité du titre dans les meilleurs moments lorsque Jones, Ram V, Tini Howard l'écrivaient.

Certes, c'est classique, mais c'est bien foutu, haletant, et en prime on va revoir ensemble Selina Kyle et Slam Bradley !

LOBO #2 (Skottie Young / Jorge Corona)


Devenu la nouvelle vedette d'un reality show produit et diffusé par l'Omni Omega+ Entertainment Corporation, Lobo subit un relooking extrême et doit surveiller son langage mais aussi revoir ses méthodes de chasseur de primes pour ne pas froisser le public. Qui, lui, veut un vrai héros et des adversaires prestigieux...


Si j'ai été déçu par Batwoman dans la collection de comics DC Next Level, laissez-moi vous assurer que Lobo dériderait n'importe qui. Skottie Young fait feu de tout bois dans ce deuxième épisode qui conclut déjà le premier arc de la série. Pas sûr que le dernier des czarniens en sorte indemne, mais le lecteur aura beaucoup ri de ses mésaventures.
 

Young a donc fait du "main man" la vedette d'un reality show où il joue son propre rôle de chasseur de primes mais pour lequel il doit être rhabillé et son langage fleuri adouci. Chassez le naturel, il revient au galop : Lobo continue à s'exprimer grossièrement en brutalisant excessivement ceux qu'il doit capturer. L'audience périclite, les téléspectateurs sont horrifiés.


Lors d'une séance avec les cadres de la compagnie qui l'emploient, Lobo comprend qu'il doit se comporter en héros mais aussi se frotter à des adversaires plus connus et coriaces. Comme l'empereur Aquaman. Peu importe que ce dernier n'ait commis aucun délit, il fera une cible parfaite pour que le public soit conquis.


On a alors droit à un affrontement dévastateur entre les deux antagonistes, aucun des deux ne retenant ses coups mais chacun voulant humilier l'autre. C'est violent mais drôlissime même si ça ne résout pas le problème et aboutit à une nouvelle crise en interne sur l'image de la nouvelle star des médias et la manière dont les spectateurs le perçoivent.

On peut trouver l'approche un brin foutraque et excessive, mais rappelons-nous que Keith Giffen et Roger Slifer ont créé Lobo comme la caricature des super héros hyper brutaux qui pullulaient déjà dans les comics dans les années 80. Par la suite, il deviendra encore plus outrancier, jusqu'à l'absurde. On peut donc affirmer que Skottie Young ne fait que respecter les fondamentaux.

Mais sa lecture de Lobo s'accompagne d'un humour iconoclaste : rien n'est sacré ici, pas même d'inclure Aquaman, élevé récemment dans sa série au rang d'Emperor, pour une baston sanglante et déjantée dans l'espace. C'est franchement réjouissant de voir DC laisser un auteur aller aussi loin, sans souci des convenances, libre de s'amuser avec les jouets des autres (sans que cela ait d'impact sur le travail d'autres scénaristes).

Autre motif de jubilation : le dessin de Jorge Corona. Il règne sur cette série un esprit punk que le style graphique renforce. Corona n'a pas peur de la jouer cradingue, avec des tâches d'encre dans les marges, et une expressivité caricaturale qui souligne l'excentricité du propos. Lobo est un personnage bigger than life, à la fois grotesque et irrésistible, et à qui ce traitement convient idéalement. 

Encore une fois, le grand moment qu'est la bagarre entre Lobo et Aquaman est une merveille à cet égard, mais dès la première page, on a déjà envie de rire aux éclats en assistant à la séance de relooking de Lobo, puis à la fin avec l'échange entre Lobo et le patron de l'Omni Omega+ Entertainment Corp. où son ressentiment est le prétexte à un défouloir tout aussi radical/

J'adore cette série qui se vautre avec indécence dans l'excès le plus tordant. C'est vraiment bon de lire un comic book aussi insensé, aussi déconnant par les temps qui courent. Longue vie à Lobo !

BATWOMAN #2 (Greg Rucka / DaNi)


Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?


A vous qui me faîtes l'honneur de lire mes critiques, je dois la vérité. Et la vérité, c'est que ce deuxième épisode de Batwoman m'a laissé sans voix. Il y a un mois, je partais plutôt confiant sur cette relance de la série par le créateur du personnage, Greg Rucka, même si c'est un scénariste dont je me méfie car je le trouve très inégal.
 

Mais j'étais quand même prêt à lui accorder une chance. Peut-être parce que la série s'inscrivait dans la collection DC Next Level et que je l'interprétai comme une opportunité de tenter de nouvelles choses, audacieuses, avec des héros de second plan (voir de troisième), et que, dans ce cadre, Batwoman avait la possibilité de trouver le second souffle qu'il lui a toujours manquée.


Qu'il s'agisse de Lobo ou de The Fury of the Firestorm, en attendant Zatanna dans quinze jours (et d'autres ensuite), la volonté manifeste de DC était de lâcher la bride aux auteurs chargés de ramener ces personnages sur le devant de la scène, et Skottie Young ou Jeff Lemire m'ont convaincu que c'était un pari gagnant.


Mais je dois avouer qu'après avoir lu ce deuxième épisode de Batwoman, je suis vraiment abasourdi. Pas par la qualité de l'ouvrage, mais, disons-le tout net, par sa nullité. Reprenons point par point - ou au moins sur l'essentiel de ce que nous avons entre les mains.

Rucka, depuis la première apparition de Kate Kane dans la série hebdomadaire 52, a fait de Batwoman une héroïne qui veut absolument se distinguer de Batman. Elle est lesbienne, fille de militaire, déchue de l'armée à cause de son orientation sexuelle, et ses aventures l'ont conduit à affronter des cultes ou sa soeur qui fut enlevée enfant avec elle et qui en est devenue folle, sous le pseudonyme d'Alice (référence limpide à Alice au pays des merveilles).

Par la suite, quand J.H. Williams III et Haden Blackman ont pris les commandes de la série Batwoman, ils ont conservé cette orientation tout en développant d'autres aspects. Aujourd'hui, en 2026, Greg Rucka fait comme s'il reprenait la série là où il l'avait laissée et ranime ses vieilles marottes, avec Kate Kane qui croit avoir tué sa soeur et qui est convoitée par une société secrète versée dans l'occulte.

Dans cet épisode, on voit resurgir Jacob Kane, qui est à la fois la père de Kate et fut son mentor, son entraîneur. Lui aussi a une formation militaire et durant le run de James Tynion IV sur Detective Comics dans lequel Batwoman tenait un des rôles principaux, il avait même bâti une organisation paramilitaire, la Colonie, pour prendre le contrôle de Gotham et lutter contre la Ligue des Assassins.

Toutefois, ici, ça ne fonctionne pas. D'abord parce que Rucka ne prend pas la peine de nous présenter les méchants : on est encore dans l'archétype de la société secrète, qui veut Batwoman pour accomplir une espèce de prophétie, mais les membres de cette société sont à peine nommés et leur objectif est plus que nébuleux.

Cela trahit en tout cas un manque d'inspiration et de renouvellement de la part de Rucka qui paraît vouloir à tout prix relancer ses intrigues initiales en changeant quelques éléments, mais pas le fond. Le reste est déjà connu : Alice, le rôle d'élue de Batwoman, Jacob Kane. C'est du vu et revu, du réchauffé. Mais ce n'est pas tout ce qui fait défaut au projet.

Cet épisode a un script qui tient sur un post-it : beaucoup d'action, quelques ponctuations cryptiques, et une héroïne en roue libre qui abat ses adversaires de sang froid - adversaires au look improbables (déguisés en soldats de la Grèce antique à la solde d'un homme, Mr. Gores, et d'une femme, Despina, mère supérieure du couvent des filles de Lilith). Et c'est tout.

On referme ce fascicule très frustré, avec un fort sentiment d'avoir été roulé dans la farine, avec une histoire rabâchant ad nauseam les mêmes motifs mais en les survolant, sur une script alignant des scènes d'action affreusement mal fichues. Il est clair que, malgré un vrai talent graphique, DaNi n'est clairement pas à la hauteur.

L'artiste grecque fait ce qu'elle peut pour emballer ce qu'on lui donne à raconter, mais son style ne convient tout simplement à une série super héroïque avec autant d'action. Parfois, on pense au Frank Miller de Sin City, mais on reste très loin, en termes de dynamisme et d'aisance dans la composition, en termes de maîtrise tout simplement, de cette écrasante comparaison.

Matt Hollingsworth ne peut rien pour combler les manques de DaNi, dont les images ne forment pas une narration digne de ce nom. Elle est excellente quand il s'agit de signer des pin up où sa façon de jouer avec l'espace négatif fait merveille, mais ce n'est définitivement pas une bonne dessinatrice de comics, où faire joli ne suffit pas.  

Il subsiste de tout ça une impression de vide : Rucka n'a rien à dire, en tout cas rien de neuf, et DaNi n'a rien à dessiner - pour ne pas dire qu'elle ne dessine rien. On tombe de très haut, à l'image de Batwoman qui saute d'un toit pour atterrir dans la rue mal en point. J'ignore si j'ai envie de continuer, mais j'en doute. Contrairement à une super héroïne, le lecteur ne se relève pas facilement d'une telle chute.

mercredi 15 avril 2026

VENOM #257 : DEATH SPIRAL #8 (of 9) (Charles Soule / Javier Pina)


Torment/Carnage s'attaque à May Parker et Anna Watson dans le local de la soupe populaire où elles servent bénévolement. Mais Flash Thompson/Anti-Venom intervient. Torment se sert des bracelets du Shocker pour l'éloigner tandis que les deux femmes s'enfuient. Carnage propose de s'en occuper pendant que Torment neutralise Anti-Venom...


Il est temps que ce crossover se finisse et ce sera fait la semaine prochaine. Non pas qu'on s'ennuie, cet épisode est intense et réserve quelques twists dans ses dernières pages. Non, c'est plutôt l'intrigue en elle-même qui a trop traîné en longueur et ne justifiait pas qu'on y consacre autant d'épisodes. Reste à savoir comment tout ça s'achèvera...


Et il faut bien admettre que si Death Spiral a peu de chance de rester dans les annales, le suspense quant à son dénouement reste bien construit. Torment s'avère être un méchant particulièrement coriace et son alliance avec Carnage connaît des péripéties un peu convenues mais qui présentent le mérite de fournir de la matière - à défaut d'être de la matière de première qualité.


Cet épisode de Venom n'est donc pas signé par l'équipe en charge de la série habituellement : On devine que Al Ewing a préféré avancer dans son travail sur The Mortal Thor et l'event Queen in Black de cet été, et il a donc confié les clés à Charles Soule pour l'occasion. Le scénariste de Carnage, dont la série est annulée, se révèle digne de confiance.


Au coeur de ce numéro, on insiste donc sur la paire Torment/Carnage. Bien entendu, leur fusion ne pouvait pas être un long fleuve tranquille car s'ils ont en commun d'être des tueurs en série, leurs méthodes diffèrent totalement. Torment exécute un plan précis tandis que Carnage éprouve un plaisir plus simple à éliminer tous ceux qui se trouvent sur son chemin.

Cela donne globalement de bons moments même si on peut légitimement trouver un peu grotesque la scène où Torment pique une crise de nerfs quand il découvre que Carnage a assassiné sans discernement plein d'innocents. C'est un peu l'instant "jumping the shark", mais ce n'est pas la première fois qu'on y a droit dans ce crossover.

Ce qui est aussi embarrassant, c'est d'abord avec quelle facilité Torment réussit à se débarrasser d'Anti-Venom (sur ce coup Flash Thompson n'agit vraiment comme un ancien soldat expérimenté) et ensuite (et surtout) à quel point Venom est peu présent dans cet épisode de sa propre série. Charles Soule aurait-il oublié quel titre il écrivait ?

Visuellement, ça reste en revanche très bon puisque si Carlos Gomez est absent, c'est Javier Pina qui le remplace. Pina, c'est l'éternel second rôle des séries Marvel (et DC) alors qu'il est excellent, mais j'ignore pourquoi on ne lui confie pas une série. Encore une fois, il livre une copie de très bon niveau alors que son job est ingrat.

Le bilan est donc mitigé : Death Spiral a trop duré sans être trop ennuyeux pourtant. Je reste indulgent parce que je suis curieux de savoir comment tout ça va se dénouer et quelles seront les conséquences (même si, pour Venom, je ne pense pas que ça changera grand-chose). Suite et fin, donc, la semaine prochaine dans Amazing Spider-Man #27.

dimanche 12 avril 2026

UNCANNY X-MEN, VOLUME 4 : WHERE THE MONSTERS DWELL (Gail Simone / David Marquez, Luciano Vecchio, Francesco Mortarino)


UNCANNY X-MEN,  VOLUME 4 : WHERE THE MONSTERS DWELL
(Uncanny X-Men #22-25 + Annual 2026)


- NO CLEAN HANDS (Gail Simone / David Marquez) - Revenant d'une soirée passée en compagnie de MacKenzie DeNeer, Diablo est surpris par ses amis qui lui ont préparé une fête pour son anniversaire. Mais la soirée est gâchée par le retour de Mutina qui souhaite intégrer leur groupe. Diablo accepte de la tester...

Ce nouveau tome s'ouvre par un épisode done-in-one, bien qu'il faille avoir lu le précédent recueil avant cela. En effet Gail Simone ramène Mutina sur le devant de la scène alors que Diablo fête son anniversaire chez Marcus St. Juniors avec ses amis mutants. La fête prend un tour inattendu quand Mutina demande à intégrer l'équipe des Uncanny X-Men.

Ce chapitre permet (enfin !) à la scénariste de s'intéresser à Diablo dont les talents d'escrimeur et d'acrobate sont mis en valeur dans un duel contre Mutina pour la tester. Gail Simone a beau affirmer qu'elle adore tous les personnages du groupe de X-Men dont elle écrit les aventures, il est évident que Kurt Wagner est le grand oublié de ses scénarios.

Par ailleurs, et alors que c'était un aspect que détestait Dave Cockrum, le créateur de Diablo, Simone, comme d'autres avant elle, fait de Kurt un homme de foi, le curé des mutants. C'est évidemment un contresens total puisque le personnage avait été imaginé comme une déclinaison d'Erroll Flynn, un bretteur charmeur et bondissant loin de toutes bondieuseries.

Là, on peut enfin savourer de voir l'elfe en train de croiser le fer avec Mutina sans trop tenter de prêcher pour sauver cette insupportable gamine psychopathe. Grâce soit rendue à David Marquez qui dessine cette scène en sachant découper l'action de telle sorte que Diablo redevienne ce que Cockrum voulait qu'il soit.

Il aura quand même fallu 22 épisodes pour en arriver là. Et visiblement le "dossier Mutina" est loin d'être bouclé... 


- WHERE THE MONSTERS DWELL (Gail Simone / David Marquez, Luciano Vecchio) - Tandis que les Outliers écoutent une histoire que Marcus St. Juniors lit à sa fille Chelsea, Malicia, Wolverine, Diablo et Jubilé encerclent Gambit dehors. Le cajun est de plus en plus sous l'emprise de l'Oeil d'Agamotto qu'il a dérobé au dragon asgardien Sadurang mais refuse de le lui rendre.
 

C'est alors qu'Elsa Bloodstone et la légion des monstres apparaissent en réclamant le territoire aux mutants. Tandis que les deux équipes s'affrontent, Agatha Timly/Lady Darkhold en profite pour approcher de la maison de St. Juniors...


Le coeur de l'album st donc un arc en trois épisodes qui s'ouvre par une explication musclée entre Gambit et ses partenaires. Depuis le début de son run, Gail Simone a fait du mutant cajun le détenteur de l'Oeil (gauche) d'Agamatto qu'il a dérobé au dragon asgardien Sadurang. Il a promis de le lui rendre au bout d'un an s'il ne s'en prenait plus aux humains.

Ce délai arrive à son terme mais l'artefact, comme l'avait expliqué le dragon, a littéralement exercé son emprise sur Gambit. Et son comportement a changé au point de le rendre quasiment cannibale ! Cela n'a pas échappé à Malicia, Diablo, Wolverine et Jubilé qui vont tenter de le raisonner pour qu'il honore la promesse faite à Sadurang et se détache de l'Oeil.

On a alors droit à une belle bagarre entre Gambit et ses amis où, une fois de plus, le dessin très dynamique de David Marquez fait des étincelles. La manière dont il compose chaque plan pour rendre compte de l'impact des coups échangés est un modèle du genre et même s'il n'a pas disposé du temps nécessaire pour soigner son encrage, c'est tout de même un régal.

Puis le récit prend un tour inattendu avec l'entrée en scène de la légion des monstres avec à leur tête Elsa Bloodstone. Ceux-ci viennent réclamer la Nouvelle-Orléans aux mutants mais il est évident qu'ils ne sont pas dans leur état normal et alors qu'une bataille éclate entre les membres des deux équipes, la véritable menace apparaît.

Gail Simone sort de son chapeau Agatha Timly alias Lady Darkhold qui, pendant que X-Men et légion des monstres se battent, approche de la maison refuge de Marcus St. Juniors avec l'intention d'enlever les Outliers pour en faire ses disciples... La scénariste ne peut décidément pas s'empêcher de toujours déplacer le coeur de ses intrigues en direction de ses insupportables jeunes mutants.

On a tout de même surtout droit à de très bons duels entre Gambit et Manphibian, Jubilé et Morbius (référence à la période où la jeune femme fut elle aussi une vampire), Wolverine et l'Homme Loup-Garou, Diablo et le monstre de Frankenstein, et Malicia qui doit s'occuper à la fois de la Momie Vivante et Elsa Bloodstone.

David Marquez fait encore une fois parler la poudre et même si on a droit à un moment grotesque avec Wolverine et le Loup-Garou, l'ensemble est palpitant. Luciano Vecchio vient aider son confrère sur le dernier épisode qui voit les Outliers contre Lady Darkhold, là aussi dans un grand moment WTF, mais bon, on commence à avoir l'habitude avec Gail Simone.

Cela donne un arc étrange, un peu décousu, mais très fun quand l'action domine. Par contre, les Outliers me sortent toujours par les yeux et gâchent la série qui se détourne des X-Men alors qu'on lit quand même la série pour eux. Et puis j'ai aimé revoir Elsa Bloodstone ainsi que la légion des monstres, ces personnages auxquels Marvel ne prête plus aucune attention.  

*

- UNCANNY X-MEN ANNUAL 2026 (Gail Simone, Mikki Kendall / Francesco Mortarino) - XIXème siècle. John "Slaughter" Freedman est arrêté à l'entrée de Haven, Louisiane, par des hommes. Alors qu'ils veulent inspecter le cercueil qu'il transporte, il les abat. En voulant les enterrer, il découvre Logan sous terre, sérieusement blessé, et l'emmène chez Michael St. Juniors et sa mère pour qu'ils le soignent...


L'album de clôt avec l'Annual 2026 de la série où Gail Simone partage l'écriture avec Mikki Kendall, inconnue au bataillon. L'histoire est un curieux western fantastique qu'on croirait pitché par Cullen Bunn (The Sixth Gun) et qui voit le retour de Lady Henrietta (au centre du tome 2). Bien entendu, l'intrigue qui se passe au XIXème siècle adresse des clins d'oeil aux ancêtres de Marcus St. Juniors et réserve une place à Logan.

C'est d'ailleurs la grosse réserve que j'ai avec cet Annual : ne peut-on plus écrire une histoire sur des mutants dans le passé sans y inclure Wolverine ? Bien sûr, cela permet de faire le lien avec des scènes au présent et la descendante d'un personnage qu'on croise au XIXème siècle, mais c'est vraiment balourd.

Ce n'est pas le seul élément qui manque de subtilité (la comparaison entre le racisme des sudistes et celui auquel les mutants de toutes les époques sont confrontés est bien sûr convoquée), mais je n'attends plus rien de ce côté-là de la part de Gail Simone qui écrit vraiment les X-Men avec la légèreté d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Au dessin on trouve Francesco Mortarino qui rebondit après avoir été l'artiste de l'éphémère série NYX (annulée comme tant d'autres au bout de dix épisodes). Il est encré par Elisabetta d'Amico (qui a quelquefois travaillé avec Elena Casagrande ou Emanuela Lupacchino) et qui fait parler son talent en épaississant à bon escient le trait de Mortarino, ce qui lui donne plus de texture. Le résultat est très correct.

Pour ma part, cependant, je vais en rester là avec Uncanny X-Men. Avec ce tome, on atteint l'équivalent de deux ans de publication (si la série était éditée mensuellement) et je crois en avoir fait le tour. Gail Simone est bien trop maladroite et peu inspirée, et de manière générale, la franchise mutante n'a plus rien de commun qualitativement avec l'ère Krakoanne. 

Il est évident que Tom Brevoort ne connaît pas autant de réussite avec les X-Men que lorsqu'il éditait les séries Avengers. Beaucoup de titres annulés, très vite, et les deux séries vedettes (X-Men et Uncanny X-Men) sans éclat. Tout maintenant se déroule sans vision, sans ambition, ponctué par des crossovers sans relief. C'est dommage, il y avait de quoi faire avec l'héritage de Krakoa.

samedi 11 avril 2026

GREEN LANTERN, VOLUME 5 : FRACTURED SPECTRUM (Jeremy Adams / Fernando Pasarin, Xermanico, Jack Hebert)


GREEN LANTERN, VOL. 5 : FRACTURED SPECTRUM
(Green Lantern #19-24)


Hal Jordan rentre sur Terre et découvre que Carol Ferris/ Star Sapphire a intégré les rangs de la Justice League. Il lui apprend que Nathan Broome est devenu Sorrow et a volé le Livre d'Oa. Cependant Kyle Rayner recrute la voleuse Odyssey et Superboy (Kon-El) et ils partent avec Hal pour le Mur Source. En route John Stewart avertit Hal d'une mission que lui confient les Gardiens d'Oa. Sorrow s'allie à Starbreaker.


Au Mur Source, Kyle, Odyssey et Superboy dérobent une orbe que viennent ensuite leur voler Starbreaker et Sorrow. Hal avise la Justice League de la situation puis part prêter main forte à Star Sapphire sur une arrestation où interviennent aussi Bones et Hector Hammond. Avec l'aide de Dove, Hal et Carol enquêtent sur Hammond qui manigance pour récupérer la totalité de ses pouvoirs.


Dans l'espace, Kyle, Superboy et Odyssey sauvent Dan Garrett, le premier Blue Beetle, sur une planète dévastée. Sur Terre, Hal neutralise Hammond...
 

Je ne vous cacherai pas que c'est un peu délicat de replonger dans l'univers foisonnant de Green Lantern après trois mois loin de la série. J'avais écrit sur les quatre premiers tomes de la série en Janvier dernier puis j'ai complètement oublié d'acheter ce cinquième volume quand il est paru en Février. Il a donc fallu que je me rattrape.


Et comme j'ai, je l'avoue, eu la flemme de relire les précédents épisodes pour me remettre dans le bain, ça n'a pas été si simple. Il faut dire qu'avec cet arc Jeremy Adams, le scénariste, développe en parallèle deux lignes narratives : l'une se déroule sur Terre avec Hal Jordan, l'autre dans l'espace avec Kyle Rayner.


Parlons donc de la première ligne : Hal revient donc sur Terre et retrouve Carol Ferris devenue Star Sapphire. Depuis la dernière fois où ils se sont vus, des choses se sont passées pour elle : elle est désormais membre de la Justice League Unlimited et doit apprendre à la fois à maîtriser ses pouvoirs et à travailler au sein d'une équipe qui regroupe tous les super héros volontaires pour en faire partie.

Alors qu'ils s'occupent du vilain Mind Bomber, Hal et Carol voient débarquer Bones, le directeur du D.E.O. (Department of Extranormal Operations) et Hector Hammond, qui travaille pour cette organisation à présent, ce qui ne manque pas d'intriguer Hal. Avec l'aide de Dove (du duo Hawk et Dove), il va enquêter à ce sujet et découvrir les manigances de Bones et Hammond.

Cela va mener Hal à une négociation avec Bones pour récupérer une clé qui est décisive dans la bataille qui attend le Green Lantern Corps contre Starbreaker et son armée. Problème : cette clé se trouve en enfer. Et en enfer se trouve une vieille connaissance de Hal : le Spectre. Celui-ci n'a plus d'hôte et aimerait bien à nouveau que Hal endosse ce rôle...

Adams va vite : cette partie-là de l'histoire file tambour battant, il y a de l'action, des rebondissements surprenants, des guest-stars (le Phantom Stranger, Zauriel, et un Green Lantern que tout le monde adore et qu'on n'avait plus revu depuis un bail, en tout cas dans la continuité). Il y a du grand spectacle, entre l'affrontement contre Hammond et le retour du Spectre.

C'est très efficace, mais aussi un peu inégal car on a l'impression que le scénariste balade un peu Hal Jordan à tort et à travers; Au début il accompagne Kyle Rayner, Superboy et Odyssey dans l'espace avant d'être envoyé ailleurs par les Gardiens d'Oa tout ça en revenant à deux reprises sur Terre. Je pense qu'il aurait été plus simple que Hal ne fasse pas partie de l'expédition spatiale de Kyle Rayner avec Superboy et Odyssey.

Car, et on en vient à l'autre ligne narrative, ce qui se joue avec le trio Kyle Rayner-Kon-El-Odyssey m'a paru plus fidèle et conforme à l'esprit de la série (en tout cas plus dans le droit fil de ce qu'on a vu dans les précédents épisodes). C'est la partie cosmique de la série, celle où les enjeux sont plus élevés, mais aussi où l'essence de l'intrigue est la plus pure.

Ce voyage vers le Mur Source, l'affrontement (éclair) avec Starbreaker et Sorrow, le sauvetage de Dan Garrett, vraiment, c'est jouissif. Adams est tellement dans son élément qu'il s'autorise des passages humoristiques (la visite du Mur Source), parodie les histoires de braquage (le vol de l'orbe), et va même chercher Dan Garrett, le tout premier Blue Beetle, héros de l'âge d'or.

On pourrait se dire qu'avec Ted Kord (Blue Beetle II) et Jamie Reyes (Blue Beetle III), c'est superflu de "déterrer" Dan Garrett, sauf que c'est parfaitement accompli. Le personnage revient avec panache, il fait tout sauf de la figuration, Adams lui confère une aura quasi mythique. J'ai hâte de découvrir ce qu'il en fera par la suite.

Et puis le dernier épisode voit le retour d'une menace bien flippante, bien que classique dans l'univers de Green Lantern, et un autre retour, celui d'un personnage vu dans Green Lantern : The Animated Series (2011-2013). Adams va chercher loin, mais toujours à bon escient, pour surprendre le lecteur, et enrichir sa série.

Visuellement, le titre gâte toujours autant ses fans : Fernando Pasarin dessine l'épisode 19 et c'est très solide comme toujours, très soigné, très détaillé. Jack Herbert prend le relais sur les #20 et 21, dans un style réaliste académique, un peu figé, un peu sombre, mais qui tient la route. Enfin Xermanico est de retour pour les numéros 22-23-24 et évidemment, c'est la grande classe, avec des scènes de toute beauté (toute la partie en enfer est somptueuse).

C'est un plaisir de lire ce run, qui n'a rien à envier à celui, de référence, de Geoff Johns. Jeremy Adams construit quelque chose de très ambitieux mais qu'il maîtrise parfaitement. Il est soutenu par des artistes de qualité, et on sent que tout ce beau monde est motivé, en a encore sous le pied. Toutefois, c'est une titre qui s'apprécie vraiment en recueil parce qu'on voit mieux ce que développe l'auteur.

vendredi 10 avril 2026

THE NICE HOUSE BY THE SEA #9 (of 12) (James Tynion IV / Alvaro Martinez Bueno)


Parce que Max lui a donné le pouvoir d'immobiliser les habitants de la maison de la plage venus tuer ceux de la maison du lac, Norah Jacobs a donné à ces derniers la possibilité de survivre et faire des prisonniers. David Daye découvre comment ceux-ci ont dépassé leurs capacités. Norah suggère d'interroger un des prisonniers...


Dîtes donc, j'étais très énervé quand j'ai écrit la critique du précédent épisode. J'ai relu ce que j'avais rédigé avant de me mettre à cet article et je ne pensais pas avoir été aussi furax. Bon, fallait sûrement que ça sorte. Mais je ne suis pas très fier pour le coup. Je pense suffisamment souvent que quand on aime pas/plus, autant s'arrêter pour ne pas m'appliquer cette règle à moi-même...


Je me suis quand même sérieusement posé la question de continuer ou non The Nice by the Sea. Puis j'ai fait le calcul : il me restait quatre épisodes pour arriver à la fin de ce volume et ça aurait été ballot de stopper si près de la ligne d'arrivée. Toutefois, ça n'enlève rien au fait que je n'irai certainement pas plus loin, et donc que je ne ferai pas le troisième volume (même si ça doit être aussi le dernier).


Ce qui m'a mis en rogne en vérité, c'est que j'ai éprouvé le sentiment que James Tynion IV ne faisait qu'appliquer une recette. Je l'ai d'ailleurs développé le mois dernier : comme son genre de prédilection est l'horreur (ou en tout cas une forme d'épouvante), il y a un systématisme certain dans tout ce qu'il fait. Et on peut, à mon avis, légitimement ne pas apprécier cette constance dans la formule.
 

Il y a aussi le fait que, avec la série des Nice House..., Tynion IV jongle avec un casting très fourni qu'il faut donc mémoriser. Et ce serait sûrement plus facile à faire avec un graphisme différent de celui qu'a choisi Alvaro Martinez Bueno (avec Jordie Bellaire) où les effets formels, le style très spécial, créent, en tout cas pour moi, une confusion (on ne sait parfois plus très bien qui est qui).

Une chose à laquelle je suis attaché dans la bande dessinée en général, même si ça peut paraître une évidence, c'est la lisibilité. J'aime lire une histoire dont je peux identifier facilement les protagonistes, les décors, les situations. Et la série des Nice House... met à mal cela. Trop de personnages, pas toujours faciles à reconnaître, trop de situations imbriquées, etc. C'est la seule série pour laquelle j'ai une fiche avec le casting pour me rappeler à chaque fois les persos !

Maintenant, une fois qu'on a dit ça, est-ce que ça signifie que The Nice House... est mauvais ? Sûrement pas. Mais est-ce que ça pourrait être meilleur ? Sûrement. Et il faut admettre que cet épisode prend, habilement, le contrepied des précédents depuis la reprise de la série, en clarifiant, en épurant. Parce qu'il faut bien préparer le dénouement de ce volume (et la suite).

Depuis l'épisode 6, on a assisté à quelque chose d'un peu grossier, disons : les habitants de la maison de la plage partaient buter ceux de la maison du lac. Cela mettait en évidence la différence de recrutement de Walter et Max : le premier avait choisi des humains avec qui il avait noué des amitiés, la seconde des humains qui n'étaient pas des amis mais des champions, des "êtres d'exception".

Pour ces derniers, la découverte des habitants de la maison du lac passait mal : ils ne pouvaient pas être des voisins, des amis, ils étaient des concurrents, des menaces potentielles. Et il fallait donc les éliminer. Sauf que Tynion IV posait ça comme une évidence et rendait la situation manichéenne : les recrues de Max étaient des salauds, ceux de Walter des victimes.

Surtout il y avait un sous-texte très simpliste : les recrues de Max étaient toutes des personnalités upper class (acteur, historien, mathématicien, chanteuse, écrivain, artiste, chirurgien, sénateur, généticien, prêtre), des membres d'une élite. Alors que Walter s'était lié avec des gens plus éclectiques, généralement moins "prestigieux" (acupuncteur, journaliste, comptable...).

En gros les enfoirés étaient des bourges, et les gentils des gens du peuple. C'est tout de même limite. Quand on a une vingtaine de personnages à sa disposition, un peu d'ambiguïté ne fait pas de mal. On voit d'ailleurs à la fin de cet épisode que tous les habitants de la maison de la plage n'ont pas suivi le mouvement en partant zigouiller ceux de la maison du lac...

Au fond, c'est ça qui est le plus gênant dans toute cette affaire : Tynion IV semble vouloir faire passer un message mais ce message manque singulièrement de finesse, de subtilité. Et surtout, là encore, je ne suis pas sûr que son histoire soit le meilleur véhicule pour ce genre de message. Le fantastique fonctionne mieux quand il utilise l'allusion, pas quand il martèle ce que tout le monde comprend immédiatement.

Ecrire une histoire de survivalisme teinté de science-fiction et donc aborder des thèmes comme la domination, la manipulation, la lutte de classes, etc., oui, c'est très bien. Mais il faut vraiment le faire avec doigté. Lisez Robert Silverberg par exemple et son magnifique Les déportés du Cambrien, et là, vous verrez comment un grand auteur s'empare de ces thèmes et remue le lecteur. Mais Tynion IV, sans être sévère, est quand même loin d'avoir le talent de Silverberg.

Les planches de Martinez Bueno et Bellaire sont égales à elles-mêmes. C'est superbe et en même temps parfois pénible à lire. Ce délire coloré nuit à la lisibilité, à l'identification. On ne sait pas toujours où on est, qui est qui. C'est à la fois très beau et un peu moche quand même, parce que, malgré le talent de ces artistes, hé bien, il faut faire un effort à chaque fois pour entrer dans l'action, dans le récit.

J'imagine bien que ces séries n'auraient pas ni la même force ni le même succès dessinées et colorisées autrement, ça fait partie du package en quelque sorte. Et le fait que The Nice House... ait autant de succès en France s'explique en tenant compte de ça, c'est-à-dire que ça ne ressemble pas à des comics traditionnels, c'est plus exigeant visuellement, plus audacieux, plus arty.

Mais, encore une fois, et ce n'est que mon humble avis, ma sensibilité, si j'ai été charmé au début, maintenant, je m'en suis lassé. C'est fatigant à lire, je trouve. Je reconnais le talent, la technique, le brio. Mais ce n'est pas ce que je préfère, surtout sur la durée. Et puis je pense que si Martinez Bueno et Bellaire avaient un peu modifié leur palette d'un volume à l'autre, ça aurait permis de donner une personnalité graphique propre à chaque arc, de souligner les différences d'ambiance, de personnages, de textures..

Evidemment, je dis ça, ça donne l'impression que c'est facile. Je sais bien que ce n'est pas facile. Mais quand on a le talent de Martinez Bueno et Bellaire, disons que c'est quand même plus facile parce que justement ils ont un bagage technique, de l'expérience. Et le lecteur peut attendre davantage, espérer davantage d'une telle équipe.

Cet épisode, pour conclure, est meilleur. Il repose la série sur des bases plus solides et donne envie de voir comment cet arc va se dénouer. La meilleure comparaison qui me vient à l'esprit est celle de la série télé Lost quand j'avais découvert la saison 2 : la fin de la saison 1 avait été extraordinaire et faisait fantasmer pour la suite. Et en fait la suite (la saison 2 et les suivantes) a toujours pâti de la qualité de la saison 1. The Nice House..., c'est pareil : je me doutais que ce serait forcément moins bien.