Tucker propose à des couples de vacanciers de plonger avec des requins, protégés à l'intérieur d'une cage. C'est ainsi que Greg et Heather tentent l'expérience après que leurs amis ont préféré aller se détendre dans un parc d'attractions. Mais, une fois remontés à la surface, Tucker tue Greg et enlève Heather pour qui il a d'autres projets. Sur la Gold Coast australienne, Zéphyr s'adonne à sa passion pour le surf lorsqu'elle accepte, à contrecoeur, d'aider Moses à recharger la batterie de sa voiture.
Ils finissent la nuit ensemble dans le van de la jeune femme garé devant la maison du jeune homme. Mais quand, au matin, il prépare le petit-déjeuner chez lui, elle préfère en rester là et rejoindre un spot dont il lui a parlée. Le soir venu, elle gare son véhicule sur un parking proche de la plage et se fait kidnapper par Tucker. Lorsqu'elle revient à elle, elle est menottée à un lit dans la soute du bateau avec Heather.
Tucker endort Heather et ligote Zéphyr à une chaise sur le pont, puis il plonge la première dans l'eau infestée de requins blancs et filme le carnage qui s'ensuit puis la réaction de son autre captive. Au matin, Moses se rend sur le spot pour y retrouver Zéphyr mais constate que son van a été abandonné avec son portable à l'intérieur. Il avertit la police après avoir découvert sa planche de surf sur la plage...
Les distributeurs aiment souvent appâter le chaland avec des accroches souvent absurdes, vantant les qualités uniques d'un film ou opérant des jonctions entre deux classiques pour définir ce qu'ils veulent vendre. On peut donc presque s'étonner que, pour Dangerous Animals, on n'ait pas eu droit à une formule du genre : "Les Dents de la mer x Le Silence des agneaux".
Car c'est littéralement ce qu'est le film réalisé par Sean Byrne et écrit par Nick Lepard. On est donc clairement dans de la série B, voire C. Le parfait petit plaisir coupable à consommer au coeur de l'été quand on ne veut pas trop se creuser la tête et sursauter devant les supplices que fait endurer un serial killer bien tapé à ses pauvres victimes.
Bien entendu, on peut à ce moment ressortir la phrase fameuse de Hitchcock comme quoi "meilleur est le méchant, meilleur est le film". Mais on sait tous que ça ne suffit pas à faire un bon film. Tucker est toutefois un méchant très satisfaisant, même si je déplore qu'il ne le soit pas plus en définitive. Dans sa catégorie, c'est plutôt un éjaculateur précoce parce qu'il ne fait pas durer le plaisir.
Par ailleurs le scénario échoue à le faire progresser ou même à suggérer à quel point il est un sale type. Dès le prologue, on sait à qui on a affaire et plus rien n'est ajouté ensuite. C'est dommage parce qu'il y avait du potentiel mais en l'état, c'est insuffisant. Alors que reste-t-il à Dangerous Animals pour qu'on ne le regarde pas en baillant ?
Hé bien, quand le méchant ne suffit pas, il faut au moins lui opposer un adversaire qui lui donne du fil à retordre. Ici, il s'agit d'une jeune et belle surfeuse qui se fait appeler Zéphyr et qui ne cache pas non plus son jeu très longtemps (une habitude dans cette histoire) puisqu'elle confie facilement son passé d'enfant placé en famille d'accueil qui en a bavé.
Mais ces épreuves ont forgé son caractère de battante forcément et surtout de solitaire qui ne veut s'attacher à rien ni personne, pas même le bellâtre agent immobilier à qui elle permet de recharger sa batterie (et de partager sa couche). Pourtant, lui est mordu (ce qui est opportun pour une intrigue avec des requins à la denture acérée) et va voler au secours de la belle.
Bon, je sais, j'ai l'air de me moquer. Mais Dangerous Animals n'est pas mauvais, il est juste convenu, prévisible. C'est tellement absurde qu'il faut être très indulgent pour estimer qu'il vaut un de ces deux films. On peut s'étonner qu'il n'ait pas échoué directement sur un plateforme de streaming au lieu d'avoir droit à une sortie en salles (quand d'autres longs métrages bien meilleurs n'ont pas cette chance - cf. In The Grey).
Ce qui est frustrant, c'est qu'on sent que tout ça aurait pu être bien plus sadique et clair : Tucker prend du plaisir à voir des filles se faire bouffer par des requins, mais toute la dimension sexuelle de sa perversion est à peine évoquée dans une scène où on le voit danser en slip et en peignoir et qui s'avère plutôt ridicule.
Quant à sa captive, elle réussit tellement de fois à lui glisser entre les doigts (même s'il la rattrape de justesse) qu'on peut légitimement douter de sa capacité à avoir retenu prisonnières tellement de filles avant elle. Mais au moins le film nous épargne-t-il une fin avec des twists interminables, même si, là encore, le réalisateur et son scénariste auraient pu laisser le spectateur dans une expectative plus retorse.
Non, la vraie, sinon la seule, qualité du film, c'est de ne jamais s'éparpiller. Pratiquement tout tient en un duel entre Tucker et Zéphyr, entre ce taré qui conçoit ses crimes comme des sacrifices à faire aux requins qu'il considère comme des dieux et cette sirène combative qui en sait plus que lui sur ces animaux et surtout compense son désavantage physique par une pugnacité absolue.
Hassie Harrison (qui reprendra le rôle de Pamela Anderson dans le remake de Baywatch) n'est pas une actrice avec une palette de jeu immense, mais elle est crédible dans ce rôle d'otage récalcitrante. Jai Courtney (qui fut Captain Boomerang dans Suicide Squad version David Ayer) est parfaitement brutal dans la peau de ce tueur obsessionnel et sexuellement impuissant.
Vite vu, vite oublié, malgré un potentiel évident. Dans un registre équivalent, je recommande plutôt Instinct de Survie de Jaime Collet-Serra avec Blake Lively (2016), qui se paie le luxe de se passer de serial killer et mise tout sur la jolie fille dans une situation désespérée.















































