CAPTAIN MARVEL, VOL. 5 : THE NEW WORLD
(Captain Marvel #22-26)
Alors qu'elle part récupérer un vaisseau spatial avec War Machine, Spider-Woman et Hazmat, Captain Marvel se trouve propulsée en 2052. Dans ce futur post-apocalyptique, elle retrouve des connaissances comme Emma Frost, des amies comme Jessica Drew et les enfants de plusieurs héros morts au champ d'honneur.
On lui apprend qu'un certain Ove a bâti une cité prospère mais qu'il n'est pas digne de confiance car il refuse d'expliquer comment il a réussi ce prodige dans un environnement devenu si hostile. Captain Marvel décide de le rencontrer et elle est accompagnée par un petit groupe de volontaires. Ils découvrent que Ove est le fils de Namor et d'Amor l'Enchanteresse...
Ce cinquième tome de Captain Marvel montre un net recul dans l'inspiration de sa scénariste, Kelly Thompson. En effet, l'intrigue rappelle furieusement celle du tout premier arc de son run quand, déjà, Captain Marvel se vit téléportée dans un New York complètement ravagé, sous la coupe d'un mâle alpha contre qui elle allait se rebeller avec ses meilleures amies.
Ici, on a peu ou prou la même situation, à ceci près que Thompson ne fait même pas l'effort de trouver une explication un peu fouillée pour envoyer son héroïne dans un futur post-apocalyptique (elle est piégée par des espèces de tentacules noires surgissant d'un vaisseau spatial échoué dans une forêt et hop !). On sent bien qu'il s'agit d'un artifice grossier pour aller au plus pressé.
Par ailleurs, il est fait référence à un récit qui n'est intégré ni dans le trade paperback en vo ni dans l'album en vf : il s'agit du one-shot Captain Marvel : The End, écrit par Thompson et dessiné par Carmen Carnero où, après des années passées loin de la Terre, Carol Danvers y revient et se sacrifie en régénérant le soleil pour éviter une nouvelle période glaciaire et fatale aux survivants de l'humanité.
Bref, c'est mal foutu, d'autant plus que Captain Marvel : The End ne sera disponible en recueil en vo que dans le premier omnibus de la série en 2023. Ou alors vous avez de la chance et vous réussissez à le choper d'occasion sur un site de vente en ligne, mais moi, je n'y suis pas arrivé.
La suite du scénario n'est pas plus brillante : l'histoire est décompressée au possible, manque cruellement de rythme, le dénouement est convenu. Des flashbacks émaillent le tout, de façon tout aussi poussive. Le casting met en scène quelques visages connus (Emma Frost, Jessica Drew, Luke Cage) et une multitude d'enfants de super héros morts mais sommairement caractérisés.
C'est donc une grosse déception, comme si Kelly Thompson était en panne et avait voulu gagner du temps en reproduisant un schéma que les fans de la série n'avait pu oublier. Alors certes on peut se dire que le fils de Namor et ses manigances ont un peu d'allure que l'Homme Nucléaire, mais en fait pas vraiment. Dans les deux cas, on a affaire à un méchant caricatural dont les plans machistes et mégalos font pitié.
Pour illustrer cet arc, Lee Garbett est de retour. Il fait ce qu'il peut mais il ne peut pas sauver une intrigue médiocre. Il s'est pourtant investi en designant les nouveaux personnages, mais le résultat est très inégal, on sent qu'il n'a pas disposé de beaucoup de temps ou alors qu'à lui aussi l'imagination a fait défaut.
C'est Belén Ortega qui signe les flashbacks et elle soigne ses planches : les décors sont fouillés, les compositions inventives, le trait souple même si un peu maladroit parfois (sur les expressions des visages ou les proportions). Depuis cette dernière se fait une petite place chez DC (où elle a récemment collaboré sur la mini Trinity Daughter of Wonder Woman, écrite par Tom King).
On ne peut même pas être méchant en critiquant ces épisodes, ça ne servirait à rien. On les lit en se demandant ce qui s'est passé, comment une telle sortie de route a pu se produire, et on achève l'histoire en espérant un sursaut pour la suite. Et je vous rassure, il aura lieu. Mais tout de même, quel dommage, quel gâchis.





































