samedi 27 juin 2026

VENOM #259 (Al Ewing / Carlos Gomez)


Tandis que Captain Alliance prévient VenoMJ que Knull est de retour, Dylan Brock renoue avec Sleeper, le chat symbiote qui l'interroge sur le fait que son père est en prison. Puis il l'entraîne en ville où Toxin affronte le vilain F.A.C.A.D.E....


Le mois prochain démarre l'event Queen in Black qui sera écrit par Al Ewing et qui comptera cinq numéros. On peut dire que Marvel se créé ses propres embouteillages puisque cette saga sera publiée en même temps que Armageddon, mais ça ne semble pas déranger l'éditeur que tous ses héros soient mobilisés contre deux ennemis menaçant la Terre entière sans que leurs assauts aient le moindre rapport.
 

Marvel n'est pas davantage embarrassé par le fait que Queen in Black survient à peine deux moins après les événements survenus dans Death Spiral, le crossover entre Venom, Toxin et Amazing Spider-Man. A quand une mini-série supplémentaire ? C'est grotesque et il faut bien du mérite à un scénariste comme Al Ewing pour composer avec un calendrier aussi absurde.


Mais, heureusement pour lui, Ewing semble jouir d'une vraie liberté sur Venom (et Thor) pour ne pas devoir être empêché par les plans des autres auteurs. Death Spiral s'est fait avec la complicité de Charles Soule et Joe Kelly et Queen in Black ne dépend pas de Chip Zdarsky. A l'heure où j'écris cette critique, je ne sais cependant pas si je suivrai Queen in Black.
 

Je continue Venom quoi qu'il en soit et j'espère que cela suffira pour ne pas être paumé si je zappe Queen in Black. C'est juste que je n'ai pas envie de me fader un event et la charge de travail que cela implique, je suis déjà bien occupé. Je compte en tout cas sur Ewing et je sais qu'il a souvent à coeur le confort de ses lecteurs.

Ce numéro de Venom est clairement un épisode de transition, d'ailleurs on y assiste à des passages de relais. Le scénario va d'un personnage à un autre pour revenir au premier et, hop ! emballé, c'est pesé. Ewing est vraiment maître dans l'art de la narration : il privilégie la fluidité et l'efficacité, même si ça ne l'empêche pas par ailleurs (sur The Mortal Thor) d'expérimenter.

Le "clou" du spectacle de Venom #259 réside dans le passage de témoin de Rick Jones à Dylan Brock qui devient le nouvel hôte de Toxin. Ewing fait passer la pilule de manière habile en rappelant que les symbiotes, quel que soit leur caractère, doive trouver quelqu'un qui leur est complémentaire. Rick Jones n'était pas un bon candidat.

Par ailleurs Ewing joue sur la continuité : après le père (Eddie Brock), il y a une logique à ce que ce soit le fils (Dylan) qui récupère Toxin. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir si cet ado saura contenir l'instinct meurtrier de Toxin. Il sera intéressant aussi d'observer la réaction d'Eddie, MJ, voir Flash Thompson quand ils l'apprendront.

Mais Ewing a certainement tout prévu, surtout juste avant le démarrage de Queen in Black : on voit bien qu'il redistribue les cartes, prépare la bataille, rien de tout cela n'est improvisé. Cela suppose bien sûr que celui qui lit Venom apprécie ce qu'en fait Ewing - et si ce n'est pas le cas depuis VenoMJ, inutile de persévérer.

Carlos Gomez continue, lui, d'enchaîner les épisodes avec brio. Il y a de la solidité chez ce garçon : il est très régulier, ses planches ne souffrent d'aucune baisse de régime, il est aussi fort quand il faut animer des scènes d'action qui dépote que pour se concentrer sur des moments où le dialogue prend le pas. C'est très appréciable, en particulier chez Marvel où les dessinateurs sont vite essorés.

Ce n'est sans doute pas le run que les puristes loueront, mais pour part, je suis fan.

DETECTIVE COMICS #1110 (Tom Taylor / Mikel Janin)


Après avoir été humiliés par la fillette, Batman et Green Arrow réussissent à remonter sa piste grâce à un traceur que l'archer a réussi à lui coller. Ils préviennent Black Canary que la fillette est une assassin et de ne pas tenter de l'appréhender. Batman préfère savoir qui la commande et pourquoi elle s'en est prise à eux...


Cette quatrième partie de l'histoire en cours se terminera donc au mois d'Août prochain et, pour ma part, je m'en tiendrai là. J'ai eu, depuis le départ, un vrai souci avec la manière dont Tom Taylor écrivait la série, même si je lui reconnais de l'avoir abordée avec une forme d'insouciance rafraîchissante. Mais cet arc met davantage en lumière ses défauts que ses qualités.


Je ne veux pas paraître ingrat néanmoins : Taylor sait raconter une histoire et divertir le lecteur, ce qui n'est pas le cas de tous ses confrères. Sa narration a du rythme, il traite ses personnages avec affection et sans complexes, ce qui n'est pas rien quand on écrit le titre historique de Batman. Par ailleurs, on peut lui accorder le mérite de chercher des intrigues originales.
 

Mais Taylor a aussi les défauts de ses qualités : rien de ce qu'il imagine n'est purement du Batman. Je veux dire par là que ses histoires pourraient convenir à beaucoup de personnages de justiciers urbains. En vérité, il donne le sentiment de ne savoir explorer Batman que par le biais de retcons, trop systématiques, comme s'il n'avait à rien à dire à son sujet au présent.
 

C'était particulièrement flagrant quand il a imaginé son premier arc qui imaginait que Thomas Wayne avait aidé la compagne de Joe Chill, le futur assassin des parents de Bruce. Intrigue qui, pensais-je, allait alimenter une sorte de subplot, et qui, en définitive, n'a servi à rien qui aurait pu remettre en cause Batman.

Taylor créé de toutes pièces des personnages, des vilains, qui sont liés au passé de Batman (ou, actuellement, de Green Arrow et Black Canary aussi) et le lecteur compte sur des conséquences à longue portée, mais en réalité, une fois l'arc bouclé, tout ça retourne au néant dont c'est sorti. Comment, dès lors, ressentir une réelle intensité, une dramaturgie ?

L'histoire entamé depuis quatre mois part d'un jeune justicier qu'"adoptent" Green Arrow et Black Canary et qui est mort depuis. Tout le suspense est bâti sur les circonstances de cette mort et la vengeance que mène une fillette, dont on devine facilement qu'il s'agit de l'enfant de ce justicier décédé. Et on comprend alors pourquoi, dès le début, dans le passé, Batman, fidèle à sa parano, se méfiait de cette recrue surgie de nulle part.

L'épisode du mois dernier nous a permis d'apprécier à quel point Taylor n'a pas peur du ridicule en montrant ladite fillette mettre au tapis rien moins que Green Arrow et Batman. C'était un grand moment jumpin' the shark, dont l'intrigue ne peut se relever. Et la révélation à la fin du numéro de ce mois-ci est aussi téléphonée qu'on pouvait le craindre.

En somme Taylor a du savoir-faire, mais parfois il manque cruellement de discernement : comment a-t-il pu imaginer que le lecteur, même le plus indulgent, allait gober son récit après deux chapitres aussi calamiteux ? Et Prion, comme Asema, comme le Lion, rejoindra aussi sûrement les oubliettes d'une série qui mérite mieux que des adversaires interchangeables.

Mikel Janin lui-même dessine avec parfois un manque de conviction criant. Il a en tout cas de fréquentes baisses de régime et doit faire appel à un encreur pour l'aider. Malheureusement, pour lui et pour moi, il faut que ce soit l'infâme Norm Rapmund, un des finisseurs les plus lourdauds, qui s'acquitte de la tâche.

Quand Janin doit mettre en images des scènes d'action, son métier lui suffit amplement et le résultat est impeccable. En revanche, les moments plus intimistes, explicatifs, émotionnels sont tellement mal écrits que même un artiste aussi expérimenté que lui ne peut les sauver et les personnages eux-mêmes semblent réciter un texte auquel ils ne croient pas comme des acteurs surpris en train de jouer faux.

Ce n'est donc pas bon. Et si on fait le bilan du run en cours de Taylor, ma foi, ce n'est pas tellement fameux.

vendredi 26 juin 2026

LOBO #4 (Skottie Young / Jorge Corona)


Lobo reçoit un nouveau contrat : il doit s'introduire dans une forteresse de solitude dont Superman se sert pour entreposer du matériel qu'il utilise rarement. Une fois dans la place, Supergirl arrive. La suite est prévisible...


Evidemment, les esprits chagrins diront que c'est un épisode opportuniste : il sort la même semaine que le film Supergirl de Craig Gillespie (ce mercredi en France, vendredi aux Etats-Unis). Mais soyons lucides : vous croyez qu'un éditeur va se priver de l'exposition d'un long métrage pour ne pas produire un comic book avec les mêmes personnages ?


Ce qui compte vraiment au fond, et je pense que là-dessus tout le monde peut en convenir, c'est la manière dont sont racontées les histoires en question. Bien entendu que Skottie Young n'allait pas calquer son scénario sur celui du film (qui s'inspire de Supergirl : Woman of Tomorrow, de Tom King et Bilquis Evely). Et c'est ce qui fait tout le sel de l'épisode.


Young prévient lui-même : il s'agit du crossover que tout le monde attendait - ou craignait. Et comme Young est un sale gosse, l'affrontement qu'il orchestre entre Lobo et Supergirl est férocement drôle, outrancier à souhait, hilarant, et incorrect. L'argument de l'épisode ne fait même pas semblant de trouver un prétexte original : c'est volontairement grotesque.
 

Et puis une bonne histoire tient aussi à sa chute et celle de cet épisode de Lobo est particulièrement bouffonne. Si vous croyez encore que le chien est le meilleur ami de l'homme (ou de la femme), vous allez bien rigoler devant les conneries de Krypto et du clébard du Main Man, qui sont au moins aussi idiots et dévastateurs que leurs maîtres...

Y a pas à dire mais lire Lobo chaque mois, ça fait du bien. C'est complètement idiot, c'est bourrin, mais qu'est-ce que c'est marrant. Young ose tout, surtout le mauvais goût, et on ne peut qu'être empli de gratitude envers DC de laisser un tel auteur en liberté, sans se soucier du qu'en-dira-t-on. Il suffit de voir comment Lobo se rase (au lance-flamme !) pour éclater de rire !

Et tout est au diapason. Il faut dire aussi que Young a avec Jorge Corona un compagnon de choix. Son dessin a quelque chose d'hystérique, lui non plus ne s'interdit rien. La série tourne à la farce et l'assume. Son héros est un abruti, son chien aussi, son complice ne vaut pas mieux : comment ne pas se bidonner devant le spectacle qu'offre cette bande de gredins ?

La baston entre Supergirl et Lobo est un grand moment : chacun se balance des torgnoles insensées, brûle les fesses de l'autre avec ses rafales optiques, tout en assaisonnant les mandales de sentences rock'n'roll. Il règne ici un esprit punk totalement iconoclaste mais parfaitement maîtrisé. Bien plus tonique que ce que fait Daniel Warren Johnson qui semble souvent s'excuser de ses délires en y plaquant une épaisse couche mélodramatique.

Lisez Lobo - ou croisez les doigts pour qu'Urban Comics le traduise, parce que c'est sûrement ce que le DC Next Level donne à lire de plus jubilatoire.

CATWOMAN #88 (Torunn Gronbekk / Davide Gianfelice)


Slam Bradley exfiltre Maggie de son appartement et lui dit d'aller se cacher dans un endroit où personne ne pourra la trouver, pas même lui. Cependant, après avoir sauvé Holly, Catwoman reçoit un nouvel appel de Black Mask qui l'invite à une "réunion de famille" à minuit...


Cette histoire touche à sa fin (elle se conclura en Août) et Torunn Gronbekk ne lâche pas Catwoman, lui mettant une pression permanente. Black Mask et Katarina Belov mènent la partie en ayant compromis Selina Kyle car une femme avec son visage a posé une bombe dans une gare. Mais si Slam Bradley a réussi à éloigner Maggie, la soeur de Selina, il reste lui aussi traqué.
 

Rien de ce qui est raconté ici ne prétend révolutionner le genre, mais il faut reconnaître la scénariste une redoutable efficacité pour tenir le lecteur en haleine, enchaînant les menaces à une allure frénétique. Black Mask est dépeint comme un criminel moins malin que discipliné, aux ordres de Katarina Belov qui, elle, veut se venger de Selina Kyle en s'en prenant à ses proches.
 

En écrivant la série comme un thriller pur et dur, Gronbekk n'exploite pas les talents de voleuse de Catwoman et on pourrait facilement se dire qu'un tel récit conviendrait mieux à une héroïne plus classique, telle que Huntress ou Black Canary chez DC ou, alors, Black Widow chez Marvel. Cependant ce n'est pas désagréable du tout à suivre.
 

Et puis Gronbekk profite du travail de ses prédécesseurs en opposant à nouveau Catwoman à des ennemis qu'elle craint vraiment. Reste à savoir comment l'auteur dénouera son intrigue. Elle a pour elle un excellent dessinateur en la personne de Davide Gianfelice, qui, malheureusement, partira après cet arc.

L'italien cédera en effet sa place à Danilo Beyruth, qui reprend sa place en Septembre. Pour moi, ce sera donc la fin de l'aventure et je le déplore car je trouvais que Gianfelice apportait une réelle plus value visuelle au titre depuis le départ prématuré de Fabiana Mascolo. J'avoue ne pas comprendre ce que fiche DC avec cette série alors que l'éditeur, partout ailleurs veille à stabiliser la partie graphique.

Hormis les runs de Joelle Jones (qui dessinait en alternance avec Fernando Blanco, lequel était resté durant le passage de Ram V) et Tini Howard (qui collaborait surtout avec Nico Leon), depuis que Gronbekk est aux commandes, c'est un défilé de dessinateurs, souvent moyens. Dommage.

On profitera donc d'autant plus des deux prochains numéros qui promettent de bousculer sérieusement Catwoman et de régaler le fan de Selina Kyle.

jeudi 25 juin 2026

MARGO A DES PROBLEMES D'ARGENT (saison 1) (David E. Kelley, 2026)


Margo Millet, 20 ans, est étudiant en 1ère année de littérature au Fullerton College. Après l'avoir été félicitée sur un devoir par son professeur, Mark Gable, elle devient sa maîtresse et tombe enceinte. Contre l'avis de sa mère et de son amant, elle choisit de garder l'enfant, sacrifiant son futur, et donne naissance à un garçon qu'elle prénomme Bodhi, dont le père refuse d'assumer ses responsabilités. Vite submergée par la maternité, Margo perd son travail de serveuse et deux de ses trois colocataires déménagent.
 

De son côté, sa mère, Shyanne, est sur le point d'épouser Kenny, un pasteur épiscopalien, dont elle craint la réaction quand il apprendra la situation de Margo. Heureusement, deux éclaircies soulagent la jeune maman : d'un côté, son père, Jinx, un ex-catcheur toxicomane fraîchement sorti de cure de désintoxication, vient lui servir de nounou ; et, de l'autre, elle commence à poster des vidéos érotico-comiques sur OnlyFans qui lui permettent de toucher un peu d'argent.
   

Toutefois, Margo n'est pas au bout de ses peines quand Elizabeth Gable cherche à acheter son silence sur la liaison qu'elle a eue avec Mark et l'assurance qu'elle ne le fréquentera plus ; le risque que Jinx retombe dans ses excès, les regrets que sa mère éprouve quant à son avenir, et la crainte que son alias de HungryGhost sur OnlyFans soit découvert...


Je parle peu de séries en streaming sur ce blog car... Hé bien... je parle de beaucoup d'autres choses qui m'accaparent. Mais j'avais très envie de découvrir Margo's got money troubles (en vo) depuis que j'en ai vu des bandes annonces et extraits. Il y a d'autres productions en ce moment qui sont également attirantes et sur lesquelles je compte bien me pencher. Autant dire que mon agenda va être bien rempli...


Dans les années 90, le nom de David E. Kelley était synonyme de séries cultes comme Ally McBeal ou Boston Public. Puis comme d'autres auteurs-producteurs de cette époque, il a eu du mal à reproduire de tels succès jusqu'à son retour sur le devant de la scène avec Big Little Lies. Il est redevenu un nom qui compte et Margo a des problèmes d'argent (en vf) confirme cela.


Kelley a adapté le best-seller de Rufi Thorpe et Apple TV l'a suivi dans cette aventure. Le résultat est formidable, ne tournons pas autour du pot. Et l'audience a été au rendez-vous puisque le show a été renouvelé pour une deuxième saison (tournage prévu à la fin de cette année). Huit épisodes donc qui sont une sorte de masterclass en termes de dramedy (ou comédie dramatique en bon français).


On suit donc l'histoire de Margo Millet, une jeune vingtenaire qui, après avoir couché avec son prof de littérature, en tombe enceinte et décide de garder l'enfant car elle sent que c'est ce qu'elle doit faire - et tant pis si cela l'empêchera de poursuivre ses études et profiter de sa jeunesse. Son amant n'approuve pas, sa mère est affligée, ses colocs fuient, sa patronne la vire, et le bébé pleure tout le temps. C'est la cata.


Et puis son père, qu'elle n'a pas vu depuis des années, resurgit. Il vient de passer plusieurs mois en cure de désintox après avoir abusé d'antidouleurs à cause de son métier de catcheur. Mais, contrairement aux autres, il ne juge pas Margo et veut même l'aider, pour rattraper le temps perdu et connaître son petit-fils. Elle peut aussi compter sur sa dernière coloc et meilleure amie, Susie, fan de cosplay.


Pour subvenir à leurs besoins (à elle et à son enfant), Margo entend parler d'OnlyFans, un réseau social plutôt réputé pour ses contenus pornos mais où elle se créé un double fantaisiste, HungryGhost, une alien qui découvre l'humanité. Grâce à deux créatrices avec une large base de fans, elle apprend comment gagner des abonnés et donc de l'argent.

Mais Margo doit en permanence jongler avec son entourage : ses anciens camarades classe qui découvrent ce qu'elle fait (et qui le rendent public), la famille de son prof qui veut s'assurer qu'elle ne va pas faire chanter le père de son bébé, sa mère qui redoute que son futur nouveau mari ne soit choqué par ses vidéos coquines. Et plus encore.

Pourtant, et c'est la grande réussite de la série, Kelley ne porte jamais de jugement moral sur son héroïne. D'ailleurs ce serait injuste car elle ne fait vraiment rien de mal : non, elle ne s'adonne pas au porno, et elle filme ses sketches pour gagner sa vie, nourrir son enfant, lui assurer l'avenir dont elle s'est privé.

Margo est une bonne mère : elle aime Bodhi plus que tout, prend soin de lui. C'est aussi une bonne fille : malgré l'égocentrisme exacerbé de sa mère, elle l'adore pour lui avoir donné sa force de caractère, de ne jamais avoir honte d'être une femme. Elle pardonne aussi l'absence de son père car elle voit en lui un homme qui assume ses faiblesses, ses égarements, contrairement à Mark Gable.

Et c'est une copine en or : même si sa meilleure amie Becca ne peut s'empêcher de jouer les conseillères, elle sait qu'elle peut compter sur Susie comme Susie peut compter sur Margo. Ses colocs ne supportent pas les pleurs de Bodhi et fuient : bon débarras ! Et avec Kenny, qui n'est pas un bigot étriqué, elle sait le rassurer sur son avenir avec Shyanne.

Sa rencontre avec Lace, ex-catcheuse reconvertie en avocate, sera décisive dans son parcours chaotique, surtout vers la fin de la saison quand des emmerdements se succèdent dans des proportions dantesques et à une vitesse vertigineuse. Au fond, Margo comprend que, non, la vie n'est pas simple, facile, c'est un bordel sans nom, mais c'est en faisant confiance et donnant des gages qu'on est soi-même digne de confiance qu'on se construit une grande famille de sang et de coeur.

Kelley sait, comme autrefois, alterner les rires et les larmes, sans jamais forcer la main du téléspectateur. La série est très souvent drôle, même hilarante, avec des excentricités visuelles et narratives, désamorçant toute vulgarité potentielle. Puis, sans prévenir, elle vous émeut parce qu'on s'attache aux personnages, tous humains, vulnérables, faillibles, mais aimables (oui, même cet enfoiré de Mark finit par être un peu sympathique).

Comme par miracle, le show évite les chausse-trappes comme quand il s'agit de montrer l'activité professionnelle peu commune de Margo : au début, elle tente d'aguicher quelques curieux sur OnlyFans avec des poses maladroites, puis, avec la création de HungryGhost, la comédie prend le dessus jusqu'au final qui voit Margo franchir un cap, à la fois très rémunérateur mais surtout émancipateur.

Et, enfin, pour tous les nostalgiques, comme moi, de la série G.L.OW. (sur Netflix), les personnages de Jinx et Lace offrent un délectable retour sur le monde du catch. Je ne suis pas spécialement fan du wrestling, mais je trouve que c'est un cadre sensationnel pour un show télé, qui colle parfaitement au motto comme quoi ce n'est pas la chute qui compte, mais de se relever après les coups reçus.

Le casting, comme toujours chez Kelley, est fantastique : Michelle Pfeiffer joue une cagole californienne improbable (qui devrait sûrement lui rapporter quelques statuettes), Nick Offerman est génial en papa poule mais vraie bombe à retardement. Nicole Kidman est épatante, tout comme Greg Kinnear. Marcia Gay Harden est superbement épouvantable. Et Michael Anganaro compose un amant d'une lâcheté ahurissante. Sans oublier Thaddea Graham, extra dans le rôle de Susie.

Mais évidemment la reine de cette série est l'incomparable Elle Fanning. Je me demande si on se rend bien compte de la pépite qu'elle est : c'est une actrice avec une palette de jeu invraisemblable, nuancée, expressive. Et quelle beauté, quelle charme ! Je vous révèle un secret : je suis le grand prêtre de l'église de la vénération d'Elle Fanning.

Margo a des problèmes d'argent, mais vous allez tous aimer cette jeune femme solaire et combative qui a raison de tout sans avoir raison sur tout.

mardi 23 juin 2026

THE MORTAL THOR, VOLUME 2 : COME TO THE KING (Al Ewing / Pasqual Ferry, Juann Cabal)


THE MORTAL THOR, VOL. 2 : COME TO THE KING
(The Mortal Thor #6-10)


Piégé par Blake le Serpent, Sigurd Jarlson revient à lui dans l'aîle d'un zoo consacrée aux reptiles. Le Cobra, membre de la Société des Serpents, a ligoté le gardien et défie Sigurd de sortir de là sain et sauf avec ce dernier. De retour à son domicile, Sigurd est attendu par Kristin Soek avec qui il passe la nuit. Dans l'ombre, ils sont observés par Mr. Hyde.


Ce dernier, comme l'Homme Radioactif  ensuite, a été engagé pour tuer Jarlson ou, au moins, le convaincre de quitter New York et les Etats-Unis, sur ordre de Blake. Les deux tentatives se soldent par des échecs de la part des mercenaires. Sigurd ne tolère plus qu'on menace les êtres qui lui sont chers et décide alors de s'expliquer avec le patron de Roxxon, Dario Agger...


Pendant ce temps, sur Asgard, tandis que Magni Thorson restaure la paix avec Jotunheim et Muspelheim grâce à un habile subterfuge, Amora l'Enchanteresse conspire toujours pour consolider la place de son fils sur le trône...


Tout d'abord, ce tome 2 ne paraîtra en vo qu'en Septembre prochain mais l'épisode 10 qui le conclut est sorti le mois dernier et donc je partage cette review en avant-première en quelque sorte. Après avoir posé les bases de sa nouvelle grande intrigue, on sent que Al Ewing a voulu donner un coup d'accélérateur pour combler les fans d'action.
 

Si la série The Mortal Thor vend correctement, elle reste toutefois loin des meilleurs scores mensuels enregistrés par Marvel. Toutefois il paraît peu probable que l'éditeur se passe d'une série régulière avec un membre de la "trinité" des Vengeurs (aux côtés de Captain America et Iron Man). Et finalement, cette position en retrait permet à Al Ewing de faire un peu ce qu'il veut.

Or j'ai tendance à penser que les productions les plus intéressantes chez Marvel actuellement sont celles qui ne se placent pas en première ligne. Ce déficit d'exposition autorise leurs auteurs à plus d'audace puisqu'ils ne dépendent pas des desiderata de l'éditeur (occupé ailleurs, sur les titres plus vendeurs) et des fans (eux aussi plus attentifs aux marques les plus porteuses).

Donc, à la manière du Moon Knight de Jed MacKay, The Mortal Thor peut s'épanouir, et Al Ewing raconter une histoire complexe où il se paye le luxe de ne pas mettre en scène (directement) Thor lui-même. Mais Ewing n'oublie cependant pas qu'il écrit un divertissement et qu'il aimerait que des curieux en fassent la publicité par bouche-à-oreille.

Pour cela, il construit ses épisodes comme des done-in-one avec le méchant du mois. Sigurd Jarlson est ciblé par Blake le serpent qui, pour l'éliminer, va lui tendre des pièges et le confronter à des tueurs à gage. On le voit ainsi se battre successivement contre le Cobra, Mr. Hyde, Radioactive Man, la Gargouille Grise.

A chaque fois, le combat est déséquilibré puisque Jarlson n'est qu'un homme sans pouvoir face à des adversaires aguerris et dotés de capacités extraordinaires. Il doit donc faire preuve de jugeotte, de pugnacité, pour le vaincre. Et cela donne des épisodes spectaculaires, indécis, palpitants, merveilleusement mis en images par un Pasqual Ferry en grande forme.

Le dessin est toujours un peu grossier, exécuté visiblement rapidement, sans "gommer" les imperfections, certaines étapes des crayonnés. Mais, encore une fois, je ne trouve pas ça choquant : ça colle avec la vivacité des oppositions, leur rythme endiablé - c'est comme si ces batailles avaient été croquées sur le vif, dans l'urgence.

Bien entendu, on a connu le dessin de Ferry plus propre, mais aussi moins régulier. Là, il affiche un parti pris graphique tranché et l'assume, et surtout cela lui permet d'enchaîner les épisodes. Ewing semble aussi le tester en invitant au programme des vilains qu'on ne voyait plus guère et qui pourtant offrent des défis très différents à Jarlson.

Qu'il s'agisse du contorsionniste Cobra, du féroce Mr. Hyde ou de l'inquiétant Radioactive Man ou encore de la Gargouille Grise, à chaque fois la façon dont Sigurd s'en sort, non sans mal, rend le récit imprévisible. Bien entendu, Jarlson se montre très résistant, plus que la moyenne, mais c'est la fameuse suspension de crédibilité qui est invoquée comme dans tout comics de super héros.

L'épisode 8 nous ramène sur Asgard où Magni Thorson montre lui aussi ses qualités de lutteur mais aussi, surtout, de stratège (il n'est pas le fils de l'Enchanteresse pour rien). La politique de réconciliation qu'il met en oeuvre à travers les royaumes est passionnante. Mais sa mère conspire dans son dos en ciblant un des alliés de son fils dont elle juge le rôle embarrassant.

En effet, Magni est accompagné par BlackJack O'Hare, un lièvre transformé comme Rocket Raccoon, et que Ewing avait déjà utilisé lors de son run sur Guardians of the Galaxy. Le lièvre se désigne comme le "manager" de Magni, le suivant partout, le conseillant en permanence. La nature dominatrice d'Amora ne peut supporter qu'un tel élément s'interpose entre elle et son fils.

Ewing compose un épisode dont le véritable protagoniste est... Une flèche ! Et le résultat est magistral : c'est avec ce genre de numéro qu'on remarque le brio d'un auteur, capable de se prêter à un pur exercice de style narratif sans perdre de vue la tournure qu'il veut faire prendre à son intrigue. Quelle démonstration !

Pour ne rien gâcher, c'est Juann Cabal, à nouveau, qui dessine cette partie et l'artiste nous régale avec un découpage d'une fluidité exemplaire et une capacité à faire monter la tension sans que le lecteur ne devine avant la fin quelle est la cible d'Amora. Cabal n'a rien perdu de son talent mais celui-ci s'exprime au mieux quand il profite des scripts ciselés de Ewing.

Saluons aussi le travail de Matt Milla (pour les épisodes de Ferry) et Jesus Arbutov (pour ceux de Cabal), qui colorisent impeccablement la série.

Au terme de ces dix premiers épisodes, on a la conviction de tenir une très bonne série. Maintenant, reste à voir quel tour elle va prendre puisque le n°14 en Août correspondra au 800ème épisode du titre Thor, et on se doute que Al Ewing va en profiter pour nous réserver des surprises. Vivement !

lundi 22 juin 2026

THE MORTAL THOR, VOLUME 1 : NO GODS, NO MASTERS (Al Ewing / Pasqual Ferry, Juann Cabal)


THE MORTAL THOR, VOL. 1 : NO GODS, NO MASTERS
(The Mortal Thor #1-5)


Depuis la mort de Thor, l'existence des dieux asgardiens a été effacée de la mémoire des terriens. Au sein des Avengers, tout le monde croit que c'est Beta Ray Bill qui a toujours occupé son rôle. Qui est Sigurd Jarlson, cet immigré norvégien qui s'est installé dans le même immeuble que la jolie Kristin Soek et qui ressemble beaucoup au défunt fils d'Odin ? Lui-même n'a que peu de souvenirs de son passé et il a pour seul ami un gamin rouquin qu'il appelle Lucky...


Pour gagner de quoi payer son loyer, Sigurd refuse pourtant l'offre d'emploi d'un chef de chantier de la compagnie Roxxon quand il comprend qu'il prendrait la place d'un ouvrier gréviste. Le recruteur envoie des bikers lui casser la figure mais ils tombent sur plus fort qu'eux. L'incident remonte jusqu'à un certain Mr. Blake, à la tête d'un groupe des Fils du Serpent. Ceux-ci s'invitent sur le chantier de Jennifer Sapristi qui a engagé Sigurd...
 

Cependant, sur Asgard, les proches de Thor pleurent leur régent. Magni Thorson, originaire de la Terre 3515 et fils du dieu du tonnerre de ce monde et d'Amora l'Enchanteresse, rechigne à s'asseoir sur le trône. A moins que les circonstances ne l'y obligent...


Il y a peu, je réfléchissais à lire The Mortal Thor, ayant été déçu par le travail de Chip Zdarsky sur Captain America et celui de Joshua Williamson sur Iron Man (deux titres que j'ai lâchés). Je fondais beaucoup (trop ?) d'espoir sur ces scénaristes pour redonner du lustre aux deux Vengeurs. Allais-je être convaincu par Al Ewing sur le dieu du tonnerre ?


Avant de démarrer ce blog il y a deux ans, j'avais, sur le précédent, traité des huit premiers épisodes de The Immortal Thor (et les quatre suivants ici) déjà écrit par Ewing. Je n'étais pas allé plus loin parce que le dessinateur Martin Coccolo avait préféré quitter le titre (pour Wolverine) et qu'il avait remplacé par le/la médiocre Jan Bazaldua. Mais aussi (surtout) parce que je n'étais au fond pas très motivé.

Je craignais donc d'être un peu perdu en lisant The Mortal Thor qui se présente comme la suite de The Immortal Thor. Toutefois, sur ces cinq premiers épisodes, je ne me suis pas senti égaré. Peut-être plus tard, on verra. Je savais que The Immortal Thor se terminait par la mort de Thor Odinson, tué par Loki pour des raisons qui en vérité correspondaient à un plan très ancien de Ewing.

Car, mine de rien, ça fait un moment que le scénariste tourne autour des asgardiens. Il a écrit la série Loki : Agent of Asgard (et il avait fait de Loki un de ses Defenders) à laquelle viennent donc d'ajouter 25 n° de The Immortal Thor. A chaque fois, il a creusé un sillon très personnel tout en faisant preuve d'un grand souci de la continuité.

La constante dans toutes ces séries, c'est donc Loki dont Ewing fait le raconteur d'histoires ultime, le skald. Loki écrit des récits, manipule les faits, et va même jusqu'à les réécrire. Il n'est pas exagéré de penser que Ewing est Loki et vice-versa. Et la fin de The Immortal Thor pouvait signifier que la mort du dieu du tonnerre n'était qu'un livre de plus dans le grand roman écrit par Loki.

Cela veut-il dire que The Mortal Thor sera un récit initiatique dont le héros, Sigurd Jarlson, est amené à devenir le nouveau dieu du tonnerre ? Sigurd Jarlson ne sort pas du chapeau de Ewing, il a été créé en 1983 par Walt Simonson dans Thor #341 après que le personnage de Donald Blake ait été abandonné.

Toute la question est de savoir si le Sigurd Jarlson qu'on trouve dans The Mortal Thor est bien le même que celui du Thor de Simonson. Dans l'épisode 3 de ce tome 1, Odin ne le reconnait pas comme son fils réincarné et il est vrai que Jarlson, ici, est un individu violent, qui n'hésite pas à blesser gravement et même tuer ceux qui l'agressent ou qu'il attaque.

En revanche, Ewing se montre moins énigmatique avec d'autres personnages : Lucky, le gamin rouquin, est évidemment Loki. Odin resurgit de manière habile, condamné désormais à errer sur Midgard (la Terre) après avoir réussi à quitter le Valhalla mais sans pouvoir regagner Asgard. Et dans l'épisode 4, on revoit des visages familiers comme les 3 Guerriers (Fandral, Hogun, Volstagg), la Valkyrie (Hildegarde), Heimdall, Sif, Amora l'Enchanteresse, Ulik le troll.

Cet épisode 4 révèle l'autre dimension de la série : Asgard n'a plus de souverain mais a un fils de Thor, Magni Thorson. Celui-ci vient de la Terre 3515 et est le fils d'Amora et du dieu du tonnerre de ce monde parallèle. Toutefois il ne s'estime pas digne du trône et sa mère complote pour qu'il s'y asseye. Comme les terriens ont tout oublié des dieux d'Asgard et que le Pont Arc-en-Ciel n'existe plus non plus, les deux royaumes sont séparés.

Ewing va donc sûrement aller et venir ponctuellement entre Midgard et Asgard en développant deux intrigues qui vont, inévitablement, se croiser. A la fin de ce tome 1, Sigurd fait la connaissance d'un personnage que Donny Cates a contribué à changer radicalement et Ewing en fait évidemment son miel, réussissant encore une fois à tirer le meilleur de ce qu'ont fait ses prédécesseurs.

C'est donc passionnant à lire. Très ambigu, très dense, mais aussi très mouvementé, avec de l'action beaucoup d'inventivité (voir la manière dont Sigurd se sert de son marteau...). Le lecteur est embarqué dans une histoire multi couches captivante par un auteur qui sait tout de son personnage-titre et arrive à rendre tout ça digeste pour n'importe qui - impressionnant.

Cette fois, il semble aussi que Ewing ait convaincu Marvel de lui donner un artiste qui ne lui filera pas entre les doigts et c'est donc Pasqual Ferry qui, lui aussi, renoue avec l'univers de Thor (il avait illustré des épisodes du run de Matt Fraction en 2012). Après avoir fait son come back sur Doctor Strange de Jed MacKay, l'artiste espagnol prouve qu'il est redevenu régulier.

Alors certes on peut trouver que ses planches ont un côté un peu brut de décoffrage. Ferry a toujours travaillé sur tablette graphique mais depuis Dr. Strange, son trait a évolué pour conserver l'aspect d'un dessin moins peaufiné. C'est déstabilisant au début puis on s'y fait, ça a même un côté plus frais, plus spontané, qui correspond avec l'idée d'un nouveau départ pour le héros et ses aventures.

Par ailleurs Ferry montre un indéniable talent dans les scènes d'action : les bastons avec les bikers, ou l'affrontement avec les Fils du Serpent dépotent bien. C'est du brutal et le découpage est très dynamique. Sigurd est croqué comme un type charpenté, sculpté, ombrageux, on n'a pas envie de l'emmerder. Et cela apporte un contraste épatant avec Loki/Lucky, ce gosse malicieux (personnellement, j'ai toujours adoré cette version "Kid Loki" popularisée par Kieron Gillen dans Journey into Mystery et Young Avengers).

Sur l'épisode 4, qui se déroule donc sur Asgard, Ferry est remplacé par Juann Cabal. Un autre espagnol donc qui avait déjà magistralement collaboré avec Ewing sur Guardians of the Galaxy (Panini serait bien inspiré de rééditer ce run, en Deluxe ou en Omnibus par exemple). Depuis, Cabal a connu plus de bas que de hauts, en compagnie d'auteurs moins inspirés.

Mais ça fait plaisir de relire ses planches, au trait toujours aussi classieux, aux compositions toujours élégantes. Pourquoi Marvel ne lui a-t-il pas donné le poste de dessinateur principal ici ? Non pas que je me plaigne de Ferry, mais j'espère en tout cas que Ewing saura lui attribuer plus que quelques intermèdes de ci, de là.

Ce qui est certain, c'est que ce premier tome de The Mortal Thor et ces cinq premiers épisodes sont nettement plus convaincants que ceux de Captain America par Zdarsky et d'Iron Man par Williamson. Al Ewing, c'est évident, ne boxe pas dans la même catégorie, pourtant il reste moins connu et populaire. Alors, en plus de son Venom, laissez-vous tenter par cette série.