Cadre créatif au studio Continental, Matt Remick est promu directeur de production par le P.D.G. Griffin Mill après le renvoi de Patty Leigh, la mentor de Matt. Sa première mission consiste à monter le film basé sur Kool-Aid Man avec Nicholas Stoller à la réalisation. Mais Matt apprend que Martin Scorsese cherche le financement de son prochain long métrage avec Steve Buscemi et il décide de lui donner la priorité... En convaincant le cinéaste d'appeler son histoire Kool-Aid Man !
Matt réussit à redonner un emploi à Patty et, avec elle, il se rend sur le tournage du film de Sarah Polley. Celle-ci doit règler un plan-séquence avec Greta Lee et la présence de Matt complique tout car il doit négocier avec les exigences de Polley et Lee pour la promotion du film.
Matt doit avouer, après une projection-test, à Ron Howard que son fin est trop long. Anthony Mackie, qui tient le rôle principal, abonde dans ce sens mais refuse d'aider Matt qui a déjà eu par le passé maille à partir avec Howard.
Une bobine du nouveau film mis en scène par Olivia Wilde avec Zac Efron a disparu. Matt mène l'enquête avec son équipe tandis que Wilde lui demande une rallonge budgétaire pour tourner des reshoots très coûteux.
Frustrée par son poste d'assistante, Quinn Hackett cherche à faire renvoyer Sal Saperstein, le bras-droit de Matt. la situation prend des proportions dantesques, menaçant le tournage de plusieurs films sur les différents plateaux de tournage du studio.
Matt assiste à une collègue de fonds pour les cancers pédiatriques en compagnie de Sarah, dont les amis médecins raillent les films qu'il produit (comme le dernier Spike Jonze avec Johnny Knoxville et Josh Hutcherson). Matt cherche alors à les impressionner lors d'une vente aux enchères.
Maya Mason, la directrice de casting du studio, s'inquiète qu'il n'y ait pas assez d'afro-américains dans le film Kool-Aid Man. Elle pousse Matt et son équipe à engager Kiki Palmer, Regina King, Don Cheadle à la place de Jessica Biel, Sandra Oh, Josh Duhamel même si cela fait exploser le budget.
Lors de la cérémonie des Golden Globes, Matt s'inquiète que Zoë Kravitz, qui a des chances de remporter un prix d'interprétation pour un film qu'il a produit, ne le remercie pas. Son angoisse grimpe en flèche au cours de la soirée où plusieurs acteurs saluent Sal Saperstein.
A la veille de la CinemaCon, le studio organise une fête avec ses vedettes et ses cadres. Matt veut impressionner Griffin Mill et multiplie les maladresses. Patty compte en profiter pour récupérer sa place de directrice avec l'aide d'un journaliste.
Matt apprend que Griffin compte vendre le studio à Amazon. Pour l'en dissuader, il doit annoncer une grosse production imprévue mais ses efforts seront-ils suffisants ?
Si, cette fois, j'ai rédigé un résumé pour chacun des dix épisodes de cette saison 1 de The Studio, c'est parce que pratiquement tous sont done-in-one. Il existe bien un fil rouge de ci, de là, comme le film Kool-Aid Man, mais on peut pratiquement commencer la série par le chapitre que l'on souhaite (en dehors évidemment du premier des deux derniers).
The Studio est un projet mûri par l'acteur Seth Rogen et son ami réalisateur Evan Goldberg. Ils ont développé la série avec Peter Huyck, Alex Gregory et Frida Perez, et on sent manifestement qu'à eux tous ils ont puisé dans leurs expériences hollywoodiennes pour nourrir les histoires qu'ils racontent. C'est donc à la fois une lettre d'amour au cinéma et aussi un doigt d'honneur adressé à l'industrie actuelle.
Grâce à Apple TV+, la série a bénéficié de gros moyens visibles à l'écran, avec une écriture ciselée, une réalisation très soignée, et un casting all-stars où le défilé de vedettes donne le tournis. Parfois il ne s'agit que de caméos, parfois d'authentiques seconds rôles, mais c'est assez sidérant de voir tout le gratin de Los Angeles venir participer à l'entreprise.
Toutefois, il ne faut pas réduire The Studio a ses guests. Le héros est un cadre d'un studio (fictif) qui se voit offrir le poste de directeur de production par son PDG. Premier problème : il remplace celle qui l'a formé. Deuxième problème : il doit composer avec son envie de monter des longs métrages ambitieux et exigeants alors que son patron lui commande des blockbusters.
Matt Remick est entouré par quatre partenaires : il y a Sal Saperstein, son meilleur ami, qui connaît tout le monde tout en étant notoirement incompétent dans la gestion financière ; Quinn Hackett, qui aimerait bien prendre la place de Sal car elle est bien plus capable que lui ; Maya Mason, amie des stars qui la flatte pour avoir un rôle ; et donc Patty Leigh, l'ex-mentor de Matt, qui entend bien reprendre son poste.
Rogen et sa bande d'auteurs ont conçu chaque épisode comme un hommage à un genre de cinéma ou à une prouesse technique : par exemple, quand Sarah Polley doit mettre en boîte un plan-séquence avant le coucher du soleil avec Greta Lee, l'épisode est aussi tourné en un seul plan-séquence (citant Sam Mendes et son film 1917 qui utilisait ce dispositif).
Dans l'épisode 4, Olivia Wilde termine le tournage d'un film noir et l'intrigue repose sur le vol d'une bobine du film et de l'enquête pour identifier celui qui s'en est emparé. Ce sont des exercices de style assumés et brillamment exécutés, avec beaucoup d'humour, d'ironie et de maîtrise technique. Cela suffit à faire de The Studio une série vraiment à part visuellement et narrativement.
En outre, Rogen et compagnie ont eu accès aux événements réels qui ponctuent l'année à Hollywood, comme la cérémonie des Golden Globes ou la CinemaCon. Mais la série se permet aussi des pas de côté comme avec l'épisode 6 où Matt assiste à une collecte de fonds pour les cancers pédiatriques en compagnie de la femme avec qui il sort et dont les amis médecins rivalisent de snobisme et de mépris.
Il faut bien entendu apprécier cet esprit cynique, sarcastique. Pour ma part, j'avoue avoir souvent ri, mais ça n'a pas fonctionné à chaque fois. Dix épisodes, même avec un format court (de 25-30'), c'est quand même assez long et il y a des numéros que j'ai trouvés très faibles, pas drôles, laborieux, redondants (les deux derniers auraient pu facilement être condensés en un seul).
Par ailleurs, la série habitue le spectateur à un certain luxe, avec ses stars qui passent une tête ou participent directement aux histoires, et quand un épisode se concentre uniquement sur Matt et son équipe, on peut en être frustré. Pourtant, c'est dans ces moments-là que j'ai regretté que Rogen et ses amis ne donnent pas plus de place à Matt, Sal, Quinn, Maya et Patty.
Prenez l'épisode 5 : il démarre formidablement avec Quinn qui fait l'amour (en se faisant prendre par derrière par son fiancé) et qui déclare en avoir "marre de se faire baiser" (son fiancé se retire en prenant ça pour lui). S'ensuit un duel délirant entre elle et Sal qui traversent plusieurs plateaux de tournage où ils sèment le chaos pour prouver leurs compétences alors qu'ils ruinent le travail des équipes.
Idem dans l'épisode 7 : Maya persuade Matt et l'équipe de remplacer tout le casting "trop caucasien" du film sur Kool-Aid Man par des afro-américains afin de plaire à ce public. L'absurdité de l'argument est poussé jusque dans ses derniers retranchements quand les acteurs approchés apprennent pourquoi on les contacte. Et la chute est hilarante.
Enfin l'épisode 8 est grandiose : Matt s'emploie durant toute la cérémonie des Golden Globes pour que Zoë Kravitz n'oublie pas de le remercier. Et, là encore, le dénouement est aussi cruel que désopilant.
Mais ce qui plombe surtout The Studio, c'est sans doute le choix d'avoir placé les épisodes avec Sarah Polley, Ron Howard et Olivia Wilde dès le début : ce sont les meilleurs (et de loin), et la série a du mal à s'en remettre. Le fameux plan-séquence étourdissant, puis la dispute tordante avec Howard et enfin l'imbroglio avec Wilde sont des sommets comiques en comparaison avec la fin de la saison, plus laborieuse. Mieux disposés, ces épisodes auraient consolidés toute la saison.
Seth Rogen joue Matt avec ce qu'il faut de nervosité pour ne pas en faire une caricature : c'est une tête à claques, d'accord, mais qui veut bien faire. Ike Barinholtz est affreusement marrant dans le rôle de Sal. Chase Sui Wonders est une révélation dans le rôle de Quinn. Kathryn Hahn est tout bonnement ébouriffante dans l'épisode 7. Catherine O'Hara et Bryan Cranston (alias Griffin Mill - le même nom que Tim Robbins dans The Player de Robert Altman, autre satire d'Hollywood) sont magistraux.
Quant aux guests, je ne vais pas tous les citer mais en voici quelques-uns parmi les plus notables : Dave Franco, Chris Hemsworth, Anthony Mackie, Martin Scorsese, Ice Cube, Zac Efron, Josh Hutcherson, Johnny Knoxville, Charlize Theron, Adam Scott, Jean Smart, Aaron Sorkin, Quinta Brunson... On sent qu'ils se sont amusée comme des gamins à s'autocaricaturer.
Inégal donc, mais savoureux et même très piquant dans ses meilleurs passages.