Après avoir libéré de son conditionnement mental la grand-mère d'Arabella, Batman lui explique pourquoi le Dr. Johns les a choisies pour exécuter des contrats sur les témoins à charge dans le dossier contre Kelp. A eux tous maintenant de faire honneur à la mémoire de Prion...
Avec cet épisode se conclut l'arc Flight et par la même occasion, j'arrête la série. La fin de cette histoire est au diapason de ce qui a précédé : ce n'est tout simplement pas bon, c'est même, à mon avis, ce que Tom Taylor a produit de plus mauvais. Si, au départ, j'appréciai son approche décomplexée du personnage de Batman, progressivement ça a fini par ne plus fonctionner.
Car, quand un super héros a deux séries, il faut au moins que chacune se démarque de l'autre. Je ne lis pas Action Comics, mais je sais que Mark Waid l'écrit en revenant sur les aventures de Clark Kent à Smallville quand il était encore Superboy. C'est totalement distinct de ce que propose chaque mois Joshua Williamson dans Superman.
Le premier arc de Batman par Matt Fraction ne me semble pas si éloigné de ce que fait Tom Taylor ici. Normalement, la série Batman est plutôt focus sur l'action tandis que Detective Comics souligne l'aspect enquêteur de Batman. Sauf que les intrigues de Taylor ne mettent pas beaucoup en valeur cette dimension.
Et quand bien même ce ne sont pas des récits tellement sophistiqués, en général on devine le fin mot de l'histoire avant la fin et ce n'est pas particulièrement satisfaisant. Ajoutez-y une manie assez désastreuse de créer des personnages antagonistes manquant singulièrement de charisme et qui n'intéresseront personne d'autre que Taylor, avec un recours récurrent à la continuité rétroactive, et ce n'est juste plus possible.
Voilà plus d'un an que ce scénariste est sur cette série et c'est absolument toujours le même schéma narratif qui est déployé. C'est un peu comme un cuistot qui préparerait toujours le même plat en changeant juste la sauce, ça ne suffit pas pour faire un menu suffisamment attractif. Et, de ce point de vue, l'arc qui se termine ce mois-ci est le pire de tous.
On a un jeune super héros mort dans des circonstances complètement idiotes, des lavages de cerveau, une façon de tuer qui fait passer des meurtres pour des morts naturelles, des témoins gênants éliminés, et même des costumes redesignés pour l'occasion qui sont tout bonnement ridicules (voir ci-dessus). C'est embarrassant, c'est même malaisant.
En vérité Tom Taylor m'apparaît comme un auteur plus apte à revivifier un héros plus ou moins secondaire (comme Nightwing qui, avec tout le respect qu'on lui doit, ne boxe quand même pas dans la même catégorie que Batman, Superman, Wonder Woman) qu'ayant les épaules pour assumer un personnage aussi emblématique que Batman.
Taylor n'a pas sur ce titre un concept assez fort comme il l'avait eu sur Nightwing (c'est d'ailleurs un peu pareil avec Fraction sur Batman). C'est quelqu'un qui peut être efficace, mais il n'est pas inventif. Filez-lui une série avec Green Arrow et Black Canary (qui secondent Batman dans cet arc), il pourra s'amuser et sans doute mieux convaincre.
C'est dommage aussi pour Mikel Janin qui a montré, lui, de belles choses. Mais au fond, Janin est devenu un peu prisonnier de Batman. Come son confrère Jorge Jimenez qui ne quitte plus le personnage malgré les différents scénaristes, j'aimerai le voir briller sur d'autres héros, d'autres genres d'histoires (si le départ prochain de Tom King et Daniel Sampere sur Wonder Woman se confirme, j'aimerai revoir Janin dessiner l'amazone).
Je n'aime pas m'entêter sur une série et je sentais poindre depuis un moment une lassitude sur celle-ci. Après ces six derniers épisodes, ce fut carrément une grosse fatigue. Je préfère en rester là.







































