Un an après la tentative d'assassinat contre le professeur Charles Xavier par Henry Gyrich qui a conduit le mentor des mutants à se retirer sur Chandilar, planète-capitale de l'empire Shi'ar, et que tout le monde le croit mort, les X-Men agissent toujours, désormais avec l'approbation de l'O.N.U.. Ils accueillent un nouvel élève, Roberto da Costa, après l'avoir sauvé des griffes de l'organisation anti-mutants les Amis de l'Humanité, qui utilisent la technologie de Bolivar Trask.
En sondant leurs esprits, Jean Grey réussit à localiser Trask et à détruire le Moule Matrice qui servait à créer de nouvelles Sentinelles. Après cette mission, Cyclope et Jean annoncent à leurs partenaires leur retrait de l'équipe pour élever au calme leur futur enfant. Mais au même moment Magneto arrive au manoir des X-Men pour leur apprendre qu'avant sa mort Xavier lui avait confié les rênes de l'équipe. Le maître du magnétisme accepte d'être jugé pour ses méfaits passés mais lors de son procès, le chef des Amis de l'Humanité, X-cutioner, tente de le tuer.
L'arme dont il se sert doit le priver de ses pouvoirs mais Tornade s'interpose et elle est touchée. Jean accouche d'un garçon, prénommé Nathan, Magneto est gracié et Tornade quitte l'équipe au moment où Madelyne Prior, dont la ressemblance avec Jean trouble tout le monde, apparaît. Celle-ci est en vérité sous l'emprise mentale de Mr. Sinistre qui veut accéder à l'ADN de Cyclope et Jean et kidnappe leur enfant à qui il injecte un virus techno-organique. Madelyne, prise de remords, confie le bébé au voyageur temporel Bishop qui l'emmène dans le futur pour le soigner.
Magneto veut que l'ONU reconnaisse la souveraineté de l'île de Genosha, refuge des mutants, et il y emmène Gambit et Malicia qui retrouvent là-bas leur ami Diablo. Cependant Tornade fait la connaissance de Forge, le savant qui a construit l'arme qui l'a privée de ses pouvoirs et promet de les lui rendre. Cable surgit et révèle être Nathan Summers devenu adulte : il prévient les X-Men de l'existence d'un autre Moule Matrice. Mais c'est trop tard pour le détruire : des Sentinelles attaquent Genosha et en massacre les habitants, tuant notamment Gambit. Mais qui a construit ce second Moule Matrice ?
Alors que la saison 2 de X-Men '97 a été mise en ligne cette année, j'ai revu la saison 1 et me suis dit qu'il serait temps d'en écrire la critique. Ce nouvel effort de Marvel Studios dans le domaine de l'animation sérielle (après What if...?) est la suite du feuilleton culte de 1992 X-Men : The Animated Series.
Faut-il se replonger dans ces épisodes qui ont plus de 30 ans pour apprécier ceux-ci ? Chacun jugera, mais pour ma part, je n'ai pas eu le courage de me taper à nouveau les cinq saisons initiales. J'ai un peu souffert pour raccrocher les wagons parfois, mais dans l'ensemble, rien d'insurmontable. A dire vrai, c'est comme pour les comics, on démarre rarement au n°1, surtout avec un corpus comme les X-Men.
Beau DeMayo, le showrunner, a été viré avant la diffusion du premier épisode de X-Men '97 pour des raisons nébuleuses, mais qui ont valu à Marvel d'être taxé de racisme et d'homophobie puisque DeMayo est black et gay. Toutefois on ne peut parler de la saison 1 sans le mentionner - c'est quand même lui qui a dirigé l'écriture et la production de ces dix épisodes.
Et justement, parlons d'abord de l'écriture. Tout ce qui est raconté est très dense, condensant souvent en un ou deux épisodes des arcs narratifs entiers tirés des comics (comme le célèbre et magnifique Lifedeath de Chris Claremont et Barry Windsor-Smith sur la relation entre Tornade et Forge après qu'elle a perdu ses pouvoirs).
Ce procédé de compression narrative est à double tranchant : il donne beaucoup de rythme et fournit énormément de péripéties au récit, mais en contrepartie il empêche les histoires de ses déployer et d'être appréciées à leur juste valeur. Tout semble égal comme quand, dans l'épisode 4, on passe d'une rapide aventure dans le Mojoworld avec Jubilé et Sunspot à la découverte par Tornade du secret de Forge.
Il faut véritablement attendre les trois derniers chapitres pour profiter d'une intrigue développée avec Bastion, le second Moule Matrice, et la mort des X-Men. Avant cela, tout se déroule à une vitesse folle, souvent dans la précipitation. Et c'est très dommageable quand il s'agit de traiter du massacre de Genosha, des manigances de Mr. Sinistre ou du retour de Magneto.
Pourquoi DeMayo et ses auteurs ont adopté un tel parti pris - ça revient à griller un nombre considérable de cartouches et à expédier des moments qui auraient gagné en puissance et en intensité dramatique, surtout pour apprécier certains traumas mutants (l'exemple de Genosha est le plus frappant encore une fois).
J'y vois, pour ma part, l'influence des réseaux sociaux comme Tik Tok ou Twitter où la pensée doit être comprimée en quelques signes, en quelques images chocs, comme si le spectateur ne pouvait pas attendre, savourer une intrigue. Un peu comme ceux qui se passent des vidéos en augmentant la vitesse parce qu'ils n'ont pas que ça à faire...
Alors, c'est vrai, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Mais on n'a pas plus le temps de s'attacher. Espérons que la saison 2 ralentisse un peu. En l'état, j'ai trouvé que c'était trop pour dix épisodes de 30' : le défilé de vilains, le nombre de rebondissements, leurs conséquences, plus le casting déjà chargé, bon, ce n'est pas des plus digestes. Ou alors c'est que je me fais vieux - c'est aussi très possible.
Concernant la réalisation, il apparaît une volonté nette de coller au look de la série initiale, mais avec une animation quand même un peu plus soignée. Si vous me le demandez, je préfère quand même le rendu que Marvel Studios proposait sur What if...? qu'ici où la fluidité de l'ensemble laisse à désirer, avec souvent des mouvements limités au niveau des cadres et des personnages.
En fait, ce n'est pas assez stylisé pour satisfaire un public qui aimerait un peu d'originalité visuelle et ce n'est pas non plus assez dynamique pour rivaliser par exemple avec X-Men : Evolution, qui reste, à mes yeux, un sommet. Il est évident que Marvel Studios ne dispose pas de l'équivalent d'un Bruce Timm et ne paraît pas soucieux de dépasser les normes standards d'un tel produit.
Toutefois, pour ne pas être trop sévère non plus, la série se positionne clairement : là où les cinq premières saisons étaient formatées pour une audience familiale du samedi matin, celle-ci s'adresse à des fans qui ont grandi. Le ton général est très sombre, l'humour n'y a aucune place - alors que, par le passé, le personnage de Jubilé incarnait l'innocence et la légèreté, préservant un certain optimisme.
Il n'y a guère que Diablo, fort bien caractérisé, tel que le voulait Dave Cockrum son créateur (c'est-à-dire un elfe amateur de films de cape et d'épée), qui se démarque des autres et a droit aux scènes d'action les plus bondissantes. A contrario, Malicia est le symbole d'une série où les héros sont tellement marqués par la tragédie qu'ils incarnent toute la noirceur du récit.
Le casting vocal voit revenir beaucoup de ses interprètes originaux et c'est un signe sympathique de la part de Marvel Studios, pas spécialement réputés pour sa gestion des relations humaines. Et bien entendu, ils n'ont pas touché au célèbre thème musical si emblématique de la première série.
En bref, c'est un show agréable même si parfois un peu indigeste, surchargé. J'espère vraiment que la saison 2 en aura tiré les bons enseignements, surtout compte tenu du twist final qui promet pas mal d'acrobaties narratives...












































