mercredi 1 avril 2026

VENOM #256 : DEATH SPIRAL #6 (of 9) (Al Ewing / Carlos Gomez)


Torment est à la porte de l'appartement de Paul Rabin et il va tuer Dylan Brock. Paul s'interpose et tente d'atteindre le tueur avec un couteau de cuisine, mais il est vite désarmé et poignardé. Dylan prend la fuite alors que Venom, Spider-Man et Carnage surgissent pour arrêter Torment...


Le deuxième acte de ce crossover s'achève sur un twist qui, bien que prévisible, reste tout de même très efficace. Mais avant cela, l'épisode en lui-même est redoutable tant il est supérieur à ce que font Joe Kelly avec ou sans Charles Soule. Al Ewing domine de la tête et des épaules ses deux confrères comme si c'était lui le vrai chef d'orchestre de cette histoire.


A quoi voit-on ça ? C'est simple : l'épisode défile à toute allure, il se lit donc vite, mais en même temps il a une densité que les autres n'ont pas. Plusieurs événements se succèdent et tiennent le lecteur en haleine, le récit ne sacrifie personne ni aucune situation - au contraire : il les exploite tous avec intensité, de sorte qu'on achève sa lecture repu.


C'est seulement le deuxième épisode de Venom dans ce crossover et pourtant à chaque fois on observe à quel point la série de Al Ewing survole celle de Joe Kelly (Amazing Spider-Man). J'entends bien que ça ne plait pas à tout le monde que Mary Jane Watson soit le nouvel hôte de Venom, et pourtant Ewing réussit à imposer ce fait avec intelligence et à exploiter la spécificité.


Ici, par exemple, Mary Jane n'apparaît pas, seul Venom est à l'image tout du long, mais entre ce qui arrive à Paul Rabin et ce qui arrive à Dylan Brock, le binôme MJ-Venom rend chaque situation plus personnelle, plus puissante. Et on comprend alors pourquoi ce n'est pas une mauvaise idée - une idée curieuse, étrange, improbable : oui. Mais pas mauvaise.

Si on devait minuter l'action de cet épisode, cela tiendrait en quelques minutes à peine. Ewing ne s'arrête pas en route pour que ses personnages bavardent sur ce qui est en train de se passer : il file tout droit, fait avancer l'intrigue, accumule les péripéties. Et c'est imparable : le rythme est haletant, on n'a pas le temps de réfléchir.

La réflexion, la prise de conscience ne surviennent qu'après la lecture. On mesure ce qui vient de se dérouler et on constate la progression narrative hyper compressée de l'épisode. Si tout le crossover avait cette énergie, cette explosivité, non seulement il ne durerait pas 9 numéros, mais surtout il serait bien meilleur car plus prenant.

Et puis si Ed McGuinness produit de superbes planches sur Amazing Spider-Man, Carlos Gomez est lui en état de grâce. Il plie le game avec des scènes spectaculaires, à coup de plans qui ont une patate d'enfer, des compositions impeccables. C'est superbe de voir comment cet excellent artiste qui jusque-là devait se contenter de faire ses preuves est en train d'exploser.

Ce n'était pas gagné parce que Gomez était catalogué comme un dessinateur très à son avantage avec des héroïnes plantureuses (Red Sonja, America Chavez...). Alors qu'allait-il faire avec Venom ? Et puis avec les dix épisodes d'affilée de All-New Venom, il a calmé tout le monde en prouvant qu'il savait faire autre chose, qu'il était un spécialiste insoupçonné de l'action et des monstres.

Sa complicité avec Ewing fait plaisir à voir : on sent que le scénariste a trouvé un partenaire capable de soutenir ses scripts et que l'artiste relève le défi avec panache et talent. Perso, j'adore ce "VenoMJ", et sur ce crossover, encore une fois, ce sont les épisodes de Ewing et Gomez qui survolent les débats. Rendez-vous la semaine prochaine pour le 7ème chapitre de Death Spiral dans Amazing Spider-Man #26...

mardi 31 mars 2026

THE NEW AVENGERS, VOLUME 2 : THE OTHER WOMAN (Sam Humphries / Ton Lima)


THE NEW AVENGERS, VOL. 2 : THE OTHER WOMAN
(The new Avengers #6-10)


Bucky a découvert que Black Widow étaient à l'origine de la création des Killuminati, mais il pense que la femme qu'il côtoie est peut-être elle-même un clone. Pour s'en assurer, il lui coupe une mèche de cheveux quand elle dort et demande à Reed Richards de l'analyser (sans lui dire à qui appartient l'échantillon). Puis l'équipe des New Avengers décident de capturer Guru Strange...


... Mais ce dernier est sauvé par Luke Charles avec le renfort de Raiponce (clone de Medusa) et Lord Britain (clone de Captain Britain). Durant leur affrontement, Wolverine (Laura Kinney) réussit à poser un traceur sur Luke Charles. Les New Avengers localisent la planque des Killuminati dont Iron Apex a découvert l'identité du commanditaire de Black Widow pour créer le groupe de clones.


Avant que les New Avengers aillent débusquer leurs ennemis, Black Widow avoue à Bucky comment elle a été mêlée à la création des Killuminati - et ses révélations vont sérieusement troubler le Soldat de l'Hiver et compliquer la mission de l'équipe...


Le recueil de ces cinq derniers épisodes de The New Avengers sera disponible en vo en Août prochain mais je vous en fais profiter dès maintenant puisque le dixième numéro est sorti la semaine dernière. Sam Humphries conclut donc son histoire et baisse le rideau sur la série du même coup, annulée comme tant d'autres actuellement chez Marvel.


Ce fut une lecture divertissante et enlevée que celle de ce projet improbable, conçu pour accompagner le film Thunderbolts* (aka The New Avengers) sorti l'an dernier, quand bien même le casting et l'intrigue du comic book n'avait rien à voir avec celui du long métrage. Son côté atypique a fait son charme mais l'a aussi sûrement condamné à ne pas trouver son public.

Qu'il s'agisse de réanimer le titre Thunderbolts ou New Avengers, de toute façon, ce n'est certainement pas ainsi qu'il faut s'y prendre. Les fans de comics ont de la mémoire et ils détestent qu'on se paie leur tête avec des réinterprétations qui n'ont rien à voir avec les originaux. Je n'avais déjà pas aimé quand Hickman s'était servi du titre New Avengers, mais ça pouvait se justifier dans le projet qu'il avait alors avec la série Avengers simultanément.

Quant à Thunderbolts, le nom n'a plus rien à voir avec ce qu'il signifiait à sa création et je me demande toujours pourquoi chez Marvel aucun editor et/ou scénariste ne cherche pas à reproduire le coup d'éclat de Kurt Busiek (qui consistait à tromper tout le monde avec de nouveaux personnages héroïques qui étaient en vérité des super vilains sous de nouveaux alias et costumes).

Concernant ces six derniers épisodes, Sam Humphries en fait quasiment une histoire de Black Widow tant elle est au centre du récit. Une fois que Bucky apprend qu'elle est liée à la création des Killuminati, il cherche à savoir si elle-même n'est pas un de ces clones dégénérés et, sinon, pour qui elle travaille. La résolution du mystère est brillante.

Si le scénario est inutilement déconstruit avec des actions avant et après un attentat spectaculaire à Osaka, et alourdi par le personnage de Carnage (qui veut que Eddie Brock lui permette de tuer les New Avengers pour satisfaire ses instincts criminels), il faut reconnaître qu'on est pris dans le feu de l'action et dans l'attente du dénouement.

Humphries soigne ses effets (l'attentat est à la fois effrayant et étonnant, l'arme utilisée étant exploitée de manière inédite), et quand vient l'explication de Black Widow sur son rôle, on est positivement étonné par ce que l'auteur a su imaginer et comment il rend tout ça sinon crédible en tout cas plausible (il est question de manipulation mentale, d'agent dormant, ce qui est raccord avec Black Widow).

Les personnages sont bien employés, même si on se rend définitivement compte que Hulk n'aura jamais fait partie de l'équipe (contrairement à ce que promettait la couverture du #1). Il y a des échanges intenses et fréquents et le fait que chacun est prêt à sauter à la gorge de son voisin pimente savoureusement la partie.

Les méchants eux sont moins développés, en dehors de Iron Apex, qui cherche vraiment à en savoir plus sur sa création et pousse ses compères à agir intelligemment. Quant à celui qui a organisé toute cette affaire, c'est un rebondissement efficace par rapport à un élément de One World Under Doom - même si Humphries se garde de détricoter ce que Ryan North a établi.

Ton Lima, cette fois, assure le dessin des cinq numéros et il rend une copie très concluante. A mon avis, Marvel peut miser sur lui pour le futur, il a du potentiel (et il le fera parler sur le prochain épisode de Captain America d'ailleurs). C'est une vraie révélation qui mérite de briller sur un projet plus durable - si tant est que Marvel en soit capable.

Car, et c'est là-dessus que je finirai, The New Avengers est encore une série annulée. Certes Marvel prévient tout le monde que désormais si les chiffres ne sont pas bons, le couperet tombera au bout de dix épisodes. Mais comment l'éditeur compte-t-il vraiment motiver les lecteurs d'investir quand une telle limite est posée ? Avez-vous, vous qui me lisez, envie d'acheter des floppies à 4,99 $/mois si c'est pour n'avoir que dix numéros ?

Et puis cela pose une autre question, peut-être encore plus vertigineuse : Marvel, en dehors de Spider-Man, Avengers, X-Men, est-il encore une maison d'édition qui publie des ongoing ? Ou simplement quelques titres illimités (mais fréquemment relancés au #1) et une multitude de mini séries ? On peut se poser la question quand en dehors des grandes marques précitées, tout le reste doit se contenter de dix épisodes.

A partir d'ailleurs de combien d'exemplaires vendus Marvel décide-t-il d'annuler une série ? Je ne m'intéresse guère aux chiffres, mais j'ai l'impression qu'à force ça devient une excuse pour publier des titres dont la seule et véritable fonction est d'inonder les bacs, sans se soucier de leur qualité, de leur intérêt, de leur pérennité.

D'ailleurs, vous avez peut-être remarqué que Marvel ne communique plus en termes de statu quo : fini le temps des "Marvel Now", "All-New All-Different Marvel" et j'en passe. On en pense ce qu'on veut, mais ça avait le mérite d'ouvrir de nouvelles périodes éditoriales, de dater le lancement de titres, de collections, de gammes.

Désormais, Marvel publie des mensuels, les prolonge, les annule, mais il n'y a plus de périodes, d'ères. Quand DC structure ses publications avec des signaux comme "New 52", "Rebirth", "All-In", "Next Level", osant lancer des séries casse-gueule, mais soutenus par des équipes artistiques ambitieuses, Marvel ne fait même plus semblant d'encadrer ses titres et de les confier à des artistes capables d'attirer le lecteur.

C'est assez pathétique en vérité. Tant que Spider-Man, X-Men, Avengers fonctionneront suffisamment pour supporter ce système, il n'y aura aucune remise en compte. Mais cela signifie surtout qu'éditorialement ni CB Cebuski, ni Tom Brevoort n'ont de réelle vision d'ensemble - autre que de sortir une tonne de comics chaque mois et de compter les morts ensuite.

samedi 28 mars 2026

WOLVERINE : WEAPONS OF ARMAGEDDON #2 (of 4) (Chip Zdarsky / Luca Maresca)


Wolverine et Teri O'Barnes ont trouvé Dave Colton dans une cabane isolée. Ils savent qu'il est responsable des attaques contre les complexes de la compagnie Primewarrior. Pendant ce temps-là, Tyler Torrens, le dernier sujet de cette compagnie, continue sa cavale. Et Nuke décide de chercher tout ce beau monde seul...
 

Parfois c'est en lisant quelque chose qui n'a rien à voir avec ce que vous allez critiquer que vous formez un avis sur l'objet de votre critique. Ainsi après avoir lu ce deuxième numéro de Wolverine : Weapons of Armageddon, j'ai relu, par hasard, une interview de Jason Aaron dans un numéro de "Comic Box" qui datait de 2012.


A cette époque, Aaron venait de co-écrire Avengers vs X-Men avec Bendis, Brubaker, Hickman, Fraction, et il allait débuter son run sur Thor en parallèle de Wolverine & the X-Men. Il était devenu un des auteurs phares de Marvel qui voulait lui confier une autre série, Hulk, en espérant qu'il y injecte la même énergie.


Pourtant Aaron a rapidement bouclé son run sur Hulk, estimant qu'il n'avait plus rien à dire avec ce personnage, et aussi parce qu'il ne pouvait pas jongler avec trois titres mensuels. Ce qui l'inspirait davantage, c'était Thor, pour qui il avait une vision précise et à long terme. C'est une preuve assez rare de lucidité quand beaucoup de scénaristes cumule le plus de projets possibles.
 

Ce que je veux dire en rappelant cela, c'est que parfois les éditeurs demandent à un scénariste de s'occuper d'un personnage, de sa série, en espérant qu'il fera des miracles. Et parfois, hé bien, ça ne fonctionne pas. Parce que le scénariste a la tête à un autre personnage, qui l'inspire, qui le motive plus. Pour lequel il un plan.

Je ne vais pas dire que Chip Zdarsky s'est trompé de personnage (et de série par conséquent) avec Captain America, mais je dois dire que jusqu'à présent, pour moi, il n'a pas réussi à me convaincre. J'ai du mal à voir ce qu'il veut en faire, sinon une rampe de lancement pour son event, Armageddon. A sa décharge, il n'est pas facile, depuis Brubaker, d'écrire Captain America.

Pourtant, et c'est là que j'en viens à Wolverine : Weapons of Armageddon, Zdarsky me paraît infiniment meilleur avec ce dernier. Il a saisi le personnage, il lui a taillé une petite intrigue plus profonde qu'on pourrait le croire (même s'il s'agit d'une nouvelle et énième variation sur l'Arme Plus). Il ne s'encombre pas de symbole, de contexte, il va tout de suite à l'essentiel.

Et ça donne une histoire très efficace, très claire et trouble quand même, là où son Captain America est écrit maladroitement, avec des intrigues prétextes. Curieusement, alors que le sous-titre de cette mini série Wolverine fait explicitement référence à l'event à venir, le projet est moins laborieux, plus fluide, plus énergique.

Surtout, et c'est peut-être pour ça que je suis plus séduit, il explore une intrigue que j'aurai aimée être celle d'Armageddon, un récit sur les super soldats, ce qui les lie tous et les mine aussi, un formidable terreau qu'encore une fois Marvel ne creuse pas. Et Wolverine est cet explorateur idéal pour ça, peut-être encore plus que Captain America.

Quand j'entends parler de la série régulière actuelle Wolverine (par Saladin Ahmed), ça n'a pas l'air fameux. Et je me dis que si Zdarsky l'écrivait, avec donc la possibilité de développer tout ce qu'il n'aura que le temps d'effleurer dans Weapons of Armageddon, ça aurait été une toute autre affaire. 

Et sans faire injure aux dessinateurs de Captain America, Luca Maresca s'impose comme un sacré artiste. Son style colle si bien à Wolverine et, même si j'adore Valerio Schiti, il y a un gouffre entre les épisodes qu'il a signés pour Captain America et ce que donne Maresca depuis deux mois. Le trait est assuré, les compositions super dynamiques, la narration nerveuse.

Je ne sais toujours pas si j'irai au delà de la fin de l'arc actuel de Captain America, ni même si je vais finalement lire Armageddon. Par contre, le plaisir que j'aurai pris à Wolverine : Weapons of Armageddon aura de quoi alimenter quelque regret futur, en ce qui concerne Zdarsky et ses choix. 

ABSOLUTE MARTIAN MANHUNTER #10 (of 12) (Deniz Camp / Javier Rodriguez)


Assiégé dans le motel où il réside par Rainbow, un vétéran de la guerre en plein trip hallucinogène, John Jones tente de résister bien que Désespoir-le-zéro lui glisse à l'oreille qu'il n'y a plus d'issue pour lui ou le reste de l'humanité. De son côté le Martien, toujours aux mains de l'Agence, tente de se reconnecter à John...


Je mentirai si je vous disais que cet épisode n'a pas eu du mal à passer. Et, à dire vrai, il me semble qu'il représente une sorte de trait récurrent depuis la reprise de cette série. J'avais déjà pu en parler le mois dernier en soulignant à quel point Deniz Camp versait dans la veine la plus sombre. Et si sa volonté de témoigner ainsi du malaise qu'il ressent vis-à-vis de son pays est légitime, c'est tout de même lourd.


Je ne vais pas dire qu'Absolute Martian Manhunter a perdu ses qualités en route, mais il est clair que sa lecture est devenue plus laborieuse, pour ne pas dire pénible par moment. Comme Absolute Batman, on tient là un cas de comics où l'ambition frise en vérité la prétention à force d'une surenchère d'effets, de discours.


Peut-être mon ressenti est-il influencé par l'ambiance générale actuelle qui, c'est indéniable, ne prête pas à la légèreté. On peut, en tant que fan de comics, avoir envie, dans ce genre de période, d'un peu plus de futilité, ou du moins d'une lecture qui ne donne pas le sentiment de vous maintenir la tête sous l'eau. Et Absolute Martian Manhunter a perdu beaucoup de sa fantaisie. Et donc de son charme.


Je préférai quand cette bande dessinée assumait son côté zinzin sans se départir de sa lucidité : cela formait un bel équilibre entre comédie barjo et commentaire acide. Par ailleurs l'intrigue affichait une ligne relativement claire, qui s'est brouillée. Le récit s'est mué en commentaire, en métaphore, en parabole, pas très subtils. De quoi parle encore Absolute Martian Manhunter ?

Ce qui faisait le sel du projet, c'était cette version radicale et atypique d'un personnage. C'est encore le cas, mais de façon plus chargé, moins fine, à l'image de la séparation/réunion de John Jones et du Martien auquel vient se greffer Désespoir-le-zéro, transformant le binôme en "trouple". Peut-être John y gagne-t-il en lucidité mais la série y perd en fluidité.

On avait donc une BD étrange mais marrante et flippante à la fois. On a désormais une BD très (trop) métaphorique, bavarde, comme écrasée par son envie d'être totale, d'être à la fois un drôle d'objet et un quasi manifeste où justement l'aspect le plus bizarre, le plus foutraque devient une revendication - "regardez comme je ne ressemble pas au reste des titres Absolute".

Or cette revendication joue contre le projet. Il n'en a pas besoin. Avec un graphisme aussi spécial et somptueux, on sait pertinemment qu'on a là le titre le plus à part de la gamme. Javier Rodriguez dépasse de plusieurs têtes toutes les propositions graphiques non seulement de la ligne Absolute mais de la production DC. Pas besoin d'en rajouter dans l'histoire.

Deniz Camp aurait tout à gagner à revenir aux fondamentaux de son projet pour espérer me surprendre et offrir un final aussi intense que ce qu'il avait initié ? Ou bien, un peu comme toutes les séries Absolute, celle-ci sera elle aussi victime d'une tendance à la boursouflure ?

vendredi 27 mars 2026

DETECTIVE COMICS #1107 (Tom Taylor / Pete Woods)


Alors qu'il essayait de piéger un flic ripou, Batman voit débarquer Green Arrow. Oliver Queen est à Gotham pour ouvrir une succursale de sa compagnie. Tous deux enquêtent sur un certain Richard Kelp, un affairiste inquiété par la justice mais dont les témoins à charge meurent les uns après les autres...


Tom Taylor entame ce mois-ci un nouvel arc de Detective Comics et semble vouloir enrichir le supporting cast de la série puisque, comme la couverture l'indique, "Gotham's New Trinity starts here". Cette trinité est composée par Batman, évidemment, Green Arrow et Black Canary, qui a suivi son mari car elle a hérité du club de boxe de Ted Grant/Wildcat (il faut lire JSA pour cette histoire d'héritage, mais ça ne vous gênera pas ici).


Est-ce que cela signifie que Green Arrow et Black Canary vont devenir les co-équipiers de Batman sur la durée dans cette série ? Ce serait surprenant, mais je ne serai pas contre. A moins qu'il ne s'agisse pour DC (et Taylor ?) de tâter le terrain en vue d'une série Green Arrow/Black Canary (vu que l'archer et le canari ont perdu leurs mensuels). Ce serait encore mieux.


En tout cas, en attendant d'en savoir plus à ces sujets, revenons à cette histoire qui démarre. Taylor n'est pas du genre à traîner en route quand il s'agit d'exposer une intrigue : il est donc question d'un affairiste douteux mais que les témoins voulant déposer contre lui sont assassinés les uns après les autres. La cause de leur mort n'a a priori rien de suspect, mais justement ça tracasse Batman.


Comme Bruce Wayne et Oliver Queen sont aussi des hommes d'affaire (et que Queen ne semble pas porter dans son coeur ce Richard Kelp, l'homme au coeur de cette intrigue), ils s'entendent pour investiguer ensemble. Puis il y a Black Canary et ce qu'elle fait elle aussi à Gotham et qui ouvre un autre volet de l'histoire, a priori sans lien avec le premier.

Dinah Lance est donc maintenant en charge du club de boxe de Wildcat. C'est là que elle et pratiquement tous les héros urbains de DC se sont entraînés sous la direction de Ted Grant et elle souhaite que l'endroit poursuive sa vocation. Elle a donc invité Barbara Gordon, Cassandra Cain, Stephanie Brown, Connor Hawke, Dick Grayson, Roy Harper et Damian Wayne.

Après une brève mais éclatante démonstration, tout ce beau monde se disperse, mais Bruce, Ollie et Dinah se rendent dans un cimetière et se recueillent devant une stèle funéraire. A qui rendent-ils hommage ?

Comme je le disais plus haut, Taylor a ce don pour accrocher le lecteur facilement. Il y a cette affaire liée à Kelp et puis, presque davantage, cette scène au cimetière. On découvre à la dernière page qui est enterré là et c'est un inconnu pour nous. Comme dans ces précédents arcs depuis qu'il écrit Detective Comics, Taylor va plus ou moins réécrire le passé.

Comme jusqu'ici ça a bien (et même très bien, selon moi) fonctionné, j'ai envie d'en savoir plus, comment il va s'y prendre. Est-ce que ce mort et la partie sur Kelp vont se relier ? C'est très excitant. Taylor me fait parfois peur avec ces retcons, mais il faut avouer qu'il sait aussi m'intriguer avec ça et ça aboutit à des histoires a minima très efficaces.

Par ailleurs j'adore le couple Green Arrow-Black Canary. Queen est un héros qui est un peu la mauvaise conscience de ses collègues, un fort en gueule, intègre, loyal, mais qui ne se satisfait jamais d'un "c'est bien" à quoi il préfère un "on peut faire mieux". Son amitié avec Green Lantern (Hal Jordan) en est l'illustration avec une relation souvent tendue mais franche.

Dinah est sans doute la super héroïne DC que je préfère : belle, sexy, certes, mais surtout qui ne s'en laisse pas conter. Il faut se rappeler qu'à sa création, quand c'était sa mère qui portait le costume et le pseudonyme, elle débuta comme vilaine, mais son apparition fut un tel succès que DC en fit une héroïne. Puis son couple avec Green Arrow acheva d'en faire une héroïne populaire.

Ces deux-là contrastent merveilleusement avec Batman, ils se complètent. C'est une riche idée de les associer. Alors bien sûr, il y a sur les réseaux sociaux qui se sont plaint que Black Canary batte Batman sur le ring. Bigre ! Taylor leur a répondu, très bien, en expliquant qu'il était le scénariste et qu'il écrivait ce qui lui plaisait, les mécontents pouvaient lire autre chose. 

Le scénariste fait, lui, équipe avec un nouvel artiste pour cet arc et c'est l'excellent Pete Woods qui s'y colle. C'est très chouette de le retrouver sur un titre prestigieux comme ça après son run sur Titans. Woods, c'est un artiste expérimenté, qui assume dessin, encrage, couleurs, très régulier, capable de s'adapter à n'importe quel personnage.

Franchement, son travail est excellent : son découpage est alerte, avec des angles de vue très dynamiques, des compositions précises, des personnages expressifs. S'il devait alterner les arcs avec Mikel Janin, Detective Comics aurait deux artistes au top, dans des styles différents, mais réalisant toute partie graphique. En tout cas, je suis content.

Le titre est de toute façon entre d'excellentes mains, cette nouvelle histoire m'a accroché immédiatement. Je ne sais pas quel avenir attend Green Arrow et Black Canary, mais c'est la cerise sur le gâteau. Bref, je sens que ça va être un régal.

SUPERMAN / SPIDER-MAN (Mark Waid + Jorge Jimenez, Tom King + Jim Lee, Christopher Priest + Daniel Sampere, Sean Murphy, Matt Fraction + Steve Lieber, Jeff Lemire + Rafa Sandoval, Greg Rucka + Nicola Scott, Gail Simone + Belén Ortega)


- TRUTH, JUSTICE AND GREAT RESPONSABILITY (Mark Waid / Jorge Jimenez) - Peter Parker arrive à Metropolis pour aider Clark Kent à enquêter sur le cambriolage d'un laboratoire où se trouvait de la kryptonite. Peter reconnaît la trace des tentacules du Dr. Octopus - ce dernier s'est allié avec Brainiac qui lui a promis ce qu'il voulait s'il le purgeait d'un psycho-virus... 


Après Batman/Deadpool sorti en Novembre dernier, DC et Marvel n'allait pas en rester là et les deux maisons d'édition ont cette fois décidé de viser plus haut en réunissant leurs deux héros les plus emblématiques : Superman et Spider-Man. 50 ans après leur première rencontre, le man of steel et webhead collaborent à nouveau pour neutraliser l'alliance formée par Brainiac et Dr. Octopus.


C'est à Mark Waid, fin connaisseur des deux héros, qu'échoit l'honneur d'écrire ce crossover. Il a imaginé un récit plein d'action et qui file à toute allure, très plaisant, même si totalement inoffensif puisque, évidemment, il n'y aura aucune conséquence sur les séries régulières des deux protagonistes. C'est tout le charme et aussi la limite de l'exercice.


Jorge Jimenez a le plaisir de dessiner les héros et leurs antagonistes et son style convient à merveille. Pour avoir déjà illustré des épisodes de Superman, il est en terrain connu. Quant à sa représentation de Spider-Man, elle est absolument parfaite. Jimenez et Waid ont compris que ce genre d'histoire gagnait à être divertissante et sans prétention, et donc le résultat est bien plus plaisant que le Batman/Deadpool de Morrison et Mora.

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- THE WORLD'S FINEST (Tom King / Jim Lee) - Pendant que Superman et Spider-Man affrontent une Sentinelle, Lois Lane et Mary Jane s'extraient d'un bus renversé par le robot géant et devisent sur les mérites et les inconvénients de fréquenter un super héros...


Tom King se prête à son jeu favori : dissimuler derrière l'action une réflexion un peu philosophique sur la condition humaine. Le dialogue entre Lois et MJ est plutôt bien ficelé même si le format empêche de creuser la question. On a connu l'auteur plus inspiré, mais surtout bénéficiant de plus d'espace.

Ceux qui attendent toujours de lire le 6ème chapitre de Hush 2 seront sans doute ravi de voir que Jim Lee, qui accuse un retard considérable sur l'histoire de Jeph Loeb, a pris le temps de signer les quelques pages de ce segment... Le résultat est en plus très moyen, ce qui donne la désagréable impression que l'artiste s'est imposé au lieu de sagement laisser la place à un confrère.

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- PAGES (Christopher Priest / Daniel Sampere) - Peter Parker surprend Superboy Prime en train de lui dérober son costume noir. Puis il le suit à travers le multivers, comprenant trop tard que le kryptonien souhaite transiger son séjour dans notre dimension avec le Maître de l'Evolution... 


Christopher Priest organise la rencontre entre Superboy Prime et Spider-Man quand ce dernier portait son costume noir symbiotique. Et, comment dire ? Tout est artificiel dans cette histoire : le souci de ce genre de crossover, c'est qu'en voulant explorer toutes les facettes de ses protagonistes, on aboutit parfois à des rencontres forcées et au final sans intérêt. Ici, rien de ce qui est raconté n'apporte quoi que ce soit.

Heureusement, on peut profiter des pages dessinées par Daniel Sampere, comme d'habitude impeccable. Mais à tout prendre, j'aurai nettement préféré que cet excellent artiste soit mieux utilisé pour l'occasion. Occasion manquée donc.

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- BEYOND THE COBWEB OF TOMORROW (Sean Murphy) - Spider-Man 2099 et Superboy se croisent en 2039 pour empêcher, l'un comme l'autre, que LexCorp et Alchemax ne créent le sinistre futur dont ils viennent...


Voir Sean Murphy dessiner, au moins pour partie, du matériel Marvel a de quoi surprendre quand on se souvient des déclarations du bonhomme, jurant ses grands dieux qu'on ne l'y prendrait jamais parce que Marvel traite tellement ses artistes... Je suppose qu'il fait donc ça d'abord pour DC (sur qui il n'a rien à redire).

Le résultat est amusant bien que laborieusement mené. Il faut en effet attendre la dernière page pour comprendre ce qui se passe et qui commente, de manière particulièrement pénible, les actions de Spider-Man 2099... Finalement, Murphy aurait dû s'abstenir.

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- JIMMY CON CARNAGE (Matt Fraction / Steve Lieber) - Pauvre Jimmy Olsen ! J. Jonah Jameson réclame des photos compromettantes pour Spider-Man et Peter Parker préfère sortir avec Gwen Stacy et Felicia Hardy que de l'aider. Comble de l'infortune : il pense en tombant sur Carnage qu'il s'agit du tisseur...


La collection d'histoires de numéro étant majoritairement sérieuse, c'est avec un vrai plaisir qu'on lit ce segment écrit par Matt Fraction, ouvertement comique et très drôle. La chute est savoureuse, les clins d'oeil anachroniques délectables, le mauvais esprit permanent. Enfin un peu d'irrévérence dans le lot !

Et Fraction a un partenaire de choix pour jouer sa partition puisque c'est l'impeccable Steve Lieber, spécialisé dans ce type de récit, qui s'occupe du dessin. L'ironie de chaque case est mordante. C'est un vrai régal.

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- THE BRIDGE (Jeff Lemire / Rafa Sandoval) - Une nuit sur un pont, sous une pluie battante, Clark Kent prend en stop Ben Reilly. Mais Clark entend des cris d'enfants et en découvre deux pris dans le flot de la rivière qui passe sous le pont...


Jeff Lemire livre un chapitre très anecdotique où il paraît n'avoir pas trouvé de quoi parler. La rencontre entre Clark et Ben ne débouche sur rien sinon des considérations en voix off très convenues sur le fait que l'un est un citadin rêvant de la tranquillité de la campagne quand l'autre aspire à connaître le frisson de la vie en ville. Bof.

Rafa Sandoval produit des pages tellement sombres qu'il est absolument impossible de distinguer Clark de Ben Reilly alors que ce dernier est censé être blond. En vérité, ceci pourrait simplement être l'histoire de deux types se rencontrant un soir d'orage et sauvant deux gamins, sans aucun rapport avec Superman et Spider-Man.

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- BIAS (Greg Rucka / Nicola Scott) - Lors d'un débat télévisé arbitré par Jack Ryder, Lois Lane et J. Jonah Jameson interrogent la confiance à accorder aux super-héros. Le rédacteur en chef du "Daily Bugle" avoue qu'il n'aime pas Spider-Man parce que, contrairement à beaucoup d'autres, il est masqué...


Greg Rucka écrit suffisamment bien (quand il le veut) pour mettre en valeur les états d'âme des personnages. La confrontation entre Lois et Jameson (sous les yeux de Clark Kent et Spider-Man) pose la question de l'héroïsme à visage découvert. Quand J.J.J. avoue pourquoi il ne fait pas confiance à Spider-Man (ou à Batman), pour une fois, il l'exprime sans hystérie. Pas mal du tout.

Nicola Scott est une excellente dessinatrice, mais je la trouve toujours aussi emprunté dès qu'elle doit représenter des super-héros, alors que quand elle campe des personnages ordinaires, elle est bien plus à son avantage.

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- BLIND DATE (Gail Simone / Belén Ortega) - Karen Starr se rend à un blind date. Mais le bar où il a lieu est le repaire de super vilains que le Punisher compte bien nettoyer. Power Girl veut bien l'y aider à condition de ne tuer personne...


L'autre épisode rigolo de la collection, et je dois dire que j'ai été très positivement surpris par le script de Gail Simone. D'abord, elle se fiche du crossover, préférant une rencontre improbable entre Power Girl et le Punisher. Ensuite, parce qu'elle s'amuse franchement avec ce pauvre bougre de Paul Rabin (le date de Karen Starr). Et enfin pour la chute, drôlissime sur les emblèmes que les deux personnages portent sur la poitrine.

Belén Ortega illustre ça divinement, en s'amusant visiblement beaucoup dans cette joyeuse déconnade qui boucle ce gros fascicule, forcément inégal mais très au-dessus de Batman/Deadpool. Rendez-vous en Avril pour le match retour avec Spider-Man/Superman

jeudi 26 mars 2026

IRON MAN #3 (Joshua Williamson / Carmen Carnero)


Après avoir sauvé MODOK des agents que l'AIM avait envoyé pour l'éliminer, Iron Man apprend qu'une guerre des chefs a éclaté au sein de l'organisation terroristes et que Madame Masque a pris l'ascendant sur ses concurrents. Tony Stark retrouve Luna Lucia mais leur déjeuner est interrompu par l'apparition de Pepper Potts puis un appel de l'agent du SHIELD Melinda May qui a d'autres infos...
 

Il est assez étonnant d'observer comment un même auteur peut se comporter chez deux éditeurs différents. Chez DC évidemment Joshua Williamson est dans son domaine, il est un scénariste qui compte, un architecte, ami avec Scott Snyder, aux commandes de Superman. Il pourrait se la couler douce mais il n'a pas fait tout ce chemin pour rien et il se distingue par son dynamisme.


En acceptant de travailler pour Marvel pour qui il voulait écrire une histoire d'Iron Man, sa position est plus ambivalente. D'un côté Marvel accueille une plume de la concurrence et lui donne ce qu'il souhaite. Mais Williamson sait aussi qu'il n'occupe pas la même place que chez DC, c'est une sorte d'invité de prestige mais sans privilège particulier.


Cette dichotomie est remarquable cette semaine où sortent simultanément Superman #36, un titre où il est désormais bien installé et où il peut s'amuser sans qu'on le lui refuse, et Iron Man #3, une série fraîchement relancée où il doit tout prouver comme s'il partait littéralement de zéro. En conséquence, il se montre plus sage avec Iron Man qu'avec Superman.
  

Certes on ne va exiger qu'il réinvente un personnage en trois mois quand au bout de trois ans il s'autorise à écarter Superman de son propre mensuel. Mais il est indéniable que Williamson avance à pas comptés, avec son histoire en tête mais sans vouloir brusquer personne. On peut trouver ça frileux. Ou simplement raisonnable.

Sur le fond de l'intrigue c'est un épisode en creux : on a la confirmation de ce qu'on soupçonnait déjà, guère plus. Il y a une guerre interne au sein de l'AIM, Madame Masque est en position de force, elle prépare quelque chose contre Iron Man. Sur ce dernier point, Williamson a renseigné le lecteur plus que Tony Stark puisqu'on sait ce qu'elle mijote.

Comme il faut bien avancer malgré tout, après que le centre de l'épisode ait donné lieu à une rencontre embarrassée entre Tony, Luna Lucia et Pepper Potts, qui se croisent par hasard, le lecteur est récompensé quand Iron Man se trouve à nouveau (presque) face à face avec sa némésis. Mais c'est à peu près tout, il faudra s'en contenter.

La véritable surprise, même si elle est très fugace, c'est l'apparition de Citizen V au tout début de l'épisode quand Iron Man s'emploie à sauver MODOK des agents de l'AIM. Qui se cache sous le masque de V ? Pas le baron Zemo (il est présumé mort depuis One World Under Doom et il n'aurait pas couvert les arrières d'Iron Man).

Williamson ne réintroduit pas Citizen V pour rien, on le reverra, et il aura certainement une importance majeure dans l'intrigue à venir. Le scénariste titille le lecteur tout du long dans cet épisode où rien de vraiment important ne se passe mais où rien n'est négligeable non plus. Il ponctue un récit trépidant avec un moment savoureux puis repart au combat. Classique, propre, efficace. Pas moins. Pas plus.

Heureusement que Carmen Carnero est là et très en forme, toujours. Je ne dis pas qu'on s'ennuierait sans elle, mais ses planches, superbes, donnent du relief - mieux de la matière à la critique. Voilà une artiste qui avec peu fait beaucoup. Quand l'action domine, elle compose des plans intenses et épiques. Quand le calme revient, elle souligne l'expressivité des acteurs pour que le lecteur ressente ce qu'ils éprouvent.

Les couleurs de Nolan Woodard donnent à la série un look lumineux, chaleureux et très élégant. On pourrait lire des pages comme ça sans se soucier de rien d'autre tellement c'est simplement beau et valorisant pour un script un brin paresseux.

Il est vain de comparer le Williamson de DC et celui de Marvel, même si évidemment on aimerait qu'il fasse preuve de la même audace partout. Iron Man sous sa direction est encore un peu timoré mais plein de promesses. Assez substantielles pour continuer à voir où il veut en venir.