mardi 11 août 2026

THE STUDIO (Saison 1) (Seth Rogen, Evan Goldberg, Peter Huyck, Frida Perez, 2025)


Cadre créatif au studio Continental, Matt Remick est promu directeur de production par le P.D.G. Griffin Mill après le renvoi de Patty Leigh, la mentor de Matt. Sa première mission consiste à monter le film basé sur Kool-Aid Man avec Nicholas Stoller à la réalisation. Mais Matt apprend que Martin Scorsese cherche le financement de son prochain long métrage avec Steve Buscemi et il décide de lui donner la priorité... En convaincant le cinéaste d'appeler son histoire Kool-Aid Man !


Matt réussit à redonner un emploi à Patty et, avec elle, il se rend sur le tournage du film de Sarah Polley. Celle-ci doit règler un plan-séquence avec Greta Lee et la présence de Matt complique tout car il doit négocier avec les exigences de Polley et Lee pour la promotion du film.


Matt doit avouer, après une projection-test, à Ron Howard que son fin est trop long. Anthony Mackie, qui tient le rôle principal, abonde dans ce sens mais refuse d'aider Matt qui a déjà eu par le passé maille à partir avec Howard.


Une bobine du nouveau film mis en scène par Olivia Wilde avec Zac Efron a disparu. Matt mène l'enquête avec son équipe tandis que Wilde lui demande une rallonge budgétaire pour tourner des reshoots très coûteux.


Frustrée par son poste d'assistante, Quinn Hackett cherche à faire renvoyer Sal Saperstein, le bras-droit de Matt. la situation prend des proportions dantesques, menaçant le tournage de plusieurs films sur les différents plateaux de tournage du studio.


Matt assiste à une collègue de fonds pour les cancers pédiatriques en compagnie de Sarah, dont les amis médecins raillent les films qu'il produit (comme le dernier Spike Jonze avec Johnny Knoxville et Josh Hutcherson). Matt cherche alors à les impressionner lors d'une vente aux enchères.


Maya Mason, la directrice de casting du studio, s'inquiète qu'il n'y ait pas assez d'afro-américains dans le film Kool-Aid Man. Elle pousse Matt et son équipe à engager Kiki Palmer, Regina King, Don Cheadle à la place de Jessica Biel, Sandra Oh, Josh Duhamel même si cela fait exploser le budget.


Lors de la cérémonie des Golden Globes, Matt s'inquiète que Zoë Kravitz, qui a des chances de remporter un prix d'interprétation pour un film qu'il a produit, ne le remercie pas. Son angoisse grimpe en flèche au cours de la soirée où plusieurs acteurs saluent Sal Saperstein.


A la veille de la CinemaCon, le studio organise une fête avec ses vedettes et ses cadres. Matt veut impressionner Griffin Mill et multiplie les maladresses. Patty compte en profiter pour récupérer sa place de directrice avec l'aide d'un journaliste.
 

Matt apprend que Griffin compte vendre le studio à Amazon. Pour l'en dissuader, il doit annoncer une grosse production imprévue mais ses efforts seront-ils suffisants ?


Si, cette fois, j'ai rédigé un résumé pour chacun des dix épisodes de cette saison 1 de The Studio, c'est parce que pratiquement tous sont done-in-one. Il existe bien un fil rouge de ci, de là, comme le film Kool-Aid Man, mais on peut pratiquement commencer la série par le chapitre que l'on souhaite (en dehors évidemment du premier des deux derniers).

The Studio est un projet mûri par l'acteur Seth Rogen et son ami réalisateur Evan Goldberg. Ils ont développé la série avec Peter Huyck, Alex Gregory et Frida Perez, et on sent manifestement qu'à eux tous ils ont puisé dans leurs expériences hollywoodiennes pour nourrir les histoires qu'ils racontent. C'est donc à la fois une lettre d'amour au cinéma et aussi un doigt d'honneur adressé à l'industrie actuelle.

Grâce à Apple TV+, la série a bénéficié de gros moyens visibles à l'écran, avec une écriture ciselée, une réalisation très soignée, et un casting all-stars où le défilé de vedettes donne le tournis. Parfois il ne s'agit que de caméos, parfois d'authentiques seconds rôles, mais c'est assez sidérant de voir tout le gratin de Los Angeles venir participer à l'entreprise.

Toutefois, il ne faut pas réduire The Studio a ses guests. Le héros est un cadre d'un studio (fictif) qui se voit offrir le poste de directeur de production par son PDG. Premier problème : il remplace celle qui l'a formé. Deuxième problème : il doit composer avec son envie de monter des longs métrages ambitieux et exigeants alors que son patron lui commande des blockbusters.

Matt Remick est entouré par quatre partenaires : il y a Sal Saperstein, son meilleur ami, qui connaît tout le monde tout en étant notoirement incompétent dans la gestion financière ; Quinn Hackett, qui aimerait bien prendre la place de Sal car elle est bien plus capable que lui ; Maya Mason, amie des stars qui la flatte pour avoir un rôle ; et donc Patty Leigh, l'ex-mentor de Matt, qui entend bien reprendre son poste.

Rogen et sa bande d'auteurs ont conçu chaque épisode comme un hommage à un genre de cinéma ou à une prouesse technique : par exemple, quand Sarah Polley doit mettre en boîte un plan-séquence avant le coucher du soleil avec Greta Lee, l'épisode est aussi tourné en un seul plan-séquence (citant Sam Mendes et son film 1917 qui utilisait ce dispositif).

Dans l'épisode 4, Olivia Wilde termine le tournage d'un film noir et l'intrigue repose sur le vol d'une bobine du film et de l'enquête pour identifier celui qui s'en est emparé. Ce sont des exercices de style assumés et brillamment exécutés, avec beaucoup d'humour, d'ironie et de maîtrise technique. Cela suffit à faire de The Studio une série vraiment à part visuellement et narrativement.

En outre, Rogen et compagnie ont eu accès aux événements réels qui ponctuent l'année à Hollywood, comme la cérémonie des Golden Globes ou la CinemaCon. Mais la série se permet aussi des pas de côté comme avec l'épisode 6 où Matt assiste à une collecte de fonds pour les cancers pédiatriques en compagnie de la femme avec qui il sort et dont les amis médecins rivalisent de snobisme et de mépris.

Il faut bien entendu apprécier cet esprit cynique, sarcastique. Pour ma part, j'avoue avoir souvent ri, mais ça n'a pas fonctionné à chaque fois. Dix épisodes, même avec un format court (de 25-30'), c'est quand même assez long et il y a des numéros que j'ai trouvés très faibles, pas drôles, laborieux, redondants (les deux derniers auraient pu facilement être condensés en un seul).

Par ailleurs, la série habitue le spectateur à un certain luxe, avec ses stars qui passent une tête ou participent directement aux histoires, et quand un épisode se concentre uniquement sur Matt et son équipe, on peut en être frustré. Pourtant, c'est dans ces moments-là que j'ai regretté que Rogen et ses amis ne donnent pas plus de place à Matt, Sal, Quinn, Maya et Patty.

Prenez l'épisode 5 : il démarre formidablement avec Quinn qui fait l'amour (en se faisant prendre par derrière par son fiancé) et qui déclare en avoir "marre de se faire baiser" (son fiancé se retire en prenant ça pour lui). S'ensuit un duel délirant entre elle et Sal qui traversent plusieurs plateaux de tournage où ils sèment le chaos pour prouver leurs compétences alors qu'ils ruinent le travail des équipes.

Idem dans l'épisode 7 : Maya persuade Matt et l'équipe de remplacer tout le casting "trop caucasien" du film sur Kool-Aid Man par des afro-américains afin de plaire à ce public. L'absurdité de l'argument est poussé jusque dans ses derniers retranchements quand les acteurs approchés apprennent pourquoi on les contacte. Et la chute est hilarante.

Enfin l'épisode 8 est grandiose : Matt s'emploie durant toute la cérémonie des Golden Globes pour que Zoë Kravitz n'oublie pas de le remercier. Et, là encore, le dénouement est aussi cruel que désopilant.

Mais ce qui plombe surtout The Studio, c'est sans doute le choix d'avoir placé les épisodes avec Sarah Polley, Ron Howard et Olivia Wilde dès le début : ce sont les meilleurs (et de loin), et la série a du mal à s'en remettre. Le fameux plan-séquence étourdissant, puis la dispute tordante avec Howard et enfin l'imbroglio avec Wilde sont des sommets comiques en comparaison avec la fin de la saison, plus laborieuse. Mieux disposés, ces épisodes auraient consolidés toute la saison.

Seth Rogen joue Matt avec ce qu'il faut de nervosité pour ne pas en faire une caricature : c'est une tête à claques, d'accord, mais qui veut bien faire. Ike Barinholtz est affreusement marrant dans le rôle de Sal. Chase Sui Wonders est une révélation dans le rôle de Quinn. Kathryn Hahn est tout bonnement ébouriffante dans l'épisode 7. Catherine O'Hara et Bryan Cranston (alias Griffin Mill - le même nom que Tim Robbins dans The Player de Robert Altman, autre satire d'Hollywood) sont magistraux.

Quant aux guests, je ne vais pas tous les citer mais en voici quelques-uns parmi les plus notables : Dave Franco, Chris Hemsworth, Anthony Mackie, Martin Scorsese, Ice Cube, Zac Efron, Josh Hutcherson, Johnny Knoxville, Charlize Theron, Adam Scott, Jean Smart, Aaron Sorkin, Quinta Brunson... On sent qu'ils se sont amusée comme des gamins à s'autocaricaturer.

Inégal donc, mais savoureux et même très piquant dans ses meilleurs passages.

lundi 10 août 2026

MEURTRE MODE D'EMPLOI (Saison 2) (Holly Jackson & Poppy Cogan, 2026)

 

Attention ! La critique qui suit contient des spoilers au sujet de
la saison 1 de la série qu'il faut impérativement avoir vue avant
de regarder ces nouveaux épisodes.


Pip enregistre un podcast où elle revient sur son enquête dans l'affaire Andie Bell-Salil Singh mais elle hésite à le mettre en ligne compte tenu des conséquences terribles que cette histoire a eu pour certaines personnes, en particulier sa meilleur amie Cara. Max Hastings est, lui, jugé pour les viols commis sur Becca Bell, qui hésite toujours à témoigner, et Nat da Silva, soutenue par Jamie  Reynolds, le frère ainé de Connor, ami de Pip, qui doit aussi témoigner contre Max. Ravi, le petit ami de Pip, suit un stage dans un prestigieux cabinet d'avocats et Max rencontre la jeune femme pour menacer de le faire renvoyer si elle témoigne contre lui.


Connor demande à Pip de l'aider à retrouver Jamie qui a disparu sans explication. Ne voulant pas s'impliquer dans une nouvelle enquête dont elle craint les retombées, elle s'en remet à l'inspecteur Hawkins, mais celui-ci ne peut rien faire car Jamie est majeur et libre de ses mouvements. Pip se demande si Max n'est pas responsable de cette disparition mais son alibi est vite confirmé par Stanley Forbes, un agent de sécurité du club de golf où il a dit avoir passé la soirée. Connor révèle ensuite à Pip avoir surpris son frère quelques jours plutôt en train de voler de l'argent dans le sac de leur mère et il craint qu'il ait replongé dans la drogue.


Tandis qu'au procès de Max, les témoignages successifs de Becca, Nat et Pip sont invalidés par l'avocat des Hastings, Pip investigue avec Connor et Ravi en abordant Howie Bowers, un dealer ; puis Ruby, une élève que Jamie a prise pour une certaine Layla Mead avec laquelle il était en relation sur un site de rencontres...


Cette saison 2 de A Good Girl's Guide to Murder est la suite directe de la saison 1, il faut donc avoir vu les six premiers épisodes, mis en ligne à partir de 2024, pour ne pas être spoilé avec les six nouveaux mis en ligne depuis Mai 2026. Meurtre Mode d'Emploi est donc bien une trilogie organique dans la mesure où chaque saison dépend de la précédente (la troisième et dernière sera disponible en 2027).


Bon, si vous êtes encore là, c'est que vous savez à quoi vous en tenir. Nous retrouvons donc Pip alors qu'elle enregistre un podcast sur l'affaire Andie Bell-Salil Singh qu'elle a permis de résoudre. Mais la jeune femme, désormais âgée de 18 ans, n'entend pas renouveler l'expérience qui a failli lui coûter la vie et a dévasté l'existence de sa meilleure amie, Cara, dont le père a été condamné pour meurtre.


Même si elle gagné un amoureux en la personne de Ravi Singh, le frère de Salil, Pip est ébranlée par ce qu'elle a accompli et dont elle ne retire aucune satisfaction. Elle se demande même si le jeu en valait la chandelle. Sa seule consolation réside dans le fait que Max Hastings va être jugé pour les viols qu'il a commis sur Becca Bell (la soeur d'Andie) et Nat da Silva.


Mais le procès s'annonce lui aussi pénible et périlleux dans la mesure où les victimes, droguées au Rohypnol, n'ont aucun souvenir précis de l'identité de leur agresseur. Et Pip n'a pas livré à l'avocate des parties civiles un enregistrement compromettant vraiment Max mais facilement invalidable par la défense de ce dernier.

Jamie Reynolds, le frère aîné de Connor, un des amis de Pip, doit aussi témoigner contre Max pour soutenir (et sans doute espérer reconquérir) Nat da Silva. Mais alors où est-il passé quand il ne donne plus signe de vie quelques jours avant de déposer devant la cour de justice ? Connor supplie Pip d'enquêter et elle replonge lorsque la police refuse d'intervenir au prétexte que Jamie est majeur.

Il faut d'entrée noter que sur les six épisodes de cette nouvelle saison, trois ont été directement écrits par Holly Jackson, l'auteur des romans qui ont inspiré la série. Et il semble qu'elle a voulu corriger son texte initial en donnant plus d'importance au procès de Max Hastings. Conséquence immédiate : l'intrigue est coupée en deux parties distinctes, avec Max d'un côté et Jamie de l'autre.

Les deux affaires n'ont rien à voir même si Pip le pense au début, croyant encore une fois à l'implication de Max Hastings. Il a un alibi en béton (enfin... presque, mais ça ne changera rien finalement). Toutefois cette réaction de la jeune femme apparaît comme un symptôme plus profond de son état psychologique comme tout le reste de la saison va s'employer à le montrer.

Pip ne va pas bien : elle a certes résolu une affaire mais cela a bouleversé ses proches, en particulier sa meilleure amie Cara, dont le père est désormais en prison. Cara se met à sécher les cours, à picoler et se droguer, et, ivre morte et défoncée, elle balance à Pip qu'elle a tout gâché en lui enlevant son père, qu'elle a solutionné l'affaire Bell-Singh d'abord pour être reconnue comme détective.

La possibilité que Max s'en sorte par ailleurs provoque chez Pip des crises d'anxiété où elle ne peut plus respirer. Ravi a beau être là pour elle comme ses parents, elle les repousse, culpabilisant de les entraîner dans son malaise. Pour ne rien arranger, enfin, son autre meilleure amie, Lauren, se met à fréquenter Robin Hastings, le cousin de Max, apparemment moins pourri mais qu'elle n'arrive pas à supporter.

Les scènes de procès sont excellentes, d'une intensité remarquable, soulignant l'impunité dont profite Max mais aussi la difficulté pour les victimes de viols à être reconnues, à faire entendre leur voix, à être crues. La révolte de Pip face à cela renforce l'empathie du spectateur à son égard tout en montrant l'ambivalence de son attitude quand elle songe moins à investiguer qu'à se venger.

Ce qui est sûr, c'est que la troisième et dernière saison verra certainement un affrontement final au sommet entre Pip et Max. Sera-t-elle accompagnée d'une enquête parallèle comme les saisons 1 et 2 ? Je ne dirais pas que c'est à craindre, mais il serait tout de même préférable que la série veille à ne pas trop se disperser.

En effet, les recherches pour retrouver Jamie sont tortueuses à souhait, ménageant leur lot de fausses pistes et de rebondissements dramatiques, pour aboutir à un dénouement efficace. Toutefois, sans trop en dire non plus, j'ai eu très vite des soupçons par rapport à un nouveau personnage introduit dès le début de manière trop insistante pour qu'on ne devine pas qu'il allait jouer un rôle décisif.

D'une certaine manière, le cas Max Hastings vole la vedette à celui de Jamie Reynolds. Pourtant les deux hommes sont liés (Jamie devant témoigner lors du procès de Max), mais ensuite, c'est comme si les scénaristes, Holly Jackson la première, l'avaient oublié. C'est dommage, même si l'histoire reste accrocheuse et qu'on ne s'ennuie jamais (on n'a pas le temps avec 6 épisodes de 40' chacun).

Cette saison est en tout cas plus sombre et encore plus traumatisante pour Pip. On la quitte dans un sale état, même si Ravi est toujours là et que Cara, autre personnage trop négligé sur ces six chapitres, est revenue auprès d'elle. Pip a du ressort et nul doute qu'elle saura se remettre en selle pour la saison 3, mais il est impossible que les auteurs ne tiennent pas compte de ce qu'elle a traversé.

Malgré encore une fois une réalisation assez plate, la série peut compter sur un casting impeccable et plus resserré. Asha Banks a donc moins à jouer mais à chaque fois qu'elle en a l'occasion, elle prouve son talent. Zain Iqbal est un peu en-dessous, à cause d'une écriture un peu effacée qui n'exploite pas assez l'évolution de sa relation avec Pip. Henry Ashton est magistral en fils à papa friqué et odieux.

Encore une fois Emma Myers est fabuleuse : américaine, elle réussit à prendre l'accent britannique de manière confondante. Sa partition est exigeante et jamais elle n'en rajoute : on peut évidemment sourire du fait qu'une fille de 18 ans (Myers en a 24) résolve de pareils mystères de façon aussi intrépide, mais l'actrice fait tout passer avec une aisance redoutable.

Il va falloir maintenant être patient pour voir la saison 3 mais Meurtre mode d'emploi contredit la règle de Netflix qui veut que les séries de la plateforme faiblissent à mesure qu'elles se développent.

samedi 8 août 2026

QUEEN IN BLACK #2 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)

 

Hela expose son plan pour conquérir la Terre avec son armée de symbiotes possédant des races extraterrestres connues pour leurs capacités guerrières. Cable et Iron Man débattent de la meilleure stratégie pour s'en tirer et le mutant est adepte de la méthode la plus expéditive. Dylan Brock n'obéit pas aux consignes de ses partenaires et cela va lui coûter cher contre Marvel Boy... 


Observez cette double page ci-dessus : elle apparaît lors de la scène d'ouverture de cet épisode et montre Wolverine fondre sur symbiote mais la réalité est altérée et le griffu passe par plusieurs états (homme des cavernes, personnage de cartoon, monstre...). Pour venir à bout de la créature, il faudra qu'il soit électrocuté par Tornade car le symbiote n'y résistera pas mais Logan, si.


Nous sommes d'accord pour dire que c'est une scène de combat idiote, flirtant avec la parodie. Mais c'est assez drôle et c'est ce qu'aurait pu (dû ?) être Queen in Black si Al Ewing avait osé (ou s'il n'avait pas un editor qui le supervise et l'empêche de trop déconner). Un event marrant, voilà qui aurait changé, qui aurait été audacieux...


Mais, bien entendu, ce n'est pas le cas. Passée cette entrée en matière, la routine reprend ses droits et on a droit à de l'action beaucoup plus sérieuse, pompeuse même, avec un maximum de dégâts matériels, de choix stratégiques absurdes, de personnages qui font n'importe quoi et qui, logiquement, en paient le prix tout en compromettant les chances de leurs amis dans ce conflit.


Cette bêtise a au moins un avantage : elle rend la menace incarnée par Hela, désormais reine des symbiotes, vraiment dangereuse et consistante. Une autre scène la voit exposer son plan comme un méchant sorti d'un James Bond - un plan par ailleurs très banal, consistant à prendre le contrôle de la Terre et puis de Midgard, tout en veillant à avoir un atout dans la manche qui éliminera Knull.

Knull brille, si j'ose dire, par son absence. Il n'apparaît pas une seule fois dans ce numéro d'un event où il est quand même l'autre méchant de l'histoire. Al Ewing traite vraiment tout ça avec désinvolture, comme si quelqu'un lui soufflait à l'oreille les figures imposées par l'exercice. C'est triste mais, hé, c'est Marvel et l'éditeur a de toute façon déjà substantiellement spoilé les conséquences de cette histoire.

La scène avec Hela est la plus dialogué de l'épisode avec celle où Iron Man (dans une armure Knullbuster) discute stratégie avec Cable. Il est fait mention des tie-in (pour ceux qui ont vraiment du blé à claquer et du temps à perdre) et d'un plan B expéditif qui aura des chances d'être exploité (sinon, pourquoi le mentionner ?).

Le reste, c'est de la baston avec des super héros qui semblent faire un concours pour être élu celui qui prendra la plus mauvaise décision. A ce jeu, Dylan Brock alias Toxin alias Captain Spider (sic) n'a pas de mal à se distinguer et prouve à quel point il est une tête à claques méritant de périr dans des conditions atroces. Je sais, c'est méchant, mais franchement, il est insupportable.

Le piège tendu aux héros et donc à Dylan est tellement prévisible qu'il est ahurissant que seul le lecteur le voit venir. Si Queen in Black avait été traité comme une comédie, cela aurait été le prétexte à une bonne blague. Hélas ! ni Al Ewing ni Marvel n'ont franchi cette limite. Parfois, plus c'est con, plus c'est bon. Ici, c'est simplement con.

Iban Coello a encore une fois manqué une occasion de faire correctement ses devoirs puisqu'il est secondé par Paco Medina. A ce stade, c'est juste du foutage de gueule, et c'est même assez insultant pour Medina (qui sera aussi là pour le #3). Coello et Medina ayant des styles pas trop différents, le résultat ne jure pas, mais enfin, ce n'est pas sérieux.

Quand ça se bastonne donc, on a droit à des planches toniques, c'est déjà ça. Mais Marvel doit régler ce problème de dessinateur pour ses events : soit l'éditeur est honnête avec ses lecteurs et annonce dès le début qu'il y a deux artistes, soit il fait bosser l'artiste cité dans les sollicitations avec assez d'avance pour qu'il réalise tous les épisodes.

Allez, rendez-vous dans quinze jours pour l'antépénultième chapitre de cette formidable saga (je plaisante !)...

CHACHU #1 (of 5) (Iman Vellani / Marianna Ignazzi)


1979, Californie. Leila, une jeune pakistano-canadienne, retrouve son oncle (son "chachu") qui a refait sa vie avec une starlette, Cleo Chandler. Celle-ci part de chez lui un matin et le soir-même, Cyril, son manager, vient chez Chachu pour savoir où elle est passée...


A 24 ans, Iman Vellani démarre donc une carrière de scénariste de comics. Mais est-ce si étonnant ? Contrairement à beaucoup d'actrices qui associent leur nom à des bandes dessinées pour s'attirer les bonnes grâces des geeks, Vellani a prouvé, en tournant dans la série Ms. Marvel puis dans le film The Marvels, qu'elle était une authentique fan et une fine connaisseuse du média.


Ce n'est d'ailleurs pas dans le giron de Marvel que Vellani fait ses débuts mais chez Image (Marvel n'ayant plus fait appel à ses services après n'avoir pas renouvelé Ms. Marvel pour une saison 2, et le studio ayant décidé d'arrêter les frais sur les séries du MCU sur Disney+). C'est donc une création originale, dont elle a les droits avec sa dessinatrice.


Chachu (l'oncle en hindi) suit donc Leila, une jeune femme de 19 ans, d'origine pakistanaise résidant au Canada, qui retrouve son tonton en Californie. Dans sa famille, chacun a son avis sur la raison pour laquelle cet ancien détective privé a préféré migrer sur la Côte Ouest mais Leila semble moins intéressé par le pourquoi que par le comment devenir à son tour une investigatrice.


Elle va vite trouver le moyen de faire ses preuves puisque Cleo Chandler, la starlette à laquelle s'est uni son oncle, disparaît sans dire où elle va et que son manager la cherche partout et soupçonne Chachu de la couvrir. Cleo a rejoint Las Vegas où elle croise la route de l'acteur Neil Newman qui intervient après qu'elle se soit faite dépouiller de sa bague de mariage et de sa voiture.

Ce qui frappe dans ce premier épisode (sur les cinq que comptera cette mini), c'est l'énergie qu'on trouvait déjà chez Vellani lorsqu'elle se prêtait au jeu des interviews en tant qu'actrice : la narration est vive, pleine d'esprit. C'est parfois un peu bavard avec la voix off, comme si la jeune scénariste brûlait de montrer de quoi elle est capable, mais éminemment sympathique.

En situant son récit à la fin des années 70 (soit bien avant qu'elle ne soit née), on devine aussi que Vellani rend un hommage à un genre de fictions qu'elle doit adorer, le néo-noir et le road movie, avec la disparition de Cleo et le départ pour Las Vegas de Leila et son oncle. On n'éprouve aucune difficulté à être accroché par cet épisode et son intrigue.

Au dessin, Marianna Ignazzi a enfin l'occasion de prouver qu'elle vaut mieux que ses prestations ratées chez DC (notamment sur Catwoman). Là, on sent qu'elle a disposé de plus de temps, signant d'ailleurs aussi al couverture, et son style assume l'influence de Chris Samnee. C'est donc très élégant, très expressif, avec même quelques belles inventions graphiques.

Et puis, pour ne rien gâcher, Chachu profite de la colorisation experte de Jordie Bellaire. Tout de suite, l'affaire a un cachet indéniable, avec de belles ambiances nuancées, respectant le trait de Ignazzi et soulignant les ambitions de Vellani.

Les lecteurs ont été au rendez-vous puisque ce n° est déjà sold-out et en route pour un deuxième tirage. De bon augure pour Iman Vellani qui peut envisager une reconversion dans l'écriture (même si j'aimerai bien la revoir jouer, Ms. Marvel ou autre chose, pour son style si pétillant).

vendredi 7 août 2026

MARC SPECTOR : MOON KNIGHT #7 (Jed MacKay / Devmalya Pramanik)


Dans la voiture de Ghost Rider, les Midnight Sons déboulent dans le Manoir Vorace pour libérer les amis de Moon Knight. Leur arrivée attire évidemment l'attention du dragon Ginnar qui désormais ne fait qu'un avec le bâtiment. Mais les partenaires de Moon Knight ignorent en réalité pourquoi ils ont été choisis pour cette mission spécifique...


C'est devenu assez rare pour être noté mais cette semaine, je n'ai acheté aucun comic book DC. Non pas que je boude l'éditeur, mais je dois dire que Marvel propose des mensuels soient affreusement mauvais, soient terriblement bons. Et Marc Spector : Moon Knight fait évidemment partie de la seconde catégorie. Et si c'était même la meilleure série mensuelle actuelle chez Marvel ?
 

Je ne saurai l'affirmer (pour ça, il faudrait que je lise tout ce que sort l'éditeur) mais il faut avouer que c'est un titre qui sort vraiment du lot, tous éditeurs confondus. Quand je lis un épisode de cette série, je remonte le temps, quand Marvel sortait des choses insensées comme Hawkeye par Fraction/Aja, Daredevil par Waid/Samnee, Mighty Thor par Aaron/Dauterman, ou X-Men par Hickman and Co.


C'est-à-dire qu'on se trouve à suivre quelque chose qui semble échapper aux codes même d'un mensuel Marvel, quasiment un produit de contrebande. C'est fort comme un alcool, original comme peut l'être un morceau de musique. C'est... Autre chose. C'est surtout le fruit des efforts d'un scénariste habité et d'un artiste déchaîné qui s'émulent l'un l'autre.


Voyez cet épisode 7 : qu'y lit-on ? Une bande de super héros pénétrent en force dans une maison hantée et combattent un dragon. C'est spectaculaire, mais est-ce si original ? Oui si l'on considère que les héros en question sont Moon Knight, Daredevil, Blade plus Ghost Rider et Clea Strange et que le dragon fait corps avec la maison, donc qu'il est en bois et crache des clous !

L'affrontement défie l'entendement et bien sûr sans Devamya Pramanik pour le dessiner, ça n'aurait pas la même puissance visuelle, la même intensité dramatique. Les planches de cet artiste sont toujours phénoménales, je dis chaque à chaque fois, mais c'est la vérité. Vous ne verrez aucun comic book dessiné de cette manière.

A part Hayden Sherman, c'est le seul dessinateur actuel à découper les scènes avec une telle inventivité et une telle régularité dans la virtuosité. Les cases prennent les formes les plus inattendus et les plus graphiques, chaque trait est pensé pour être le plus précis et affuté possible, chaque attitude de chaque personnage est conçue pour le représenter de la manière la plus élégante et la plus percutante.

Il y a en particulier un moment où Moon Knight laisse Daredevil chevaucher le dragon pour le neutraliser qui est si merveilleusement mise en scène qu'on ne peut être que saisi par la beauté du dessin, la grâce des mouvements décrits, et le résultat général est sidérant, proche de la gravure. Ajoutez-y les couleurs, splendides, de Rachelle Rosenberg et vous serez K.O. debout.

Mais il ne faut pas oublier Jed MacKay qui a fait de Moon Knight ce que Fraction avait fait avec Hawkeye : il est maintenant impossible de voir le personnage comme un simple double de Batman ou comme ce justicier souffrant de dédoublement de la personnalité. Il en a fait un héros charismatique, complexe, fascinant.

A la tête des Midnight Sons, il en fait aussi un individu suprêmement ambivalent puisqu'on découvre à la fin de l'épisode pourquoi il a caché à ses alliés la raison pour laquelle il les avait choisis eux et pas d'autres, pourquoi pas d'autres héros plus puissants, plus experts en arts occultes. Voilà un twist imprévisible et particulièrement retors, imaginé par un auteur qui s'éclate et qui maîtrise son histoire.

Pour toutes ces raisons (un artiste irréellement bon, un scénariste qui se lâche tout en étant maître à bord), Marc Spector : Moon Knight est encore une fois, ce mois-ci, impressionnant. Et, parti comme c'est, ce n'est pas prés de s'arrêter.

RED ROOTS #4 (Lorenzo de Felici)


Dante, revenu du champ de bataille, et Kate font la connaissance d'une autre humaine, Itsari, qui leur fait faire le tour du Barrage, la cité où ils se trouvent. Elle leur explique que ses habitants ont été décimés par les Muets mais que les Racines Rouges peuvent ramener les morts à vie. Depuis c'est la guerre entre les deux clans pour conserver ce territoire...


Red Roots serait-elle finalement une mini série ? En tout cas, il n'y a pas de nouvel épisode annoncé après le cinquième qui paraîtra le mois prochain (en même temps que le TPB). Si tel est le cas, on comprend parfaitement pourquoi Lorenzo de Felici profite de ce numéro pour, enfin, éclairer notre lanterne sur l'étrange décor de sa série, son passé et son présent.
 

Jusqu'alors on ne savait pas trop où on était et pourquoi, sinon qu'une guerre sans fin opposait les habitants d'une cité à une meute de guerriers sanguinaires au fond d'un puits, comme on l'a vu dans le précédent épisode. Mais cette fois, Kate et Dante rencontrent quelqu'un en mesure de les renseigner et justifier, au moins en partie, leur présence.


La cité en question s'appelle le Barrage et ce nom ne doit rien au hasard puisqu'il signifie littéralement le dernier rempart contre la meute qu'on a vue à l'oeuvre le mois dernier. Cette meute est formée par les Muets, des guerriers silencieux qui ont autrefois décimé tous les habitants de la ville, mais l'endroit est aussi là où est la Mère des Racines, une espèce d'arbre rouge aux pouvoirs incroyables.


Les Racines Rouges du titre choisissent ceux qu'elles veulent entraîner ici, dans ce monde, pour participer au combat contre les Muets. La formation militaire de Dante en fait donc une recrue évidente, mais quid de Kate, l'institutrice, professeur de biologie ? Même le géant Grit aimerait bien savoir pourquoi elle a été choisie...

Lorenzo de Felici fournit de nombreuses explications et le lecteur l'en remercie, qui peut à présent mieux apprécier l'univers qu'il a mis en place. Et cet univers a du potentiel comme son intrigue, ce qui rendrait le projet frustrant s'il était limité à une mini série. Toutefois c'était aussi ce que je pensais lorsque j'avais lu Kroma du même auteur et déjà il avait su conclure en beauté un récit qui aurait plus être développé sur le long cours.

Scénariste très original, aux inspirations très différentes de celles de Robert Kirkman avec lequel il a collaboré sur Oblivion Song et Void Rivals (et récemment sur un one-shot Rom, dont Kirkman a récupéré les droits pour l'intégrer à son Energon Universe), de Felici sait établir un cadre et des personnages captivants, à la croisée de plusieurs genres (fantasy, thriller, récit de guerre...).

Comme artiste, cet épisode prouve que de Felici n'a rien perdu de son talent. Parfois, c'est évident, il sacrifie des plans, mais il compense largement un petit manque d'effort sur d'autres, plus nombreuses, planches, avec notamment la représentation du Barrage ou de la Mère des Racines (magnifique double page).

Peut-être que le défaut de finitions à certains endroits est aussi dû au fait que de Felici assure lui-même (comme pour Kroma) la colorisation. Red Roots est l'oeuvre totale (exceptée pour le lettrage, confié à Rus Wooton) d'un seul homme, avec une vision claire, précise, de ce qu'il veut produire et proposer au lecteur.

Le résultat me plait énormément et, même si c'est sûrement la fin, j'ai hâte d'avoir le prochain numéro en mains pour connaître la suite de Red Roots (qui devrait être traduit, en toute logique, comme Kroma, par Delcourt, dans les prochains mois, voire début 2027).

jeudi 6 août 2026

IRON MAN #8 (Joshua Williamson / Carmen Carnero)


Tony Stark confie à Rhodey ses élèves et se rend au siège de Stark Industries pour une réunion avec Pepper Potts puis un dîner avec Luna Lucia qui lui présente son fils, Hugo. C'est alors que surgit Whiplash...


Avec ce huitième épisode débute donc le deuxième arc narratif de la série Iron Man relancée par Joshua Williamson. Si le scénariste, très inspiré sur Superman, n'avait pas fait d'étincelles sur ses cinq premiers numéros, il est désormais évident qu'il est aux commandes du titre pour un moment (au moins jusqu'au n° Legacy 700 en Avril 2026) et qu'il a un plan sur le long terme.


A la fin du premier arc, Tony Stark a vu un jeune savant qu'il avait récompensé mourir lors de son combat contre Madame Masque et le Fixer. Ce qu'il ignore, c'est que Adam Ware, ce scientifique, n'est pas mort mais qu'il est devenu une sorte de cyborg désireux de se venger et l'allié de Madame Masque qui, elle, veut prendre le contrôle de l'A.I.M..


Ce rappel des faits est essentiel à l'heure d'entamer une nouvelle histoire puisque, pour accomplir son plan de conquête, Madame Masque et Ware doivent occuper Iron Man afin qu'il cesse de les contrarier. C'est ainsi qu'entre en scène Whiplash alias Anton Venko qui doit jouer le rôle de leurre vis-à-vis d'Iron Man. A moins qu'il ait accepté le contrat pour satisfaire un désir de vengeance plus radical...


Williamson ne s'arrête pas en si bon chemin puisque, dans cet épisode, on revoit Citizen V et le scénariste entretient le mystère depuis le début sur l'identité de celui qui se cache derrière le masque de ce personnage. Toutefois, lors d'un bref échange entre V et Pepper Potts, on apprend que celle-ci ne tient pas à ce que Tony Stark la voit en sa compagnie...

Cela signifie non seulement que Pepper sait qui est V mais qu'ils se connaissent étroitement et ont des objectifs communs. Lesquels ? Cela reste à définir, mais voilà une pièce dans la machine qui donne envie d'en savoir plus. Le procédé est simple mais efficace. Tout comme le cliffhanger de l'épisode qui voit Whiplash accompagné d'un complice...

Après le Fantôme dans l'épisode 6, Madame Masque depuis le début de la relance de la série, Williamson semble parti pour utiliser des ennemis classiques d'Iron Man en ménageant des twists accrocheurs. Et j'avoue que ça me fait plaisir car on a affaire à de vrais méchants, qui ne s'excusent pas d'en être, et qui sont familiers tout en étant surprenants.

Carmen Carnero fait elle aussi son grand retour sur la série et c'est assez important pour que ce soit indiqué sur la couverture ! Ce n'est pas si fréquent qu'un éditeur (que ce soit Marvel ou DC) mette autant en avant un artiste, d'autant plus que Carnero, sans lui faire offense, ce n'est tout de même pas Dan Mora ou Pepe Larraz. Mais visiblement on compte sur elle pour fidéliser le lecteur.

Ce n'est que justice car, après avoir dû faire un break suite à une blessure à la main, elle revient en pleine possession de ses moyens, avec cet épisode bourré d'action, où son sens du découpage fait merveille. Pour que mon bonheur soit complet, il faudrait juste qu'elle améliore le design de l'armure d'Iron Man que je trouve un peu faiblard.

Bien entendu, le fidèle Nolan Woodard est là aux couleurs et accompagne toujours aussi parfaitement le trait de Carnero, mais aussi le look général de la série, lumineux, voire solaire. Et ça aussi, ça fait du bien.

Bref, c'est bien (re)parti !