UNCANNY X-MEN, VOL. 2 : THE DARK ARTERY
(Uncanny X-Men #9-16)
- #9-10 : OFF THE LEASH (Gail Simone / Andrei Bressan) - Larry Trask a mis au point de nouvelles sentinelles à l'apparence d'une meute de loups robotiques. Elle est lâchée dans un centre commercial où les Outliers se trouvent. Deathdream est gravement blessé. Wolverine, Diablo et Jubilé secourent leurs protégés...
Ce deuxième tome est composé d'histoires courtes, à l'exception de l'arc qui donne lui donne son titre et qui compte quatre épisodes. Gail Simone tente de profiter de cette construction dans un premier temps pour donner plus de consistance aux Outliers, ces quatre jeunes mutants qu'ont recueilli les Uncanny X-Men dans un récit en deux parties.
Le résultat n'est guère concluant. Mais à qui la faute ? Les Outliers ont du mal à exister et à être attachants : leurs pouvoirs sont difficilement explicables, leur design peu ouvragé, et on plutôt le sentiment que la scénariste les a créés pour signifier son apport à la série (et à la mythologie mutante du coup) à défaut d'avoir été franchement inspirée pour en faire des personnages originaux et marquants.
Comme je l'ai déjà dit, Simone aurait pu s'en passer en utilisant de jeunes mutants déjà existant et négligés, ce n'est pas ce qui manque, et il y en a tellement de plus intéressant que Calico, Jitter, Ransom et Deathdream. Par ailleurs, wokiste assumée, la scénariste ne peut s'empêcher de faire des deux filles (Calico et Jitter) des lesbiennes, de Ransom un sud-américain à la peau noire et de Deathdream un japonais : tous les quotas sont remplis, n'en jetez plus !
Parce qu'on se fiche d'eux, on se fiche forcément de ce qui peut leur arriver, comme quand Calico a été capturée en même temps que Jubilé précédemment, ou que le groupe doit faire face à une meute de loups robotiques. Simone joue avec le sort réservé à Deathdream à deux reprises dans ce tome, comme si elle promettait quelque chose au lecteur sans se résoudre à aller au bout de son idée.
Pour ne rien arranger, David Marquez et Javier Garron occupés ailleurs, ces deux épisodes sont illustrés par Andrei Bressan qui, sans être dénué de talent, semble avoir réalisé ses planches à l'arrache, sans grand soin. Le résultat laisse à désirer, comme si l'artiste n'était guère impliqué dans ce travail de commande.
- #11 : X-MANHUNT, CHAPTER ONE : ECHOES OF MADNESS (Gail Simone / Javier Garron) - Xandra, l'impératrice Shi'ar et fille de Charles Xavier, est capturée par des rebelles qui ne reconnaissent pas son autorité. Avec l'aide de Sarah Gaunt, Xavier s'évade de Graymalkin alors que le Dr. Ellis a appelé les Uncanny X-Men à l'aide pour l'en empêcher...
X-Manhunt est le deuxième crossover initié par l'editor Tom Brevoort, mais cette fois, il a vu les choses en grand et a imposé à ses auteurs que l'histoire traverse toutes les séries X du moment. Pour lire tout ça, il faut donc avoir acheté dans l'ordre Uncanny X-Men #11, NYX #9, Storm #6, X-Men #13, X-Factor #8, Exceptional X-Men #7, X-Force #9 et enfin X-Manhunt Omega #1.
Gail Simone a l'insigne honneur de lancer cette saga et en vérité on peut s'en contenter car l'objectif de l'affaire, c'est de délivrer Charles Xavier de Graymalkin et, disons-le, de s'en débarrasser puisqu'il est à nouveau devenu indésirable auprès des mutants. Donc, sa fille Xandra, devenue impératrice des shi'ar, est capturée par des rebelles qui lui reproche d'être mi-humaine, mi-Shi'ar, et il vole à son secours.
Fallait-il 8 épisodes pour raconter ça ? J'en doute. Mais si ça se trouve, pourquoi pas ? Je n'ai pas lu X-Manhunt en totalité, donc je ne vais pas juger. Ce qui me semble certain en tout cas, c'est qu'on finira par revoir et réhabiliter Charles Xavier, comme c'est la coutume. Le bon vieux professeur est quand même, avec Magneto, le mentor de la mutanité.
En attendant, il va passer quelque temps dans l'espace, aux côtés de sa chère Lilandra Neramani et de leur fille. Et si ça se trouve, ce seront les X-Men qui iront le rechercher pour lui demander de reprendre sa place de leader... C'est comme ça depuis un bail : "je t'aime... Moi non plus", comme chantait Gainsbourg avec Jane Birkin (ou Brigitte Bardot, selon vos préférences).
Javier Garron signe à cette occasion son dernier épisode d'Uncanny X-Men. Il s'en acquitte avec son talent habituel et je regrette encore une fois que Brevoort ne l'ait pas gardé sur la série en alternance avec Marquez.
Un petit intermède done-in-one avec ce douzième numéro qui montre Gambit dans sa jeunesse et aujourd'hui aux prises avec The Vig, un mutant appartenant comme lui à la Guilde des Voleurs et dont il est redevable de l'avoir formé. Mais Rémy Lebeau décide cette fois de régler cette dette une bonne fois pour toute.
Gail Simone, depuis le début de son run, a deux chouchous affichés et c'est le couple Malicia-Gambit. Elle consacre donc un épisode entier au cajun en réussissant l'exploit de n'avoir rien à dire d'original sur son compte. C'est vraiment un script qui aurait pu être rédigé par une IA tellement c'est creux et inutile, sans âme.
Un peu à l'image de la prestation de Gavin Guidry au dessin. S'il réussit une jolie scène de combat entre Gambit et the Vig, le reste est très quelconque. Guidry a du potentiel, mais il peine à l'exprimer et on a l'impression qu'il lui manque quelque chose, qu'un encreur certainement pourrait lui apporter ou beaucoup de travail : ce qu'on pourrait appeler de la substance, de la consistance.
- #13-16 : THE DARK ARTERY (Gail Simone / David Marquez, Luciano Vecchio) - Le dragon Sadurang rend une visite à Gambit pour lui révéler une chose importante à propos de l'Oeil d'Agamatto qu'il lui a volé... Cependant, les Outliers, menés par Deathdream s'aventurent jusqu'à une crypte dans le bayou où les attend Henrietta Benjamin, gardienne de l'endroit avec Man-Thing.
Elle se cherche un remplaçant après avoir emprisonné là, dans la Pénombre, des humains qui, depuis un siècle, ont persécuté les mutants... Lorsque Gambit s'aperçoit de l'absence des jeunes mutants, il part, avec Malicia, Jubilé, Diablo et Wolverine, à leur recherche...
Et enfin, on arrive au plat de résistance avec cet arc narratif en quatre chapitres. la franchise X est tellement riche que les auteurs qui en héritent ont deux options : soit ils composent avec ce qu'elle comporte déjà, soit ils cherchent à y apporter de nouvelles idées, quitte évidemment à ce qu'elles ne rivalisent pas avec les anciennes.
Gail Simone est, cet égard, comme Tom Taylor, avec lequel elle est amie d'ailleurs, et donc elle aime contribuer à enrichir le matériau de base dont elle s'occupe, au risque d'inventer des personnages, des situations, des intrigues bien moins fortes que celles de ses prédécesseurs. C'est un peu ce qui se produit ici avec The Dark Artery.
Elle commence par nous présenter Henrietta Benjamin, une mutante afro-américaine de la fin du XIXème-début du XXème siècle. Elle quitte Chicago pour Haven en Louisiane, là où habitent actuellement les Uncanny X-Men. La jeune femme est belle, élégamment vêtue, on devine qu'elle jouit d'une bonne place dans la société, ce qui intrigue quand on sait comment les noirs américains se situaient encore à cette époque.
Pendant un moment, on ignore le but de son voyage et quel rapport entre son histoire et celle des Uncanny X-Men. Simone alterne les scènes du passé et du présent, et ces dernières sont plus accrocheuses, plus riches en révélations. Notamment concernant Gambit et l'Oeil d'Agamotto qu'il a subtilisé au dragon Sadurang dans le premier épisode de la série.
La scénariste introduit à cette occasion un élément dramatique amené à être exploité dans le futur, mais je ne vais pas vous le spoiler car j'ignore où en est la parution de ces épisodes en vf. Ensuite, on suit les Outliers qui, à l'initiative de Deathdream, s'aventurent dans le bayou à la découverte d'une crypte bien sinistre où les attend Man-Thing et... Henrietta Benjamin.
Celle-ci n'a pas vieilli bien que son apparence ait changé sensiblement à cause de ses pouvoirs. Simone nous raconte alors une histoire de remplacement de gardien d'une espèce de dimension appelée la Pénombre et on comprend que l'un des Outliers, certainement Deathdream, est l'élu. Mais évidemment, ses amis refusent qu'il se sacrifie pour cette besogne.
Et évidemment quand les Uncanny X-Men s'aperçoivent que les jeunes sont absents, ils partent les chercher... Ce n'est pas désagréable à suivre, mais il y a un problème. Déjà dans les deux premiers épisodes de ce tome, Simone semblait vouloir réserver un sort particulier à Deathdream, et elle y revient avec cette histoire de Pénombre et de gardien.
Le souci, c'est que Simone, même si elle échoue assez lamentablement à rendre ces Outliers intéressants, ne se résout pas non plus à les lâcher, ne serait-ce qu'un. Elle fait comme si, mais en fait elle n'en a pas l'intention. A moins que Deathdream soit devenu votre personnage préféré, peu de chance que les manoeuvres de la scénariste vous fassent vibrer donc.
Bref, sans trop en dire non plus, à la fin de cette histoire, rien n'a bougé. Et il y a ce côté "tout ça pour ça" qui domine. Si le travail d'un auteur se résume à mener son lectorat par le bout du nez mais sans lui donner au bout du compte, alors Gail Simone est une championne de l'exercice car la vérité est qu'on peut très bien ignorer la totalité de cette histoire sans que cela gêne la lecture de ce qui la suit.
Excepté ce que révèle Sadurang à Gambit, il n'y a rien strictement rien à retenir de ces quatre épisodes. A la fin, tout le monde rentre à la maison, comme si rien ne s'était passé, et ça m'étonnerait fort que même Simone revienne sur la petite escapade des Outliers et des Uncanny X-Men dans la Pénombre. C'est à l'image du tome tout entier qui ressemble à une collection d'épisodes de remplissage sans conséquence.
Au dessin David Marquez est excellent, même si sur le #16 il tire la langue et doit recevoir le renfort de Luciano Vecchio (qui paraît y avoir gagné le poste de deuxième artiste de la série depuis). Marquez est parfait dans les scènes d'action et sait transcrire l'ambiance lugubre du périple des Outliers. Vecchio a un trait plus lisse, avec moins de caractère.
Ce tome 2 de Uncanny X-Men n'est donc pas très bon, en tout cas moins que le premier. Pris entre des histoires brèves et sans consistance, l'amorce d'un crossover qui laisse indifférent, et un arc plus conséquent mais sans répercussions, le lecteur a du mal à se passionner. Le troisième volume rectifiera--il le tir ?














































