dimanche 19 avril 2026

GREEN LANTERN / GREEN LANTERN CORPS : THE STARBREAKER SUPREMACY (Jeremy Adams, Morgan Hampton / Xermanico, Fernando Pasarin, V. Ken Marion)


GREEN LANTERN / GREEN LANTERN CORPS : THE STARBREAKER SUPREMACY
(Green Lantern #25-27 + Green Lantern Corps #7-9)


Pour recharger la batteri centrale sur Oa, Hal Jordan, Carol Ferris, Guy Gardner et Kilowog se rendent sur Gemworld afin que la princesse Amethyst leur donne deux cristaux amplificateurs. Mais Starbreaker et son armée surgissent avec Sorrow (Nathan Broome) et leur en dérobent un. Starbreaker réussit ainsi à allumer sa lanterne grise le premier et supprime les émotions dans tout l'univers.


Tandis que Starbreaker et ses troupes ravagent des planètes dont les habitants privés d'émotion sont incapables de réagir, sur Oa seuls Aya et Jadestone, deux androïdes immunisés contre ce mal, tentent de trouver un moyen de renverser la situation. Avec l'anneau de John Stewart, ils convainquent un groupe de Lanterns de gagner le Mur Source où sont retenues les émotions primordiales.
 

Mais ces entités tentent de manipuler les Lanterns pour s'échapper. Hal Jordan le devine et passe un marché avec elles : elles seront libres si elles aident Oa à vaincre Starbreaker et son armée. Cela suffira-t-il ? Et les Entités respecteront-t-elles ce deal ?


Sortie dans la foulée du tome 5 de Green Lantern, The Starbreaker Supremacy est un crossover en six parties des séries Green Lantern et Green Lantern Corps. L'intrigue conçue par Jeremy Adams et co-écrite avec Morgan Hampton mobilise donc énormément de personnages, à tel point que par son casting et son envergure dramatique DC aurait pu décider d'en faire un event.


C'est presque (presque !) un regret d'ailleurs car, dès la fin du premier chapitre, on découvre que l'extinction des émotions ne touche pas que les Lanterns mais bien tout l'univers, Terre comprise et donc les héros et vilains qui s'y trouvent. A cet égard, il y avait là matière à une saga globale, tout aussi, sinon plus, légitime que certains events récents (cf. Knights Terror, voire Absolute Power).


Mais bon, on ne va pas non plus reprocher à DC et Jeremy Adams d'avoir contenu cette histoire à deux séries car le résultat reste épique, dense, et convaincant. D'une certaine manière, cela rappelle l'époque où Geoff Johns et Peter J. Tomasi s'occupaient des titres Green Lantern et Green Lantern Corps avec un premier crossover (Sinestro Corps War) qui allait préparer le terrain pour l'event Blackest Night.

L'autre grand mérite de ce crossover, c'est la simplicité de son argument : Starbreaker réussit donc à priver l'univers d'émotions et à libérer du même coup les Sun-Eaters, une armée capable de ravager des planètes pour les dominer sans que la population n'oppose de résistance (puisqu'elle est amorphe). Sans héros pour les contrarier, quel espoir ?

A partir de là, le récit déploie ses ailes sur un rythme soutenu. On pourra déplorer qu'en cours de route Adams ait cru bon d'inclure le retour d'un autre vilain qui fera des siennes dans un futur proche : ça alourdit le propos inutilement et ça aurait pu attendre. Un autre point m'a un peu chiffonné concernant le rôle de John Stewart, donc on aurait pu penser que Adams et Hampton allait lui donner plus d'impact (alors que c'est traité un peu par-dessus la jambe).

Je suis aussi dans l'expectative de ce que Adams compte faire de Dan Garrett/Blue Beetle I qu'il a ressorti dans le tome 5 et dont on pouvait espérer qu'il soit plus présent ici, or il n'en est rien. D'ailleurs c'est la même chose pour Connor Kent/Superboy et Odyssey, trop en retrait alors qu'ils auraient été des renforts non négligeables dans cette bataille.

Ces réserves écartées, on passe un très bon moment et le crossover se savoure comme une réunion au sommet entre les deux séries avec un vrai bon adversaire au menu. Les scénaristes donnent à leurs personnages l'occasion de briller, ce n'est pas seulement Hal Jordan et les autres Lanterns mais bien un collectif qui est sollicité.

Visuellement, on est tout aussi gâté : Xermanico dessine les épisodes 7 et 9 de Green Lantern et livre des planches absolument splendides, rehaussées par les couleurs luxuriantes de Romulo Fajardo. Il est toutefois, hélas ! remplacé par l'abominable V. Ken Marion sur le #8, mais je pense que c'était inévitable puisqu'il a participé à DC K.O. et qu'il devait se réserver du temps pour le #600 (Legacy). Toutefois, la série aurait bien besoin d'un bon dessinateur pour suppléer Xermanico parce que Marion, c'est juste pas possible.

Fernando Pasarin, lui, est aux commandes des épisodes de Green Lantern Corps et sa prestation est tout bonnement impressionnante. On a droit à des splash et des doubles pages de folie avec une multitude ahurissante de personnages, des décors super chiadés. C'est du très haut niveau, comparable à du George Pérez des grands jours.

Hormis donc quelques bémols mineurs, ce crossover est excellent et confirme la bonne santé des deux séries. On n'est vraiment pas grugé et c'est quand même assez rare pour être dit. Quel dommage qu'Urban Comics n'ait pas publié ces titres en vf (ou si mal quand ça a été le cas) !

PROJET DERNIERE CHANCE (Phil Lord & Chris Miller, 2026)


Dans un vaisseau spatial, un homme se réveille d'un coma induit. Il n'a aucun idée d'où il se trouve ni comment il en est arrivé là, mais il découvre que le reste de l'équipage (un homme et une femme) sont morts en hibernation. Il se reprend progressivement et, après avoir envoyé les dépouilles dans le vide sidéral, il calcule la trajectoire du vaisseau qui se dirige vers l'étoile Tau Ceti à plusieurs millions d'années-lumière de la Terre.


Alors qu'il approche de la destination, il aperçoit un autre vaisseau aux environs qui cherche à communiquer avec le sien de manière rudimentaire puis qui l'aborde. Ryland Grace entre en contact avec une forme de vie extraterrestre, une créature rocailleuse à cinq pattes originaire du système 40 Eridean A. Il la surnomme "Rocky" et créé un traducteur qui lui permet de dialoguer avec elle, apprenant qu'elle est ingénieur mécanicien et ici pour trouver de quoi sauver son soleil.


Les souvenirs de sa vie passée reviennent à Ryland qui était un professeur de sciences dans un collège après avoir été banni de la communauté savante en raison de ses méthodes peu orthodoxes jusqu'à ce que Eva Strautt le recrute pour étudier un phénomène à la surface de notre soleil dévoré par un organisme baptisé "astrophage" et contre lequel tous les Etats se sont réunis pour organiser une mission spatiale... Ensemble, Ryland et Rocky vont tenter de sauver leurs mondes respectifs...


Devais-je à nouveau rédiger des critiques de film sur ce blog ? C'est la question que je me suis posé ces derniers mois, parce que j'avais l'impression que ça brouillait ce que ceux qui consultaient mes articles attendaient (principalement des critiques de comics). Par ailleurs, je n'étais pas très inspiré par les longs métrages que je voyais.


En même temps, à quoi bon ranimer un blog cinéma que j'ai laissé tomber depuis des années ? J'ignore donc si ça redeviendra une habitude, mais me voici de retour pour vous parler de films. Et de Project Hail Mary (en vo) que j'ai été voir récemment et que j'ai beaucoup aimé. Cette adaptation du roman d'Andy Weir par le scénariste Drew Goddard et les réalisateurs Phil Lord et Chris Miller est un succès mérité.


Comme d'habitude, j'ai envie de dire, les critiques professionnels ont parfois fait la fine bouche, reprochant à Projet Dernière Chance (en vf) d'être trop ceci, pas assez cela. C'est assez désespérant, cette propension des journalistes spécialisés à ne jamais être satisfaits d'un bon divertissement qui n'est pas assez profond à leurs yeux.


Or c'est justement ce que, moi, j'ai apprécié : le film de Lord et Miller est d'abord et surtout un excellent divertissement, bon enfant, qui s'assume comme tel. Ce qui ne signifie pas que c'est un objet inoffensif, conçu pour plaire absolument, sans prise de risque. Par bien des aspects, c'est même une sorte de blockbuster étrange, improbable, et c'est la conjugaison de ces deux termes qui lui donne sa singularité.

Si je devais le rapprocher d'un exemple connu, ce serait Rencontres du 3ème Type de Steven Spielberg (1977), dans lequel le récit jouait avec l'idée d'une vie extraterrestre tout en différant le moment où les aliens se montraient et où le héros était quelqu'un à qui il était facile de s'identifier parce qu'il ne savait pas comment appréhender l'événement, entre crainte et excitation.

Ryland Grace a beau être un scientifique émérite, c'est aussi et d'abord un type qui n'était pas destiné à vivre l'aventure qu'il va traverser. On apprend en cours de route comment il a fait partie d'un équipage pour un mission suicide, un aller sans retour, pour un objectif ahurissant (sauver le soleil d'un parasite qui risquait de renvoyer la Terre à l'ère glaciaire).

L'autre ancre du récit, c'est l'extraterrestre dont il va faire la connaissance. La plupart du temps, les créatures aliens ont quelque chose dans les films qui se rapprochent de nous - même le xénomorphe de la saga Alien a des bras, des jambes, un tronc, une tête, il est affreux mais pas si étonnant. Alors que Rocky n'est qu'un caillou à cinq pattes sans yeux, sans oreilles, sans bouche.

Lord, Miller et Goddard prennent le temps à la fois d'exposer la situation de leur héros, puis de montrer la rencontre avec l'extraterrestre, les difficultés qu'ils ont à communiquer, à nous convaincre de la mission qu'ils doivent remplir, de la dangerosité des manoeuvres engagées une fois qu'ils se lancent, puis de tout ce qui s'ensuit.

Pourtant, malgré ses 157', le film n'est jamais trop long. On se passionne pour des choses qui sont éloignées de la plupart de ce genre de longs métrages de science-fiction, autrement dit le fait d'être perdu dans l'espace face à un job impossible, les obstacles qui se dressent entre deux individus pour se comprendre, coopérer, sans jamais verser dans les clichés (ils ne vont pas se faire la guerre par exemple).

C'est ce que j'ai préféré dans Projet Dernière Chance, tous ces moments d'habitude expédiés, comme la perte de repères, la rencontre avec une forme de vie inconnue, le langage qu'on met au point pour s'entendre, le plan qu'on élabore pour récupérer de quoi remplir la mission. Et tout ça sur un rythme mid-tempo, avec un ton bienveillant, souvent drôle, parfois émouvant, toujours palpitant.

L'astuce du scénario de raconter cette épopée avec des flashbacks pour expliquer comment Ryland Grace se trouve là où il est au début, permet à la fois de s'amuser des conventions (le héros est un marginal embarqué malgré lui dans l'aventure) et de rythmer l'ensemble (en soulignant à la fois sa bonne volonté et le piège dans lequel il tombe).

On va et vient ainsi entre des scènes où, sur Terre, toute une communauté est au service d'expériences de la dernière chance et où, dans l'espace, un homme et un alien s'allient pour sauver leurs mondes alors qu'ils ne sont pas taillés pour ça. Ryland le répète plusieurs fois, il n'est pas un astronaute, pas un pilote. Cela s'applique aussi à Rocky.

Alors, oui, la fin s'étire un peu, en voulant absolument montrer ce qu'il advient du héros et de son partenaire, préférant aussi répondre aux attentes de l'audience qui veut savoir si la mission a quand même réussi ou non, ce que les protagonistes sont devenus. Mais c'est cohérent avec le reste, une forme de générosité et de positivité, une envie de ne pas laisser le public triste ou dans l'expectative.

Merveilleusement filmé, sans aucun fond vert, avec des effets spéciaux "pratiques", le film est très coloré sans jamais être trop flashy. C'est, je trouve, une des clés de son attrait après une tendance ces dernières années à aller vers de la photographie trop sombre ou criarde. Lord et Miller ont voulu donner au spectateur un spectacle merveilleux, enchanteur, sans dissimuler l'aspect effrayant du cosmos.

On évolue dans no man's land littéral, une nuit étoilée, des étoiles multicolores, des astres grignotés par un parasite. Mais ce qui nous évite d'apprécier cela avec trop de vertige, c'est l'attitude des personnages, cette capacité à embrasser cet environnement sans perdre de vue ce pour quoi ils sont là, les efforts qu'ils déploient, l'énergie qui les anime.

En lieu et place d'une distribution pléthorique qui est la norme pour ce genre d'histoire, on voit là un film qui se réduit principalement à un acteur : Ryan Gosling. Il donne à Ryland Grace une sorte de fatalisme mêlé de décontraction qui est la clé magique pour adhérer au projet. C'est fou comme cet acteur se bonifie avec le temps et prouve à ceux qui le réduisaient à ses rôles iconiques (dans Drive par exemple) qu'il est à l'aise dans tous les registres.

Sandra Hüller (Anatomie d'un couple) interprète celle qui l'embarque dans cette odyssée et elle brille par la sobriété de son jeu. Quant à James Ortiz, vous apprécierez comment, par sa voix, il donne vie à Rocky en vo, une vraie performance.

Projet Dernière Chance est vraiment ce que les blockbusters devraient être : subtil, intelligent, touchant, marrant, enchanteur. Espérons que son succès inspirera Hollywood à creuser cette veine.

jeudi 16 avril 2026

CATWOMAN #86 (Torunn Gronbekk / Davide Gianfelice)


Catwoman est en fuite à Gotham. Black Mask a offert à Katarina Belov, une femme qu'a défigurée Selina Kyle, ses services pour faire souffrir cette dernière avant de la tuer. Tandis qu'elle découvre qu'Holly Robinson a été capturée, Catwoman appelle Slam Bradley en renfort...


Il faut reconnaître à Torunn Gronbekk une réelle volonté de ne pas égarer le lecteur qui n'aurait pas lu son run depuis le début : dans cet épisode en effet on découvre l'identité de la mystérieuse femme à laquelle Roman Sionis/Black Mask s'est allié et il s'agit d'une antagoniste que Catwoman a déjà affronté il y a quelques mois.


Gronbekk réintroduit Katarina Belov de manière succincte mais suffisante pour qu'on comprenne ce qu'elle reproche à Catwoman. Une recherche facile sur le Net permet de savoir de quand date leur contentieux - c'était dans l'épisode 78 - et effectivement on saisit toute l'intensité de la haine que porte Belov à Selina Kyle.


L'intrigue présente la particularité de ne pas associer deux vilains pour éliminer l'héroïne (même si, in fine, c'est leur objectif commun) mais pour la faire souffrir car Belov a été marquée dans sa chair à cause de Catwoman. Et c'est évidemment quelque chose que peut appréhender Sionis, lui-même défiguré et mentalement très perturbé.


En convoquant Black Mask et en lui ajoutant Belov, Gronbekk convoque la meilleure histoire de Catwoman écrite par Ed Brubaker. C'est un signe d'audace - ou d'inconscience diront certains. En tout cas, je trouve que ça ne manque pas de panache et d'ambition car elle a tout à perdre à marcher dans les pas d'un tel scénariste.

Pour l'instant, en tout cas, c'est très efficace. Le rythme est très soutenu et les péripéties du récit sont excellentes. Comme souvent, il s'avère plus éprouvant pour l'héroïne de s'en prendre à ceux qu'elle aime qu'à elle directement. Mais le jeu de pistes macabre que Black Mask met en scène ne manque pas d'ingéniosité et de sadisme. Et si Catwoman est prête au combat, elle comprend que son adversaire est tout aussi résolu.

L'autre point fort, c'est évidemment le dessin de Davide Gianfelice. Comme je le disais le mois dernier, depuis le début du run actuel, la série a souffert de ne pas avoir un bon artiste régulier (alors qu'auparavant, entre Joelle Jones, Fernando Blanco et même Nico Leon, elle était mieux lotie). L'italien apporte une stabilité réelle.

En outre, Gianfelice est un narrateur formé à l'école transalpine : il va à l'essentiel, tout est très dynamique, sans fioritures. Les personnages sont expressifs, mais le plus important passe par le découpage, le choix des angles de vue, la composition des plans. Tout est bon pour ne jamais se répéter et établir une ambiance angoissante.

Et Patricio Delpeche, qui a un temps officié comme dessinateur sur ce run, accompagne, à la couleur, des planches ainsi savamment dotées. Sa palette joue sur des teintes, des tons parfois très marqués, mais que l'encrage soutenu de Gianfelice contrebalance. On retrouve ce qui a fait la qualité du titre dans les meilleurs moments lorsque Jones, Ram V, Tini Howard l'écrivaient.

Certes, c'est classique, mais c'est bien foutu, haletant, et en prime on va revoir ensemble Selina Kyle et Slam Bradley !

LOBO #2 (Skottie Young / Jorge Corona)


Devenu la nouvelle vedette d'un reality show produit et diffusé par l'Omni Omega+ Entertainment Corporation, Lobo subit un relooking extrême et doit surveiller son langage mais aussi revoir ses méthodes de chasseur de primes pour ne pas froisser le public. Qui, lui, veut un vrai héros et des adversaires prestigieux...


Si j'ai été déçu par Batwoman dans la collection de comics DC Next Level, laissez-moi vous assurer que Lobo dériderait n'importe qui. Skottie Young fait feu de tout bois dans ce deuxième épisode qui conclut déjà le premier arc de la série. Pas sûr que le dernier des czarniens en sorte indemne, mais le lecteur aura beaucoup ri de ses mésaventures.
 

Young a donc fait du "main man" la vedette d'un reality show où il joue son propre rôle de chasseur de primes mais pour lequel il doit être rhabillé et son langage fleuri adouci. Chassez le naturel, il revient au galop : Lobo continue à s'exprimer grossièrement en brutalisant excessivement ceux qu'il doit capturer. L'audience périclite, les téléspectateurs sont horrifiés.


Lors d'une séance avec les cadres de la compagnie qui l'emploient, Lobo comprend qu'il doit se comporter en héros mais aussi se frotter à des adversaires plus connus et coriaces. Comme l'empereur Aquaman. Peu importe que ce dernier n'ait commis aucun délit, il fera une cible parfaite pour que le public soit conquis.


On a alors droit à un affrontement dévastateur entre les deux antagonistes, aucun des deux ne retenant ses coups mais chacun voulant humilier l'autre. C'est violent mais drôlissime même si ça ne résout pas le problème et aboutit à une nouvelle crise en interne sur l'image de la nouvelle star des médias et la manière dont les spectateurs le perçoivent.

On peut trouver l'approche un brin foutraque et excessive, mais rappelons-nous que Keith Giffen et Roger Slifer ont créé Lobo comme la caricature des super héros hyper brutaux qui pullulaient déjà dans les comics dans les années 80. Par la suite, il deviendra encore plus outrancier, jusqu'à l'absurde. On peut donc affirmer que Skottie Young ne fait que respecter les fondamentaux.

Mais sa lecture de Lobo s'accompagne d'un humour iconoclaste : rien n'est sacré ici, pas même d'inclure Aquaman, élevé récemment dans sa série au rang d'Emperor, pour une baston sanglante et déjantée dans l'espace. C'est franchement réjouissant de voir DC laisser un auteur aller aussi loin, sans souci des convenances, libre de s'amuser avec les jouets des autres (sans que cela ait d'impact sur le travail d'autres scénaristes).

Autre motif de jubilation : le dessin de Jorge Corona. Il règne sur cette série un esprit punk que le style graphique renforce. Corona n'a pas peur de la jouer cradingue, avec des tâches d'encre dans les marges, et une expressivité caricaturale qui souligne l'excentricité du propos. Lobo est un personnage bigger than life, à la fois grotesque et irrésistible, et à qui ce traitement convient idéalement. 

Encore une fois, le grand moment qu'est la bagarre entre Lobo et Aquaman est une merveille à cet égard, mais dès la première page, on a déjà envie de rire aux éclats en assistant à la séance de relooking de Lobo, puis à la fin avec l'échange entre Lobo et le patron de l'Omni Omega+ Entertainment Corp. où son ressentiment est le prétexte à un défouloir tout aussi radical/

J'adore cette série qui se vautre avec indécence dans l'excès le plus tordant. C'est vraiment bon de lire un comic book aussi insensé, aussi déconnant par les temps qui courent. Longue vie à Lobo !

BATWOMAN #2 (Greg Rucka / DaNi)


Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?


A vous qui me faîtes l'honneur de lire mes critiques, je dois la vérité. Et la vérité, c'est que ce deuxième épisode de Batwoman m'a laissé sans voix. Il y a un mois, je partais plutôt confiant sur cette relance de la série par le créateur du personnage, Greg Rucka, même si c'est un scénariste dont je me méfie car je le trouve très inégal.
 

Mais j'étais quand même prêt à lui accorder une chance. Peut-être parce que la série s'inscrivait dans la collection DC Next Level et que je l'interprétai comme une opportunité de tenter de nouvelles choses, audacieuses, avec des héros de second plan (voir de troisième), et que, dans ce cadre, Batwoman avait la possibilité de trouver le second souffle qu'il lui a toujours manquée.


Qu'il s'agisse de Lobo ou de The Fury of the Firestorm, en attendant Zatanna dans quinze jours (et d'autres ensuite), la volonté manifeste de DC était de lâcher la bride aux auteurs chargés de ramener ces personnages sur le devant de la scène, et Skottie Young ou Jeff Lemire m'ont convaincu que c'était un pari gagnant.


Mais je dois avouer qu'après avoir lu ce deuxième épisode de Batwoman, je suis vraiment abasourdi. Pas par la qualité de l'ouvrage, mais, disons-le tout net, par sa nullité. Reprenons point par point - ou au moins sur l'essentiel de ce que nous avons entre les mains.

Rucka, depuis la première apparition de Kate Kane dans la série hebdomadaire 52, a fait de Batwoman une héroïne qui veut absolument se distinguer de Batman. Elle est lesbienne, fille de militaire, déchue de l'armée à cause de son orientation sexuelle, et ses aventures l'ont conduit à affronter des cultes ou sa soeur qui fut enlevée enfant avec elle et qui en est devenue folle, sous le pseudonyme d'Alice (référence limpide à Alice au pays des merveilles).

Par la suite, quand J.H. Williams III et Haden Blackman ont pris les commandes de la série Batwoman, ils ont conservé cette orientation tout en développant d'autres aspects. Aujourd'hui, en 2026, Greg Rucka fait comme s'il reprenait la série là où il l'avait laissée et ranime ses vieilles marottes, avec Kate Kane qui croit avoir tué sa soeur et qui est convoitée par une société secrète versée dans l'occulte.

Dans cet épisode, on voit resurgir Jacob Kane, qui est à la fois la père de Kate et fut son mentor, son entraîneur. Lui aussi a une formation militaire et durant le run de James Tynion IV sur Detective Comics dans lequel Batwoman tenait un des rôles principaux, il avait même bâti une organisation paramilitaire, la Colonie, pour prendre le contrôle de Gotham et lutter contre la Ligue des Assassins.

Toutefois, ici, ça ne fonctionne pas. D'abord parce que Rucka ne prend pas la peine de nous présenter les méchants : on est encore dans l'archétype de la société secrète, qui veut Batwoman pour accomplir une espèce de prophétie, mais les membres de cette société sont à peine nommés et leur objectif est plus que nébuleux.

Cela trahit en tout cas un manque d'inspiration et de renouvellement de la part de Rucka qui paraît vouloir à tout prix relancer ses intrigues initiales en changeant quelques éléments, mais pas le fond. Le reste est déjà connu : Alice, le rôle d'élue de Batwoman, Jacob Kane. C'est du vu et revu, du réchauffé. Mais ce n'est pas tout ce qui fait défaut au projet.

Cet épisode a un script qui tient sur un post-it : beaucoup d'action, quelques ponctuations cryptiques, et une héroïne en roue libre qui abat ses adversaires de sang froid - adversaires au look improbables (déguisés en soldats de la Grèce antique à la solde d'un homme, Mr. Gores, et d'une femme, Despina, mère supérieure du couvent des filles de Lilith). Et c'est tout.

On referme ce fascicule très frustré, avec un fort sentiment d'avoir été roulé dans la farine, avec une histoire rabâchant ad nauseam les mêmes motifs mais en les survolant, sur une script alignant des scènes d'action affreusement mal fichues. Il est clair que, malgré un vrai talent graphique, DaNi n'est clairement pas à la hauteur.

L'artiste grecque fait ce qu'elle peut pour emballer ce qu'on lui donne à raconter, mais son style ne convient tout simplement à une série super héroïque avec autant d'action. Parfois, on pense au Frank Miller de Sin City, mais on reste très loin, en termes de dynamisme et d'aisance dans la composition, en termes de maîtrise tout simplement, de cette écrasante comparaison.

Matt Hollingsworth ne peut rien pour combler les manques de DaNi, dont les images ne forment pas une narration digne de ce nom. Elle est excellente quand il s'agit de signer des pin up où sa façon de jouer avec l'espace négatif fait merveille, mais ce n'est définitivement pas une bonne dessinatrice de comics, où faire joli ne suffit pas.  

Il subsiste de tout ça une impression de vide : Rucka n'a rien à dire, en tout cas rien de neuf, et DaNi n'a rien à dessiner - pour ne pas dire qu'elle ne dessine rien. On tombe de très haut, à l'image de Batwoman qui saute d'un toit pour atterrir dans la rue mal en point. J'ignore si j'ai envie de continuer, mais j'en doute. Contrairement à une super héroïne, le lecteur ne se relève pas facilement d'une telle chute.

mercredi 15 avril 2026

VENOM #257 : DEATH SPIRAL #8 (of 9) (Charles Soule / Javier Pina)


Torment/Carnage s'attaque à May Parker et Anna Watson dans le local de la soupe populaire où elles servent bénévolement. Mais Flash Thompson/Anti-Venom intervient. Torment se sert des bracelets du Shocker pour l'éloigner tandis que les deux femmes s'enfuient. Carnage propose de s'en occuper pendant que Torment neutralise Anti-Venom...


Il est temps que ce crossover se finisse et ce sera fait la semaine prochaine. Non pas qu'on s'ennuie, cet épisode est intense et réserve quelques twists dans ses dernières pages. Non, c'est plutôt l'intrigue en elle-même qui a trop traîné en longueur et ne justifiait pas qu'on y consacre autant d'épisodes. Reste à savoir comment tout ça s'achèvera...


Et il faut bien admettre que si Death Spiral a peu de chance de rester dans les annales, le suspense quant à son dénouement reste bien construit. Torment s'avère être un méchant particulièrement coriace et son alliance avec Carnage connaît des péripéties un peu convenues mais qui présentent le mérite de fournir de la matière - à défaut d'être de la matière de première qualité.


Cet épisode de Venom n'est donc pas signé par l'équipe en charge de la série habituellement : On devine que Al Ewing a préféré avancer dans son travail sur The Mortal Thor et l'event Queen in Black de cet été, et il a donc confié les clés à Charles Soule pour l'occasion. Le scénariste de Carnage, dont la série est annulée, se révèle digne de confiance.


Au coeur de ce numéro, on insiste donc sur la paire Torment/Carnage. Bien entendu, leur fusion ne pouvait pas être un long fleuve tranquille car s'ils ont en commun d'être des tueurs en série, leurs méthodes diffèrent totalement. Torment exécute un plan précis tandis que Carnage éprouve un plaisir plus simple à éliminer tous ceux qui se trouvent sur son chemin.

Cela donne globalement de bons moments même si on peut légitimement trouver un peu grotesque la scène où Torment pique une crise de nerfs quand il découvre que Carnage a assassiné sans discernement plein d'innocents. C'est un peu l'instant "jumping the shark", mais ce n'est pas la première fois qu'on y a droit dans ce crossover.

Ce qui est aussi embarrassant, c'est d'abord avec quelle facilité Torment réussit à se débarrasser d'Anti-Venom (sur ce coup Flash Thompson n'agit vraiment comme un ancien soldat expérimenté) et ensuite (et surtout) à quel point Venom est peu présent dans cet épisode de sa propre série. Charles Soule aurait-il oublié quel titre il écrivait ?

Visuellement, ça reste en revanche très bon puisque si Carlos Gomez est absent, c'est Javier Pina qui le remplace. Pina, c'est l'éternel second rôle des séries Marvel (et DC) alors qu'il est excellent, mais j'ignore pourquoi on ne lui confie pas une série. Encore une fois, il livre une copie de très bon niveau alors que son job est ingrat.

Le bilan est donc mitigé : Death Spiral a trop duré sans être trop ennuyeux pourtant. Je reste indulgent parce que je suis curieux de savoir comment tout ça va se dénouer et quelles seront les conséquences (même si, pour Venom, je ne pense pas que ça changera grand-chose). Suite et fin, donc, la semaine prochaine dans Amazing Spider-Man #27.

dimanche 12 avril 2026

UNCANNY X-MEN, VOLUME 4 : WHERE THE MONSTERS DWELL (Gail Simone / David Marquez, Luciano Vecchio, Francesco Mortarino)


UNCANNY X-MEN,  VOLUME 4 : WHERE THE MONSTERS DWELL
(Uncanny X-Men #22-25 + Annual 2026)


- NO CLEAN HANDS (Gail Simone / David Marquez) - Revenant d'une soirée passée en compagnie de MacKenzie DeNeer, Diablo est surpris par ses amis qui lui ont préparé une fête pour son anniversaire. Mais la soirée est gâchée par le retour de Mutina qui souhaite intégrer leur groupe. Diablo accepte de la tester...

Ce nouveau tome s'ouvre par un épisode done-in-one, bien qu'il faille avoir lu le précédent recueil avant cela. En effet Gail Simone ramène Mutina sur le devant de la scène alors que Diablo fête son anniversaire chez Marcus St. Juniors avec ses amis mutants. La fête prend un tour inattendu quand Mutina demande à intégrer l'équipe des Uncanny X-Men.

Ce chapitre permet (enfin !) à la scénariste de s'intéresser à Diablo dont les talents d'escrimeur et d'acrobate sont mis en valeur dans un duel contre Mutina pour la tester. Gail Simone a beau affirmer qu'elle adore tous les personnages du groupe de X-Men dont elle écrit les aventures, il est évident que Kurt Wagner est le grand oublié de ses scénarios.

Par ailleurs, et alors que c'était un aspect que détestait Dave Cockrum, le créateur de Diablo, Simone, comme d'autres avant elle, fait de Kurt un homme de foi, le curé des mutants. C'est évidemment un contresens total puisque le personnage avait été imaginé comme une déclinaison d'Erroll Flynn, un bretteur charmeur et bondissant loin de toutes bondieuseries.

Là, on peut enfin savourer de voir l'elfe en train de croiser le fer avec Mutina sans trop tenter de prêcher pour sauver cette insupportable gamine psychopathe. Grâce soit rendue à David Marquez qui dessine cette scène en sachant découper l'action de telle sorte que Diablo redevienne ce que Cockrum voulait qu'il soit.

Il aura quand même fallu 22 épisodes pour en arriver là. Et visiblement le "dossier Mutina" est loin d'être bouclé... 


- WHERE THE MONSTERS DWELL (Gail Simone / David Marquez, Luciano Vecchio) - Tandis que les Outliers écoutent une histoire que Marcus St. Juniors lit à sa fille Chelsea, Malicia, Wolverine, Diablo et Jubilé encerclent Gambit dehors. Le cajun est de plus en plus sous l'emprise de l'Oeil d'Agamotto qu'il a dérobé au dragon asgardien Sadurang mais refuse de le lui rendre.
 

C'est alors qu'Elsa Bloodstone et la légion des monstres apparaissent en réclamant le territoire aux mutants. Tandis que les deux équipes s'affrontent, Agatha Timly/Lady Darkhold en profite pour approcher de la maison de St. Juniors...


Le coeur de l'album st donc un arc en trois épisodes qui s'ouvre par une explication musclée entre Gambit et ses partenaires. Depuis le début de son run, Gail Simone a fait du mutant cajun le détenteur de l'Oeil (gauche) d'Agamatto qu'il a dérobé au dragon asgardien Sadurang. Il a promis de le lui rendre au bout d'un an s'il ne s'en prenait plus aux humains.

Ce délai arrive à son terme mais l'artefact, comme l'avait expliqué le dragon, a littéralement exercé son emprise sur Gambit. Et son comportement a changé au point de le rendre quasiment cannibale ! Cela n'a pas échappé à Malicia, Diablo, Wolverine et Jubilé qui vont tenter de le raisonner pour qu'il honore la promesse faite à Sadurang et se détache de l'Oeil.

On a alors droit à une belle bagarre entre Gambit et ses amis où, une fois de plus, le dessin très dynamique de David Marquez fait des étincelles. La manière dont il compose chaque plan pour rendre compte de l'impact des coups échangés est un modèle du genre et même s'il n'a pas disposé du temps nécessaire pour soigner son encrage, c'est tout de même un régal.

Puis le récit prend un tour inattendu avec l'entrée en scène de la légion des monstres avec à leur tête Elsa Bloodstone. Ceux-ci viennent réclamer la Nouvelle-Orléans aux mutants mais il est évident qu'ils ne sont pas dans leur état normal et alors qu'une bataille éclate entre les membres des deux équipes, la véritable menace apparaît.

Gail Simone sort de son chapeau Agatha Timly alias Lady Darkhold qui, pendant que X-Men et légion des monstres se battent, approche de la maison refuge de Marcus St. Juniors avec l'intention d'enlever les Outliers pour en faire ses disciples... La scénariste ne peut décidément pas s'empêcher de toujours déplacer le coeur de ses intrigues en direction de ses insupportables jeunes mutants.

On a tout de même surtout droit à de très bons duels entre Gambit et Manphibian, Jubilé et Morbius (référence à la période où la jeune femme fut elle aussi une vampire), Wolverine et l'Homme Loup-Garou, Diablo et le monstre de Frankenstein, et Malicia qui doit s'occuper à la fois de la Momie Vivante et Elsa Bloodstone.

David Marquez fait encore une fois parler la poudre et même si on a droit à un moment grotesque avec Wolverine et le Loup-Garou, l'ensemble est palpitant. Luciano Vecchio vient aider son confrère sur le dernier épisode qui voit les Outliers contre Lady Darkhold, là aussi dans un grand moment WTF, mais bon, on commence à avoir l'habitude avec Gail Simone.

Cela donne un arc étrange, un peu décousu, mais très fun quand l'action domine. Par contre, les Outliers me sortent toujours par les yeux et gâchent la série qui se détourne des X-Men alors qu'on lit quand même la série pour eux. Et puis j'ai aimé revoir Elsa Bloodstone ainsi que la légion des monstres, ces personnages auxquels Marvel ne prête plus aucune attention.  

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- UNCANNY X-MEN ANNUAL 2026 (Gail Simone, Mikki Kendall / Francesco Mortarino) - XIXème siècle. John "Slaughter" Freedman est arrêté à l'entrée de Haven, Louisiane, par des hommes. Alors qu'ils veulent inspecter le cercueil qu'il transporte, il les abat. En voulant les enterrer, il découvre Logan sous terre, sérieusement blessé, et l'emmène chez Michael St. Juniors et sa mère pour qu'ils le soignent...


L'album de clôt avec l'Annual 2026 de la série où Gail Simone partage l'écriture avec Mikki Kendall, inconnue au bataillon. L'histoire est un curieux western fantastique qu'on croirait pitché par Cullen Bunn (The Sixth Gun) et qui voit le retour de Lady Henrietta (au centre du tome 2). Bien entendu, l'intrigue qui se passe au XIXème siècle adresse des clins d'oeil aux ancêtres de Marcus St. Juniors et réserve une place à Logan.

C'est d'ailleurs la grosse réserve que j'ai avec cet Annual : ne peut-on plus écrire une histoire sur des mutants dans le passé sans y inclure Wolverine ? Bien sûr, cela permet de faire le lien avec des scènes au présent et la descendante d'un personnage qu'on croise au XIXème siècle, mais c'est vraiment balourd.

Ce n'est pas le seul élément qui manque de subtilité (la comparaison entre le racisme des sudistes et celui auquel les mutants de toutes les époques sont confrontés est bien sûr convoquée), mais je n'attends plus rien de ce côté-là de la part de Gail Simone qui écrit vraiment les X-Men avec la légèreté d'un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Au dessin on trouve Francesco Mortarino qui rebondit après avoir été l'artiste de l'éphémère série NYX (annulée comme tant d'autres au bout de dix épisodes). Il est encré par Elisabetta d'Amico (qui a quelquefois travaillé avec Elena Casagrande ou Emanuela Lupacchino) et qui fait parler son talent en épaississant à bon escient le trait de Mortarino, ce qui lui donne plus de texture. Le résultat est très correct.

Pour ma part, cependant, je vais en rester là avec Uncanny X-Men. Avec ce tome, on atteint l'équivalent de deux ans de publication (si la série était éditée mensuellement) et je crois en avoir fait le tour. Gail Simone est bien trop maladroite et peu inspirée, et de manière générale, la franchise mutante n'a plus rien de commun qualitativement avec l'ère Krakoanne. 

Il est évident que Tom Brevoort ne connaît pas autant de réussite avec les X-Men que lorsqu'il éditait les séries Avengers. Beaucoup de titres annulés, très vite, et les deux séries vedettes (X-Men et Uncanny X-Men) sans éclat. Tout maintenant se déroule sans vision, sans ambition, ponctué par des crossovers sans relief. C'est dommage, il y avait de quoi faire avec l'héritage de Krakoa.