Reginald Madison et Ryan Cane traversent le passage qui relie la maison du lac à la maison de la mer. Une fois sur place, Oliver Landon Clay les voit et ils le libèrent. Il leur explique alors que les résidents de la maison de la mer sont partis tuer ceux de la maison du lac...
Onze mois après le sixième épisode de The Nice House by the Sea paraît donc enfin le septième numéro. Un délai exceptionnellement long qui s'explique par le fait que les auteurs ont beaucoup voyagé pour promouvoir leur production et rencontrer leurs nombreux fans, puis ont repris le travail,
J'ose espérer qu'avec le temps qu'ils ont pris on aura droit aux six prochains chapitres sans souffrir de nouveaux retards sinon ce serait vraiment abuser. DC a laissé couler car l'éditeur passe tout à l'équipe qui a fait un carton aussi énorme. Au cours de cette presque année écoulée, The Nice House by the Sea est d'ailleurs passé du Black Label au label Vertigo relancé après sa fermeture en 2019.
La série de James Tynion IV et Alvaro Martinez Bueno est une sorte de locomotive de luxe pour raviver le label Vertigo avant la sortie de nouveaux titres (End of Life, Bleeding Hearts, The Peril of Brutal Dark : An Ezra Cain Mystery). Deux questions demeurent : reprend-t-on la lecture aisément après un arrêt aussi long ? Et : la reprise est-elle toujours de qualité ?
The Nice House by the Sea se reprend étonnamment facilement mais cela s'explique tout aussi aisément par le fait que la série avec son casting très fourni est devenue moins une histoire character's driven que story's driven. Peu importe qui est qui désormais, l'intrigue a évolué vers quelque chose de plus brutal, de plus horrifique aussi, comme la majorité de ce qu'écrit Tynion IV.
Il suffit de comprendre que les habitants de la maison près de la mer ont décidé de tuer ceux de la maison près du lac et vous savez l'essentiel. C'est un jeu de massacre et c'est devenu, semble-t-il, le terrain de jeu préféré du scénariste qui exploite le même filon dans son autre best-seller, Exquisite Corpses (qui sort bientôt chez Urban Comics en vf), avec sa horde de tueurs dans une bourgade.
Tynion a beau évoquer d'autres survivants, d'autres maisons, qui alimenteront une troisième série (The Nice House in the mountains ?), je vous avouerai franchement que ça me laisse désormais de glace. Il faudrait à mon humble avis que ça se termine avec le douzième épisode de The Nice House by the Sea au risque de tirer sur la corde.
Mais Tynion a certainement d'autres plans et DC ne refusera pas qu'il continue sur sa lancée. En vérité, et pour répondre à la deuxième question que je posais, The Nice House by the Sea n'a rien perdu de ses qualités esthétiques, mais beaucoup de son intégrité et de sa singularité. Maintenant on est passé dans un registre familier aux fans du scénariste et plus du tout à une proposition originale.
Peut-être que je me trompe et que Tynion saura me surprendre, mais que pourrait-il se passer de si fort une fois que les habitants de la maison de la mer auront copieusement liquidé ceux de la maison du lac et que Reginald Mason, Ryan Cane et Oliver Landon Clay arriveront pour constater le massacre ? Je n'e sais rien, mais je m'en fiche un peu.
En soi, l'épisode n'est pas mauvais, il fait monter habilement la tension et l'assaut sur la maison du lac est merveilleusement découpé par Martinez Bueno. Les couleurs de Jordie Bellaire participent à la terreur qui s'empare de l'action. Et à la fin on bascule dans le body horror le plus pur...
Je spoile mais en même temps c'était attendu : depuis qu'on sait que les habitants de la maison de la mer ont accédé aux moyens de s'améliorer physiquement grâce à la technologie alien mise à leur disposition par Max, c'était prévisible qu'ils étaient devenus des monstres. D'ailleurs, contrairement à Walter qui a choisi des humains qu'il aimait, Max a sélectionné les meilleurs dans leur domaine, elle a assemblé une équipe de guerriers, qui n'allaient pas tolérer qu'il y ait d'autres survivants qu'eux.
Malheureusement, au lieu de creuser le fossé entre ces transhumanistes (team Max) et ces civils ordinaires écrasés par les événements (team Walter), Tynion a donc opté pour un affrontement bête et méchant dont les vainqueurs ne peuvent être que ceux de la team Max. Comme disait Woody Allen : "le loup et l'agneau peuvent dormir ensemble, mais l'agneau passera une mauvaise nuit".
Il reste cinq épisodes pour clore cette série (avant sans doute une inévitable troisième). Si Tynion a encore de belles mains dans son jeu, il a intérêt à les abattre sinon je vais m'ennuyer. Espérons au moins que Vertigo 2.0 aura de belles choses à offrir pour compenser et prouver que ça valait la peine de la ranimer.




































