vendredi 2 octobre 2026

X-MEN BY JED MACKAY, VOLUME 4 : AGE OF REVELATION AFTERMATH (Jed MacKay, Ryan Stegman / Tony Daniel, Steve Skroce, Sanford Greene, Ryan Stegman)


X-MEN BY JED MACKAY, VOL. 4 : AGE OF REVELATION AFTERMATH
(X-Men #23-25 + Annual 2026)


Le corps de Cyclope est habité par l'esprit de celui qu'il sera dans dix ans, lors de l'Âge de Révélation, et alors que Doug Ramsey vient se présenter chez les X-Men, Scott Summers tente immédiatement de le tuer. Il est maîtrisé et enfermé, mais réussit à s'évader et demande son aide à Magneto dont il découvre l'état. Doug préfère quitter la Manufacture avec Bei la lune sanglante et Warlock sans rien dire à personne.


Cependant, en l'absence de leur chef, 3K fait face à un vacance du pouvoir et Cassandra Nova compte en profiter. A moins que le chairman de l'organisation ne revienne à temps pour l'en empêcher... Son esprit revenu dans corps, Cyclope explique la situation aux X-Men qui partent à la recherche de Doug Ramsey. Mais O.N.E. intervient en la personne du nouveau directeur de cette officine gouvernementale...


Ce quatrième tome a un programme plutôt mince avec seulement trois épisodes et son Annual. Par ailleurs, il faut au moins avoir lu Age of Revelation pour saisir ce qui s'y passe. C'est donc un point de bascule pour la série écrite par Jed MacKay qui a construit quelque chose de suffisamment ambitieux pour qu'aucune des parties de son récit ne soit écartée.

Entre le début et la fin de ce volume, Cyclope est habité par l'esprit de celui qu'il sera dans dix ans puis redevient lui-même, revenu de l'Âge de Révélation. Les X-Men comprennent alors l'urgence à mettre la main sur Doug Ramsey pour empêcher un sinistre futur de se produire. Ce faisant l'équipe délaisse les missions concernant le sauvetage et la récupération des mutants adultes pour un projet plus direct.

A n'en pas douter, cette quête va alimenter les prochains épisodes. Le #24 est, lui, consacré à l'organisation 3K dont Cassandra Nova cherche à prendre la tête. Surtout on découvre qui en est le vrai chef et MacKay oblige le lecteur à reconsidérer ce qu'il a vu durant Age of Revelation. Toutefois, les méchants de la série ont eux aussi maintenant un objectif plus direct et qui mènera au crossover X-Men/ Fantastic Four : DNX, en cours de publication actuellement aux Etats-Unis.

C'est donc, vous l'aurez compris, un de ces tomes dit de "transition" : on achève la saga précédente et on amorce la suivante. Fallait-il y consacrer trois épisodes ? Je pense que, pour une fois, MacKay a un peu décompressé sa narration et que cela aurait tenu en un ou deux chapitres maximum. Mais la lecture n'est pas ennuyeuse pour autant.

Par ailleurs, la série accueille son nouveau dessinateur et il s'agit de Tony Daniel qui est dans le circuit depuis quasiment trente ans (The Tenth, chez Image Comics, a débuté en 1997). Il a longtemps collaboré avec Grant Morrison sur Batman et avec DC. Après deux autres creator-owned récents (Nocterra et Edenwood), il pose ses bagages chez Marvel et les mutants.

Avant de lancer Maximum X-Men (avec le scénariste Chris Yost) en Décembre prochain, il aiguise ses crayons sur X-Men et sa prestation est très convaincante. Il est encré par Mark Morales, pour un résultat très soigné. 

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- X-MEN ANNUAL 2026 (Ryan Stegman / Ryan Stegman, Steve Skroce, Sanford Greene) - Phénix revient sur Terre et se pose à Haven, Louisiane, où sont établis les Uncanny X-Men qu'elle prévient d'une menace. Un monstre surgit de nulle part et Jean Grey réussit à entrer en contact avec le Créationniste, à l'origine de cette menace...
 

J'avoue que cet Annual m'a dérouté au premier abord. En effet, il ne met pas en scène les X-Men de Jed MacKay, mais les Uncanny X-Men qu'écrit Gail Simone. Sauf que, cette fois, c'est le dessinateur Ryan Stegman qui signe le script. Et, là, par contre, c'est une savoureuse surprise parce que, d'une part, Marvel laisse rarement un artiste écrire, et, d'autre part, parce que le résultat est jubilatoire.

Au point que si Ryan Stegman prenait en main l'écriture d'Uncanny X-Men, ce serait certainement ce qui pourrait arriver de mieux au titre ! L'intrigue qu'il déploie est délirante et très drôle avec ce Créationniste qui retient en otage Sanford Greene (crédite comme dessinateur mais je pense qu'il s'agit d'une plaisanterie car je n'ai reconnu aucune planche avec son trait si distinctif) et... Ryan Stegman lui-même !

Le Créationniste a, lui, les traits de Steve Skroce qui signe la majorité des planches à l'exception d'un court passage crayonné et non encré par Stegman. Skroce a un style très détaillé, avec une ligne claire similaire à celle de Geof Darrow, et il s'en donne ici à coeur joie. C'est tout sauf une commande traitée à la légère pour lui.

Bref, malgré l'incongruité de voir les Uncanny X-Men dans un tome de X-Men, cet Annual est un pur régal.

jeudi 1 octobre 2026

AMAZING SPIDER-MAN #1000 (Joe Kelly, Noah Hawley, J.M. DeMatteis, Frank Miller, Paul Levesque & Rob Fee, Brian Michael Bendis, Larry Lieber, Dan Slott / Pepe Larraz, Patrick Gleason, Humberto Ramos, Peach Momoko, Ed McGuinness, Stuart Immonen, Giuseppe Camuncoli, Marcos Martin)


- Ravaged (Joe Kelly / Pepe Larraz) - Victime d'une attaque cardiaque, May est hospitalisée et Peter accourt à son chevet où il trouve, déjà présent, Cormac Crane, le fils biologique de sa tante. Alors qu'ils vont prier dans la chapelle de l'hôpital, Peter découvre le vrai visage de Cormac...


C'est donc le millième numéro de Amazing Spider-Man, le personnage apparu pour la première fois en Août 1962 dans Amazing Fantasy #15. Marvel a évidemment voulu célébrer ça avec un gros numéro spécial plein d'invités. Mais, hélas ! l'éditeur loupe un peu le coche en démarrant avec la suite du dernier épisode en date et donc les lecteurs qui auront acheté cet exemplaire vont basculer au milieu d'un intrigue.

Et il faut bien dire que, pas plus que Nick Spencer ou Zeb Wells avant lui, Joe Kelly n'a réussi à ranimer l'enthousiasme des fans depuis son retour. Récemment, il a introduit un personnage inédit, Cormac Crane, qui est le fils biologique de May et Ben Parker. La vieille May vient de faire une énième nouvelle attaque et ne reconnaît plus Peter quand il est à son chevet.

Comment Marvel peut valider de telles idées ? Comment, alors que Spider-Man cartonne comme jamais au cinéma, Marvel peut publier sa série en comics de manière aussi indigne, avec un scénariste aussi peu inspiré ? A ce niveau, c'est du sabotage. Et, comme je le dis plus haut, ne pas faire de pause dans l'histoire en cours au moment du millième épisode relève de la bétise.

Pepe Larraz nous régale de planches superbes, mais c'est tout de même malheureux qu'un tel artiste doive se farcir des scripts aussi médiocres, après avoir travaillé avec des auteurs bien meilleurs. Ah non, vraiment, c'est juste pas possible !

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- Still Standing (Noah Hawley / Patrick Gleason) - En maison de retraite, Peter Parker assiste à l'arrivée d'une nouvelle pensionnaire : Gwen Stacy ! Impossible ! Perd-il la tête ? Ou un vieil ennemi s'amuse-t-il sadiquement avec ses souvenirs ?
 

Le nom de Noah Hawley, célèbre showrunner de séries comme Fargo ou Alien : Earth, surprendra les lecteurs. Son idée d'imaginer un vieux Peter Parker à l'Ehpad en train d'halluciner sur Gwen Stacy aurait cependant pu positivement étonner. Mais le résultat est d'une affligeante nullité et la présence de Hawley ressemble à une de ces tentatives d'attirer un nom pour faire un coup marketing.

Le pire, cependant, vient de la prestation, méconnaissable, de Patrick Gleason au dessin. Que lui est-il arrivé ? L'artiste, qui dit préférer désormais privilégier sa vie de famille à son métier (c'est louable), livre des planches tout simplement affreuses, mal encrées, mal composées. C'est une faillite totale. Et décidément, ce numéro anniversaire ne tient pas ses promesses.

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- Requiem for a Goblin (J.M. DeMatteis / Humberto Ramos) - Peter et Mary Jane assistent aux funérailles de Harry Osborn. Peter s'absente alors que la cérémonie va commencer car il culpabilise de n'avoir pu sauver son meilleur ami... 


Bon sang, mais qu'est-ce qui cloche chez Marvel ? Troisième segment de ce numéro spécial et c'est encore un raté monstrueux. J.M. DeMatteis, l'auteur de La Dernière Chasse de Kraven, récit culte, revisite un moment mémorable de la carrière du tisseur... Et c'est tout ce qu'il trouve à en dire ? Des dialogues avec les fantômes de Norman et Harry Osborn larmoyants avec Peter rongé par le regret.

Heureusement qu'il y a les dessins de Humberto Ramos, même si, lui aussi, a l'air de trouver tout cela affreusement mauvais et qu'il est incapable de rattraper cette niaiserie vue et revue. Spoiler : quand vous croyez avoir touché le fond, hé bien, ce n'est pas le cas... 

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- Tears of the Spider-Queen (Frank Miller / Peach Momoko) - Une fillette est enlevée par un secte qui veut en faire un monstre capable d'attirer Spider-Man et de le dévorer...


Marvel va finir par trouver du pétrole à force de creuser. Cette fois, c'est Frank Miller qui s'y colle pour pondre... Je n'ose appeler ça un scénario... En fait, c'est de la merde (In memoriam Jean-Pierre Coffe). C'est nul, mais à un point, c'est abyssal. C'est juste incroyable. Ce serait sorti en Avril, tout le monde croirait à un poisson. Mais on est en Octobre.

Et qui pour mettre ça en images ? Peach Momoko, la "prodige" japonaise, qui est une des pires storyteller graphique actuelle, avec ses aquarelles de peintre du dimanche. Quel combo, mes aïeux ! Ah, ça, on peut dire que Marvel a soigné son casting de guests...

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- The Big Night (Paul Levesque & Rob Fee / Ed McGuinness) - Ben Parker emmène Peter assister à un match de catch. En chemin, il lui confie être fier du garçon qu'il est, malgré les épreuves qu'il a connues...


Pincez-moi, je rêve. Cette fois, on ne s'embête plus : au lieu de rappeler des scénaristes qui ont écrit du Spider-Man, confions une partie de ce numéro à... Un catcheur et un directeur de la WWE ! Je vous assure que je ne plaisante pas : Paul Levesque est un catcheur et Rob Fee un des patrons de la ligue de catch américaine. Et de quoi parle leur histoire ? Allez, je vous laisse deviner...

Donc, on est d'accord maintenant, ce n° 1000, c'est un gag, hein ? Mais avec de bons dessinateurs, c'est déjà ça. Ici, Ed McGuinness. Bon, je le plains, il ne mérite pas ça. Le pauvre a déjà dû bosser avec Jeph Loeb et maintenant un catcheur. C'est dur.  

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- The Gesture (Brian Michael Bendis / Stuart Immonen) - Spider-Man reçoit un appel via sa carte d'Avenger. Mais trois super vilains vont le retarder...
 

Hallelujah ! Enfin ! Merci ! Brian Michael Bendis : un scénariste, un vrai ! Stuart Immonen : un dessinateur, rare, exceptionnel ! Une bonne histoire, marrante et touchante à la fois ! Calmons-nous : cela ne fait que 8 pages. Mais quelles pages ! Quel bonheur ! 

Pour la petite histoire, Bendis n'a jamais écrit Peter Parker de l'univers 616, et quand on l'a contacté pour participer à ce numéro et qu'on lui a demandé avec quel artiste il voulait collaborer, il a réclamé Immonen. Le duo d'Ultimate Spider-Man, de New Avengers, reformé ! Maintenant, il faut que ces deux lascars fassent un vrai truc ensemble à nouveau. Croisons les doigts. il faut que quelque chose de bien ressorte de tout ça !

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- Of Webs and Guns (Larry Lieber / Giuseppe Camuncoli) - Peter s'assoupit sur l'épaule de Mary Jane... Et le voilà au far-west, aux côtés du Rawhide Kid ! 


Stan Lee étant indisponible (il passe sa mort en vacances, comme chantait Brassens), Marvel s'est dit : "hé, appelons son frère !" et c'est ainsi que Larry Lieber, 95 ans (!), écrit ce petit récit complètement farfelu mais incroyablement plus frais que pratiquement tout le reste qui a précédé. Un miracle.

Pour l'accompagner, Giuseppe Camuncoli, encré par Klaus Janson, et c'est parfait. Bavard, vintage, mais tellement charmant.

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- I Can Never Rest (Dan Slott / Marcos Martin) - Qui était le policier qui a tenté d'arrêter l'homme qui allait tuer Ben Parker ?


Et pour conclure ce qui restera quand même comme un coup manqué pour célébrer un super héros populaire, Dan Slott et Marcos Martin, la dream team de l'époque Brand New Day, se réunissent pour revenir sur la vie d'un homme qui n'a jamais connu le repos pour avoir échoué à arrêter un assassin. C'est poignant, merveilleusement écrit. A défaut d'autre chose, au moins ce n° 1000 aura gagné ce segment magnifique.

Et magnifique, il l'est aussi grâce au génial et trop rare Marcos Martin, le digne héritier graphique de Steve Ditko, le co-créateur de Spider-man, qui sort encore une fois le grand jeu - prends-en de la graine, Peach Momoko, ça, c'est de la narration graphique !

HAMMERFIST #2 (Rick Remender / Steve Epting)


Mike Denton est en cavale. William, l'homme qui l'a employé pour un casse, est mort et Cindy, la compagne de ce dernier, lorsqu'elle revient avec une trousse de premier secours, voit Mike s'éloigner avec leur butin. La police l'arrête avant qu'elle ait eu le temps de l'abattre. Mais Mike va découvrir que toute cette ville le connaît et veut sa mort...


Le risque en débutant une série par un épisode king-size, c'est évidemment de produire un deuxième numéro plus faible et de perdre le lecteur. C'est un peu ce qui se passe avec Hammerfist, qui sans être mauvais, laisse une impression de trop peu après en avoir donné beaucoup. Mais, attention, ça ne signifie pas qu'il faut se décourager.
 

La cavale de Mike Denton à travers la ville est une longue séquence, haletante, mais somme toute sommaire. Il bouscule un facteur qui dégaine un spray et lui en asperge le visage. Il se réfugie chez une vieille libraire qui sort un fusil de chasse et le poursuit. Il traverse la rue pour voler la moto d'un mec à la station service et la vieille touche la pompe à essence qui prend feu...


C'est un vrai chemin de croix et Mike Denton n'a même pas réussi à quitter cet endroit de malheur. A lui seul, cet épisode pourrait résumer tout ce qu'aime écrire Rick Remender, avec son héros acculé mais coriace, pris au piège dans un endroit complètement dingue, et qui ne survit que parce qu'il est un type qui en a vu d'autres.


Bon, après, une fois qu'on a dit ça, on peut légitimement trouver que c'est quand même un peu maigre d'un point de vue narratif, ça ne raconte pas grand-chose. Remender s'appuie sur une ambiance cauchemardesque qu'il parvient à rendre sensible et intense. Son savoir-faire, c'est d'accrocher notre attention avec un script vraiment pas épais. Tout le monde ne peut pas en faire autant.

Et enfin l'épisode à la fin révèle une espèce culte maléfique, en rapport avec le véritable butin du casse, et le polar bascule dans le fantastique. C'est là que Remender gagne son pari : il a gardé le meilleur pour les dernières pages et, comme dit Mike Denton, "script changes". Le rythme est vraiment infernal aussi, on ne s'ennuie pas, c'est palpitant, tendu, incertain, irrésistible.

Surtout il y a Steve Epting : quand un épisode vous laisse un peu sur votre faim en termes de contenu, mais que vous avez un dessinateur magistral, ça ne sauve pas les meubles, mais ça aide drôlement. Et Epting sort des planches absolument splendides, qui prouve qu'il reste un des meilleurs dans la partie, et ça fait plaisir non seulement de relire une BD dessinée par lui, mais surtout à ce niveau.

Les sollicitations des éditeurs ont permis d'apprendre que ce premier arc de Hammerfist compterait cinq épisodes, après quoi je ne serai pas surpris que la série fasse un break pour permettre à l'artiste d'avancer dans son taf. Mais quoi qu'il en soit, ce projet en vaut la peine. Je ne sais pas où Remender et Epting nous entraîne, mais le voyage s'annonce mouvementé et très prometteur.

mercredi 30 septembre 2026

QUEEN IN BLACK #5 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina) / VENOM #262 (Al Ewing / Carlos Gomez)



La Terre est entièrement "venomisée" suite à la tentative ratée de Mr. Fantastic de transférer Venom dans le corps de Dylan Brock pour détruire l'esprit de ruche des symbiotes aux ordres de Hela. La déesse asgardienne est tuée par Knull en duel et celui-ci fait donc face à notre planète et l'infiltre. Va-t-il prendre l'avantage, comme il l'espère ? Ou être dépassé par cette adversaire hors normes ? Et quid de VenoMJ ?


J'ai décidé de vous livrer une critique "deux en un" pour la fin du run de Al Ewing sur Venom et la conclusion de l'event Queen In Black. Si je me fie au conseil de l'ordre de lecture de plusieurs sites spécialisés, il faudrait donc lire Queen in Black #5 avant à Venom #262. Mais, en vérité, les deux épisodes sont organiquement liés et les illustrations de cette critique vont et viennent d'un titre à l'autre.


De manière assez habile, Al Ewing met en parallèle l'aspect grandiloquent du final de l'event avec le côté plus intimiste de la fin de Venom. D'un côté, Knull (qui se montre enfin, mais qui a été plus présent dans les tie-in) fait face à la Terre recouverte par le symbiote suite à la tentative ratée de Reed Richards de transférer Venom de Mary Jane Watson à Dylan Brock. 


Le spectacle de notre planète devenant une sorte de Mogo (un Green Lantern de la taille d'un globe céleste) noir est tellement ridicule visuellement qu'on ne peut qu'en ricaner. Mais c'est souvent dans ces moments un peu wtf que Queen in Black a été le plus plaisant, donc ça colle. Et puis Ewing exploite cette image de manière plutôt inventive.


Car si toute la planète est devenue l'hôte du symbiote, ça veut dire que tous ses habitants sont désormais aussi les hôtes de Venom. Pour Knull, c'est une faiblesse car les humains, juge-t-il, sont incapables de s'unir face à la menace qu'il incarne. Pour Mary Jane Watson, en revanche, c'est un atout car, même désunis, les humains ont peur de la même chose alors et cela les fait réagir bruyamment.


Or, Knull, comme ancien King in Black et comme tout symbiote, craint le bruit et le feu. Alors imaginez ce qu'il endure en entendant les cris d'effroi de huit milliards de terriens. Et par un effet boule de neige, Venom n'y résiste pas non plus. Donc la Terre se débarrasse de Knull et de Venom d'une pierre deux coups ! (Oui, je spoile, mais c'est pour la bonne cause.)

Et puis dans les pages de Venom, Ewing examine ce que la séparation entre le symbiote et Mary Jane implique. D'abord, elle savoure le fait d'être encore en vie puisque, jusque-là, elle survivait grâce au lien avec Venom. Mais l'expérience ratée de Reed Richards a eu au moins un effet bénéfique : la vie de MJ ne dépend plus du symbiote, elle a complètement récupéré. 

C'est un peu facile, mais Ewing n'avait pas le choix : il devait rendre MJ à la vie civile et Venom à un nouvel hôte (car, évidemment, la bestiole n'est pas morte). C'est la règle : quand on scénariste quitte le titre, il est remplacé et doit rendre la série dans l'état où il l'a trouvée pour que son successeur ne soit pas obligé de commencer son run par des explications sur la fin du précédent.

A ce titre, le plus énorme reste de lire comment, parmi huit milliards de prétendants, Venom choisit son nouvel hôte. Mais bon, c'était attendu et on n'est plus à une énormité près. Charles Soule pourra débuter dès le mois prochain son relaunch sans avoir à exposer la situation ni justifier l'identité du nouvel hôte de Venom.

Ewing souligne aussi que Venom va manquer à MJ, elle s'y était habituée et ce dernier épisode permet, avec assez d'ambivalence, de revenir sur la responsabilité de MJ dans la mort de Torment (le vilain du crossover Death Spiral). Dans ces scènes-là, le scénariste fait preuve d'une vraie finesse et achève son run avec goût.

Iban Coello et Paco Medina se partagent encore les pages de Queen in Black, sans démériter, sans briller non plus. Carlos Gomez est infiniment plus appliqué sur Venom (avec qui il renouera pour la mini-série en cinq parties Venom : P.O.V. à partir de Décembre, sur un scénario de Ryan Stegman), mais j'espère qu'ensuite Marvel saura le placer sur une série différente et assez exposée comme son talent le mérite.

Voilà, c'est fini. Une fin assez moyenne à cause d'un event mal fichu, publié en même temps qu'un autre (Armageddon). Pour Venom, en revanche, le bilan est plus flatteur et il faut souhaiter que Mary Jane Watson soit dans les petits papiers de Marvel si on veut continuer à la voir.

lundi 28 septembre 2026

X-MEN : AGE OF REVELATION - FINALE (Jed MacKay / Ryan Stegman, Netho Diaz)


Apocalypse, Charles Xavier et une armée d'arakki, d'un côté. Les X-Men, de l'autre. Et au milieu, Révélation, dont le plan final et véritable est dévoilé. Le futur peut-il encore être sauvé sans avoir modifié le passé des mutants ? Et si oui, à quel prix ?
 

Si j'ai tenu à livrer l'intégralité des critiques de Age of Revelation en une journée, c'est d'abord pour montrer à quel point le rythme même de cette histoire est élevé. Tout comme son enjeu. C'est assez sportif à rédiger et j'espère que la lecture n'aura pas été indigeste, mais, en vérité, tout est là : avec un épisode zéro, une ouverture, 3 n° de Amazing X-Men et ce final, c'est l'essentiel.


Panini Comics a choisi, bien sûr, de tout publier, en 7 revues, et c'est tout à fait louable, même si, au final, le lecteur aura à débourser une coquette somme pour pouvoir tout lire (comptez 16 Euros la revue softcover). Personnellement, j'ai pu apprécier quelques mini en format numérique (je recommande notamment Omega Kids et Rogue Storm), mais on peut s'en passer sans problème.


Je ne vais pas déflorer le dénouement de la saga, même si, donc, tout est désormais disponible en vf. Est-ce que la fin est à la hauteur ? je dirai que oui, et si vous me lisez régulièrement, vous savez que je ne suis pas un client facile en ce qui concerne les events et autres crossovers. Jed MacKay, qui n'avait pas particulièrement fait d'étincelles avec Blood Hunt, est ici plus convaincant et inspiré.

Je crois que cela est dû au fait qu'il a développé ce projet assez librement, on ne sent pas l'intervention d'un editor pour lui dicter la trajectoire de l'histoire, et chez Marvel, c'est assez rare pour être signalé. C'est sans doute aussi parce que ce type de saga dystopique autorise plus de liberté, l'auteur et l'éditeur peuvent ensuite choisir de tout ignorer, ou, au contraire, de profiter de la série-mère (X-Men) pour la rediriger.

Ce qui est certain, c'est que MacKay, même s'il n'est pas un world-builder comme Hickman, a quand même de la suite dans les idées et très clairement un plan d'ensemble pour les mutants. Il n'est pas le superviseur de la franchise comme le fut Hickman jusqu'à Reign of X, mais au moins pilote-t-il le vaisseau amiral X-Men avec une direction affirmée.

C'est le bon côté des choses par rapport à Krakoa où tous les auteurs devaient quand même être alignés - et on a vu la zizanie que ça a été quand, justement, Hickman a préféré partir, mécontent du fait que Marvel voulait prolonger l'aventure que lui avait conçu en trois actes. 

MacKay n'a à répondre qu'à lui-même et Tom Brevoort, sans avoir à tenir compte ce que raconte Gail Simone (ou d'autres scénaristes attachés à des titres X). Et comme les ventes sont bonnes, il jouit d'une liberté de mouvement appréciable grâce à laquelle il écrit X-Men en pouvant ponctuer sa série avec des events et des crossovers (le prochain, actuellement en cours de parution en vo, est DNX et implique les FF).

Pour en revenir à Age of Revelation, le seul bémol que j'émettrai concernant la fin est que, comme à chaque fois qu'il est question de voyages temporels et d'échange d'esprits, l'auteur a du mal à ne pas ajouter un petit twist que je juge superflu - même si je demande à voir comment il va l'exploiter dans les prochains épisodes de X-Men.

Visuellement, Ryan Stegman doit être aidé de l'increvable Netho Diaz pour terminer sa prestation. Le résultat est cependant toujours aussi tonique et réserve de très bons moments, spectaculaires et tendues, avec cette propension à l'énormité qui rend tout ça à la fois savoureux et bourrin. Mais au moins on ne s'ennuie pas et on est à fond dans le mélodrame et l'action.

Le prochain volume, le quatrième, de X-Men examinera les conséquences de cette saga et accueillera Tony Daniel au dessin, une autre raison de se réjouir à l'avance.

X-MEN : AGE OF REVELATION - AMAZING X-MEN #1-3 (Jed MacKay / Mahmud Asrar)



Wolverine à leurs trousses, les X-Men atteignent les ruines du manoir de Graymalkin que garde Deathdream, ancien protégé de Malicia. Le Fauve et Glob y trouvent un téléporteur qui leur permet d'échapper à Wolverine pour gagner, espérent-ils, Philadelphie. Mais ils se retrouvent à Providence, dans l'Etat de Rhode Island, le territoire gardé par Darkchild.


Révélation et ses sbires n'approchent de cette zone mais Darkchild la gouverne avec autant d'autorité que de sadisme, se repaissant de la souffrance des habitants et s'appuyant sur son gardien, le Fléau. Psylocke, qui a fait sécession, est également présente. Cyclope accepte le défi que lui lance Darkchild pour les envoyer à Philadelphie et le remporte.
 

Une fois dans le coeur du royaume de Révélation, les X-Men ont rendez-vous avec un agent de la résistance caché sous la ville, Wiz Kid. C'est, avec Forge, celui qui a permis aux esprits de Cyclope et du Fauve d'arriver à cette époque. Mais Apocalypse, accompagné de Charles Xavier et d'une armée d'arakki, arrivent aussi pour réclamer des comptes à Révélation qui ne reconnait plus leur autorité...


Cette mini-série en trois parties est le plat de résistance de cette saga. Et cela suffit malgré tout à Jed MacKay pour entraîner le lecteur dans une histoire palpitante, intense et brutale où tout va se jouer et s'expliquer. A commencer par la manière dont s'y sont pris les résistants pour attirer à cette époque Cyclope et le Fauve (ou du moins leurs esprits et leur sens tactique).


Le premier épisode est une leçon de storytelling : traqués par "l'ange de la mort", Wolverine, les X-Men n'en mènent pas large. Mais Révélation non plus à vrai dire parce que, d'une part, il ne s'attendait visiblement pas à ce que des dissidents, en infériorité numérique, soient aussi coriaces ; et, d'autre part, parce qu'il lui faut se concentrer pour maintenir son emprise sur Wolverine.


Et c'est une preuve supplémentaire du talent pour la caractérisation des personnages de MacKay : contrairement à Gail Simone qui n'exploite pas (ou si peu, et si mal) la personnalité si tourmentée de Logan, son confrère, lui, se sert de cela pour montrer que, dans ce contexte, il est une bête enragée difficile à tenir en laisse.


Ensuite, dans le deuxième chapitre, un rebondissement envoie ces "Amazing X-Men" au mauvais endroit et c'est alors l'occasion pour le scénariste de montrer que ce futur, troublé, réserve bien des surprises, sans avoir à se taper toutes les nombreuses (et pour la plupart très dispensables) autres mini séries de cet event. C'est ainsi qu'on trouve Darkchild maîtresse de Providence.
 
Darkchild, c'est la personnalité démoniaque de Ilyana Rasputin/Magik, et évidemment le fait qu'elle ait pris le dessus est logique dans une timeline où la survie du plus fort domine. MacKay écrit superbement Magik dans la série X-Men et encore mieux quand elle interagit avec le Fléau, son double en matière d'appréciation physique des combats. Rien d'étonnant alors que Cain Marko soit le garde du corps de Darkchild.

Le duel que se livre Cyclope et Darkchild pour que cette dernière téléporte les X-Men à Philadelphie déjoue les attentes. Ce n'est pas un combat physique mais un échange de vérités cruelles et c'est celui qui y résistera le mieux et surtout qui délivrera la plus percutante qui gagne. Le maître es-stratégie qu'est Scott Summers remporte cette partie logiquement - et même le Fauve reconnaît qu'il avait oublié à quel point son ami était bon à ce jeu.

Enfin, la dernière manche se déroule dans les entrailles de Philadelphie où l'on découvre l'identité de l'agent infiltré de la résistance. Wiz Kid est un choix malin et MacKay le campe comme un petit génie effronté. Mais évidemment c'est le cliffhanger final qui laisse la porte ouverte à un dénouement très prometteur.

Tout cela est donc jubilatoire, dense et haletant, mais la cerise sur le gâteau, c'est que Mahmud Asrar est là au dessin. Désormais occupé par ses projets personnels (Bug Wars avec Jason Aaron chez Image), l'artiste turc se et nous fait plaisir en trouvant le temps pour ces trois épisodes. Sa technique irréprochable associé au design général de cet univers forment un cocktail délectable.

J'ai adoré l'épisode avec Darkchild dont Asrar réussit à la perfection à traduire la cruauté et la sensualité, mais l'attaque de Wolverine auparavant est époustouflante et la confrontation avec les séraphins dans le dernier acte est également épatante. Quel régal quand on a un dessinateur pareil pour une histoire de ce calibre !

Allez, c'est l'heure de passer à la conclusion !

X-MEN : AGE OF REVELATION - OVERTURE (Jed MacKay / Ryan Stegman)


Forge a réussi à transférer les esprits de Cyclope et du Fauve dans leurs corps il y a dix ans et inversement. Ils découvrent la résistance à Révélation, dirigée par Magneto, en pleine possession de ses pouvoirs. Mais le groupe est localisé et doit fuir, avec un terrible chasseur aux trousses tandis que Bei la lune sanglante est elle aussi traquée par Psylocke après avoir découvert le plan de Révélation...


Les histoires de voyage dans le temps (passé ou futur) et de transfert d'esprits sont toujours un casse-tête à résumer et à critiquer parce qu'il faut faire comprendre qui est qui, quand et où, sans s'emmêler les pinceaux. C'est facile à lire si le scénariste reste clair, mais moins facile à retranscrire en article. Et c'est la première difficulté qu'on rencontre avec Age of Revelation - Overture.


Disons donc que les esprits de Cyclope et du Fauve du futur occupent maintenant les corps de Cyclope et du fauve du présent tandis que les esprits de Cyclope et du Fauve du présent sont dans les corps de Cyclope et du Fauve dans dix ans. Vous suivez ? Alors, je continue.


Cyclope et le Fauve découvrent donc ce qu'il est advenu dix ans dans le futur et qui a été exposé dans X-Men : Age of Revelation #0. Désigné comme l'héritier sur Terre d'Apocalypse (qui, lui, s'est exilé, dépité, sur Arakko/Mars), Doug Ramsey/Cypher a le pouvoir de faire plier la volonté d'autrui par sa seule parole. Il a ainsi pris la tête des X-Men.

Puis un virus a commencé à se répandre, transformant les humains (en tout cas les plus résistants à l'infection) en mutants. Grâce à son pouvoir, Révélation a pris le contrôle de Philadelphie, berceau de l'épidémie, pour en faire une ville refuge pour les mutants. A condition qu'ils lui obéissent aveuglément. Sinon ils les privent de la parole et les cantonnent à la périphérie de la ville.

Pour asseoir son autorité, Révélation compte sur deux factions : les choristes, qui augmentent la puissance de sa voix, et les séraphins, son bras armé. Il dispose également de celui qu'il appelle son "ange de la mort", nul autre que Wolverine. Ceux qui s'opposent à ce régime tyrannique, fondé sur un génocide, ont pris le maquis et comptent donc sur les Cyclope et Fauve du passé pour les aider à renverser Révélation.

Jed MacKay montre bien le déséquilibre des forces en soulignant l'immense pouvoir de Révélation, décrit comme l'archétype du bon garçon que l'exercice de sa fonction a corrompu jusqu'à devenir un despote impitoyable, menteur et violent. En parallèle, la résistance est juste un groupuscule qui se terre dans une forêt et qui paraît désespéré au point de devoir faire appel à deux X-Men du passé.

Pourquoi ? Parce que, dans la série X-Men, telle qu'on l'a laissée avant cet event, Révélation vient juste de rejoindre l'équipe de Cyclope qui a voté pour l'aider en considérant qu'il ne représentait pas une menace par rapport à l'organisation 3K. Il faut dire que Doug Ramsey/Cypher fut un New Mutant et une des bonnes âmes de Krakoa. Aucune raison donc de se méfier de lui.

Si on peut évidemment déplorer qu'un nouveau mutant aussi sympathique que Cypher se transforme en méchant, MacKay réussit à nous faire croire à sa dangerosité et son ascension est d'autant plus glaçante qu'elle partait d'un bon sentiment, mais était mue par des méthodes très discutables. Pour ma part, je regrette un peu cette métamorphose, mais, en même temps, à part Hickman, peu de scénaristes ont su écrire Cypher intelligemment. Alors, pourquoi ne pas l'imaginer en vilain ?

L'apparition de Wolverine en "ange de la mort" est très impressionnante, même si en soi l'idée n'a rien de nouvelle (un Wolverine manipulé pour tuer ses semblables, c'était l'argument de la saga Ennemi d'Etat, de Millar). MacKay taille dans le vif vite et fort, en éliminant quelques résistants emblématiques, qui renforce la précarité de leur situation - et font le sel de ce qui suivra.

Au dessin Ryan Stegman excelle à représenter ce futur désespérant mais avec une énergie sidérante. Comme d'habitude chez MacKay, tout va très vite et tout est dense - presque trop. Mais on ne va pas non plus s'en plaindre. Et Stegman restitue ce sentiment d'urgence, de fuite en avant, de désavantage, qui pimente le récit.

Le cliffhanger de cet épisode est lui aussi saisissant, sacrifiant un autre personnage de manière brutale, et suggérant que Révélation ne va pas se contenter d'être le maître de Philadelphie ni même des Etats-Unis... A suivre donc, dans les trois épisodes d'Amazing X-Men. Stay tuned !