Plaqué par sa copine, détroussé par une prostituée, John Smith échoue dans un casino en plein désert où il tente sa chance comme sosie d'Elvis Presley - sans succès. Il dispute une partie de poker avec d'autres candidats et se fait plumer. Lorsqu'il revient à lui, deux agents de la sécurité le traînent devant le Chef, un indien, qui l'accuse d'avoir volé un masque de sa tribu.
John le convainc de son innocence mais doit retrouver le masque dans les 24 heures. Il se rend donc chez le gagnant du concours de sosie mais celui-ci a déjà mis les voiles. Cindy, la voisine de ce dernier, l'aide alors dans sa quête mais à chaque fois qu'il arrive chez un autre sosie, il le trouve mort. Le shérif, à la solde du Chef, l'embarque alors mais Cindy paie sa caution.
La mission de John se complique encore quand il est soupçonné des meurtres des sosies, en réalité commis par la Blonde, et que deux autres tueurs, l'Indien et le Cowboy, le traquent, espérant mettre la main sur le masque les premiers pour en tirer une rançon au Chef...
Guns, Girls and Gambling est ce qu'on appelle désormais une "tarantinade", c'est-à-dire une comédie policière qui plagie les premiers films policiers de Quentin Tarantino comme Reservoir Dogs, Pulp Fiction ou Jackie Brown. Les ingrédients sont les mêmes : un récit non linéaire, des personnages haut en couleur, une intrigue délirante, de la violence, de l'humour, etc.
Michael Winnick, qui a écrit et réalisé ce film, cite ouvertement Tarantino en lui empruntant des comédiens habitués à son univers, en reproduisant certains de ses cadres iconiques (comme quand la caméra saisit en contre plongée des personnages depuis l'intérieur d'un coffre de voiture), et quelques motifs familiers (des intertitres).
A condition de ne pas prendre ça trop au sérieux et de livrer quand même un film distrayant, il n'y a là rien de mal. Tarantino, pour le meilleur et le pire, a inspiré quantité de cinéastes et redéfini une certaine grammaire cinématographique qui a permis au genre policier notamment de regagner en vigueur et en popularité.
Des Belles, des Balles et des Brutes n'a aucune prétention que de divertir. C'est amusant, tordu, impersonnel, mais efficace, et le tout est bouclé en 90' chrono. L'intrigue est complètement idiote avec ces sosies d'Elvis, ce masque indien, ses tueurs à gages, son héros poissard, ses rivaux et des mallettes contenant chacune un million de dollars en petites coupures.
A vrai dire, il y a un moment où j'ai renoncé à comprendre de quoi ça parlait et à vérifier si tout ce qui m'était raconté tenait debout. Le scénario use de liaisons grossières pour que John et tous ceux qui l'accompagnent retrouvent la trace du voleur. Mais on s'en fiche car ici ce qui compte, c'est de ne pas s'ennuyer, de ne pas s'attarder sur les invraisemblances.
Il y a un cinéaste malheureusement méconnu du nom de John Sayles qui était également scénariste et script doctor qui expliquait que, pour qu'un film fonctionne, il fallait d'abord construire son histoire à partir d'un réseau de personnages dont les liens soient facilement identifiable par le spectateur. Winnick a dû s'en souvenir.
La réalisation est donc bourrée de références à Tarantino, ce qui est à la fois sa force (car on ne perd jamais à copier les maîtres) et sa limite (car on ne gagne pas non plus grand-chose à copier les maîtres). Toutefois le rythme est soutenu, le film est court et les acteurs campent leurs rôles en ayant l'air de bien se marrer.
Christian Slater (qui avait déjà joué du Tarantino dans True Romance) rejoue son loser en allant jusqu'à rechausser les mêmes lunettes que dans le film de Tony Scott. Jeff Fahey (le sosie de Billy Zane) incarne un cowboy anachronique. Megan Park est l'archétype de la girl next door. Powers Boothe est un caïd savoureux. Et Gary Oldman (également présent dans True Romance) est un improbable sosie d'Elvis.
Toutefois le véritable atout du film, c'est Helena Mattsson, qui donne corps (et quel corps !) à la Blonde. C'est une apparition fantasmatique, tout droit sortie des pages d'un comic book, avec sa tenue moulante noire, ses deux flingues. Et vous savez quoi ? Elle joue divinement bien, très premier degré. Mais, pardon, quelle bombe !
Il manque juste à cette série C une bonne bande originale, mais on devine que le budget n'était pas suffisant pour payer les droits de quelques chansons ou titres musicaux comme les adore Tarantino.
Certains taxeront cette rareté de nanar. Mais rien que pour Helena Mattsson, désolé, je craque.













































