Dans la voiture de Ghost Rider, les Midnight Sons déboulent dans le Manoir Vorace pour libérer les amis de Moon Knight. Leur arrivée attire évidemment l'attention du dragon Ginnar qui désormais ne fait qu'un avec le bâtiment. Mais les partenaires de Moon Knight ignorent en réalité pourquoi ils ont été choisis pour cette mission spécifique...
C'est devenu assez rare pour être noté mais cette semaine, je n'ai acheté aucun comic book DC. Non pas que je boude l'éditeur, mais je dois dire que Marvel propose des mensuels soient affreusement mauvais, soient terriblement bons. Et Marc Spector : Moon Knight fait évidemment partie de la seconde catégorie. Et si c'était même la meilleure série mensuelle actuelle chez Marvel ?
Je ne saurai l'affirmer (pour ça, il faudrait que je lise tout ce que sort l'éditeur) mais il faut avouer que c'est un titre qui sort vraiment du lot, tous éditeurs confondus. Quand je lis un épisode de cette série, je remonte le temps, quand Marvel sortait des choses insensées comme Hawkeye par Fraction/Aja, Daredevil par Waid/Samnee, Mighty Thor par Aaron/Dauterman, ou X-Men par Hickman and Co.
C'est-à-dire qu'on se trouve à suivre quelque chose qui semble échapper aux codes même d'un mensuel Marvel, quasiment un produit de contrebande. C'est fort comme un alcool, original comme peut l'être un morceau de musique. C'est... Autre chose. C'est surtout le fruit des efforts d'un scénariste habité et d'un artiste déchaîné qui s'émulent l'un l'autre.
Voyez cet épisode 7 : qu'y lit-on ? Une bande de super héros pénétrent en force dans une maison hantée et combattent un dragon. C'est spectaculaire, mais est-ce si original ? Oui si l'on considère que les héros en question sont Moon Knight, Daredevil, Blade plus Ghost Rider et Clea Strange et que le dragon fait corps avec la maison, donc qu'il est en bois et crache des clous !
L'affrontement défie l'entendement et bien sûr sans Devamya Pramanik pour le dessiner, ça n'aurait pas la même puissance visuelle, la même intensité dramatique. Les planches de cet artiste sont toujours phénoménales, je dis chaque à chaque fois, mais c'est la vérité. Vous ne verrez aucun comic book dessiné de cette manière.
A part Hayden Sherman, c'est le seul dessinateur actuel à découper les scènes avec une telle inventivité et une telle régularité dans la virtuosité. Les cases prennent les formes les plus inattendus et les plus graphiques, chaque trait est pensé pour être le plus précis et affuté possible, chaque attitude de chaque personnage est conçue pour le représenter de la manière la plus élégante et la plus percutante.
Il y a en particulier un moment où Moon Knight laisse Daredevil chevaucher le dragon pour le neutraliser qui est si merveilleusement mise en scène qu'on ne peut être que saisi par la beauté du dessin, la grâce des mouvements décrits, et le résultat général est sidérant, proche de la gravure. Ajoutez-y les couleurs, splendides, de Rachelle Rosenberg et vous serez K.O. debout.
Mais il ne faut pas oublier Jed MacKay qui a fait de Moon Knight ce que Fraction avait fait avec Hawkeye : il est maintenant impossible de voir le personnage comme un simple double de Batman ou comme ce justicier souffrant de dédoublement de la personnalité. Il en a fait un héros charismatique, complexe, fascinant.
A la tête des Midnight Sons, il en fait aussi un individu suprêmement ambivalent puisqu'on découvre à la fin de l'épisode pourquoi il a caché à ses alliés la raison pour laquelle il les avait choisis eux et pas d'autres, pourquoi pas d'autres héros plus puissants, plus experts en arts occultes. Voilà un twist imprévisible et particulièrement retors, imaginé par un auteur qui s'éclate et qui maîtrise son histoire.
Pour toutes ces raisons (un artiste irréellement bon, un scénariste qui se lâche tout en étant maître à bord), Marc Spector : Moon Knight est encore une fois, ce mois-ci, impressionnant. Et, parti comme c'est, ce n'est pas prés de s'arrêter.









































