samedi 25 juillet 2026

INDUSTRY (Saison 1) (Mickey Down & Konrad Kay, 2020)


Fraîchement diplômés, Harper Stern, Yasmin Kara-Hanani, Gus Sackey, Robert Spearing et Hari Dhar intègrent les rangs de la banque d'investissement Pierpoint & Co. où ils ont six mois pour faire leurs preuves et obtenir un temps plein. La détermination de Harper tape dans l'oeil d'Eric Tao, son chef au service des ventes, même après qu'il a découvert qu'elle n'avait eu son diplôme. Entre elle et Eric se trouve Daria Greenok qui la présente à une riche cliente, Nicole Craig, qui lui fait rapidement des avances sexuelles. Gus est dans la même équipe que Hari qui abuse de produits stimulants et finit par succomber à un malaise cardiaque.


La banque met en place une cellule de crise pour éviter que l'affaire ne s'ébruite. Yasmin offre à Harper de la loger dans l'appartement que sa mère met à sa disposition et où elle habite avec son fiancé, Seb. Robert est sous les ordres de Clement Cowan qui n'a plus qu'un seul client et fait tout pour le conserver. La mort de Hari conduit la direction à dissoudre l'équipe dont il faisait partie et Gis est transféré dans le service de Robert. Yasmin subit le harcèlement de son supérieur, Kenny Kilbane.
 

Après la soirée d'anniversaire de Robert, Harper commet une erreur lors d'une transaction et va voir Nicole pour qu'elle l'aide en rachetant des actions pour faire remonter leur cours. Yasmin et Robert représentent la banque lors d'une journée portes ouvertes à des étudiants et flirtent. Gus s'aliène Clement en critiquant ses méthodes à l'ancienne. Et, pour ne rien arranger, une ancienne cadre de Pierpoint se répand dans la presse en dénonçant le management toxique de la boîte...


Lancée en pleine crise du Covid, Industry, créée par Mickey Down et Konrad Kay pour HBO, est devenue une série à succès dont le tournage de la saison 5 est actuellement en cours, voyant sa popularité croître d'année en année. J'ai voulu voir ce que ça valait en replongeant dans ces épisodes qui datent de 2020. Et j'ai été assez convaincu pour regarder la suite (même si je ne vais peut-être pas enchaîner tout de suite).


Bien que ce ne soit pas forcément attirant de prime abord, Industry a pour elle deux atouts indéniables : d'abord, la série nous plonge dans un univers rarement exploré, celui de la finance, et ensuite, elle ne fait pas de cadeau à ses protagonistes en les portraiturant de manière pas immédiatement sympathique. D'ailleurs, à la fin du huitième et dernier épisode, on peut déjà mesurer la progression nette de leurs relations.


Au coeur du dispositif, il y a surtout deux formidables personnages féminins, écrits avec une finesse assez exceptionnelle, et qui éclipsent facilement les rôles masculins. D'un côté, nous faisons la connaissance de Harper, une afro-américaine venant des Etats-Unis et qui a fraudé pour rentrer dans le milieu de la banque, comme son supérieur direct le découvre rapidement mais sans la dénoncer.


Harper se distingue par une détermination à toute épreuve et une ambition vorace. Prise en étau entre deux chefs de service qui ne partagent pas du tout la même façon de gérer leur équipe et les affaires, elle sait slalomer entre ces deux égos et miser sur le bon cheval au gré des situations. Pourtant, derrière ce masque plein d'assurance, se cache une jeune femme craignant à tout moment d'être prise en faute et sujette à des crises d'angoisse.


De l'autre, il y a Yasmin, issue d'une famille bourgeoise, elle vit avec un raté, Seb, qui traficote de ci, de là, préfère regarder du porno sur son téléphone que de lui faire l'amour, ce qui la pousse à flirter avec un collègue de sa promotion. Elle subit le harcèlement de son supérieur, Kenny, en faisant le dos rond, si bien qu'on se demande si elle ne manque pas au fond de caractère.
 

Mais Yasmin est, elle aussi, plus habile qu'il n'y paraît. Sa capacité à encaisser et à passer pour une employée docile en fait une co-équipière saluée et résiliente. Son amitié avec Harper est un peu celle du feu et de l'eau, et cela les conduira dans une sorte d'impasse, car elles éprouvent toutes deux des difficultés à ne pas mélanger travail et vie privée, désir d'évoluer et soupçon d'arrivisme.

Les deux autres diplômés sont Gus, un noir homosexuel de bonne famille et qui a une liaison avec un collègue, ami de lycée, marié ; et Richard, un beau gosse immature qui n'assume pas sa toxicomanie et dissimule mal son attitude dilettante. Pourtant, tous les deux sont les plus directement impactés par la mort prématurée de leur ami Hari.

Le premier épisode d'Industry (réalisé par Lena Dunham, la créatrice de la série culte Girls) affiche clairement la couleur : nul n'est à l'abri et le destin de Hari en est la preuve. Représentant la minorité visible, il se bat pour prouver son utilité en bossant littéralement jour et nuit, dormant dans les toilettes, et se dopant avec des pilules et des boissons énergisantes, jusqu'à la rupture.

Gus et Robert ont été les témoins directs de sa chute fulgurante et réagissent différemment : Gus intègre, cyniquement, que la culture managériale de Pierpoint & Co. est brutale et que tout est d'abord fait, non pas pour prévenir d'autres incidents de ce genre, mais pour étouffer l'affaire. Robert, lui, sombre dans la drogue pour se forger une carapace de bel indifférent.

La manière dont les quatre héros traversent cette saison 1 montre bien comment ils s'adaptent à ce milieu : Gus puis Harper sont abordés par Sara, une des dirigeantes de la banque, soucieuse de changer les mentalités en faveur de l'inclusivité et de la solidarité. Yasmin accepte de ne pas faire de vagues à la demande de Hilary pour faire son trou. Harper, comme écrit plus haut, compose alternativement avec Daria et Eric.

A la fin de la saison, sans rien spoiler d'essentiel, comme c'est exposé dès le début, les recrues doivent passer une audition devant le board de la banque et lui dire ce qu'il a surtout envie d'entendre pour être conserver dans les effectifs. L'un d'eux va choisir de claquer la porte avec éclat, un autre va révéler malgré lui ses failles, un troisième s'en sortira en usant de ruse, le dernier sera repêché en avalant une grosse couleuvre. Mais les amitiés, voire les amours, des uns et des autres, ne seront pas épargnées...

Et c'est pour cela, en plus de vouloir savoir comment ils vont se comporter maintenant qu'ils ont ou non été embauchés à temps plein, qu'on a envie d'en reprendre : si cette première saison est parfois un peu répétitive et limite complaisante sur certains aspects (la drogue, le sexe), on l'achève avec des positions plus ancrées qu'au début. Va-t-on avoir affaire à des monstres en puissance ? Ou garderont-ils un semblant d'intégrité morale ?

Si la série souffre d'une réalisation parfois plate et d'une photo terne, l'interprétation est fabuleuse et Industry peut se vanter d'avoir mis en valeur de futurs grands acteurs, à commencer par la superbe Marisa Abela (qui a connu la consécration entre temps en incarnant Amy Winehouse dans le biopic Back to Black en 2024) et qui joue Yasmin avec un savant mélange de sensualité effrontée et de sensibilité à fleur de peau.

A ses côtés, la révélation de la saison est Myha'la dans le rôle de Harper. Petit format mais regard de tueuse, elle est impressionnante et porte sur ses épaules plusieurs épisodes, soulignant toutes les ambiguïtés de la série. Harry Lawtey est tête à claques à souhait dans le rôle de Robert tandis que David Jonsson est impeccable de duplicité dans celui de Gus.

On remarquera aussi Ken Leung dans le rôle d'Eric (le comédien est un vieux routier des séries, depuis Lost) et Freya Mavor dans celui de Daria (je l'avais remarquée dans La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil, de Joann Sfar, en 2015).

Industry est tout sauf un produit industrielle : c'est une série qui a tout du sleeper, gagnant en puissance au fur et à mesure de ses épisodes.

jeudi 23 juillet 2026

DETECTIVE COMICS #1111 (Tom Taylor / Mikel Janin)


Où l'on apprend les circonstances de la mort de Prion, sa véritable identité, la machination ourdie par sa grand-mère pour le venger... Et que la famille Reynoso a été manipulée depuis une dizaine d'années par un autre suspect identifié par Batman...


Ce pénultième chapitre de l'arc Flight prouve que cette intrigue traîne inutilement en longueur et est cousue de fil blanc avec des twists assez grotesques. C'est tout le problème de Tom Taylor sur Detective Comics : une absence de projet sur le long terme alors que, ironie du sort, la couverture de cet épisode montrait une voie possible à suivre.


Car au fond ce qui distingue, normalement, la série Batman de Detective Comics, c'est que, dans cette dernière, on doit suivre Batman prouvant ses qualités de détective, donc le voir en train d'enquêter davantage que se battre, même si l'action est quand même présente - on reste dans un comic book de super héros.


Malheureusement, depuis son arrivée sur le titre, on ne peut pas dire que les enquêtes imaginées par Tom Taylor soient palpitantes. Le talent de ce scénariste est ailleurs, dans la caractérisation des personnages, mais certainement pas dans la construction d'affaires susceptibles de tenir le lecteur en haleine pendant des mois.


Celle de l'arc Flight a multiplié les aspects invraisemblables et même ridicules - trop pour qu'on puisse encore être indulgent. Par ailleurs la faire traîner sur six numéros ne fait que souligner ses faiblesses et durer le déplaisir de la lire. Et puis, évidemment, comme depuis le début de son run Taylor s'appuie sur des éléments du passé qu'il a inventés mais qui n'ont aucun impact réel sur le présent.

C'est bien joli de vouloir ajouter des éléments à la mythologie d'un personnage comme Batman (et plus généralement à la continuité de DC), mais encore faut-il être capable d'écrire ces éléments de manière à ce qu'ils aient l'air d'être intéressant, qu'ils apportent un vrai plus. Ce n'est pas le cas avec ce jeune justicier, Prion, mort dans des circonstances par ailleurs assez pathétiques alors qu'elles sont censées être tragiques pour Batman mais aussi pour Green Arrow et surtout pour Black Canary.

Jamais, à aucun moment, on n'a senti que cela accablait des héros qui ont eu le comptant d'épreuves, de deuils à surmonter. Prion est trop faiblement caractérisé, son influence sur l'existence des trois protagonistes trop limitée, pour que Taylor ait réussi à nous faire croire que sa mort représentait un traumatisme.

Si, comme le suggère la couverture de ce numéro, Detective Comics selon Taylor avait été l'occasion pour Batman de partager son titre historique avec d'autres héros, une sorte de Batman team-up en fait, cela n'aurait pas été beaucoup plus original, mais sans doute plus efficace. Ici convoquer Green Arrow et Black Canary n'ajoute rien au projet, leurs relations sont peu creusées et ce qui est supposé les avoir pareillement touchés n'a que trop peu de poids.

Mikel Janin est irréprochable mais c'est tout de même un gâchis d'utiliser ce dessinateur si talentueux pour des histoires aussi médiocres. En outre, après avoir longtemps dessiné Batman déjà sous la direction de Tom King, je ne vous cache pas que j'aimerai le voir exercer son art sur un autre personnage (un peu comme Jorge Jimenez qui dessine la chauve-souris depuis Tynion IV, Zdarsky et maintenant Fraction).

Vivement le mois prochain que ça se termine car, c'est acquis, après le #1112, j'arrête cette série qui m'a trop déçu.

mercredi 22 juillet 2026

MARC SPECTOR : MOON KNIGHT #6 (Jed MacKay / Devmalya Pramanik)


Ses amis prisonniers du Manoir Vorace, Moon Knight suit le conseil de Clea Strange et recrute des alliés prêts à affronter à ses côtés des forces surnaturelles maléfiques : Blade le chasseur de vampires, Daredevil et Ghost Rider( Robbie Reyes) - les nouveaux Midnight Sons !


Après vous avoir parlé le mois dernier des cinq premiers épisodes de Marc Spector : Moon Knight, je peux à présent passer à des critiques mensuelles pour cette série. Et j'étais impatient de le faire puisque, à partir de ce sixième épisode, démarre un nouvel arc, suite directe du précédent, dans lequel le scénariste Jed MacKay assemble une nouvelle formation des Midnight Sons.


Dans les années 90, à partir de Ghost Rider (vol. 3) #31, apparaissent les Midnight Sons, composés de Danny Ketch et Johnny Blaze, Morbius, Blade. Par la suite, ce groupe informel s'enrichira de nombreux autres personnages (comme Hannibal King, Werewolf by Night, Man-Thing, Daimon Hellstrom, Jennifer Kale, Satana, Iron Fist, Elsa Bloodstone).


Cette fois, Jed MacKay a décidé de recruter des membres historiques (Ghost Rider mais en tant que Robbie Reyes, Blade) et d'autres plus inattendus (Clea Strange qui a révélé la composition, Daredevil). aux côtés de Moon Knight. On peut dire que ce gang a fière allure, surtout face au danger qu'il va affronter : le Manoir Vorace qui retient prisonnier les amis de MK avec la complicité du dragon Ginnar.


Le script de MacKay ne prétend pas être autre chose qu'un texte présentant la formation et son recrutement. Ce qui est intéressant en revanche, c'est que la majorité des membres ont eu un contentieux avec Moon Knight qui est donc obligé de les avoir au sentiment en expliquant la situation de ses proches.

Blade répond vite présent parce que Moon Knight l'a récemment vu sous son pire jour dans l'event Blood Hunt et réciproquement le chasseur de vampires s'est battu avec MK lors de l'arc L'Ere de Khonsou dans Avengers (2018) #31-38 (alors écrit par Jason Aaron). Les deux justiciers savent qu'ils doivent se racheter.

Pour Daredevil, il faut remonter au #600 de la série de l'homme sans peur (alors écrite par Charles Soule) où Moon Knight avait fait partie de la bande de héros ayant participé au raid contre Wilson Fisk et qui avait abouti à la nomination de Matt Murdock comme maire de New York. Toutefois DD n'apprécie pas les méthodes expéditives de son confrère qui lui demande alors de l'aider à devenir meilleur.

Robbie Reyes fait office de remplaçant et j'ai le sentiment que Marvel n'a peut-être pas accordé à MacKay le droit d'emprunter Johnny Blaze ou Danny Ketch, les Ghost Rider les plus populaires. A moins que l'auteur ait préféré faire appel à un nouveau cavalier fantôme pour que Moon Knight puisse plus facilement le persuader de le suivre.

Il faut aussi noter un détail : Clea Strange insiste auprès de Moon Knight pour qu'il saisisse bien que les Midnight Sons ne sont pas une équipe. Les membres du groupe sont désignés par la magie, et Moon Knight leur cache quelque chose sur la raison pour laquelle ils sont de cette aventure. S'ils viennent à apprendre ce secret, les choses pourraient se gâter pour MK...

Devamlya Pramanik livre une nouvelle fois des pages somptueuses et il faut souligner la contribution exceptionnelle de la coloriste Rachelle Rosenberg qui travaille avec cet artiste comme si elle communiquait de manière quasiment symbiotique avec lui. Pramanik est un dessinateur de la trempe d'un Gene Colan, au trait incroyable expressionniste et il faut une partenaire de choc pour ne pas gâcher un tel graphisme.

Le résultat est phénoménal : Marc Spector : Moon Knight est une série qui ne ressemble à aucune autre dans ce que publie actuellement Marvel, et c'est grâce à Pramanik et Rosenberg. MacKay dispose avec ces deux-là d'une paire capable de transcender ses histoires, d'en faire de véritables expériences visuelles, à la limite de ce qu'on voit d'habitude chez les indés.

Chaque entrée en scène des Midnight Sons devient un morceau de bravoure, à même de rendre ce groupe charismatique et mémorable. C'est certain que ce qui va suivre promet énormément.

Si tout ça ne vous donne pas envie, je ne sais pas ce qui peut le faire. Rendez-vous le mois prochain pour le début de la contre-attaque contre le Manoir Vorace !

SUPERMAN #40 (Joshua Williamson / Dan Mora)


Superboy Prime a permis, malgré lui, à Manchester Black de se réincarner. Désormais tout puissant, le sorcier entend remodeler la réalité selon ses désirs. Mais Prime déplace le combat dans un endroit où il se sent plus fort : le comics shop où il travaille dans le civil...


Avec ce 40ème épisode se conclut l'arc Prime qui a vu Superboy Prime devenir la vedette de la série Superman. A partir du mois prochain débute en effet le crossover Kingdom of Zod qui, si j'ai bien compris, se déploiera dans Supergirl (#16-17), Action Comics (#1001-1002), Superman Unlimited (#16-17), Superman (#41-42) et Kingdom of Zod Special #1.


Je pense que je vais zapper ce crossover parce que je n'ai aucune envie de suivre une histoire en devant acheter autant de séries que je ne lis pas et donc je reviendrai à Superman en Octobre prochain quand ce sera terminé. J'espère que d'ici-là il ne se sera rien passé de décisif et que j'arriverai à tout comprendre en ayant fait l'impasse sur ce récit qui devrait cependant voir le retour de Superman dans son propre titre.
 

J'aimerai aussi que DC n'abandonne pas le personnage de Superboy Prime car Joshua Williamson a réussi à me le rendre sympathique et ce n'était pas gagné. En même temps le scénariste va être très occupé dans les prochains moins (avec la relance de Legion of Super Heroes dès Septembre) et je doute qu'il ait le temps de s'occuper d'une série supplémentaire.


Que va-t-il advenir de Superboy Prime ? Il est bien possible que son sort soit réglé durant Kingdom of Zod, mais il serait dommage de supprimer ce personnage de cette manière. Parce que, et pour en revenir à Superman #40, il a inspiré Williamson pour un arc de haut vol dont le dénouement est à la hauteur de tout ce qui a précédé.

On assiste donc à l'affrontement final entre Prime et Manchester Black dont la réincarnation a fait de lui un sorcier si puissant qu'il peut réécrire la réalité. Le commentaire méta est toujours aussi marqué dans cet épisode qui s'amuse avec la continuité d'une manière suprêmement intelligente et ludique. Un peu comme du Deadpool qui serait autre chose que de la blague.

Prime étant un héros conscient d'évoluer dans un univers de fiction et connaissant par coeur l'histoire de tous les super héros, on a droit à un script qui, loin de se contenter d'ironiser sur la situation, discoure sur le pouvoir de l'imagination, la foi dans la fiction, les leçons que donnent les histoires au lecteur et ce qu'elles peuvent enseigner à un tel personnage.

La résolution du conflit qui oppose Prime à Black est ainsi une issue qui n'a rien d'une victoire facile pour Prime. Ce dernier n'a toujours pas gagné la confiance de la Justice League, car sa stratégie pour se battre (et la façon dont Black l'a dominé) expose les secrets des super héros à un individu trop dangereux.

Mais, en même temps, elle montre que Prime est capable de régler un problème épineux avec malice et que ses vrais amis sont là pour lui. Sans oublier que Williamson lui a créé une romance avec Witchfire qui est, elle aussi, un personnage en quête de respectabilité et donc le comprend mieux que n'importe qui.

Dan Mora illustre cet épisode (avant de passer la main à Eddy Barrows) avec son énergie coutumière. Son dessin répond très efficacement aux astuces de Williamson dans les moyens utilisés par le héros pour résister à son adversaire. Il y a quelque chose de puissamment plaisant à voir un super héros défendre les comics, refuser qu'on les considère comme morts, s'en servir comme de vraies armes.

Et puis Mora, je le répète, est vraiment tellement meilleur quand il canalise son trait si dynamique sur un seul personnage principal au lieu de se disperser sur un team book. Evidemment on ne le refera pas, ce gars a besoin de se dépenser et personne n'a vraiment cru qu'il se contenterait de dessiner un seul mensuel comme il le jurait à la fin 2025. Mais au moins, sur Superman, il garde tout son tonus.

Rendez-vous donc dans deux mois pour la suite de cette série et de ses critiques dans ce blog.

mardi 21 juillet 2026

ASH (Flying Lotus, 2025)


Riya Ortiz se réveille dans une base scientifique sur une planète lointaine, sans aucun souvenir de la façon dont elle est arrivée là. En explorant le bâtiment, elle est en proie à des visions cauchemardesques avant de découvrir plusieurs cadavres. Un astronaute nommé Brion Argyle arrive sur place en lui expliquant avoir reçu un appel de détresse dans la station orbitale où il surveille les travaux de cette base.


Il identifie les morts - le commandant Adhi (qui était l'amant de Riya) et l'officier Davis - , tous membres d'une expédition pour découvrir de nouvelles planètes habitables. Celle sur laquelle ils sont a été baptisée K.O.-442 (ou "Ash") et représente le dernier espoir de la Terre. Riya échouent à retrouver Clarke qu'ils soupçonnent d'être l'auteur des meurtres, sans pourtant comprendre pourquoi elle a laissé Riya vivante.


Toujours assaillie par des visions, Riya se demande si ce n'est pas elle qui aurait assassiné ses amis. Mais une tempête se lève et une brêche est signalée dans la structure du bâtiment. Riya se glisse dans d'étroits conduits pour la colmater et découvre des signes indiquant qu'une personne s'est introduit dans la base. Elle pense que Clarke est toujours en vie mais a pu être infectée par un parasite inconnu, provoquant une crise psychotique...


Un réflexe que j'ai est de chercher des films avec un acteur que j'ai bien aimé récemment, en l'occurrence ici Eiza Gonzalez dont j'ai beaucoup appréciée la prestation dans In The Grey (et dont la beauté subjugue la caméra à chaque fois). Je suis ainsi tombé sur Prime Vidéo sur Ash, un film de science-fiction sorti l'an dernier mais pas en France où il a directement atterri sur la plateforme de streaming.
 

Tourné pour un budget qu'on devine très réduit, il s'agit d'une de ces productions inspirées par Alien de Ridley Scott, mais écrit à la façon d'un thriller psychologique, un whodunnit. Sans perdre son temps, le scénario de Jonni Remmler met en situation Riya, une astronaute et scientifique, qui découvre que tous ses co-équipiers sont morts assassinés.


Elle est rejointe par un autre astronaute, Brion, qui travaille lui dans une station orbitale et qui a reçu un message de détresse en provenance de cette base sur une planète lointaine. En s'apercevant qu'il manque un membre de l'équipe, ils imaginent qu'ils tiennent leur coupable et que celui-ci a quitté le bâtiment mais risque d'y revenir pour terminer le travail. A moins que...


... Ce soit Riya qui ait commis ce massacre, comme le lui suggèrent des visions persistantes - et dont elle se garde bien de détailler le contenu à Brion. Le procédé est finalement original par rapport au modèle illustre du film et, s'il y a bien in fine une drôle de bestiole qui rode aux alentours et qu'on n'évite pas quelques clichés sur la fin, l'ensemble est captivant.

Derrière le pseudonyme de Flying Lotus se cache le D.J. Steven Ellison (qui a d'ailleurs aussi composé la bande son de Ash) et dont c'est le premier vrai long métrage. Sa réalisation fait la part belle à une ambiance claustrophobe puisque l'essentiel de l'action se déroule entre les murs de cette base. Le décor est intelligemment exploité avec ses couloirs, ses chambres et ses conduits étroits.

La photo de Richard Bluk est saturée, ce qui renforce l'étrangeté du récit : on baigne dans des tons de bleus et de rose, limite psychédélique. Mais cela participe aux qualités du film : on ne peut se fier à l'héroïne dans la mesure où elle-même est une suspecte possible et les éclairages criards renforcent ce sentiment d'une histoire qui pourrait très bien n'être qu'un cauchemar.

Avec une durée ramassée (95'), Ash est découpé non pas en trois mais en deux actes : le premier se déploie sur un rythme assez lent, à dessein pour endormir le spectateur, avant que l'intrigue n'accélère et que les rebondissements se multiplient. Dans sa seconde partie, les références à Alien, avec une héroïne qui fait alors penser à Ellen Ripley, sont plus flagrantes.

Il n'empêche, le film dégage un vrai charme, possède une réelle efficacité. On sursaute, on détourne le regard, on ne sait plus quoi croire. C'est malin, roublard même, mais prenant. En somme, on a là une authentique série B, avec peu de moyens, beaucoup de débrouille, un casting investi, une esthétique soignée, et quelque moments très intenses.

Mais ce qui forment ces atouts signalent aussi ses limites et il est évident que le script de Remmler échoue à s'affranchir des codes du genre, préférant s'appuyer sur l'esthétique très marquée de Flying Lotus et sur les performances habitées de ses comédiens. C'est déjà pas mal, mais ça aurait sans doute pu (dû ?) être mieux encore.

Eiza Gonzalez occupe l'écran une bonne partie du temps toute seule et prouve qu'elle est définitivement plus qu'une superbe plante : elle incarne cette astronaute qui ne sait où elle en est, à qui se fier (en premier lieu à elle-même) avec beaucoup de présence. Jamais elle ne surjoue sa partition, ce qui rend son interprétation aussi convaincante.

Face à elle, elle a l'excellent Aaron Paul qui est bien connu lui aussi pour jouer avec beaucoup d'énergie et de sobriété à la fois. Cette tension entre eux deux fait tout le sel du film et c'est épatant comme leur duo fonctionne. Il est ambigu à souhait et fait du même coup ressortir son ambivalence à elle. Plus que méritoire quand on sait qu'à l'origine leurs personnages étaient prévus pour Tessa Thompson et Joseph Gordon-Levitt.

Bref, un petit film de SF très accrocheur à défaut d'être singulier.

lundi 20 juillet 2026

DANGEROUS ANIMALS (Sean Byrne, 2025)


Tucker propose à des couples de vacanciers de plonger avec des requins, protégés à l'intérieur d'une cage. C'est ainsi que Greg et Heather tentent l'expérience après que leurs amis ont préféré aller se détendre dans un parc d'attractions. Mais, une fois remontés à la surface, Tucker tue Greg et enlève Heather pour qui il a d'autres projets. Sur la Gold Coast australienne, Zéphyr s'adonne à sa passion pour le surf lorsqu'elle accepte, à contrecoeur, d'aider Moses à recharger la batterie de sa voiture.


Ils finissent la nuit ensemble dans le van de la jeune femme garé devant la maison du jeune homme. Mais quand, au matin, il prépare le petit-déjeuner chez lui, elle préfère en rester là et rejoindre un spot dont il lui a parlée. Le soir venu, elle gare son véhicule sur un parking proche de la plage et se fait kidnapper par Tucker. Lorsqu'elle revient à elle, elle est menottée à un lit dans la soute du bateau avec Heather.


Tucker endort Heather et ligote Zéphyr à une chaise sur le pont, puis il plonge la première dans l'eau infestée de requins blancs et filme le carnage qui s'ensuit puis la réaction de son autre captive. Au matin, Moses se rend sur le spot pour y retrouver Zéphyr mais constate que son van a été abandonné avec son portable à l'intérieur. Il avertit la police après avoir découvert sa planche de surf sur la plage...


Les distributeurs aiment souvent appâter le chaland avec des accroches souvent absurdes, vantant les qualités uniques d'un film ou opérant des jonctions entre deux classiques pour définir ce qu'ils veulent vendre. On peut donc presque s'étonner que, pour Dangerous Animals, on n'ait pas eu droit à une formule du genre : "Les Dents de la mer x Le Silence des agneaux".


Car c'est littéralement ce qu'est le film réalisé par Sean Byrne et écrit par Nick Lepard. On est donc clairement dans de la série B, voire C. Le parfait petit plaisir coupable à consommer au coeur de l'été quand on ne veut pas trop se creuser la tête et sursauter devant les supplices que fait endurer un serial killer bien tapé à ses pauvres victimes.


Bien entendu, on peut à ce moment ressortir la phrase fameuse de Hitchcock comme quoi "meilleur est le méchant, meilleur est le film". Mais on sait tous que ça ne suffit pas à faire un bon film. Tucker est toutefois un méchant très satisfaisant, même si je déplore qu'il ne le soit pas plus en définitive. Dans sa catégorie, c'est plutôt un éjaculateur précoce parce qu'il ne fait pas durer le plaisir.


Par ailleurs le scénario échoue à le faire progresser ou même à suggérer à quel point il est un sale type. Dès le prologue, on sait à qui on a affaire et plus rien n'est ajouté ensuite. C'est dommage parce qu'il y avait du potentiel mais en l'état, c'est insuffisant. Alors que reste-t-il à Dangerous Animals pour qu'on ne le regarde pas en baillant ? 

Hé bien, quand le méchant ne suffit pas, il faut au moins lui opposer un adversaire qui lui donne du fil à retordre. Ici, il s'agit d'une jeune et belle surfeuse qui se fait appeler Zéphyr et qui ne cache pas non plus son jeu très longtemps (une habitude dans cette histoire) puisqu'elle confie facilement son passé d'enfant placé en famille d'accueil qui en a bavé.

Mais ces épreuves ont forgé son caractère de battante forcément et surtout de solitaire qui ne veut s'attacher à rien ni personne, pas même le bellâtre agent immobilier à qui elle permet de recharger sa batterie (et de partager sa couche). Pourtant, lui est mordu (ce qui est opportun pour une intrigue avec des requins à la denture acérée) et va voler au secours de la belle.

Bon, je sais, j'ai l'air de me moquer. Mais Dangerous Animals n'est pas mauvais, il est juste convenu, prévisible. C'est tellement absurde qu'il faut être très indulgent pour estimer qu'il vaut un de ces deux films. On peut s'étonner qu'il n'ait pas échoué directement sur un plateforme de streaming au lieu d'avoir droit à une sortie en salles (quand d'autres longs métrages bien meilleurs n'ont pas cette chance - cf. In The Grey).

Ce qui est frustrant, c'est qu'on sent que tout ça aurait pu être bien plus sadique et clair : Tucker prend du plaisir à voir des filles se faire bouffer par des requins, mais toute la dimension sexuelle de sa perversion est à peine évoquée dans une scène où on le voit danser en slip et en peignoir et qui s'avère plutôt ridicule.

Quant à sa captive, elle réussit tellement de fois à lui glisser entre les doigts (même s'il la rattrape de justesse) qu'on peut légitimement douter de sa capacité à avoir retenu prisonnières tellement de filles avant elle. Mais au moins le film nous épargne-t-il une fin avec des twists interminables, même si, là encore, le réalisateur et son scénariste auraient pu laisser le spectateur dans une expectative plus retorse.

Non, la vraie, sinon la seule, qualité du film, c'est de ne jamais s'éparpiller. Pratiquement tout tient en un duel entre Tucker et Zéphyr, entre ce taré qui conçoit ses crimes comme des sacrifices à faire aux requins qu'il considère comme des dieux et cette sirène combative qui en sait plus que lui sur ces animaux et surtout compense son désavantage physique par une pugnacité absolue.

Hassie Harrison (qui reprendra le rôle de Pamela Anderson dans le remake de Baywatch) n'est pas une actrice avec une palette de jeu immense, mais elle est crédible dans ce rôle d'otage récalcitrante. Jai Courtney (qui fut Captain Boomerang dans Suicide Squad version David Ayer) est parfaitement brutal dans la peau de ce tueur obsessionnel et sexuellement impuissant.

Vite vu, vite oublié, malgré un potentiel évident. Dans un registre équivalent, je recommande plutôt Instinct de Survie de Jaime Collet-Serra avec Blake Lively (2016), qui se paie le luxe de se passer de serial killer et mise tout sur la jolie fille dans une situation désespérée.

dimanche 19 juillet 2026

IN THE GREY (Guy Ritchie, 2026)


Rachel Wild est une redoutable avocate spécialisée dans le recouvrement de dettes pour des clients riches et puissants. Pour découvrir où ses cibles cachent leurs biens et les pousser à rembourser, elle s'appuie sur deux hommes, Sid et Bronco, à qui elle a autrefois évité la peine de mort dans des geôles étrangères. Ceux-ci ont à leurs ordres une équipe de mercenaires dont chaque membre a un talent particulier (maniement d'explosifs, conduite de véhicules, connaissances en piratage informatique, etc.).


Lorsque le mentor de Rachel, Braxton, est envoyé sur une île privée afin d'organiser le paiement de la dette d'un milliard de dollars du caïd Manny Salazar pour le compte de Spencer-Goldstein et qu'il est assassiné, elle négocie avec Bobby Sheen, une des cadres du cabinet, pour récupérer elle-même la somme contre une commission de 20%. Elle envoie Sid et Bronco planifier une série de sabotages contre les intérêts de Salazar. Ce dernier fait alors face à d'importantes pertes financières.


Une réunion est organisée sur l'île mais Salazar n'accepte de rembourser que 400 millions. Face au refus de Rachel, il tente alors de la tuer mais Sid, Bronco et leurs hommes veillent à ce qu'il n'arrive rien à leur "maman" qui prépare déjà de nouveaux assauts contre le caïd...


Si In The Grey est sorti cette année (et ne sera visible en France que sur Prime Vidéo à partir du 31 Juillet), le film est en réalité terminé depuis deux ans. Le studio qui l'a financé, Lionsgate, n'a cessé entre temps de différer sa sortie avant de le céder à une autre maison de production. Résultat : il s'est ramassé en salles aux Etats-Unis.
 

C'est bien dommage d'avoir ainsi saboté ce divertissement de qualité, écrit et réalisé par un des cinéastes les plus doués pour ce type de longs métrages. Guy Ritchie est, comme Steven Soderbergh, un des derniers vrais artisans qui met tout son coeur et son talent à proposer d'authentiques films de genre "à l'ancienne" qui auraient des chances de trouver leur public si des gens compétents les accompagnaient intelligemment jusqu'aux salles.


De compétence, il en est question dans In The Grey où les trois héros sont des spécialistes redoutables dans chacun de leur domaine. Rachel est un juriste qui s'emploie avec efficacité à faire payer leurs dettes à de riches malhonnêtes. Sid et Bronco l'assistent pour forcer la main aux mauvais payeurs récalcitrants.


L'intrigue du film repose sur un vocabulaire qui est technique mais seulement pour donner le change. Les mécanismes grâce auxquels des caïds s'enrichissent sur le dos de sociétés de crédit et grâce auxquels Rachel, Sid et Bronco leur tordent le bras pour qu'ils remboursent n'a rien de compliqué quand Guy Ritchie les expose.

Tout est expliqué comme le menu d'un jeu vidéo, avec des textes qui s'affichent à l'écran simultanément à l'action. On pourrait penser que le procédé est redondant, mais pas du tout : cela permet de glisser des infos qu'on n'a en vérité pas le temps de lire mais qui donnent du crédit à ce que les personnages racontent sans avoir à dire d'abord et montrer ensuite.

Ritchie a très bien intégré le fait que le spectateur aujourd'hui est habitué à jongler avec une multitude de flux, visuels et narratifs, grâce aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo. L'oeil de ce lui qui regarde sait très bien ce sur quoi il faut se concentrer pendant que l'oreille enregistre le reste. C'est aussi pour cela que le film ne dure que 95' - un modèle de concision dans un monde où on se demande pourquoi les monteurs ne coupent pas davantage de scènes inutiles.

Le scénario est clairement découpé en trois actes : la mort de Braxton, la mission de Rachel, celle de Sid et Bronco. Ritchie déroule son récit avec un science du rythme implacable, et les péripéties du dernier acte forment un défilé de scènes spectaculaires, explosives et malicieuses absolument irrésistibles. C'est aussi pour cela que, malgré son style moderne, il est un cinéaste profondément classique.

Comme Howard Hawks, il se met entièrement au service de l'histoire et des personnages, exaltant le plaisir qu'on a à suivre l'une et les autres, soignant ses acteurs qui, eux-mêmes, ne cherchent pas à voler la vedette au script. D'autant que, et c'est l'originalité subtile de In The Grey, le film développe un motif inattendu : celui de la maternité.

Sid et Bronco appellent Rachel "maman", bien qu'elle soit plus jeune qu'eux. On pense d'abord à un surnom affectueux envers celle qui les a sauvés de la peine de mort dans un bagne de quelque contrée hostile. Puis on comprend que ce lien est plus profond que cela : elle est leur mère et eux les garçons qui l'admirent, lui obéissent, la protègent.

Il n'y a aucune ambiguïté sexuelle dans ce trio, pas l'ombre d'une romance. Ou alors elle est déplacée sur deux personnages tout aussi surprenants. En effet Sid et Bronco se parlent entre eux comme des amants (Bronco adressant même un "je t'aime" à Sid). On peut soupçonner Ritchie de s'amuser sur cette homosexualité puisqu'il a pris un des comédiens de Brockeback Mountain pour donner la réplique à celui qui fut le Man of Steel. Mais il entretient le doute.

Si l'affiche met en avant les deux acteurs masculins, il ne faut pas s'y fier : le vrai premier rôle du film, c'est bien Eiza Gonzalez qui l'incarne. Après The Ministry of Ungentlemanly Warfare où elle était déjà à couper le souffle, elle est une nouvelle fois formidable ici, et la costumière Loulou Bontemps l'a gâtée avec une garde-robe magnifique.

Henry Cavill, un habitué du réalisateur (depuis The Man from U.N.C.L.E.), est une nouvelle fois excellent et fait avec Jake Gyllenhaal (déjà là dans The Covenant) une paire qui n'est pas sans rappeler Roger Moore et Tony Curtis dans Amicalement vôtre, alliance du flegme et de la dérision, en plus musclé.

Si je n'étais pas un peu fatigué des films de super héros, j'aurai rêvé qu'à Ritchie en soit confié un, mais le britannique est trop stylé pour ça et j'ai davantage hâte de découvrir ses prochains opus originaux, en souhaitant qu'ils soient mieux traités pour leur diffusion que In The Grey.