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samedi 4 avril 2026

BATMAN / SUPERMAN : WORLD'S FINEST #50 (Mark Waid / Dan Mora, Adrian Guttiriez)


- DREAM TEAM (Mark Waid / Dan Mora) - Dr. Destiny prive les habitants de la Terre de sommeil depuis plusieurs jours. Pour le neutraliser, Zatanna au moyen de la Pierre du Rêve envoie Batman et Superman sur le terrain de leur ennemi. Ils y font face à leurs fantasmes, leurs regrets, leurs rancoeurs...


Ce n'est pas si fréquent qu'une série arrive à 50 numéros, même si chez DC la manie du relaunch est quand même beaucoup moins habituelle que chez Marvel. Depuis 2022, Mark Waid est aux commandes de Batman / Superman : World's Finest, la relance d'un vieux titre qu'il a contribué à remettre au goût du jour grâce à Dan Mora.


Et justement, à cette occasion, le dessinateur revient exceptionnellement pour illustrer la première des deux histoires qui composent ce n° anniversaire de près de quarante pages. Mora est souvent fidèle à ce qui l'a rendu célèbre (il signe encore fréquemment des couvertures pour Power Rangers sur lequel il a débuté) et surtout il s'amuse toujours.


Waid lui a concocté un récit complet qui met en valeur ses compétences : un découpage absolument dément, de l'action à gogo, une ambiance légère et intense à la fois. Le scénariste a parsemé l'épisode de clins d'oeil à son run avec des apparitions de la Doom Patrol, de Metamorpho, de Thunder Boy et Mora fait feu de tout bois. Une réussite jubilatoire.

*

- STURM AND DRANG (Mark Waid / Adrian Guttierez) - Après avoir capturé Condiment King, Robin et Jimmy Olsen s'attirent les foudres de Batgirl et Supergirl qui pensent être les vraies héroïnes de ce coup de filet. Pour départager les deux tandems, Jimmy Olsen propose de relever un défi en trouvant la statue égyptienne de Dhur-La...
 

Ce second segment met à l'honneur l'équipe en charge de la série depuis le départ de Dan Mora (au #30). C'est donc Adrian Guttierez qui signe les dessins depuis 2024. Il a un style aussi tonique que son prédécesseur mais qui demande encore à être un peu canalisé et c'est pourquoi ses dernières prestations ont été accompagnés par un encreur.


Mark Waid imagine un challenge entre les duos formés par Robin (Dick Grayson puisque World's Finest est une série qui se passe dans le passé) et Jimmy Olsen d'un côté et par Batgirl et Supergirl de l'autre. Tout cela est surtout un prétexte pour souligner les différences entre les deux garçons et les deux filles mais aussi le fait que les uns ne sont pas insensibles au charme des autres.


Waid là encore fait référence à des épisodes passés où il a soulignés les relations contrastées notamment entre Supergirl et Robin, en compétition permanente pour prouver leur valeur, tandis que leurs aînés, Superman et Batman, les observent avec amusement. C'est encore plus savoureux quand on découvre que Batgirl trouve Jimmy Olsen assez mignon.

L'ensemble est évidemment assez anecdotique, il ne s'agit pas ici d'initier des intrigues pour le futur, mais de célébrer la longévité d'un titre qui joue sur la corde nostalgique sans sombrer dans le passéisme. J'avoue que ça m'a donné envie de relire les albums de la série et peut-être d'en rédiger des critiques...

jeudi 22 mai 2025

WE ARE YESTERDAY, PART 4 (of 6) - BATMAN / SUPERMAN : WORLD'S FINEST #39 (Mark Waid / Clayton Henry)


(Grosso modo : ) Robin (du passé) surgit dans la TOur de Guet (de nos jours), ce qui surprend Batman et Superman mais aussi Nightwing (qui passait opportunément par là). Nightwing serre la main de Robin (donc de lui-même) et... se trouve propulsé dans le passé avec Superman et Batman... Dont les versions du passé se retrouvent du coup de nos jours... (j'ai mal à la tête...)
 

Bon, OK? c'est pas gentiment résumé, mais que voulez-vous que je vous dise ? Ces histoires de voyages dans le temps, de personnages déplacés d'une époque à l'autre avec les versions passées qui arrivent dans présent quand celles du présent sont envoyés dans le passé... C'est proprement imbuvable et impossible à résumer sérieusement.


Mais, pourtant... Il y a pire que ça. Et c'est quand c'est mal écrit. Et cet épisode est un festival de ce point de vue. Parce que, enfin, dans une situation pareille, normalement, on doit être surpris, tendu, ou si ce n'est pas nous, ce doit être les personnages, complétement déstabilisés par ce qui leur arrive. Sauf que là... Non.


Mark Waid traite sa propre intrigue par-dessus la jambe, il a l'air de s'en foutre à un point à peine croyable. C'est pourtant pas comme si on lui avait commandé d'écrire ce crossover : non, il est aux manettes des deux séries concernées, il est en train d'écrire une mini New History of the DC Universe (qui doit tout remettre dans l'ordre), il a la confiance de son éditeur...


Mais c'est comme s'il sabotait lui-même son projet ! Je l'ai déjà dit : We are Yesterday manque cruellement de rythme, mais il souffre aussi d'une absence totale d'intensité et je crois que c'est encore plus affligeant pour une histoire qui est censée bouleverser ses héros sur deux époques et avoir des répercussions dans les mois à venir sur la série Justice League Unlimited.

Je ne vais pas non plus feindre l'étonnement : ce crossover, je ne le sentais pas. Il arrivait bien trop tôt pour Justice League Unlimited et je me demande comment Waid va s'y prendre pour expliquer que ça ne laissera aucune trace dans World's Finest (dont le principe repose quand même sur le fait que ce qui s'y passe n'entraîne pas de retcon).

Mais surtout, ce qui m'inquiète davantage, parce que je suis JLU, c'est quelles conséquences pour cette série ? Parce que si c'est pour partir dans des retombées multiverselles, voire omniverselles, alors là, no way. Déjà, le multivers, c'est chiant. Mais alors l'omnivers, ça, c'est vraiment le truc le plus stupidement dispensable que DC a permis.

Encore une fois, je me trouve à ne pas partager l'exaltation de certains fans qui trouvent que depuis son retour chez DC Waid a renoué avec son meilleur niveau. Evidemment, World's Finest, c'est fun. JLU, c'est pas mal. Mais les events qu'il a signés sont calamiteux (Batman vs. Robin, Lazarus Planet, et We are Yesterday).

C'est tout de même très loin de ce qu'il a accompli sur Fantastic Four, Daredevil. Même son (début de) run sur Avengers (en 2016) avec l'histoire Kang War était mieux exécuté que ce jeu de chaises musicales assorti de jokes pas drôles. C'est incontestablement un grand connaisseur de l'histoire des comics (aussi bien Marvel que DC), sauf qu'il ne le prouve pas ici.

En vérité, on se contrefiche de ce qui se passe parce que rien n'a l'air grave et surtout on n'a pas jamais le sentiment que ça va bouleverser quoi que ce soit. Ou alors pas en bien (si on se fie aux couvertures de Dan Mora, la perspective de revoir le Batman-qui-rit, franchement qui en a envie ?). Non, le Mark Waid que j'aime n'est pas là mais dans Batman and Robin : Year One (et ça tombe bien, la série reprend cette semaine, critique à suivre).

Ajoutez à ça que, pour ménager Dan Mora (à moins que Dan Mora n'ait pas voulu être mêlé à ce désastre...), DC a fait appel à des dessinateurs loin de compenser la faiblesse du script. Clayton Henry est un artiste propre, mais qui n'apporte rien : c'est plat, c'est mou. La seule qualité, c'est que c'est lisible, facile, abordable. Mais quelle déception là encore !

C'est une grosse semaine en termes de sorties et c'est très contrasté de ce que j'ai déjà lui, avec du pas terrible jusqu'au fabuleux. La moyenne reste très bonne, mais je l'avoue, j'ai commencé par World's Finest en espérant un sursaut. Celui-ci ne s'étant pas produit, j'ai voulu écrire cette critique comme pour me débarrasser d'une corvée. 

vendredi 2 mai 2025

WE ARE YESTERDAY, PART 3 (of 6) - BATMAN / SUPERMAN : WORLD'S FINEST ANNUAL 2025 (Mark Waid, Christopher Cantwell, Morgan Hampton / Dan McDaid, Clayton Henry)


- BATMAN / SUPERMAN : WORLD'S FINEST ANNUAL 2025 - Dans le passé, Gorilla Grodd a assemblé la Legion of Doom et explique à ses membres son plan pour vaincre la Justice League. Pour cela, ils doivent dérober plusieurs engins leur permettant de voyager dans le futur mais sans que les héros de l'époque ne s'en doutent...


Bon, on ne va pas se le cacher : ce crossover entre World's Finest et Justice League Unlimited ne tient vraiment pas ses promesses. On est arrivé à mi-parcours et l'histoire n'a toujours pas décollé, on est toujours dans la phase d'exposition et d'explication et ça commence franchement à devenir long, laborieux et ennuyeux.


Vous avez déjà dû lire que, depuis son retour chez DC, Mark Waid a retrouvé des couleurs perdus à la fin de son bail chez Marvel (où il était en conflit ouvert avec plusieurs editors). Et c'est vrai qu'il semble plus heureux, ayant renoué avec la confiance de ses employeurs et bénéficiant de collaborateurs qui le stimulent.
 

Mais le bilan n'est pourtant pas, objectivement, si fabuleux. S'il a bien donné le change avec Batman / Superman : World's Finest, celui qui en a le plus profité, c'est bien Dan Mora qui y a gagné ses galons de superstar. A côté de ça, Waid s'est ramassé sur Teen Titans : World's Finest, un spin-off calamiteux, et a aligné des events comme Batman vs Robin, Lazarus Planet et Absolute Power décevants au bas mot.

Waid se montre certes très productif, mais son travail trahit un manque d'inspiration et une nostalgie, voire un passéisme qui deviennent terriblement lourdingues. Quand il partage réellement avec un artiste comme Chris Samnee sur Batman and Robin : Year One, là, oui, c'est jubilatoire, sans doute parce que Samnee sollicite surtout Waid pour l'aider à développer des scénarios, à les mettre en forme, à les dialoguer.

Mais en dehors de ça, il faut bien avouer que Waid ne tient qu'à son savoir-faire, sa connaissance encyclopédique de l'univers des comics (aussi bien chez Marvel que chez DC), sans dépasser cela par des idées audacieuses. En somme, Waid, aujourd'hui, fait un peu son âge, celui de ces seniors qui chez Marvel sont cantonnées à des récits situés dans le passé mais sur lesquels DC s'appuie pour donner une cohérence à leur univers.

C'est particulièrement flagrant quand on lit cet Annual de World's Finest sur lequel Waid est assisté de Christopher Cantwell (sans qu'on sache très bien qui ce qu'il apporte). Comme je le disais plus haut, l'intrigue de We Are Yesterday n'a toujours décollé et les deux auteurs en sont encore à nous expliquer en détail le plan de Grodd pour vaincre la Justice League.

Le souci, c'est que ces explications sont affreusement barbantes, avec les vols d'engins permettant à la Legion of Doom de voyager dans le temps. Les histoires de voyage dans le temps sont souvent accablantes par leur volonté de justifier les motivations de ceux qui les font et pour tenter de nous faire croire que non, ça n'aura aucune conséquence (alors qu'on sait très bien que c'est le contraire).

Rien ne fonctionne ici : la Legion of Doom qu'on suit ici est composé d'individus tellement psychopathes qu'on ne peut croire qu'ils puissent travailler en équipe et quand ils font l'effort de suivre les ordres, leurs actions sont poussives au possible, sans aucun rythme, sans aucun suspense. Réunir des méchants iconiques pour en faire le groupe ultime de vilains n'est pas une bonne idée.

Grodd apparaît donc comme un gorille particulièrement stupide en recrutant le Joker ou Bizarro, et on n'arrive pas admettre que Lex Luthor en particulier ne va pas le trahir. L'Epouvantail ou Black Manta font de la figuration, Sinestro n'est là que pour éclaircir une scène, Cheetah est sacrifiée, Captain Cold ne sert à rien. C'est vraiment n'importe quoi.

En comparaison de la Legion of Doom que Scott Snyder avait assemblée dans son run sur Justice League, celle-ci fait peine à voir et on ne doute pas une seconde que leurs manigances va aboutir à un échec cinglant... Pareil à ceux que Grodd reproche à ses alliés d'avoir trop souvent connus ! C'est risible, mais pas marrant.

Par ailleurs, bien que Dan McDaid soit un dessinateur intéressant, la copie qu'il rend est indigne de lui et de ce projet. On sent clairement que tout ce salmigondis ne l'intéresse pas le moins du monde et sa mise en images est souvent d'une telle laideur, avec des compositions traitées par-dessus la jambe, qu'on se demande s'il n'a pas voulu communiquer son ennui.

C'est bien simple : il n'y a rien à sauver dans ce naufrage. We Are Yesterday est en train de virer à la catastrophe total. Je ne crois absolument pas qu'on va assister dans les trois prochains chapitres à un redressement spectaculaire. Waid en fait trop en écrivant trop de trucs à la fois, à la chaîne, tout en réussissant, un comble, à ne pas en faire assez pour rendre cette lecture ne serait-ce qu'agréable.

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- THAT'S THE WAY OF THE WORLD - Comment et pourquoi John Stewart est devenu un Green Lantern alors que qu'il s'y était d'abord refusé...


Cet Annual est complété par un segment dont je ne m'explique pas la présence. Morgan Hampton écrit les origines soi-disant définitives sur John Stewart, le deuxième Green Lantern terrien après Hal Jordan. Je ne savais pas que c'était nécessaire. Mais je ne sais surtout pas ce que ça vient faire là, quelle est l'utilité de cet appendice. 


A moins que John Stewart soit destiné à jouer un rôle crucial pour la suite de We Are Yesterday et que ses origines comme Green Lantern nous instruise sur l'importance de son rôle, rien ne justifie ces quelques planches. Ce n'est même pas que c'est mal écrit, c'est transparent, ça n'apporte rien au personnage (sinon une épaisse couche de pathos).

Clayton Henry illustre tout ça avec soin, mais c'est le moins qu'on puisse attendre de lui.

C'est réellement une curiosité. Mais c'est surtout complètement dispensable.

samedi 19 avril 2025

WE ARE YESTERDAY, PART 1 (of 6) - BATMAN / SUPERMAN : WORLD'S FINEST #38 (Mark Waid / Clayton Henry)


Le passé. Clark Kent couvre le test d'un avion de chasse conçu par les entreprises de Bruce Wayne et piloté par Hal Jordan. Mais l'essai aboutit à un crash au-dessus de Gorilla City en proie à une insurrection menée par Gorilla Grodd. Flash est appelé en renfort car la situation va rapidement dégénérer... 


J'avais dit dans ma critique de Justice League Unlimited #5 que je pensais plutôt attendre la fin de la parution de ce crossover avec Batman/Superman : World's Finest pour le lire d'une traite, en dire tout le bien (ou le mal) que ça m'aurait inspiré et sans doute décider si j'allais continuer de suivre JLU.


Donc, j'ai acheté ce numéro 38 de World's Finest avec le projet de le garder au chaud... Mais en vérité je n'ai pas résisté à la tentation de le lire et comme ça m'a plutôt bien plu, j'ai choisi de revenir sur mes intentions initiales et de suivre ce crossover en temps réel. Cette affaire va donc nous conduire jusqu'au 25 Juin, date de parution de Justice League Unlimited "8 et conclusion de We Are Yesterday.


We Are Yesterday comptera six parties, déclinées ainsi : World's Finest #38 (sorti ce Mercredi 16 Avril), Justice League Unlimited #6 (qui sortira Mercredi 23 Avril), World's Finest Annual 2025 (le Mercredi 30 Avril), World's Finest #39 (le Mercredi 21 Mai), Justice League Unlimited #7 (le Mercredi 30 Mai) et #8 (le Mercredi 25 Juin).


Mark Waid écrit l'intégralité des épisodes (avec le renfort de Christopher Cantwell pour World's Finest Annual 2025). Clayton Henry dessine les épisodes de World's Finest et Travis Moore ceux de Justice League Unlimited (sauf le dernier, le #8, qui verra le retour de Dan Mora sur le titre). Voilà pour les crédits et l'ordre de lecture.

We Are Yesterday se déroule donc sur deux époques. World's Finest est une série dont l'action se situe au tout début des aventures communes de Batman et Superman et donc au début de la formation de la Justice League. Justice League Unlimited se situe de nos jours. Mark Waid n'a jamais voulu précisé combien d'années séparaient les histoires des deux séries, donc chacun appréciera.

Le vilain principal de ce crossover est Gorilla Grodd (Grodd tout court pour les intimes), un singe supérieurement évolué, originaire de Gorilla City en Afrique équatoriale. C'est un ennemi attaché à l'univers de Flash, même s'il ne fait pas partie des Rogues (les Lascars en vf). Mark Waid dit l'avoir choisi comme antagoniste car il trouvait que son potentiel n'avait jamais été exploité à ce niveau.

Attention ! Spoiler ! Enfin, spoiler, c'est vite dit puisque tout était indiqué sur la couverture de Justice League Unlimited #5 : la Legion of Doom sera aussi de la partie, avec pour membres Lex Luthor, l'Epouvantail, Black Manta, Bizarro, Sinestro et Captain Cold. Et là, si vous suivez la série Superman de Joshua Williamson, un détail doit vous intriguer...

Lex Luthor !?! Mais il est l'allié de Superman actuellement ! Oui, sauf que, c'est ce qu'on comprend dans cet épisode de World's Finest (même si on n'y voit pas Luthor), le voyage dans le temps est la clé de l'intrigue de Waid. Et donc on va avoir deux Lex Luthor et autant de doublons des membres de cette Legion of Doom, tous venus du passé.

Je suis un peu obliger de divulgâcher l'histoire de cet épisode mais en même temps vous l'aurez sûrement facilement deviné : à la fin, Grodd est vaincu et enfermé dans une cellule de Gorilla City sur ordre du roi Solovar qu'il a voulu détrôner. Et c'est ainsi qu'il va recevoir la visite de son moi futur, qui est à l'origine de tout.

Depuis que la JLU est opérationnel, elle a eu affaire à une mystérieuse organisation, responsable de catastrophes et possédant toujours un coup d'avance, Inferno. A la fin de JLU #5, on découvrait que Inferno était la Legion of Doom rassemblée par Grodd, qui a attiré ses membres en les extrayant du passé. Et pour ce faire, il a possédé le Grodd du passé. Vous suivez ?

Oui, les voyages dans le temps, c'est toujours un peu compliqué et bien que les scénaristes de comics sont les premiers à rappeler constamment qu'ils peuvent bouleverser la continuité, ça ne les empêche pas d'y avoir fréquemment recours. Mais comme Waid est un véritable encyclopédiste des comics, on va lui faire confiance pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis.

Ce qui surprend en fait dans cet épisode, c'est qu'il ne fait pas penser au début d'un crossover. Il pourrait très bien se lire comme un numéro ordinaire de World's Finest et Waid aurait très bien pu en faire l'amorce d'une histoire à venir dans cette seule série. On est donc intrigué par sa volonté d'impliquer la JLU et l'époque actuelle. Et quand on découvre les couvertures connectées du crossover par Dan Mora, on remarque que Waid va aller très loin (je vous renvoie là encore à ma critique de JLU #5)...

Clayton Henry se charge donc des dessins (ce qui permet à Adrian Guttierez, l'artiste habituel de World's Finest, de souffler quelques mois). J'aime bien ce qu'il fait même si pendant longtemps le suivre a été très frustrant, notamment quand il officiait chez Valiant Comics où il a à peu près tout dessiné, surtout les débuts de séries avant de laisser sa place.

Mais, depuis qu'il est revenu chez DC, il paraît avoir à coeur de prouver qu'on peut compter sur lui mensuellement. Ce n'est pas difficile d'apprécier son style, avec un trait sobre, un découpage qui va à l'essentiel. C'est un artiste expérimenté, qui connait bien tous ces personnages, et donc il n'a aucun mal à les animer. Son association avec Waid fonctionne parfaitement.

L'avantage d'un crossover sur un event, c'est qu'on n'a pas à se taper de tie-in, tout est à lire dans deux séries ici, et comme il n'y a qu'un seul auteur, on peut être certain qu'il ne sera pas parasité par un collègue qui aurait des velléités différentes. Bien entendu, à la fin de cet épisode, impossible de savoir si We Are Yesterday sera réussi, mais au moins, c'est efficace, accrocheur, divertissant.

La suite, Mercredi prochain !