jeudi 7 août 2025

DAREDEVIL : COLD DAY IN HELL #3 (of 3) (Charles Soule / Steve McNiven)


Le Tireur s'adresse aux habitants de New York dans l'objectif d'attirer Daredevil sur le toit de l'immeuble où il se trouve. Auparavant, il a libéré le Punisher et l'a laissé aux mains de ses sbires, mais Frank Castle réussit à se glisser dans une armure d'Iron Man et à les éliminer. Daredevil affronte son pire ennemi qui menace de faire sauter plusieurs bombes radioactives...


C'est dommage. On aurait pu avoir un chef d'oeuvre, il était là, qui nous tendait les bras, mais patatras ! Le troisième et dernier épisode de Daredevil : Cold Day in Hell échoue piteusement à conclure cette histoire si prometteuse. Ce ne sera définitivement pas le Dark Knight returns du diable de Hell's Kitchen, mais une occasion manquée à plus d'un titre.
 

En effet, avec ce projet qu'on ne s'attendait pas à voir chez Marvel, dont les ambitions en matière de récits hors continuité et dits de prestige sont nulles, Daredevil : Cold Day in Hell risque bien de rester une tentative sans lendemain. En l'état, au mieux, il s'agit d'une mini série affichant une équipe créative accrocheuse mais dont le résultat déçoit.


Je ne sais pas qui il faut réellement incriminer : Charles Soule, qui revenait sur le personnage de Daredevil après un run qui a divisé (même si, moi, je le défends) ? Le fait que Steve McNiven se soit aussi investi dans le scénario, lui qui n'a aucune expérience en la matière ? L'ambition assumée du projet qui n'a pas tenu ses promesses ? Un manque de rigueur éditoriale pour diriger les auteurs ?


Sans doute un peu de tout ça. Sur le scénario, on ne peut que noter des failles : où est passée Elektra dans ce dernier numéro, après son apparition fantastique lors du précédent épisode ? A quoi sert le Punisher dans ce récit ? Et cette conclusion est définitivement trop naïve, trop balourde... Et l'ensemble de ce chapitre manque surtout d'intensité, de puissance. Ce final n'est pas à la hauteur.


C'est comme si tout ce qui avait mené à cette ultime partie révélait les faiblesses de l'intégralité du récit. Certains passages sont trop allusifs pour ne pas être simplement frustrants (concernant le sort de Wilson Fisk). D'autres sortent littéralement de nulle part (Frank Castle). D'autres sont lourdement métaphoriques (le destin de Tyra). Et en définitive, on ne peut pas être satisfait.

Alors bien sûr, il y a la performance (car c'est bien comme ça qu'il faut l'apprécier, comme un exercice de style géant) de Steve McNiven, qui imite Frank Miller, dans son découpage, dans son trait, à travers son personnage fétiche, etc. Mais c'est aussi une sorte de problème à la lecture : McNiven semble s'être offert un plaisir luxueux sans avoir su embarquer le lecteur dans son délire.

C'est la différence entre une BD qui a quelque chose à raconter et une BD qui se la raconte. Daredevil : Cold Day in Hell se la raconte un peu trop avec son côté "à la manière de..." : c'est un Elseworld, c'est du Frank Miller, c'est du Daredevil... Mais ça ne dit pas grand-chose ni de neuf sur Daredevil, ni sur ce que Soule et surtout McNiven ont voulu apporter à l'édifice.

Et c'est le comble quand même, car quand on entreprend de livrer la dernière histoire d'un héros, aussi iconique par-dessus le marché, la moindre des choses, j'ai envie de dire la moindre des politesse envers le lecteur, c'est de ne pas se contenter d'un effort cosmétique. Il faut extraire la substantifique moëlle du sujet. Il faut se sortir les doigts et que le lecteur sente un investissement spécial.

On avait cette impression sur les deux premiers épisodes, qui faisait espérer à un final grandiose, cathartique. Mais à la place, on a une conclusion qui fait "pschitt !", de façon assez misérable, avec des citations qui semblent pour le coup déplacées (comme le Tireur qui se la joue Joker). C'est rageant. C'est dommage.

Maintenant, Soule va replonger dans les limbes. Et McNiven aller chez DC, avec un one-shot Batman écrit par Tom King, un scénariste qui, s'il est en verve, lui fournira sans doute plus de biscuit qu'ici. En souhaitant que l'artiste ne la rejoue pas comme Miller une nouvelle fois...

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