Et c'est reparti pour des critiques comics, après une semaine dernière pauvre en nouveautés et remplacée par des articles cinéma. Cet avant-propos pour vous dire que, désormais, je pense "meubler" ainsi les semaines "sans" (en parlant films donc). Merci à ceux qui auront lu ces articles cinéma. Et j'espère que les fans de comics seront comblés par ce retour des comics dont j'ai choisis de parler en suivant l'ordre alphabétique de leur titre (on s'amuse comme on peut).
Batman a compris que le dossier que Double-Face a volé au commissaire Gordon contenait une liste d'hommes avec un enfant susceptibles d'être Batman et Robin. Gordon s'en excuse mais, pour se racheter, va assurer la protection des suspects. Or il se trouve que Gueule d'argile usurpe l'identité de Bruce Wayne pour enquêter sur lui...
Alors que Urban Comics s'apprête à sortir en album les six premiers épisodes de cette mini-série (vous savez donc ce qu'il vous reste à faire... - Oui, quoi ? - L'acheter !), l'intrigue de Batman and Robin : Year One confirme qu'elle s'accélère depuis son retour le mois dernier (après son absence dans les bacs en Avril).
A présent, Batman et Robin en savent quasiment aussi long que le lecteur sur la fameuse liste volée à James Gordon par Harvey Dent et le projet du général Grimaldi qui veut l'exploiter pour éliminer tous les hommes avec un enfant susceptibles d'être le dynamic duo. Et ça bouleverse évidemment pas mal de choses dans les relations et les actions des uns et des autres.
La scène d'ouverture voit Batman et Robin sauver un couple visé par Grimaldi. Mark Waid et Chris Samnee en profitent pour montrer Robin s'emparer d'un pistolet et Batman lui passer un savon car il prohibe totalement l'emploi d'une arme à feu contre un adversaire. Evidemment, cela s'explique par le fait que c'est par un homme ainsi armé que ses parents sont morts.
Mais la scène est aussi drôle quand Robin, penaud, fait remarquer que, outre le fait qu'il n'aurait jamais tiré sur un homme, voulant juste l'effrayer, il n'est pas simple pour lui de susciter la peur avec son costume coloré. On retrouve bien là tout l'humour subtil et juste de la série, ce qui fait sa principale qualité dans la caractérisation et la succession dramatisation/dédramatisation de ses scènes.
L'épisode abonde en exemples de ce type comme quand Batman et James Gordon s'expliquent sur la liste dont le dark knight a deviné le contenu. L'échange est d'abord tendu car le policier a trahi la confiance du justicier. Mais ensuite la discussion se détend lorsque les hommes devisent sur les qualités qu'il faut pour être un bon père (Batman avec Robin, Gordon avec sa fille Barbara).
C'est évidemment un régal de lire des dialogues aussi finement tournés et qui alimentent le récit à la fois dans sa dimension intime mais aussi le nourrit dans son intrigue car Batman, on le voit, a toujours peur pour Robin : peur de mal l'élever, peur quand il patrouille avec lui, et cette peur l'humanise. Et cela vient rappeler au lecteur que Gordon est à cette époque un jeune papa, qui ignore tout du destin si spécial de sa fille.
De paternité il est encore question dans ce passage où Grimaldi fils humilie son père handicapé en se vantant d'avoir semé la terreur dans Gotham, asseyant un peu plus son pouvoir, et établissant ce qui fait un chef quand son paternel était un gangster dépassé, de la vieille école. Je ne serai pas étonné que le vieux Grimaldi, malgré sa faiblesse physique, finisse par corriger son fiston avant la fin...
L'épisode culmine avec une séquence assez longue où la maestria de Chris Samnee trouve à s'exprimer quand Gueule d'argile prenant l'apparence de Bruce Wayne pénètre dans son manoir et doit composer avec la présence de Dick Grayson. Formidables planches où le lecteur craint pour la vie de Dick tout en sachant que le boy wonder a de la ressource avant qu'une bagarre expéditive avec Batman n'éclate.
Batman and Robin : Year One est simplement magistral. Simplement parce que ses auteurs ne donnent jamais l'impression de forcer leur talent, leurs efforts sont invisibles. Mais c'est justement ce savoir-faire pour les dissimuler qui rend leur prestation si bluffante. Il y a beaucoup à apprendre et à savourer en lisant une BD aussi maitrisée, où scénariste et dessinateur sont si complémentaires.
Alors, vous savez ce qu'il vous reste à faire ? Achetez le tome 1 de Batman et Robin : Année Un dès sa sortie, le 27 Juin. Croyez-moi : vous allez adorer et être impatient de lire la suite.





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