jeudi 19 juin 2025

MOON KNIGHT : FIST OF KHONSHU #9 (Jed MacKay / Devmalya Pramanik)


Hank Pym a trouvé un antidote au Glitter, la drogue que vend Achilles Fairchild. Problème n°1 : impossible de le produire en grande quantité rapidement. Problème n°2 : il faut le tester. Moon Knight décide de jouer les cobayes, à ses risques et périls...


Je ne veux pas vous saouler avec ça, mais, vraiment, Moon Knight : Fist of Khonshu est bien la meilleure série actuelle produite par Marvel. Bon, c'est pas exactement comme si la concurrence était rude dans la "maison des idées" actuellement, mais en termes de cohérence narrative, de qualité scénaristique, de puissance graphique, de plaisir de lecture, tout y est.


La question qui se pose en fait est la suivante : comment ce titre a-t-il pu échapper à un éditeur qui y aurait mis ses grosses pattes pour le sagouiner ? Sans doute parce qu'au fond je soupçonne Marvel de se foutre de cette série. Moon Knight n'est pas une priorité, ça doit vendre juste assez pour ne pas risquer une annulation, Jed MacKay est bien vu. En tout cas, c'est un petit miracle.


Dans l'épisode de ce mois-ci, ce qu'on remarque, c'est à quel point MacKay justement construit remarquablement son intrigue et bâtit son run. Chaque nouveau numéro fait progresser l'histoire, pas à un rythme fou je vous l'accorde, mais cette façon de prendre son temps confère au récit une densité, une épaisseur dramatiques.


Depuis qu'il est engagé dans son combat contre Achilles Fairchild, donc depuis le début de ce volume, Moon Knight a été battu, obligé de fuir, de sa cacher, mais maintenant, c'est l'heure de la revanche, du match retour. Cela a été initié le mois dernier quand il a retourné Carver, la garde du corps de Fairchild, et il franchit donc cette fois un nouveau cap.

Ce qui est enthousiasmant, c'est que Moon Knight n'apparaît pas une énième fois comme un type complètement submergé par son trouble dissociatif de la personnalité. Il agit certes de façon risquée, mais plus calculée, plus stratégique, par étapes. Et l'étape du mois en quelque sorte, c'est désormais de s'attaquer à ce qui fait la fortune de son adversaire, la drogue, le Glitter.

Tout l'épisode, quasiment, est une sorte de test que désapprouverait n'importe quel addictologue, mais on n'est pas dans le crédible, le scientifique, on est dans un comic-book et donc on s'autorise de la fantaisie. Moon Knight va donc tester sur lui-même un antidote au Glitter mis au point par Hank Pym. Et il justifie de le faire avec de bons arguments (ce qui renvoie donc à son approche plus pragmatique).

Le trip est magnifiquement, encore une fois, mis en images par le prodigieux Dev Pramanik. Sa mise en page, son découpage, la forme même de ses cases, tout concourt à rendre l'expérience la plus viscérale possible. Et c'est très intense. Il y a du Bernie Wrightson chez Pramanik, dans sa manière d'aborder physiquement l'action, les personnages, de manière très expressive, voire expressionniste.

Parfois on flirte avec le body horror, mais sans y aller franchement, pour éviter à la série d'être classifiée pour lecteur averti (mature reader en vo). C'est très malin, mais c'est surtout techniquement et visuellement très fort. Pramanik est sans aucun doute la révélation Marvel de ces derniers mois, bien plus légitime que la dernière fournée grotesque des Stormbreakers Marvel (même s'il y a du talent, mais enfin, les promus ne sont pas franchement des nouveaux venus).

Bref, c'est une grande série. Et tant qu'aucun editor incompétent n'y mettra son nez, ça durera. De ce point de vue, le fait que Jed MacKay soit dans les petits papiers de Marvel le sauve certainement de cet interventionnisme qui fait tant de ravages.

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