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mercredi 30 septembre 2026

QUEEN IN BLACK #5 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina) / VENOM #262 (Al Ewing / Carlos Gomez)



La Terre est entièrement "venomisée" suite à la tentative ratée de Mr. Fantastic de transférer Venom dans le corps de Dylan Brock pour détruire l'esprit de ruche des symbiotes aux ordres de Hela. La déesse asgardienne est tuée par Knull en duel et celui-ci fait donc face à notre planète et l'infiltre. Va-t-il prendre l'avantage, comme il l'espère ? Ou être dépassé par cette adversaire hors normes ? Et quid de VenoMJ ?


J'ai décidé de vous livrer une critique "deux en un" pour la fin du run de Al Ewing sur Venom et la conclusion de l'event Queen In Black. Si je me fie au conseil de l'ordre de lecture de plusieurs sites spécialisés, il faudrait donc lire Queen in Black #5 avant à Venom #262. Mais, en vérité, les deux épisodes sont organiquement liés et les illustrations de cette critique vont et viennent d'un titre à l'autre.


De manière assez habile, Al Ewing met en parallèle l'aspect grandiloquent du final de l'event avec le côté plus intimiste de la fin de Venom. D'un côté, Knull (qui se montre enfin, mais qui a été plus présent dans les tie-in) fait face à la Terre recouverte par le symbiote suite à la tentative ratée de Reed Richards de transférer Venom de Mary Jane Watson à Dylan Brock. 


Le spectacle de notre planète devenant une sorte de Mogo (un Green Lantern de la taille d'un globe céleste) noir est tellement ridicule visuellement qu'on ne peut qu'en ricaner. Mais c'est souvent dans ces moments un peu wtf que Queen in Black a été le plus plaisant, donc ça colle. Et puis Ewing exploite cette image de manière plutôt inventive.


Car si toute la planète est devenue l'hôte du symbiote, ça veut dire que tous ses habitants sont désormais aussi les hôtes de Venom. Pour Knull, c'est une faiblesse car les humains, juge-t-il, sont incapables de s'unir face à la menace qu'il incarne. Pour Mary Jane Watson, en revanche, c'est un atout car, même désunis, les humains ont peur de la même chose alors et cela les fait réagir bruyamment.


Or, Knull, comme ancien King in Black et comme tout symbiote, craint le bruit et le feu. Alors imaginez ce qu'il endure en entendant les cris d'effroi de huit milliards de terriens. Et par un effet boule de neige, Venom n'y résiste pas non plus. Donc la Terre se débarrasse de Knull et de Venom d'une pierre deux coups ! (Oui, je spoile, mais c'est pour la bonne cause.)

Et puis dans les pages de Venom, Ewing examine ce que la séparation entre le symbiote et Mary Jane implique. D'abord, elle savoure le fait d'être encore en vie puisque, jusque-là, elle survivait grâce au lien avec Venom. Mais l'expérience ratée de Reed Richards a eu au moins un effet bénéfique : la vie de MJ ne dépend plus du symbiote, elle a complètement récupéré. 

C'est un peu facile, mais Ewing n'avait pas le choix : il devait rendre MJ à la vie civile et Venom à un nouvel hôte (car, évidemment, la bestiole n'est pas morte). C'est la règle : quand on scénariste quitte le titre, il est remplacé et doit rendre la série dans l'état où il l'a trouvée pour que son successeur ne soit pas obligé de commencer son run par des explications sur la fin du précédent.

A ce titre, le plus énorme reste de lire comment, parmi huit milliards de prétendants, Venom choisit son nouvel hôte. Mais bon, c'était attendu et on n'est plus à une énormité près. Charles Soule pourra débuter dès le mois prochain son relaunch sans avoir à exposer la situation ni justifier l'identité du nouvel hôte de Venom.

Ewing souligne aussi que Venom va manquer à MJ, elle s'y était habituée et ce dernier épisode permet, avec assez d'ambivalence, de revenir sur la responsabilité de MJ dans la mort de Torment (le vilain du crossover Death Spiral). Dans ces scènes-là, le scénariste fait preuve d'une vraie finesse et achève son run avec goût.

Iban Coello et Paco Medina se partagent encore les pages de Queen in Black, sans démériter, sans briller non plus. Carlos Gomez est infiniment plus appliqué sur Venom (avec qui il renouera pour la mini-série en cinq parties Venom : P.O.V. à partir de Décembre, sur un scénario de Ryan Stegman), mais j'espère qu'ensuite Marvel saura le placer sur une série différente et assez exposée comme son talent le mérite.

Voilà, c'est fini. Une fin assez moyenne à cause d'un event mal fichu, publié en même temps qu'un autre (Armageddon). Pour Venom, en revanche, le bilan est plus flatteur et il faut souhaiter que Mary Jane Watson soit dans les petits papiers de Marvel si on veut continuer à la voir.

mercredi 16 septembre 2026

QUEEN IN BLACK #4 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)


Cable expose son plan B aux héros : en disposant plusieurs téléporteurs, il compte déplacer le combat entre Hela et Knull dans une réalité parallèle et ainsi sauver la Terre. Mais de son côté Mr. Fantastic travaille encore à une alternative qui consiste à utiliser le pouvoir contenu dans l'ADN de Dylan Brock pour briser l'esprit de ruches des symbiotes. Mais l'expérience prend un tour inattendu...
 

L'event touche à sa fin et sa conclusion ne se fera pas attendre puisqu'elle paraîtra la semaine prochaine. Al Ewing mène son affaire avec beaucoup de rythme comme pour tenter de faire oublier la bêtise de son intrigue où, je vous jure que c'est vrai, Knull n'est toujours pas apparu alors qu'il est censé être l'autre grand méchant avec Hela (ne vous fiez donc pas à la couverture).


On découvre le plan de Cable qui est effectivement très risqué et idiot (en gros : téléporter Knull et Hela pour qu'ils aillent se battre ailleurs). Vu les craintes émises par Iron Man, j'avais pensé à une manoeuvre bien plus dangereuse, mais Queen in Black aura au moins appris une chose au lecteur : ne pas trop y croire. Oui, on se console comme on peut...


La menace de Hela repose sur le schéma classique d'une armée d'envahisseurs que leur patronne envoie sur le champ de bataille en attendant que ce soit terminé. C'est assez comparable à la situation du lecteur qui, lui aussi, attend que ce soit fini pour passer à autre chose et oublier ce machin invraisemblable, indigne du talent de son auteur mais hélas ! tout à fait représentatif de la production globale de son éditeur. Et, oui, Armageddon est du même niveau (mais j'y reviendrai le mois prochain)...


Reed Richards se montre un savant incroyablement foireux à jouer à l'apprenti sorcier au Baxter building avec Venom, Mary Jane Watson et Dylan Brock. Mais au moins, piètre compensation, là, ça aboutit à un cliffhanger spectaculaire quoique tout aussi grotesque. Dire où ça va nous mener reste une énigme, même si on sait que tout finira par rentrer dans l'ordre avec un minimum de conséquences.

Le vrai souci, en vérité, c'est que, quel que soit l'event qu'on a privilégié, Queen in Black ou Armageddon, cela montre que Marvel n'y croit guère et ne fait rien pour le dissimuler. Ce sont des reliquats à publier de la gouvernance C.B. Cebulski. Les deux histoires sont réglées en cinq épisodes, annulant de facto toute ambition de développer quelque chose qui ne soit pas expédiée.

Pour Ewing, en tout cas, c'est une piteuse sortie après son run sur Venom. Le scénariste quitte le personnage et son univers en rangeant les jouets pour son successeur mais sans produire une conclusion qui reflète son talent. Il est clair qu'il a oeuvré avec un editor qui a guidé son récit et Ewing a toujours accepté ces contraintes, quelle que soit la série qu'il pilotait. Sauf que là, le résultat n'est vraiment pas fameux.

Pourquoi Ewing, avec sa connaissance encyclopédique des comics Marvel, la qualité qu'il peut donner à ses scripts, n'est-il jamais devenu un de ces architectes qu'aime tellement mettre en avant l'éditeur, à l'instar d'un Hickman ou d'un Zdarsky désormais ? Et que va-t-il faire après Venom ? Que peut-il encore apporter à Marvel - à moins que ce ne soit le contraire ? J'ai quand même l'impression que son tour est passé...

Les dessins sont encore une fois assurés par deux artistes : Paco Medina ouvre le bal et s'acquitte avec soin des pages qu'on lui désigne. C'est un dessinateur très capable, sans être jamais génial, régulier dans l'effort, mais qui n'a jamais eu de série où il aurait pu s'imposer comme un incontournable alors qu'il dépasse facilement d'autres stormbreakers dont Marvel vante un peu vite les mérites.

Et justement Iban Coello a, lui, été un de ces cartoonists mis en avant, or on voit qu'il est incapable de produire cinq épisodes tout seul. C'est correct mais sans folie, et ce n'est pas la première fois. Ne serait-il pas temps pour Marvel de valoriser des talents qui soient d'abord réguliers et techniquement compétents au lieu d'avoir un style percutant mais irrégulier ?

Allez, vite le prochain et dernier épisode, qu'on en finisse !

samedi 22 août 2026

QUEEN IN BLACK #3 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)


Eddie Brock a fusionné avec le symbiote Sleeper et s'occupe des soldats Kree que Hela a asservis avec d'autres symbiotes pendant que VenoMJ et Spider-Man emmènent Dylan Brock au Baxter Building. Mr. Fantastic a en effet une idée pour régler le conflit...


Comme le précédent épisode, ce n° de Queen in Black s'ouvre avec une scène spectaculaire et très amusante où Fing Fang Foom possédé par un symbiote menace de faire tomber la Tour de Pise avant que Captain Marvel, Emma Frost, le Fauve et quelques géants (Black Goliath, Atlas, Giant Man) n'interviennent.


C'est pour ainsi dire ce qu'il y a de mieux dans cet épisode - et peut-être dans cet event. On sent que Al Ewing a envie de s'amuser en poussant tous les potards dans le rouge et oser le WTF complet. Mais on sent aussi que, dans son dos, un editor veille et le ramène sur les rails pour écrire une histoire plus conforme à ce que Marvel exige en termes de sagas événementielles.


Et, donc, on renoue par la suite avec des scènes beaucoup plus convenues, moins rigolotes, avec un tas de symbiotes moins délirants (quoique la dernière page...). Cela fait aussi ressortir les incohérences du récit et elles sont nombreuses. Par exemple, où est Knull, celui qu'on nous annonçait comme le futur challenger de Hela et qu'on n'a plus vu depuis le 1er épisode ?


On peut aussi se demander comment Eddie Brock s'est évadé de prison et a si vite retrouver le symbiote Sleeper pour fusionner avec lui. Cela évente du coup complètement ce qui restait de suspense quand à l'avenir du personnage, qui va bien entendu récupérer Venom à la fin de cette affaire. On se croirait revenu au temps où surgissaient des Hulk de partout avec Jeph Loeb...

Entre deux bastons (VenoMJ écartant des... Symbiotes, je vois que vous suivez, c'est bien), on a quand même droit à quelques dialogues comme quand Spider-Man tente de faire comprendre à Dylan Brock qu'il ne tolérera aucun meurtre (car, après tous, les symbiotes possèdent des hôtes innocents pour la plupart) - notion que MJ discute quelque peu (à moins que ce ne soit Venom qui ne parle à ce moment-là).

Mais là aussi, Ewing est obligé d'abréger et l'échange donne le sentiment d'une occasion manquée. C'est assez curieux parce que dans Venom #260, la semaine dernière, le scénariste s'attachait à rendre Dylan Brock un peu plus sympathique... Et dans Queen in Black #3, il en fait à nouveau un gamin insupportable. Ewing sait-il seulement quel visage il veut donner à Dylan ? Ou bien là encore a-t-on droit à un interférence éditoriale ?

Les dessins sont encore une fois signés Paco Medina (au début et à la fin), pour le meilleur, dans un style efficace et clair, et Iban Coello (pour le reste), dans un registre plus nerveux et parfois plus approximatif, avec une tendance marquée à l'exagération des expressions. Cela ne joue pas en faveur de l'event qui manque d'unité graphique.

Ce n'est pas très bon, reconnaissons-le. Et je regrette de m'être laissé entraîner là-dedans. J'aurai aimé que Ewing s'en sorte mieux, ou ait les mains plus libres. Mais le résultat est là et je ne le vois pas changer d'ici les deux prochains chapitres.

samedi 8 août 2026

QUEEN IN BLACK #2 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)

 

Hela expose son plan pour conquérir la Terre avec son armée de symbiotes possédant des races extraterrestres connues pour leurs capacités guerrières. Cable et Iron Man débattent de la meilleure stratégie pour s'en tirer et le mutant est adepte de la méthode la plus expéditive. Dylan Brock n'obéit pas aux consignes de ses partenaires et cela va lui coûter cher contre Marvel Boy... 


Observez cette double page ci-dessus : elle apparaît lors de la scène d'ouverture de cet épisode et montre Wolverine fondre sur symbiote mais la réalité est altérée et le griffu passe par plusieurs états (homme des cavernes, personnage de cartoon, monstre...). Pour venir à bout de la créature, il faudra qu'il soit électrocuté par Tornade car le symbiote n'y résistera pas mais Logan, si.


Nous sommes d'accord pour dire que c'est une scène de combat idiote, flirtant avec la parodie. Mais c'est assez drôle et c'est ce qu'aurait pu (dû ?) être Queen in Black si Al Ewing avait osé (ou s'il n'avait pas un editor qui le supervise et l'empêche de trop déconner). Un event marrant, voilà qui aurait changé, qui aurait été audacieux...


Mais, bien entendu, ce n'est pas le cas. Passée cette entrée en matière, la routine reprend ses droits et on a droit à de l'action beaucoup plus sérieuse, pompeuse même, avec un maximum de dégâts matériels, de choix stratégiques absurdes, de personnages qui font n'importe quoi et qui, logiquement, en paient le prix tout en compromettant les chances de leurs amis dans ce conflit.


Cette bêtise a au moins un avantage : elle rend la menace incarnée par Hela, désormais reine des symbiotes, vraiment dangereuse et consistante. Une autre scène la voit exposer son plan comme un méchant sorti d'un James Bond - un plan par ailleurs très banal, consistant à prendre le contrôle de la Terre et puis de Midgard, tout en veillant à avoir un atout dans la manche qui éliminera Knull.

Knull brille, si j'ose dire, par son absence. Il n'apparaît pas une seule fois dans ce numéro d'un event où il est quand même l'autre méchant de l'histoire. Al Ewing traite vraiment tout ça avec désinvolture, comme si quelqu'un lui soufflait à l'oreille les figures imposées par l'exercice. C'est triste mais, hé, c'est Marvel et l'éditeur a de toute façon déjà substantiellement spoilé les conséquences de cette histoire.

La scène avec Hela est la plus dialogué de l'épisode avec celle où Iron Man (dans une armure Knullbuster) discute stratégie avec Cable. Il est fait mention des tie-in (pour ceux qui ont vraiment du blé à claquer et du temps à perdre) et d'un plan B expéditif qui aura des chances d'être exploité (sinon, pourquoi le mentionner ?).

Le reste, c'est de la baston avec des super héros qui semblent faire un concours pour être élu celui qui prendra la plus mauvaise décision. A ce jeu, Dylan Brock alias Toxin alias Captain Spider (sic) n'a pas de mal à se distinguer et prouve à quel point il est une tête à claques méritant de périr dans des conditions atroces. Je sais, c'est méchant, mais franchement, il est insupportable.

Le piège tendu aux héros et donc à Dylan est tellement prévisible qu'il est ahurissant que seul le lecteur le voit venir. Si Queen in Black avait été traité comme une comédie, cela aurait été le prétexte à une bonne blague. Hélas ! ni Al Ewing ni Marvel n'ont franchi cette limite. Parfois, plus c'est con, plus c'est bon. Ici, c'est simplement con.

Iban Coello a encore une fois manqué une occasion de faire correctement ses devoirs puisqu'il est secondé par Paco Medina. A ce stade, c'est juste du foutage de gueule, et c'est même assez insultant pour Medina (qui sera aussi là pour le #3). Coello et Medina ayant des styles pas trop différents, le résultat ne jure pas, mais enfin, ce n'est pas sérieux.

Quand ça se bastonne donc, on a droit à des planches toniques, c'est déjà ça. Mais Marvel doit régler ce problème de dessinateur pour ses events : soit l'éditeur est honnête avec ses lecteurs et annonce dès le début qu'il y a deux artistes, soit il fait bosser l'artiste cité dans les sollicitations avec assez d'avance pour qu'il réalise tous les épisodes.

Allez, rendez-vous dans quinze jours pour l'antépénultième chapitre de cette formidable saga (je plaisante !)...

mercredi 29 juillet 2026

QUEEN IN BLACK #1 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Zé Carlos)


Knull est devenu une créature qui contrôle la lumière mais il est resté ce méchant qui veut dominer l'univers. Hela, la déesse asgardienne de la mort, a hérité des pouvoirs initiaux du roi sombre et vise la conquête de la Terre avec son armée de symbiotes possédant divers races aliens. Captain Alliance briefe les héros qui se mettent en ordre de marche...


Queen In Black sera donc l'adieu du scénariste Al Ewing à l'univers des symbiotes puisqu'au terme de cet event, il cessera également d'écrire la série Venom (dont il tenait les commandes depuis 2021). Le rythme de parution sera rapide puisque les épisodes sortiront tous les quinze jours. On peut déplorer que Marvel ait choisi de le publier en même temps que Armageddon, mais c'est ainsi.


Toutefois, même si c'est Al Ewing, force est de constater qu'on conserve strictement les mêmes recettes ici. Ce premier (et volumineux - 50 pages !) épisode expose donc les menaces - Knull et Hela - , montre la réunion des super héros qui se prépare à une nouvelle crise, et s'achève sur un cliffhanger spectaculaire. Rien de bien folichon donc.


Ewing, qui avait dû partager l'écriture de Empyre avec Dan Slott, pour un résultat très moyen (et je reste poli), ne semble pas avoir eu les coudées plus franches au moment de signer un event tout seul. Comme les films du MCU qui sont supervisés par Kevin Feige, on sent que le staff éditorial de Marvel comics regardait par-dessus l'épaule de l'auteur pour s'assurer qu'il ne franchisse pas certaines limites.


Alors, parce que c'est Ewing, on ne s'ennuie pas et on a même droit à quelque traits d'humour rafraîchissants, en particulier dans l'interaction de certains personnages (ici Iron Man qui doit digérer le fait que Mary Jane Watson soit devenue le nouvel hôte de Venom par exemple). On apprécie le fait qu'un projet aussi balisé s'autorise un peu de légèreté.

D'ailleurs, c'est ce qui sauve Queen in Black de la médiocrité : Ewing n'a pas voulu se prendre trop au sérieux. Il sacrifie aux clichés du genre avec des dommages collatéraux importants (la pyramide de Gizeh est détruite !... Mais Scarlet Witch promet de la reconstruire une fois le conflit terminé...), mais il fonce pied au plancher dans une intrigue volontairement superficielle.

Ici, on n'a pas seulement droit donc à la Queen in Black du titre mais aussi au King in Bright (Knull) et ce dispositif laisse espérer que Ewing a imaginé un blockbuster où des super héros se battent contre des super méchants mais aussi que les deux super méchants principaux s'affrontent pour le gain de la Terre. C'est totalement absurde, je vous le confirme, mais c'est rigolo.

Côté dessin, alors qu'on nous promettait chez Marvel que Iban Coello serait le seul artiste sur ce projet, voilà-t'y pas qu'il a été incapable de produire toutes les pages et a dû être soutenu par Zé Carlos. Encore un event merveilleusement bien édité puisque Armageddon a le même souci (le duo Alpizar & Diaz est remplacé au #3 par un fill-in).

Dans leur frénésie à sortir des events à tout bout de champ, Marvel reste infichu de les préparer avec assez d'avance pour les confier à des artistes qui peuvent réaliser sans suppléant ce qu'on exige d'eux. C'est tout de même assez misérable. DC K.O. avait aussi deux artistes (Javi Fernandez et Xermanico, mais avec des tâches spécifiques), alors que là Coello tire la langue et doit passer le relais à Carlos.

C'est d'autant plus déplorable que Coello est habitué à cela (déjà pour Imperial, il se partageait le boulot avec Federico Vicentini), donc pourquoi encore lui confier un event ? Je pose la question sans méchanceté : Coello a du talent, un trait très énergique, qui colle bien à ce genre d'histoire. Mais c'est agaçant. Et puis Zé Carlos, bon, c'est quand même très moyen.

Heureusement que tout ça va vite passer parce que sinon j'aurai regretté mon investissement. Croisons quand même les doigts pour que Ewing nous surprenne un peu pour la suite....