samedi 10 octobre 2026

SPIDER-MAN : BRAND NEW DAY (Destin Daniel Cretton, 2026)


Cela fait maintenant quatre ans que, grâce au sort lancé par Doctor Strange, tout le monde a oublié que Peter Parker était Spider-Man. Mais Spider-Man continue ses activités de justicier à New York, permettant notamment à l'inspectrice Jean DeWolff de mettre derrière les barreaux le Scorpion. Pourtant, lors du transfert de ce malfrat vers une prison sécurisée, un tank défonce les locaux de Damage Control. Le conducteur de l'engin est sous l'emprise d'une télépathe et le Scorpion s'évade.
 

Lorsqu'elle a essayé de contrôler mentalement Spider-Man, celui-ci a compris qu'elle cherchait après un dossier nommé "V-Max". Le directeur de Damage Control jurant qu'il ne connaît rien de ce nom, Spider-Man s'adresse à White Widow, sans succès. Lorsque le Scorpion resurgit, Spider-Man perd ses nerfs et blesse une policière en intervenant. Peter Parker interroge le Pr. Bruce Banner sur l'inhibiteur qu'il a mis au point pour ne plus se transformer en Hulk puis en fabrique un à son tour.
 

Mais la télépathe a découvert l'adresse et le nom de Peter et menace de s'en prendre aux êtres qu'il aime s'il ne la laisse pas agir. Spider-Man met à l'abri MJ chez le Punisher et retourne dans les locaux de Damage Control où Hulk, sous emprise, s'interpose entre lui et la télépathe venue arracher des réponses au directeur. Après, avec l'aide du Punisher, avoir réussi à maîtriser ses deux adversaires, Spider-Man apprend le nom de la télépathe : Jean Grey...


Cinq ans après la sortie de Spider-Man : No Way Home, qui concluait la trilogie réalisée par Jon Watts, Spider-Man : Brand New Day était certes attendue mais personne, je pense, ne pouvait prévoir l'énorme succès commercial que le film allait rencontrer, devenant le plus gros succès domestique d'une production américaine.
 

Cela prouve la côte d'amour intacte du personnage auprès du grand public, au-delà de la base de fans de comics. Evidemment, comme toujours dans ce genre de cas, le long métrage n'a pas satisfait beaucoup de critiques. J'ai moi-même beaucoup hésité avant d'aller finalement le voir, notamment parce que la présence au casting de Mark Ruffalo et Florence Pugh - je dirai pourquoi plus loin - me dérangeait.
 

Pourtant, il faut l'admettre, dans son genre, c'est un excellent divertissement, avec des curiosités narratives, mais où ne voit pas passer le temps. C'est efficace, parfois vraiment émouvant, et c'est la première fois dans le MCU que Spider-Man ne dépend pas d'un mentor devenu envahissant (Iron Man) - mais qui a dû lui léguer une partie de sa fortune si l'on se fie à l'équipement dont Peter Parker dispose sans travailler dans le civil.


Le film introduit aussi pour la première fois Jean Grey, future membre des X-Men dont l'adaptation entrera en production l'an prochain pour une sortie en 2028. Avec le succès de Brand New Day, c'est un fameux coup de projecteur dont bénéficie les futurs mutants made in MCU (alors que Ms. Marvel et Photon ont été enterrées après l'échec en salles de The Marvels - tout comme Captain Marvel ?).

Ceci étant, on devine assez vite, même sans avoir été spoilé comme je l'ai été, l'identité de cette télépathe. Plus bizarrement, le film fait le choix de la présenter comme une quasi méchante, avant de rectifier le tir in fine pour qu'on comprenne qu'il s'agit d'une jeune femme ayant beaucoup perdu, faisant écho habilement à la propre situation de Peter Parker.

Plus incongru encore est le rôle tenu par le Punisher qui est donc ici devenu un ami de Spider-Man et qui évolue dans New York, armé jusqu'aux dents, sans que ça n'émeuve personne. Dans la vraie vie, Jon Bernthal et Tom Holland sont aussi des amis de longue date et le film s'appuie beaucoup sur leur complicité pour nourrir celle des personnages qu'ils incarnent. 

Comme je le disais plus haut, une des raisons pour laquelle j'ai tardé à aller voir Spider-Man : Brand New Day tenait à la présence de Florence Pugh et surtout de Mark Ruffalo, deux caricatures de ce que Hollywood a produit de pire depuis le 7 Octobre 2023 avec leur "Free Palestine" quand il n'était pas plus simplement question de déclarations antisémites.

Si le talent de Pugh et Ruffalo n'est pas à discuter, je suis extrêmement mal à l'aise que Hollywood ne les sanctionne pas pour leurs propos et leur attitude (alors que d'autres acteurs ont été blacklistés pour moins que ça). Mais, même en se tenant à leurs rôles, ils me semblent superflus. Le Punisher aurait largement pu donner à Spider-Man les infos que lui refilent Yelena Belova.

Quant à Banner/Hulk, je trouve que c'est une occasion manquée. J'avais imaginé que le film introduirait le Dr. Curt Connors qui aurait à la fois pu être utile à Peter comme Banner et son alter ego, le Lézard, pour l'équivalent de la baston entre Hulk et Spidey. Après avoir éloigné Iron Man de l'univers du tisseur, ça aurait été aussi bien de ne pas lui coller dans les pattes White Window ou Hulk.

En revanche, la manière dont les scénaristes, Chris McKenna et Erik Sommers, ont réussi à justifier le retour de MJ/Zendaya et Ned/Jacob Battalon est vraiment chouette. D'ailleurs, on nous épargne, assez courageusement, le fait que Peter et MJ retombent amoureux. Et la scène finale avec Ned est parfaite, ingénieuse et subtile.

Vous l'aurez compris : Spider-Man : Brand New Day aurait pu être mieux, notamment si Destin Daniel Cretton avait pu détacher plus franchement, pour une fois, le tisseur du reste du MCU (c'est-à-dire sans Hulk ni White Widow). En l'état, on a encore ce sentiment qu'il s'agit d'un épisode dans un semble plus vaste dont le personnage ne peut s'émanciper.

Mais son triomphe n'est pas volé : c'est de l'entertainment bien fichu, avec une réalisation inspirée, des acteurs impliqués (Holland joue le jeu et ne retire pas son masque à tout bout de champ, Bernthal est génial et Sadie Sink est formidable) et une histoire dense mais fluide. Si Cretton reste aux manettes, le prochain film devrait être encore meilleur.

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