samedi 24 octobre 2026

ABSOLUTE WONDER WOMAN, TOME 3 : LA SAISON DES SORCIERES (Kelly Thompson / Hayden Sherman, Mattia de Iulis)


ABSOLUTE WONDER WOMAN, TOME 3 : LA SAISON DES SORCIERES
(Absolute Wonder Woman #15-20 + Annual 2026)


- #15 : THE MARK OF HECATE (Kelly Thompson / Hayden Sherman) - Diana se rend à Gotham pour enquêter sur une série de meurtres liée à des pratiques occultes. Batman lui sert de guide et de renfort pour ce qui s'avère être un piège tendu par Veronica Cale, dont l'ambition est de traquer et capturer/éliminer les justiciers masqués...

Ce nouveau tome d'Absolute Wonder Woman (une des très rares séries que je continue de suivre en vf - en même temps j'ai commencé ainsi, je poursuis donc ainsi) offre encore un programme copieux (merci, Urban Comics). Et Kelly Thompson ouvre les festivités avec un crossover entre Wonder Woman et Batman, qui répond à celui lu dans Absolute Batman #16, même s'il s'agit d'une histoire différente.

L'intrigue est simple mais rondement menée, avec la création d'un golem par une secte mystique. Toutefois Thompson sait se montrer originale dans la mesure où ce n'est que la partie visible de l'iceberg. En effet, tout cela est surtout une machination ourdie par Veronica Cale depuis la Zone 41 afin de piéger et tuer les deux justiciers.

Thompson fait donc plus que suggérer qu'il existe un plan pour éradiquer les super héros de l'univers Absolute. Elle mentionne aussi Superman (mais pas le Limier Martien, ni Flash ni Green Lantern). Toutefois, on sait depuis peu que DC publiera le premier event Absolute (en 5 n°) en Avril 2027 et qu'il sera écrit par Jason Aaron et dessiné par Juan Ferreyra sous le titre Absolute Justice (sans impacter les séries).

Ai-je besoin de rajouter que c'est incroyablement mis en image par le prodigieux Hayden Sherman ? Et encore, vous n'avez rien vu ! Cet artiste est stupéfiant : son découpage est constamment fluide et pourtant ses cases de toutes les formes n'entament jamais le flux de lecture. C'est très original et en même temps tout à fait accessible.


- #16-20 : THE SEASON OF THE WITCH (Kelly Thompson / Hayden Sherman) - Diana inaugure la nouvelle aile du musée d'Histoire naturelle de Gateway City dont Barbara Minerva a la charge. Steve Trevor est également présent après avoir du répondre aux questions d'une commission sénatoriale sur les actions de Wonder Woman et le soutien que doit ou non lui apporter le gouvernement américain.


Mais c'est alors que débarque la Suicide Squad menée par Zatanna. Diana évacue les civils avec l'aide de Steve Trevor avant d'affronter cette équipe envoyée par Veronica Cale et qui compte dans ses rangs le Dr. Poison, Cheetah et Giganta. Toutefois l'amazone découvre rapidement que Zatanna joue un double jeu...


C'est donc un arc narratif en cinq parties qui compose le plat de résistance de ce tome. Et quel arc ! Je ne crois pas me tromper en affirmant que c'est celui qu'on attendait depuis le début de la série : on découvre la version Absolute de la Suicide Squad avec à sa tête Zatanna. Et la bataille qui s'ensuit est aussi spectaculaire et intense qu'espérée.


Il fallait bien ça pour mettre en difficulté Diana et Thompson réussit parfaitement doser les péripéties et rebondissements pour que cette baston d'anthologie tienne toutes ses promesses. Zatanna et ses acolytes sont en effet contrôlés à distance par Veronica Cale mais la magicienne est vite libérée de cette emprise par l'amazone qui utilise aussi ses talents de sorcière (elle a été éduquée par Circé).


En revanche Giganta se pose là comme adversaire de taille et de poids. Et son duel avec Wonder Woman est cataclysmique. Gateway City est ravagée et je pense que cela aura des conséquences pour la suite, surtout qu'au début de l'épisode 16 on voit Steve Trevor répondre aux questions d'une commission sénatoriale visiblement soucieuse de la présence de l'amazone.

Hayden Sherman s'éclate visiblement à mettre en scène ces affrontements titanesques et nous régale avec des doubles pages affolantes. Comme toujours il varie les formes et les tailles de ses cases sans jamais perdre en lisibilité, tout est formidablement puissant et fluide. Ce mec est vraiment impressionnant et si on parle beaucoup de Dan Mora et son hyperactivité, Sherman me paraît encore supérieur en qualité et surtout en inventivité.

Le final de cet arc est extrêmement frustrant, mais dans le bon sens du terme puisqu'il s'agit d'un cliffhanger - ça va être très long d'attendre le prochain tome chez Urban, mais on aura droit avec celui-ci au #25 pour lequel l'équipe créative a mis les bouchées doubles (comme pour tous les titres Absolute), afin de fêter dignement ce cap symbolique.

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- ANNUAL 2026 : CURSING AND CURSED (Kelly Thompson / Mattia de Iulis) - Pour avoir invoqué le pouvoir de la Méduse, Diana sait que cette créature a subi le châtiment des dieux d'une manière particulièrement cruelle. Elle veut l'en libérer, ce qui va être compliqué...


Dans Absolute Wonder Woman #5, Diana avait utilisé les pouvoirs de la méduse afin de se débarrasser de son adversaire, un kaiju monstrueux qui s'apprêtait à détruire Gateway City. C'est la déesse Artemis qui lui avait enseigné ce tour en lui offrant un de ses lassos. Mais cette expérience avait traumatisé l'héroïne qui avait ainsi appris le supplice auquel était soumis la méduse.

Kelly Thompson retrouve pour cet Annual l'artiste Mattia de Iulis dont le style photoréaliste donne une vraie majesté au récit, à défaut d'un rythme palpitant dans la narration graphique. Le résultat est souvent magnifique quoique très statique. Il ne faut pas être allergique à toutes ces images générées par infographie qui illustrent plus qu'elles n'améliorent l'histoire.

Mais bon, il serait ingrat de se plaindre : même si cet Annual est tout à fait inoffensif, il a le mérite de de poursuivre un des subplots de la série, avec tout l'aspect mythologique lié à Wonder Woman. C'est une ponctuation agréable et une conclusion esthétiquement épatante à un nouveau tome qui réjouira les fans de ce titre que, pour ma part, je trouve le plus réussi de la gamme Absolute. 

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