samedi 22 août 2026

QUEEN IN BLACK #3 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)


Eddie Brock a fusionné avec le symbiote Sleeper et s'occupe des soldats Kree que Hela a asservis avec d'autres symbiotes pendant que VenoMJ et Spider-Man emmènent Dylan Brock au Baxter Building. Mr. Fantastic a en effet une idée pour régler le conflit...


Comme le précédent épisode, ce n° de Queen in Black s'ouvre avec une scène spectaculaire et très amusante où Fing Fang Foom possédé par un symbiote menace de faire tomber la Tour de Pise avant que Captain Marvel, Emma Frost, le Fauve et quelques géants (Black Goliath, Atlas, Giant Man) n'interviennent.


C'est pour ainsi dire ce qu'il y a de mieux dans cet épisode - et peut-être dans cet event. On sent que Al Ewing a envie de s'amuser en poussant tous les potards dans le rouge et oser le WTF complet. Mais on sent aussi que, dans son dos, un editor veille et le ramène sur les rails pour écrire une histoire plus conforme à ce que Marvel exige en termes de sagas événementielles.


Et, donc, on renoue par la suite avec des scènes beaucoup plus convenues, moins rigolotes, avec un tas de symbiotes moins délirants (quoique la dernière page...). Cela fait aussi ressortir les incohérences du récit et elles sont nombreuses. Par exemple, où est Knull, celui qu'on nous annonçait comme le futur challenger de Hela et qu'on n'a plus vu depuis le 1er épisode ?


On peut aussi se demander comment Eddie Brock s'est évadé de prison et a si vite retrouver le symbiote Sleeper pour fusionner avec lui. Cela évente du coup complètement ce qui restait de suspense quand à l'avenir du personnage, qui va bien entendu récupérer Venom à la fin de cette affaire. On se croirait revenu au temps où surgissaient des Hulk de partout avec Jeph Loeb...

Entre deux bastons (VenoMJ écartant des... Symbiotes, je vois que vous suivez, c'est bien), on a quand même droit à quelques dialogues comme quand Spider-Man tente de faire comprendre à Dylan Brock qu'il ne tolérera aucun meurtre (car, après tous, les symbiotes possèdent des hôtes innocents pour la plupart) - notion que MJ discute quelque peu (à moins que ce ne soit Venom qui ne parle à ce moment-là).

Mais là aussi, Ewing est obligé d'abréger et l'échange donne le sentiment d'une occasion manquée. C'est assez curieux parce que dans Venom #260, la semaine dernière, le scénariste s'attachait à rendre Dylan Brock un peu plus sympathique... Et dans Queen in Black #3, il en fait à nouveau un gamin insupportable. Ewing sait-il seulement quel visage il veut donner à Dylan ? Ou bien là encore a-t-on droit à un interférence éditoriale ?

Les dessins sont encore une fois signés Paco Medina (au début et à la fin), pour le meilleur, dans un style efficace et clair, et Iban Coello (pour le reste), dans un registre plus nerveux et parfois plus approximatif, avec une tendance marquée à l'exagération des expressions. Cela ne joue pas en faveur de l'event qui manque d'unité graphique.

Ce n'est pas très bon, reconnaissons-le. Et je regrette de m'être laissé entraîner là-dedans. J'aurai aimé que Ewing s'en sorte mieux, ou ait les mains plus libres. Mais le résultat est là et je ne le vois pas changer d'ici les deux prochains chapitres.

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