X-MEN : OUTBACK
(X-Men : Outback #1-5)
Aux yeux du monde, les X-Men ont péri au terme de leur affrontement contre l'Adversaire quand Forge les a converti en énergie pure pour terrasser leur ennemi. Mais Roma, la fille de Merlin, les a ressuscités et leur a accordés une nouvelle vie. Ils se sont installés dans le repaire des Reavers dans l'outback australien. Mais tous ne voient pas cela comme une chance : Tornade doute de son leadership, Dazzler a dû renoncer à sa carrière sur scène, Colossus se demande s'il est encore vivant....
Rapidement toutefois l'équipe est testée : Dents-de-sabre les retrouve et veut tuer Wolverine, Godshredder mutilé par Logan dans le passé au Hellfire Club surgit, Yaga Dyara s'en prend à Colossus après avoir éliminé un de ses ancêtres... Madelyne Prior cherche aussi à prouver qu'elle a sa place sur le champ de bataille, Psylocke réconforte Piotr Rasputin, Malicia et Dazzler s'opposent tandis que Longshot tente de les calmer...
Cette semaine se terminait cette mini-série en cinq numéros écrite par Steve Orlando. A priori, pas de quoi retenir mon attention vu le pedigree de ce scénariste très moyen. Mais j'ai toujours eu un faible pour la période australienne des X-Men, quand Chris Claremont était en surchauffe et collaborait avec Marc Silvestri. Alors, j'ai tenté ce flashback.
Marvel confie habituellement ce genre de projets à ses auteurs vétérans pour les occuper : c'est ainsi que Claremont est aujourd'hui cantonné à écrire des histoires limitées s'intercalant dans les sagas qu'il signa il y a quarante ans. Il aurait d'ailleurs très pu se charger de ce X-Men : Outback, pour montrer qu'il en avait encore sous le pied. J'ai toujours trouvé dommage que Claremont n'ait jamais été promu editor de la franchise mutante, il aurait pu éduquer pas mal d'auteurs modernes moins doués que lui.
Steve Orlando délivre cinq épisodes assez anecdotiques, c'est la limite de l'exercice : il ne faut pas créer d'intrigues qui remettent en question ce qui a été fait. Donc on ressort ou on invente des menaces sans conséquences, comme Dents-de-sabre (alors qu'il venait d'être l'objet des expériences de Mr. Sinistre) ou Godshredder, un ancien garde du Club des Damnés transformé en cyborg, ou les Hommes de Lave.
Que reste-il à un scénariste une fois ce cadre posé ? En vérité, pas grand-chose, c'est vraiment du travail de commande, destiné au fans nostalgiques, un marché de niche. Orlando s'amuse à souligner quelques éléments que Claremont, emporté par sa fougue à l'époque, ne prit pas le temps de développer, comme l'attirance manifeste entre Colossus et Psylocke (qui n'a jamais été creusée depuis).
Havok commençait à en pincer pour Madelyne Prior : il ne se doutait pas que Inferno allait tout chambouler, mais le pauvre Alex Summers n'a jamais eu de chance avec les filles. Plus amusant : les relations très tendues, quasi hystériques, entre Malicia et Dazzler avec Longshot au milieu. Ou la complicité entre Wolverine et Tornade (qui était encore amoureuse de Forge).
Cette équipe des X-Men était une des formations les plus improbables et originales qu'aura inventée Claremont. Un mélange d'outsiders (Dazzler, Madelyne Prior, Havok, Longshot) et de valeurs sures (Wolverine, Tornade, Colossus, Malicia), très tonique, et qui appliquait une des recettes favorites de l'auteur : composer un groupe aux capacités prévues pour les menaces à venir, mais dont le lecteur pouvait douter qu'ils s'en sortiraient en cas de coup dur.
Orlando a pu compter sur un artiste solide, ce qui n'est pas toujours le cas pour ce type de mini-série : Stephen Segovia, bien qu'occupé par ailleurs avec King Spawn, trouve le temps de signer quatre des cinq épisodes. Son style très énergique fait merveille, et il ponctue chaque numéro d'une splash page digne d'un poster.
Roi Mercado l'assiste sur le #3 et le remplace sur le #4. La transition se fait sans heurt car il a un bon coup de crayon, assez proche de celui de Segovia. Par contre il hérite de l'histoire la plus faible (celle avec les Lava Men). Les couleurs sont dues à Alex Sinclair, qui soigne son ouvrage.
Bon, vous l'aurez compris, ça ne mange pas de pain. Mais ça rappelle une période très spéciale des X-Men. Est-ce qu'avec une telle équipe le titre fonctionnerait autant aujourd'hui ?






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