Jonah Hex se rend dans le patelin de Ashecott, non loin du ranch où habite désormais. Au bar, une prostituée l'aborde avant de le reconnaître et de s'éloigner puis une brute lui casse la figure. Dehors, une fillette, Annie Connelly, veut louer ses services mais son père l'interrompt. Le shérif prévient Hex qu'il ne veut pas d'ennuis, mais l'ancien tueur sent une menace rôder sur l'endroit...
Halloween n'a beau être que le 31 Octobre, c'est comme si DC et Marvel s'étaient donné le mot pour sortir la même semaine leurs comics les plus raccords avec cette fête des morts. La ligne Midnight, The Demon, et maintenant Jonah Hex and the Shadow of Death : n'en jetez plus, la coupe est pleine. Mais n'y voyez aucun reproche de ma part : toutes ces BD sont excellentes !
Le projet écrit et dessiné par Michael Walsh, auréolé du succès de Exquisite Corpses (co-créé avec James Tynion IV, en vo chez Image, en vf chez Urban), remet sous le feu des projecteurs Jonah Hex, cet ex-esclave des indiens ayant servi contre ses convictions dans les rangs de l'armée sudiste et maudit par un chef apache dont il a tué le fils qui avait pris pour femme celle qu'il aimait.
Walsh affiche ses ambitions sans perdre de temps (il s'agit d'une série limitée en six numéros) : Jonah Hex and the Shadow of Death sera le Impitoyable du personnage créé par John Albano et Tony DeZuniga. Dès les premières pages, après un prologue macabre, Hex est montré vieux, en mauvaise santé, assailli par les cauchemars des hommes qu'il a tués.
Il descend dans le bled proche du ranch où il habite pour se désaltérer. Il ne ménage pas le gamin qui s'occupe de son cheval, effraie la prostituée qui s'apprêtait à lui vendre ses charmes, puis se fait tabasser par une brute désireuse de rosser l'ex-légende de l'Ouest, avant d'être mise en garde par le shérif. Au milieu de tout ça, une fillette, Annie Connelly, veut l'employer.
Elle n'en aura pas le temps, mais cela suffira à Hex pour sentir que quelque chose de mauvais, de méchant, plus mauvais et méchant que lui, plane sur Ashecott et la région... Walsh réussit, magistralement, à mixer le western crépusculaire et l'horreur. C'est d'autant plus efficace donc que son héros est au bout du rouleau et que le lecteur s'interroge sur ses capacités à faire face au danger.
La radicalité est au rendez-vous, comme tout ce qui est proposé au sein de la gamme DC Next Level. Même si DC a réactivé le label Vertigo, il est évident que les auteurs désirant réaliser un projet exigeant et ambitieux se trouvent plutôt dans ce Next Level - je n'ai rien trouvé qui m'attire dans les titres Vertigo actuels.
Walsh dessine aussi cette mini série et c'est impressionnant à lire, surtout quand on se souvient du style hésitant que cet artiste avait quand il travaillait chez Marvel. Désormais, c'est un graphiste en pleine possession de ses moyens, avec une vision franche et brute, que vient souligner la colorisation de Toni-Marie Griffin, avec une palette très contrastée et vive.
Le western n'est plus un genre très à la mode (sauf en Europe) mais Jonah Hex and the shadow of death est déjà une oeuvre suffisamment puissante pour qu'on ne passe pas à côté si on est fan des cowboys, des pistoleros, du far-west avec une touche d'épouvante dedans.





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