mercredi 29 juillet 2026

QUEEN IN BLACK #1 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Zé Carlos)


Knull est devenu une créature qui contrôle la lumière mais il est resté ce méchant qui veut dominer l'univers. Hela, la déesse asgardienne de la mort, a hérité des pouvoirs initiaux du roi sombre et vise la conquête de la Terre avec son armée de symbiotes possédant divers races aliens. Captain Alliance briefe les héros qui se mettent en ordre de marche...


Queen In Black sera donc l'adieu du scénariste Al Ewing à l'univers des symbiotes puisqu'au terme de cet event, il cessera également d'écrire la série Venom (dont il tenait les commandes depuis 2021). Le rythme de parution sera rapide puisque les épisodes sortiront tous les quinze jours. On peut déplorer que Marvel ait choisi de le publier en même temps que Armageddon, mais c'est ainsi.


Toutefois, même si c'est Al Ewing, force est de constater qu'on conserve strictement les mêmes recettes ici. Ce premier (et volumineux - 50 pages !) épisode expose donc les menaces - Knull et Hela - , montre la réunion des super héros qui se prépare à une nouvelle crise, et s'achève sur un cliffhanger spectaculaire. Rien de bien folichon donc.


Ewing, qui avait dû partager l'écriture de Empyre avec Dan Slott, pour un résultat très moyen (et je reste poli), ne semble pas avoir eu les coudées plus franches au moment de signer un event tout seul. Comme les films du MCU qui sont supervisés par Kevin Feige, on sent que le staff éditorial de Marvel comics regardait par-dessus l'épaule de l'auteur pour s'assurer qu'il ne franchisse pas certaines limites.


Alors, parce que c'est Ewing, on ne s'ennuie pas et on a même droit à quelque traits d'humour rafraîchissants, en particulier dans l'interaction de certains personnages (ici Iron Man qui doit digérer le fait que Mary Jane Watson soit devenue le nouvel hôte de Venom par exemple). On apprécie le fait qu'un projet aussi balisé s'autorise un peu de légèreté.

D'ailleurs, c'est ce qui sauve Queen in Black de la médiocrité : Ewing n'a pas voulu se prendre trop au sérieux. Il sacrifie aux clichés du genre avec des dommages collatéraux importants (la pyramide de Gizeh est détruite !... Mais Scarlet Witch promet de la reconstruire une fois le conflit terminé...), mais il fonce pied au plancher dans une intrigue volontairement superficielle.

Ici, on n'a pas seulement droit donc à la Queen in Black du titre mais aussi au King in Bright (Knull) et ce dispositif laisse espérer que Ewing a imaginé un blockbuster où des super héros se battent contre des super méchants mais aussi que les deux super méchants principaux s'affrontent pour le gain de la Terre. C'est totalement absurde, je vous le confirme, mais c'est rigolo.

Côté dessin, alors qu'on nous promettait chez Marvel que Iban Coello serait le seul artiste sur ce projet, voilà-t'y pas qu'il a été incapable de produire toutes les pages et a dû être soutenu par Zé Carlos. Encore un event merveilleusement bien édité puisque Armageddon a le même souci (le duo Alpizar & Diaz est remplacé au #3 par un fill-in).

Dans leur frénésie à sortir des events à tout bout de champ, Marvel reste infichu de les préparer avec assez d'avance pour les confier à des artistes qui peuvent réaliser sans suppléant ce qu'on exige d'eux. C'est tout de même assez misérable. DC K.O. avait aussi deux artistes (Javi Fernandez et Xermanico, mais avec des tâches spécifiques), alors que là Coello tire la langue et doit passer le relais à Carlos.

C'est d'autant plus déplorable que Coello est habitué à cela (déjà pour Imperial, il se partageait le boulot avec Federico Vicentini), donc pourquoi encore lui confier un event ? Je pose la question sans méchanceté : Coello a du talent, un trait très énergique, qui colle bien à ce genre d'histoire. Mais c'est agaçant. Et puis Zé Carlos, bon, c'est quand même très moyen.

Heureusement que tout ça va vite passer parce que sinon j'aurai regretté mon investissement. Croisons quand même les doigts pour que Ewing nous surprenne un peu pour la suite....

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