Spider-Man fait appel à Black Cat pour qu'elle l'aide à coincer un voleur qui compte commettre un casse audacieux lors d'une représentation à l'opéra. Pour l'occasion, Felicia Hardy s'offre une robe chic. Mais elle repère dans la coulisse Tombstone et dans le public le baron Alexander à qui elle a eus affaire. Lequel est le voleur qu'elle et Spidey doivent appréhender ?
Depuis le début de son run, G. Willow Wilson avait su se passer de la présence de Spider-Man comme un signe évident qu'il fallait que Black Cat puisse évoluer sans l'ombre de celui auquel elle a si souvent été associée. Par ailleurs, la situation actuelle de Felicia Hardy est devenue plus trouble, oscillant entre son rôle de voleuse et son ambition d'être reconnue comme une justicière.
La scénariste fait en sorte de conserver cette ambiguïté au moment de reformer le tandem Spider-Man/Black Cat puisque le tisseur demande à sa partenaire de l'aider à coincer un voleur. Là où les choses se compliquent, c'est que Spidey ignore l'identité du voleur tandis que Black Cat en localise deux avec qui elle a eu maille à partir dans ses aventures récentes.
Comme toujours dans la série, Wilson réussit à ménager une dose de futilité avec suffisamment d'action pour ne pas frustrer le lecteur de comics qui est d'abord venu pour ça. Toutefois, elle ne se départit pas de ce sens de l'humour qui fait tout le charme de son projet. Et pour s'en convaincre, il suffit de savourer la scène où Felicia Hardy s'offre une robe de soirée - vêtement qui va devenir le running gag de l'épisode.
En effet, Felicia au moment de payer veut régler en espèces mais la vendeuse objecte qu'elle n'accepte que les paiements par carte bancaire. Qu'à cela ne tienne, Felicia dégaine la sienne... Sauf qu'il s'agit d'une carte qu'elle a volé et elle est évidemment bloquée depuis ! Donc, que se passe-t-il ? Felicia s'enfuit avec la robe qu'elle voulait pourtant acheter honnêtement !
Plus tard, à la fin de l'épisode, la robe, dont on apprendra qu'elle provenait d'une boutique en réalité gérée par un des vilains avec qui Black Cat a un contentieux (mais elle l'ignorait au moment de s'enfuir avec), reviendra au premier plan et illustrera à sa manière la formule "bien mal acquis ne profite jamais".
Après 15 épisodes, Wilson peut également se permettre de convoquer des personnages qu'elle a employés durant son run, manière aussi de dire qu'elle a établi des éléments qu'elle n'abandonne pas après s'en être servi une ou deux fois. Mais rien n'est très sérieux : ni le baron Alexander ni Tombstone ne sont présents pour prendre une vraie revanche - le vampire va même jusqu'à implorer Spider-Man de l'éloigner de Black Cat qui ne lui attire que des ennuis !
Gleb Melnikov dessine cet épisode done-in-one avec son expressivité habituelle. Sa touche cartoon n'est pas sans élégance, comme quand il montre pour la première fois en clair-obscur dans la coulisse de l'opéra (voir ci-dessus). Son découpage est comme toujours simple et efficace, avec peu de cases par page, donnant de l'espace à l'action.
Black Cat, je l'ai souvent dit, n'est pas une série difficile à aimer. D'aucuns la trouveront trop légère, mais c'est aussi ce qui la distingue. Et cette légèreté n'est pas idiote comme en témoigne la fin de l'épisode, assez mélancolique, où l'héroïne constate que, quels que soient ses efforts pour faire le bien, cela ne fonctionne jamais comme elle l'espère. Et si le chat noir de Black Cat, c'était elle-même ?





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