jeudi 22 octobre 2026

MARC SPECTOR : MOON KNIGHT #9 (Jed MacKay / Devmalya Pramanik)


La Milice de Minuit, composée de tous les new yorkais prisonniers du Manoir Vorace, s'emploient à démolir cet endroit. Mais Clea Strange comprend qu'il faut frapper au coeur de ce monstre et indique à Moon Knight le coeur de la bête. Il y retrouve Achilles Fairchild, également détenu et désireux de se venger...


Cet épisode conclut la saga des Midnight Sons et le grand spectacle est au rendez-vous. Jed MacKay a réussi à écrire un arc géant de neuf numéros palpitant et intense qui prouve encore une fois, si besoin était, qu'il a donné au personnage un souffle nouveau. Cette grande aventure contre une maison hantée m'aura comblé au-delà de toute attente.


Une fois ceci dit, il faut tout de même reconnaître que ce n'est pas l'épisode qui offre le plus de matière à critiquer. On assiste à un exercice de démolition jubilatoire mais très succinct entre la Milice de Minuit que forment tous les new yorkais prisonniers du Manoir Vorace, et c'est à peu près tout. Le scénariste et son dessinateur peuvent s'amuser à tout casser sans se soucier des conséquences.


Néanmoins, dans sa dernière partie, l'épisode offre au lecteur deux moments vraiment satisfaisants mais qu'on aurait aimé un peu plus développés. D'abord, on assiste aux retrouvailles entre Moon Knight et Achilles Fairchild, ce dealer asgardien qui était lui aussi prisonnier du manoir, et les deux adversaires d'hier s'entendent pour défoncer les fondations de l'édifice.
 

MacKay justifie cette alliance de manière simple : Fairchild a été battu sèchement par Moon Knight et préfère encore mourir en détruisant cette maison maudit que retrouver le chevalier de la lune sur sa route. De son côté Marc Spector accepte volontiers le renfort de Fairchild pour mettre fin aux agissements de ce manoir.

Et puis il y a la séparation des Midnight Sons : comme Spector a manipulé Daredevil, Blade et Ghost Rider pour libérer ses amis, il était prévisible qu'une fois l'affaire réglée, il devrait rendre des comptes. Daredevil est le plus virulent tandis que Ghost Rider et Blade préfèrent en rester là. Mais ça m'étonnerait que tous retravaillent de sitôt avec Moon Knight.

Du côté des dessins, Devamlya Pramanik montre des signes de fatigue légitimes après avoir signé des épisodes phénoménaux. S'il est encore capable de produire des découpages inventifs et de charger les scènes d'une énergie peu commune, on sent bien que les finitions sont moins soignées que d'habitude et qu'il roule un peu sur la réserve.

On ne peut vraiment pas lui en vouloir : tenir 9 mois d'affilée à ce niveau, c'est un exploit et le résultat est loin d'être déshonorant sur cette conclusion. Non, ce qui rend maussade, c'est que sur les deux prochains épisodes il sera remplacé par le médiocre Von Randall (qui avait déjà commis deux épisodes d'Iron Man durant l'indisponibilité de Carmen Carnero). Espérons que Pramanik récupère vite des forces et nous enchante à nouveau, aux côtés de la coloriste Rachelle Rosenberg.

Malgré quelques réserves donc, Marc Spector : Moon Knight reste assurément une des toutes meilleures séries Marvel actuelles et cet arc qui s'achève l'aura confirmé avec brio.

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