mercredi 16 septembre 2026

QUEEN IN BLACK #4 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)


Cable expose son plan B aux héros : en disposant plusieurs téléporteurs, il compte déplacer le combat entre Hela et Knull dans une réalité parallèle et ainsi sauver la Terre. Mais de son côté Mr. Fantastic travaille encore à une alternative qui consiste à utiliser le pouvoir contenu dans l'ADN de Dylan Brock pour briser l'esprit de ruches des symbiotes. Mais l'expérience prend un tour inattendu...
 

L'event touche à sa fin et sa conclusion ne se fera pas attendre puisqu'elle paraîtra la semaine prochaine. Al Ewing mène son affaire avec beaucoup de rythme comme pour tenter de faire oublier la bêtise de son intrigue où, je vous jure que c'est vrai, Knull n'est toujours pas apparu alors qu'il est censé être l'autre grand méchant avec Hela (ne vous fiez donc pas à la couverture).


On découvre le plan de Cable qui est effectivement très risqué et idiot (en gros : téléporter Knull et Hela pour qu'ils aillent se battre ailleurs). Vu les craintes émises par Iron Man, j'avais pensé à une manoeuvre bien plus dangereuse, mais Queen in Black aura au moins appris une chose au lecteur : ne pas trop y croire. Oui, on se console comme on peut...


La menace de Hela repose sur le schéma classique d'une armée d'envahisseurs que leur patronne envoie sur le champ de bataille en attendant que ce soit terminé. C'est assez comparable à la situation du lecteur qui, lui aussi, attend que ce soit fini pour passer à autre chose et oublier ce machin invraisemblable, indigne du talent de son auteur mais hélas ! tout à fait représentatif de la production globale de son éditeur. Et, oui, Armageddon est du même niveau (mais j'y reviendrai le mois prochain)...


Reed Richards se montre un savant incroyablement foireux à jouer à l'apprenti sorcier au Baxter building avec Venom, Mary Jane Watson et Dylan Brock. Mais au moins, piètre compensation, là, ça aboutit à un cliffhanger spectaculaire quoique tout aussi grotesque. Dire où ça va nous mener reste une énigme, même si on sait que tout finira par rentrer dans l'ordre avec un minimum de conséquences.

Le vrai souci, en vérité, c'est que, quel que soit l'event qu'on a privilégié, Queen in Black ou Armageddon, cela montre que Marvel n'y croit guère et ne fait rien pour le dissimuler. Ce sont des reliquats à publier de la gouvernance C.B. Cebulski. Les deux histoires sont réglées en cinq épisodes, annulant de facto toute ambition de développer quelque chose qui ne soit pas expédiée.

Pour Ewing, en tout cas, c'est une piteuse sortie après son run sur Venom. Le scénariste quitte le personnage et son univers en rangeant les jouets pour son successeur mais sans produire une conclusion qui reflète son talent. Il est clair qu'il a oeuvré avec un editor qui a guidé son récit et Ewing a toujours accepté ces contraintes, quelle que soit la série qu'il pilotait. Sauf que là, le résultat n'est vraiment pas fameux.

Pourquoi Ewing, avec sa connaissance encyclopédique des comics Marvel, la qualité qu'il peut donner à ses scripts, n'est-il jamais devenu un de ces architectes qu'aime tellement mettre en avant l'éditeur, à l'instar d'un Hickman ou d'un Zdarsky désormais ? Et que va-t-il faire après Venom ? Que peut-il encore apporter à Marvel - à moins que ce ne soit le contraire ? J'ai quand même l'impression que son tour est passé...

Les dessins sont encore une fois assurés par deux artistes : Paco Medina ouvre le bal et s'acquitte avec soin des pages qu'on lui désigne. C'est un dessinateur très capable, sans être jamais génial, régulier dans l'effort, mais qui n'a jamais eu de série où il aurait pu s'imposer comme un incontournable alors qu'il dépasse facilement d'autres stormbreakers dont Marvel vante un peu vite les mérites.

Et justement Iban Coello a, lui, été un de ces cartoonists mis en avant, or on voit qu'il est incapable de produire cinq épisodes tout seul. C'est correct mais sans folie, et ce n'est pas la première fois. Ne serait-il pas temps pour Marvel de valoriser des talents qui soient d'abord réguliers et techniquement compétents au lieu d'avoir un style percutant mais irrégulier ?

Allez, vite le prochain et dernier épisode, qu'on en finisse !

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