vendredi 16 octobre 2026

LEGION OF SUPER HEROES #2 (Joshua Williamson / Hayden Sherman)


Brainiac 1/5 et Matter Eater Lad échappent aux Persuaders après avoir découvert l'identité de l'assassin de R.J. Brande qui cherchait à rassembler en secret plusieurs jeunes méta humains. Le meurtrier n'est autre que Mekt Ranzz, le frère aîné de Lightning Lad, qui désire devenir un légionnaire pour rencontrer Superman...


Joshua Williamson est actuellement le meilleur scénariste en activiste dans les comics mainstream : sa productivité et la qualité de ses scripts le prouvent, il est au sommet de sa forme. Pas un comme lui ne réussit à s'approprier une série, de premier plan ou négligée par l'éditeur, et à la revivifier comme si c'était une nouveauté à posséder absolument.


J'adore ce qu'il fait sur Superman, j'ai été plus sceptique sur Iron Man avant de saisir son intention, mais c'est peut-être avec Legion of Super Heroes qu'il accomplit son plus beau tour de force. Ce titre culte que personne n'arrivait à imposer depuis des lustres, Williamson lui donne une nouvelle jeunesse et en livre une version si rafraîchissante, intelligente et efficace qu'elle est irrésistible.
 

Cela tient, je crois, au fait que Williamson a compris une chose essentielle : si les comics sont considérés comme la chasse gardée des fans les plus puristes, il faut pour séduire le plus grand nombre écrire une série comme si c'était toujours la première fois pour tous les autres lecteurs. C'était le précepte de Stan Lee.


Or, ce dont souffrait la Légion des Super Héros, je le voyais en considérant mes propres difficultés à me passionner pour elle, c'était que DC publiait ses aventures comme si tout le monde connaissait ses personnages, son univers, ses intrigues. Williamson a pris le problème dans l'autre sens : présenter la Légion d'abord pour les néophytes, mais sans trahir l'essence du titre.

Le résultat est jubilatoire et se déploie à la manière, non pas d'un space opera, mais d'une enquête policière dans un registre young adult. On (re)découvre des personnages majoritairement jeunes qui aspirent tous à la liberté dans un univers qui les oppressent, où l'équivalent des Nations Unies spatiales répriment les méta humains.

Pourtant un riche homme d'affaires aux ambitions politiques voulait les réunir sans qu'ils le sachent et a été tué. Williamson a révélé très vite l'identité du coupable comme pour prendre par surprise tout le monde. Le vrai mystère ne se trouve donc pas là mais bien dans l'existence d'une légion inspirée par Superman qui n'est sans doute pas ce qu'elle prétend.

Lors d'une scène en particulier où Mekt Ranzz, l'assassin de R.J. Brande, dialogue avec son frère cadet, Garth, adolescent grisé par le retour de son aîné et la promesse d'aventures, il est justement fait mention d'une rencontre avec Superman. Sauf qu'on ne voit pas le visage du kryptonien et, c'est bien connu, le diable est toujours les détails.

Il est alors clair qu'il faut savoir lire entre les lignes : Mekt ment à Garth et le Superman qu'il cite n'est pas celui qu'on connaît, la légion dont il parle n'est pas une "bonne" légion, pas celle que voulait assembler Brande. Et cela expliquerait la méfiance des Planètes Unies mais aussi l'urgence exprimée par Brainiac 1/5 de former une nouvelle légion.

Williamson excelle à rendre cette intrigue très claire et palpitante. Il est tout aussi bon quand il s'agit de caractériser ses personnages, comme le duo impayable Brainiac 1/5 - Matter Eater Lad, vedettes imprévues de cette relance. Il séduit aussi quand il laisse au lecteur le soin de deviner qui pourrait être untel ou untel (comme ce Persuader ailé - Dawnstar ?).

Et puis, enfin, la série profite du talent d'un artiste extraordinaire : Hayden Sherman produit des planches qui sont à la fois spectaculaires, avec un découpage d'une inventivité débordante, des cases de toutes formes, mais à la lisibilité impeccable, et des personnages solidement campés, des décors foisonnants, merveilleusement mis en valeur par les couleurs de Tamra Bonvillain.

Il y a quelque chose de stimulant à lire Legion of Super Heroes parce qu'on a là la démonstration qu'un auteur et un artiste d'exception sont nécessaires pour rendre attractif un titre, mais surtout parce que cette démonstration suscite un plaisir de lecture si intense qu'on n'a qu'une envie : celle de lire très vite le prochain numéro. Rejoignez les rangs de la Légion !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire