La mort de Jean Grey décide Logan à se retirer des X-Men et à cesser ses activités super héroïques. Il descend à Miami, Floride, pour se détendre et y croise Dazzler qui lui propose un boulot et l'invite à la voir se produire sur la scène d'un club le soir même. Logan s'y rend et découvre que le manager d'Alison Blaire est menacé par des malfrats...
"Remember when Wolverine was cool ? Me neither !" : si vous avez lu (et vous devez l'avoir lu !) Wolverine & the X-Men #3 de Jason Aaron et Chris Bachalo, alors vous vous souvenez de cette couverture géniale avec Quentin Quire qui avait tagué ces phrases sur le carrelage des w.c. de la Jean Grey school for higher learning.
"Vous vous souvenez quand Wolverine était cool ? Moi non plus !" : le personnage du mutant griffu a été tellement surexploité par Marvel qu'en effet il n'est plus vraiment l'icone cool que beaucoup de fans ont tant aimée. Mais Dan Panosian est arrivé et sa mini-série, Wolverine : Paradise, est là pour réparer tout ça, avec la forme s'il vous plait.
Panosian a débuté sa carrière comme encreur dans les années 90 et il n'était objectivement pas bon. Mais il n'a pas lâché l'affaire, il a bossé et il est aujourd'hui un artiste complet, souvent scénariste, quelquefois dessinateur. C'est lui qui a pitché cette histoire aux responsables éditoriaux de Marvel qui, convaincus, lui ont laissé carte blanche.
Et c'est certainement quand Marvel, pour une fois, laisse les commandes à un auteur qu'il en sort quelque chose d'authentiquement cool. Panosian ne l'a pas dit mais il le pense très fort : il est fan de Wolverine, mais pas de ce qu'il est devenu - une sorte de totem marketing qu'on met partout pour doper les ventes. Alors il est revenu à la source, au Wolverine que lui a aimé.
Pour cela, il situe son intrigue à la fin des années 70-début des années 80, juste après la fin de la saga du Phénix Noir (Uncanny X-Men #129-138). A partir de là, comme récemment John Byrne avec sa saga X-Men : Elsewhen, il imagine ce qui, selon lui, aurait pu/dû se passer. Logan quitte les X-Men, dévasté par la mort de Jean Grey, las de jouer les super héros. Et il part en vacances.
Panosian lui fait (re)croiser la route de Dazzler (apparue dans Uncanny X-Men #130, notamment) qui, elle aussi, a privilégié sa vie à ses activités de super héroïne et va donner un concert dans un club. Mais elle ignore que son manager est menacé par des gangsters qui veulent profiter du succès de la chanteuse mutante...
Tout est délicieusement rétro dans Wolverine : Paradise, mais rien n'est passéiste. Panosian ne la joue "c'était mieux avant", il préfère rappeler pourquoi ces personnages étaient en train de devenir des emblèmes culturels, des super héros qu'on allait aimer toute notre vie, des outsiders suprêmement élégants et improbables.
Les détails sont minutieusement choyés, de la veste de Logan à la tenue argentée de Alison Blaire en passant par le look très années 30 des gangsters. L'ambiance passe par une narration au ton détaché, un peu désabusé, et des dialogues piquants, avec une voix off bien présente comme les comics de l'époque. C'est savoureux mais jamais gratuit. On n'est pas dans un exercice de style, mais bien dans un exercice stylé.
Et puis Panosian, soucieux de contrôler toute son oeuvre, l'écrit, la dessine, l'encre, la colorise et la lettre. Ses personnages récupèrent leur look d'antan, qui ne s'est jamais démodé et qui prouve que plus c'est simple, mieux ça vieillit - pas besoin de nouveau design pour faire moderne. Ils les rend aussi expressifs avec subtilité, ne sombrant jamais dans le surjeu.
Les couleurs sont effectuées de manière là aussi à nous replonger dans l'époque, avec des trames bien visibles, mais avec des nuances étudiées. Le découpage tire le meilleur parti de l'environnement, une station service ici, un bord de plage là, l'intérieur d'un club bondé, etc.
C'est le travail d'un amoureux de la BD, de ses héros, de leur âge d'or. Il orchestre un tribute à ce qui l'a rendu fan. Panosian est né en 1969, il était encore un gosse quand il a découvert tout ça et, avec le décalage qui existait alors entre vo et vf, j'avais le même âge que lui quand je suis tombé dans la marmite mutante. C'est aussi pour cela que j'ai adoré ce premier épisode. Mais quelle que soit votre année de naissance, vous serez conquis.





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