samedi 8 août 2026

QUEEN IN BLACK #2 (of 5) (Al Ewing / Iban Coello, Paco Medina)

 

Hela expose son plan pour conquérir la Terre avec son armée de symbiotes possédant des races extraterrestres connues pour leurs capacités guerrières. Cable et Iron Man débattent de la meilleure stratégie pour s'en tirer et le mutant est adepte de la méthode la plus expéditive. Dylan Brock n'obéit pas aux consignes de ses partenaires et cela va lui coûter cher contre Marvel Boy... 


Observez cette double page ci-dessus : elle apparaît lors de la scène d'ouverture de cet épisode et montre Wolverine fondre sur symbiote mais la réalité est altérée et le griffu passe par plusieurs états (homme des cavernes, personnage de cartoon, monstre...). Pour venir à bout de la créature, il faudra qu'il soit électrocuté par Tornade car le symbiote n'y résistera pas mais Logan, si.


Nous sommes d'accord pour dire que c'est une scène de combat idiote, flirtant avec la parodie. Mais c'est assez drôle et c'est ce qu'aurait pu (dû ?) être Queen in Black si Al Ewing avait osé (ou s'il n'avait pas un editor qui le supervise et l'empêche de trop déconner). Un event marrant, voilà qui aurait changé, qui aurait été audacieux...


Mais, bien entendu, ce n'est pas le cas. Passée cette entrée en matière, la routine reprend ses droits et on a droit à de l'action beaucoup plus sérieuse, pompeuse même, avec un maximum de dégâts matériels, de choix stratégiques absurdes, de personnages qui font n'importe quoi et qui, logiquement, en paient le prix tout en compromettant les chances de leurs amis dans ce conflit.


Cette bêtise a au moins un avantage : elle rend la menace incarnée par Hela, désormais reine des symbiotes, vraiment dangereuse et consistante. Une autre scène la voit exposer son plan comme un méchant sorti d'un James Bond - un plan par ailleurs très banal, consistant à prendre le contrôle de la Terre et puis de Midgard, tout en veillant à avoir un atout dans la manche qui éliminera Knull.

Knull brille, si j'ose dire, par son absence. Il n'apparaît pas une seule fois dans ce numéro d'un event où il est quand même l'autre méchant de l'histoire. Al Ewing traite vraiment tout ça avec désinvolture, comme si quelqu'un lui soufflait à l'oreille les figures imposées par l'exercice. C'est triste mais, hé, c'est Marvel et l'éditeur a de toute façon déjà substantiellement spoilé les conséquences de cette histoire.

La scène avec Hela est la plus dialogué de l'épisode avec celle où Iron Man (dans une armure Knullbuster) discute stratégie avec Cable. Il est fait mention des tie-in (pour ceux qui ont vraiment du blé à claquer et du temps à perdre) et d'un plan B expéditif qui aura des chances d'être exploité (sinon, pourquoi le mentionner ?).

Le reste, c'est de la baston avec des super héros qui semblent faire un concours pour être élu celui qui prendra la plus mauvaise décision. A ce jeu, Dylan Brock alias Toxin alias Captain Spider (sic) n'a pas de mal à se distinguer et prouve à quel point il est une tête à claques méritant de périr dans des conditions atroces. Je sais, c'est méchant, mais franchement, il est insupportable.

Le piège tendu aux héros et donc à Dylan est tellement prévisible qu'il est ahurissant que seul le lecteur le voit venir. Si Queen in Black avait été traité comme une comédie, cela aurait été le prétexte à une bonne blague. Hélas ! ni Al Ewing ni Marvel n'ont franchi cette limite. Parfois, plus c'est con, plus c'est bon. Ici, c'est simplement con.

Iban Coello a encore une fois manqué une occasion de faire correctement ses devoirs puisqu'il est secondé par Paco Medina. A ce stade, c'est juste du foutage de gueule, et c'est même assez insultant pour Medina (qui sera aussi là pour le #3). Coello et Medina ayant des styles pas trop différents, le résultat ne jure pas, mais enfin, ce n'est pas sérieux.

Quand ça se bastonne donc, on a droit à des planches toniques, c'est déjà ça. Mais Marvel doit régler ce problème de dessinateur pour ses events : soit l'éditeur est honnête avec ses lecteurs et annonce dès le début qu'il y a deux artistes, soit il fait bosser l'artiste cité dans les sollicitations avec assez d'avance pour qu'il réalise tous les épisodes.

Allez, rendez-vous dans quinze jours pour l'antépénultième chapitre de cette formidable saga (je plaisante !)...

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