samedi 31 octobre 2026

THE MORTAL THOR, VOLUME 3 : WORLDWYRM (Al Ewing, Kieron Gillen, Chris Condon / Jesus Saiz, Juann Cabal, Pasqual Ferry, Declan Shalvey, Jesse Lonergan)


THE MORTAL THOR, VOLUME 3 : WORLDWYRM
(The Mortal Thor #11-13 + Thor #800)


Sigurd Jarlson confronte Dario Agger, le Minotaure, dans son bureau. Ce dernier est prêt à lui donner une forte somme pour ne plus entendre parler de lui pendant un an, mais Sigurd refuse et engage le combat. Au terme de celui-ci, Blake le serpent entre à son tour dans le bureau de Agger et révèle comment il s'est échappé de la prison où Odin puis Thor l'avait laissé croupir en dévorant les entrailles de Jormungandr.


Cependant, sur Asgard, Magni Thorson est couronné roi. Toutefois, le décès récent de son ami BlackJack O'Hare le laisse inconsolable. Son règne s'étend durant des années, des siècles, des millénaires, isolé dans la salle du trône, confronté à des guerres entre les royaumes auxquelles il ne participe pas. La Mort vient le chercher. Il accède au Valhalla tandis que Amora, sa mère, l'Enchanteresse, lui succède comme Mère-de-tout.


Enfin, de haute lutte, Sigurd échappe à Blake le serpent pour retrouver Odin et Loki. Mais pour se montrer digne, une ultime épreuve l'attend...


Ce troisième tome de The Mortal Thor est aussi el dernier puisque le quatorzième épisode de la série correspond au 800ème épisode de Thor dont la série revient avec sa numérotation initiale. Si le nouvel editor-in-chief de Marvel, Stephen Wacker a annoncé qu'il aimait les "gros chiffres" et voulait renoncer aux relances trop fréquentes, cette initiative précède sa récente prise de fonction.

Néanmoins c'est un signal puissant adressé aux fans qui en avaient assez des relaunches et des séries régulières interrompues au bout de dix épisodes, politique instituée par C.B. Cebulski et Tom Brevoort, et qui n'encourageait pas les lecteurs à investir leur argent dans des mensuels. Marvel est désormais régulièrement surclassé dans les ventes par DC (grâce surtout aux titres Absolute), il lui faut réagir et changer.

Wacker a insisté entre autres sur le fait d'impliquer les auteurs, les artistes et les assistants editors dans le processus de fabrication et de publication, mais aussi a exprimé sa volonté que les séries soient désormais plus accessibles aux nouveaux lecteurs, et, en accord avec Tom Feige, qu'elles ne collent plus mais inspirent très en amont les films du MCU.

The Immortal Thor et The Mortal Thor de Al Ewing a sans doute été une des séries qui a pris le plus ses distance avec le personnage tel qu'on le connaît sur grand écran. Le scénariste a, comme lors de son run sur The Immortal Hulk, conçu son run avec un plan ambitieux sur plusieurs années et niveaux de lecture, déconstruisant le mythe pour mieux le refaçonner.

Si, pour ma part, j'ai vite décroché de The Immortal Thor (notamment à cause du départ de Martin Coccolo, le dessinateur), en revanche The Mortal Thor m'a passionné par le pari audacieux que Ewing faisait, s'appuyant sur l'intelligence du lecteur pour accepter de bouleverser tout ce qu'on croyait acquis avec le personnage principal.

Si la conclusion de la série reste ambiguë sur la véritable identité de Sigurd Jarlson (véritable réincarnation mortelle de Thor ? Ou personnification d'un authentique nouveau personnage appelé à remplacer Odinson ?), la reprise de la série Thor (adjectiveless) adresse un clin d'oeil malicieux au titre Journey into Mystery pour annoncer la suite de son périple.

En tout cas, Ewing semble avoir obtenu des gages pour faire ce qu'il voulait, n'hésitant pas à tuer deux ennemis redoutables de manière spectaculaire. Je reste certain que Kristin Seok est plus que la simple petite amie de Sigurd Jarlson - peut-être est-elle une version dormante de Lady Sif ? Tout ça est jubilatoire et énigmatique à souhait.

Jesus Saiz signe les dessins des épisodes 11 et 12 et le résultat est très inégal. Si son style très infographique passe bien sur le #12, en revanche le rendu du serpent Jormungandr est affreux, on le croirait produit par une intelligence artificielle.

Juann Cabal, lui, n'a rien à se reprocher dans l'épisode 13, qui est absolument magnifique avec une narration à la Hickman, et où l'artiste espagnol accomplit des prouesses pour retracer l'ascension et le déclin de Magni Thorson, sacrifié par sa propre mère.

Enfin, Pasqual Ferry revient pour l'épisode 14, en forme de cauchemar dystopique où Sigurd Jarlson est littéralement prisonnier du serpent Jormungandr et d'une réalité alternative digne d'Orwell. C'est toujours brut, avec un trait à peine encré. Ferry va continuer son séjour sur la série, certainement en alternance avec Cabal (même si je ne cache pas que je préférerai que Cabal soit l'artiste titulaire).

Pour le ce #14/800, deux back up stories sont aussi au programme : 

- WORTHY (Kieron Gillen / Declan Shalvey) - Mjolnir, le marteau de Thor, et d'autres héros qui l'ont brandi quand le dieu du tonnerre n'était plus là pour ça, explique comment être digne de lui.


Kieron Gillen a accepté de revenir écrire un segment de Thor à la condition que Declan Shalvey le mette en images. Le résultat est curieux puisqu'il est raconté du point de vue de... Mjolnir ! Il interroge la notion de mérite pour brandir le marteau et n'oublie rien ni personne (comme le montre la planche ci-dessus). Un peu anecdotique cependant.

*

- DEICIDE (Chris Condon / Jesse Lonergan) - Le chasseur de primes spatial Monark Starstalker rattrape et interroge le témoin du meurtre de Loki pour connaître l'identité de l'assassin du dieu d'Asgard.

Chris Condon a droit à un peu plus de pages pour le second segment qui paraît conçu pour connaître une suite et qui présente la particularité de ramener un personnage complètement oublié, celui de Monark Starstalker, créé par Howard Chaykin. Ce chasseur de primes cherche à savoir qui a tué Loki, devenu dieu du tonnerre.

Jesse Lonergan illustre ce morceau avec inventivité, et cela suffit pour ce que Condon initie donne envie d'être complété. Même si, dois-je le préciser, Monark Starstalker évolue dans une univers parallèle à celui de la Terre 616 (l'univers classique Marvel). Mais si Ewing décide de s'en servir, nul doute qu'il trouvera le bon moyen pour cela.

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