X-MEN BY JED MACKAY, VOLUME 2 : HOSTILE TAKEOVER
(X-Men #11-18)
Un vaisseau spatial vient de se crasher à la frontière entre l'Alaska et le Canada : à son bord, Corsair, le père de Cyclope, et à ses trousses une bande de mercenaires skrulls et badoons. La Divison Alpha intervient en même temps que les X-Men, mais Cyclope, en attaquant ceux qui traquent son père, découvrent qui est celui qu'ils veulent réellement capturer.
Après avoir eu maille à partir avec les Uncanny X-Men, X-Force et X-Factor, alors que le Professeur X a quitté la Terre en compagnie de l'impératrice Shi'ar Lilandra, les X-Men rentrent à leur base pour apprendre que la jeune Piper Cobb a fugué. Temper qui avait cru que la jeune fille était une mutante prend l'affaire à coeur.
Les X-Men se trouvent alors pris entre trois feux : d'abord face à un énorme monstre, ensuite face aux six mutants adultes qu'ils avaient localisés à Santo Marcos, et enfin pour le Fauve face à Wire, un agent de la mystérieuse organisation 3K qui l'invite à se joindre à eux...
Ce tome 2 de X-Men par Jed MacKay est encore plus explosif que le premier, comme si le scénariste avait voulu convaincre ses lecteurs qu'il n'était pas là pour rien. Le volume est divisé en trois parties qui débordent d'action et confrontent les X-Men menés par Cyclope à des situations de plus en plus extravagantes, les plongeant dans un véritable accélérateur à particules.
Dans un premier temps, MacKay développe une intrigue sur deux épisodes qui se situent après le crossover X-Men/Uncanny X-Men : Raid on Graymalkin où l'équipe de Malicia tentait, contre l'avis de celle de Cyclope, de libérer le Professeur X du manoir de Graymalkin transformé en prison pour mutants, Cyclope estimant que Xavier devait payer pour sa trahison ayant causé la chute de Krakoa.
Le scénariste continue à exploiter la figure paternelle perdue avec Corsair, père biologique de Cyclope, pirate de l'espace, qui attire une bande de mercenaires. Sauf qu'ils n'en ont pas après lui mais bien après Cyclope dont ils veulent se servir pour capturer... Jean Grey/Phénix, dont les aventures se déroulent dans l'espace au sein de sa propre série.
Jean Grey n'apparaît pas mais en guest-star, on a droit à la Division Alpha (feat. Guardian, Puck, Marina, Harfang, Vindicator), devenue un groupe d'outlaws depuis leur aide portée aux mutants lors de la chute de Krakoa. MacKay avec Netho Diaz au dessin s'amusent comme des fous avec une baston homérique, des prises de bec incessantes entre père, fils et Magik (qui remonte au 1er arc de New Mutants époque Krakoa).
Diaz montre qu'il apprend vite au dessin avec des planches très énergiques et des personnages mieux campés. Il prouve surtout qu'il n'a rien à envier à Ryan Stegman quand il faut découper des scènes de bagarre dantesques et gérer des compositions avec une foule de personnages. Cette paire d'épisodes est très drôle en prime, notamment pour la complicité du tandem Magik-le Fléau.
Nous arrivons à l'épisode 13 qui correspond au chapitre 4 du crossover X-Men/Uncanny X-Men/X-Force/X-Factor/Exceptional X-Men/NYX/Storm : X-Manhunt. Cette histoire a permis de régler le problème Charles Xavier qu'une partie de ses anciens élèves désiraient voir purger une peine de prison pour avoir causé la chute de Krakoa tandis que d'autres ne supportaient pas d'abandonner leur mentor dans ces conditions.
Je trouve assez étrange que Marvel ait intégré cet épisode dans ce tome 2 car le lecteur ne peut l'apprécier sans avoir lu les autres séries concernées à ce moment. Passons.
Car, ensuite, MacKay va développer un arc narratif en quatre numéros. Pour cela, il revient sur le cas de la jeune Pipper Cobb, cette gamine de Merle, convaincue d'être une mutante et que Temper avait emmené à la Manufacture pour qu'elle subisse des examens devant confirmer cela. Sauf que le Fauve ne décela aucun gène X dans le sang de la gamine.
MacKay est malin mine de rien car il va utiliser ce récit pour évoquer la gémellité de Charles Xavier et Cassandra Nova (qui, on l'a appris, fait partie de l'organisation 3K - désolé pour ce spoiler, mais j'étais obligé de dévoiler ce secret pour que la suite de ma critique soit claire). En effet, la mère de Piper, une anti-mutante, attendait des jumelles avant que son gynécologue lui apprenne qu'elle n'aurait qu'une fille.
Piper a absorbé sa petite soeur qui, aujourd'hui, réussit à prendre vie et à s'incarner sous la forme d'un gigantesque Kaiju. Tout s'explique : la Sentinelle de la "nuit de fer" avait bien détecté une mutante, la jumelle de Piper, et l'organisation 3K aussi. Et justement la 3K a préparé une surprise aux X-Men pour les empêcher de mettre la main sur cette recrue de taille et de poids.
On assiste donc à une succession de péripéties toutes plus grandiloquentes les unes que les autres avec le monstre géant, une équipe de mutants adultes dressée par 3K, Magneto aux commandes d'une Sentinelle (dans un combat Mecha vs. Kaiju), une petite fille perdue, sa mère en détresse, Cyclope qui montre quel fin stratège il est, Kid Oméga à l'article de la mort... Et j'en passe.
Tout ça donne un peu le tournis, surtout que le scénario file à toute allure d'un endroit à l'autre, d'une zone de combat à une autre, d'un groupe de personnages à un autre. Mais c'est grisant parce que MacKay s'emploie à ce que tout reste limpide, que les événements ne se marchent pas sur les pieds. On assiste à l'exploitation des pouvoirs de Jennifer Starkey et au retour sur le terrain de Xorn aussi.
La cadence de publication commence à éreinter les artistes et Ryan Stegman a besoin du renfort de C.F. Villa sur l'épisode 15, tandis que Emilio Laiso, excellent, assure les dessins de l'épisode 18. Netho Diaz s'occupe, lui, du numéro 16. Malgré ce défilé, le style d'ensemble reste étonnamment homogène et surtout diablement efficace.
On pourrait penser qu'en privilégiant ainsi le grand spectacle, la baston, MacKay ne raconte finalement pas grand-chose de consistant. Sauf que c'est faux : il développe habilement le subplot avec la 3K, met en scène le Fauve qui préfère se consacrer à ses recherches plutôt qu'aux missions et est approché par la 3K, n'oublie pas les nouveaux mutants réfugiés dans la Manufacture.
Tout cela forme un terreau pour des histoires futures et nourrit donc un projet à long terme. D'ailleurs, la série se joue sur trois temps : à court terme, les batailles régulières des X-Men ; le moyen terme, les manigances de la 3K ; et le long terme, la collision inévitable entre X-Men et 3K. C'est plus ambitieux qu'on ne le croit, mais surtout bien bâti, bien construit -infiniment mieux que Uncanny X-Men.








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