lundi 28 septembre 2026

X-MEN : AGE OF REVELATION - OVERTURE (Jed MacKay / Ryan Stegman)


Forge a réussi à transférer les esprits de Cyclope et du Fauve dans leurs corps il y a dix ans et inversement. Ils découvrent la résistance à Révélation, dirigée par Magneto, en pleine possession de ses pouvoirs. Mais le groupe est localisé et doit fuir, avec un terrible chasseur aux trousses tandis que Bei la lune sanglante est elle aussi traquée par Psylocke après avoir découvert le plan de Révélation...


Les histoires de voyage dans le temps (passé ou futur) et de transfert d'esprits sont toujours un casse-tête à résumer et à critiquer parce qu'il faut faire comprendre qui est qui, quand et où, sans s'emmêler les pinceaux. C'est facile à lire si le scénariste reste clair, mais moins facile à retranscrire en article. Et c'est la première difficulté qu'on rencontre avec Age of Revelation - Overture.


Disons donc que les esprits de Cyclope et du Fauve du futur occupent maintenant les corps de Cyclope et du fauve du présent tandis que les esprits de Cyclope et du Fauve du présent sont dans les corps de Cyclope et du Fauve dans dix ans. Vous suivez ? Alors, je continue.


Cyclope et le Fauve découvrent donc ce qu'il est advenu dix ans dans le futur et qui a été exposé dans X-Men : Age of Revelation #0. Désigné comme l'héritier sur Terre d'Apocalypse (qui, lui, s'est exilé, dépité, sur Arakko/Mars), Doug Ramsey/Cypher a le pouvoir de faire plier la volonté d'autrui par sa seule parole. Il a ainsi pris la tête des X-Men.

Puis un virus a commencé à se répandre, transformant les humains (en tout cas les plus résistants à l'infection) en mutants. Grâce à son pouvoir, Révélation a pris le contrôle de Philadelphie, berceau de l'épidémie, pour en faire une ville refuge pour les mutants. A condition qu'ils lui obéissent aveuglément. Sinon ils les privent de la parole et les cantonnent à la périphérie de la ville.

Pour asseoir son autorité, Révélation compte sur deux factions : les choristes, qui augmentent la puissance de sa voix, et les séraphins, son bras armé. Il dispose également de celui qu'il appelle son "ange de la mort", nul autre que Wolverine. Ceux qui s'opposent à ce régime tyrannique, fondé sur un génocide, ont pris le maquis et comptent donc sur les Cyclope et Fauve du passé pour les aider à renverser Révélation.

Jed MacKay montre bien le déséquilibre des forces en soulignant l'immense pouvoir de Révélation, décrit comme l'archétype du bon garçon que l'exercice de sa fonction a corrompu jusqu'à devenir un despote impitoyable, menteur et violent. En parallèle, la résistance est juste un groupuscule qui se terre dans une forêt et qui paraît désespéré au point de devoir faire appel à deux X-Men du passé.

Pourquoi ? Parce que, dans la série X-Men, telle qu'on l'a laissée avant cet event, Révélation vient juste de rejoindre l'équipe de Cyclope qui a voté pour l'aider en considérant qu'il ne représentait pas une menace par rapport à l'organisation 3K. Il faut dire que Doug Ramsey/Cypher fut un New Mutant et une des bonnes âmes de Krakoa. Aucune raison donc de se méfier de lui.

Si on peut évidemment déplorer qu'un nouveau mutant aussi sympathique que Cypher se transforme en méchant, MacKay réussit à nous faire croire à sa dangerosité et son ascension est d'autant plus glaçante qu'elle partait d'un bon sentiment, mais était mue par des méthodes très discutables. Pour ma part, je regrette un peu cette métamorphose, mais, en même temps, à part Hickman, peu de scénaristes ont su écrire Cypher intelligemment. Alors, pourquoi ne pas l'imaginer en vilain ?

L'apparition de Wolverine en "ange de la mort" est très impressionnante, même si en soi l'idée n'a rien de nouvelle (un Wolverine manipulé pour tuer ses semblables, c'était l'argument de la saga Ennemi d'Etat, de Millar). MacKay taille dans le vif vite et fort, en éliminant quelques résistants emblématiques, qui renforce la précarité de leur situation - et font le sel de ce qui suivra.

Au dessin Ryan Stegman excelle à représenter ce futur désespérant mais avec une énergie sidérante. Comme d'habitude chez MacKay, tout va très vite et tout est dense - presque trop. Mais on ne va pas non plus s'en plaindre. Et Stegman restitue ce sentiment d'urgence, de fuite en avant, de désavantage, qui pimente le récit.

Le cliffhanger de cet épisode est lui aussi saisissant, sacrifiant un autre personnage de manière brutale, et suggérant que Révélation ne va pas se contenter d'être le maître de Philadelphie ni même des Etats-Unis... A suivre donc, dans les trois épisodes d'Amazing X-Men. Stay tuned !

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