C'est à ce drôle de groupe que Darcy Van Poelgeest, scénariste et cinéaste devenu auteur de comics, doit donner un nouvel élan. Et il semble avoir parfaitement cerné ces personnages qu'il place, sans tarder, dans des situations loufoques, extravagantes, avec un don certain pour accrocher l'intérêt du lecteur en quête de sensations inédites.
Larry Trainor, Rita Farr et Cliff Steele louent leurs services, à la manière des Heroes for Hire de Marvel, mais pour des missions peu gratifiantes comme retrouver le chaton d'une vieille dame timbrée qui croit son animal enlevé par des aliens. Problème : le minou est mort. Alors, pour ne pas briser le coeur de leur cliente (et qu'elle les paye), ils s'arrêtent à une animalerie pour en acheter un qui lui ressemble.
Je vous laisse découvrir si la mémé avait raison ou si elle est complètement givrée, mais il se dégage des pages, somptueusement dessinées par le génial et trop rare Niko Henrichon (canadien comme Van Poelgeest), une mélancolie assez poignante sous la comédie loufoque et les scènes absurdes de ce premier épisode.
Si vous aimez lire des comics qui ne ressemblent à rien de ce qui se fait habituellement, alors Doom Patrol est pour vous - ça l'a toujours été, mais cette itération autant que ses prédécesseurs. Le scénario glisse un subplot en relation avec le "chef" Niles Caulder qui cauchemarde au sujet d'une jeune femme qui le tue mais qu'il accepte d'aider... Même si cela risque de coûter la vie à la Doom Patrol.
Si j'ai apprécié les planches de Henrichon, nul doute que ce ne sera pas le cas de tous : l'artiste a souvent changé de style depuis le succès de Pride of Baghdad et désormais il privilégie un trait généreux en hachures, en assumant aussi la colorisation. Ce n'est donc pas forcément très beau, très joli, mais c'est juste, c'est approprié pour traduire visuellement la folie d'une telle bande dessinée, avec ses protagonistes cabossés.
Surtout, cette Doom Patrol entre parfaitement dans le "cahier des charges" du DC Next Level, qui ambitionne d'être à la croisée des mondes, entre comics indés et mainstream, projetant la lumière sur des héros moins populaires de l'éditeur. Et qu'un major comme DC ose cela est un miracle toujours aussi épatant.





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