Trois groupes de X-Men sont dispersés dans le temps : en 1997, Bishop entreprend de rassembler l'équipe projetée en 3000 av. J.C. (comprenant Magneto, Charles Xavier, Malicia, Diablo, le Fauve) qui ont fait la connaissance de En Sabah Nur avant qu'il ne devienne Apocalypse et à qui ils veulent enseigner qu'il est possible de faire coexister humains et mutants ; Forge, lui, se rend en 3960 ap. J.C. pour rapatrier l'autre équipe (comprenant Cyclope, Jean Grey, Morph, Tornade) et où Nathan Summers va devenir Cable dont la mission sera de tuer Apocalypse.
Pendant ce temps, restés en 1997, Jubilé et Sunspot sont recrutés par Cable pour former X-Force aux côtés d'Archangel et Psylocke afin de traquer les Cavaliers d'Apocalypse. Le Dr. Valerie Cooper a, elle, à sa disposition X-Factor, composé de Havok, Polaris, Multiple Man, Strong Guy et Wolfsbane, dont la mission consiste à stopper les actions punitives d'X-Force. De son côté Wolverine a rassemblé Dents-de-sabre, Maverick, Lady Deathstrike et Garrison Kane pour retrouver la base de l'Arme X afin de la détruire - même si Logan espère aussi y trouver un moyen de régénérer son squelette métallique.
De retour en 1997, tous les X-Men établissent leur base sur l'île de Genosha au sein d'une organisation nommée X-Corp. Xavier et ses élèves n'ont pu empêcher Apocalypse de survenir et ce dernier veut ressusciter Gambit pour en faire son plus dangereux Cavalier : Mort...
Deux ans après sa saison 1, X-Men '97 est donc de retour, un laps de temps plutôt court quand on sait à quel point la production d'une série animée est longue à développer. Et ce, sans compter l'absence du showrunner Beau DeMayo, licencié entretemps. C'est Matthew Chauncey, scénariste, qui a dirigé l'écriture de ces neuf nouveaux épisodes.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la différence est sidérante. Là où je reprochais à la saison 1 d'aller trop vite en besogne, compressant des arcs entiers de comics en un épisode, et accumulant les intrigues sans laisser au spectateur le temps de les savourer ou même de s'attacher aux personnages et aux événements, on profite là à d'une narration bien plus digeste.
Cette fois, en effet, Apocalypse et sa menace parcourt l'ensemble des neuf épisodes, même si les auteurs s'autorisent quelques apartés, parfois surprenantes. Dans la première moitié de la saison, deux groupes de X-Men se trouvent à deux extrémités temporelles, l'une dans un lointain futur, l'autre dans un passé très reculé, mais toutes les deux avec un objectif similaire : stopper Apocalypse.
Tandis que Xavier et Magneto s'emploient à adoucir En Sabah Nur avant qu'il ne devienne un suprémaciste immortel, Cyclope et Jean Grey tentent de composer avec Mère Askani qui veut former Nathan Summers, leur fils, à devenir celui qui exterminera Apocalypse. Dans tous les cas, le spectateur sait que la tragédie est inéluctable, mais cela n'empêche pas un suspense intense de s'installer.
Lorsque tout ce beau monde se retrouve en 1997, il leur faut encore composer avec des forces imprévues : il y a la X-Force de Cable qui applique une justice expéditive, il y a X-Factor et ses mutants au service du gouvernement américain, et il y a les Acolytes avec à leur tête Exodus qui veulent punir Graydon Creed, l'ambitieux politicien anti-mutant en lice pour la présidentielle.
Tout cela est ponctué par deux épisodes curieux dans la mesure où ils ne s'intègrent à aucune des intrigues précitées : d'abord Wolverine qui veut détruire la base de l'Arme X et qui se trouve face à un essaim de Broods pour un mix assez improbable mais très référencé - sans doute trop pour celui qui n'aura lu ni les arcs de Claremont avec Paul Smith ou avec Marc Silvestri.
Et puis il y a cet autre épisode, encore plus étonnant, où les X-Men avec leur look du run de Grant Morrison et Frank Quitely (New X-Men) affrontent Danger, l'incarnation de la salle des dangers, une histoire tirée du run de Joss Whedon et John Cassaday (Astonishing X-Men). Pourquoi avoir lié ces deux époques au lieu d'exploiter ces deux runs pour plus tard dans la série ?
Et puis il y a ce dernier acte, spectaculaire, qui tourne autour du retour de Gambit dans la peau de Mort, le cavalier ultime d'Apocalypse. La boucle est en quelque sorte bouclée et de quelle façon ! Il y a du rythme, de l'action (beaucoup) et du sentiment (enfin !), avec le sacrifice d'un mutant amené de manière intelligente (même si je regrette que les scénaristes semblent ne pas vouloir le ramener).
Vous l'aurez compris, cette saison 2 est tellement meilleure que la 1 ! Hormis donc les deux épisodes un peu hors sujet que je viens d'évoquer, le fil rouge avec Apocalypse tient toutes ses promesses : on assiste à la naissance d'un vilain redoutable et emblématique, ainsi qu'à celle de son plus féroce adversaire, tout en intégrant une foule de personnages, le tout sans que cela soit indigeste. Un exploit.
La gestion des personnages est exemplaire et il y avait de quoi faire : qu'il s'agisse de camper la X-Force et sa mission punitive ou X-Factor avec son engagement auprès des autorités, c'est parfaitement construit. Bien entendu, tout le monde n'a pas le droit à un traitement égal et de ce point de vue X-Factor voit ses membres à peine esquissés en dehors de Polaris.
Idem pour les Acolytes où Exodus fait pâle figure mais ce détour permet de ramener Colossus dans le giron des X-Men au terme d'un procès superbement conçu avec Diablo dans le rôle de l'avocat de son demi-frère Graydon Creed. A bien des égards, les épisodes de cette saison sont une leçon de storytelling et de caractérisation.
J'ignore ce que donnera le film X-Men de Jake Schreier en 2028 mais le cinéaste pourra potasser la série animée pour s'inspirer de la dynamique d'une équipe qui ne relègue au second plan aucune de ses vedettes, y compris le Pr. X dont les comics n'ont pas toujours su quoi faire (hormis dans New X-Men ou House of X/Powers of X récemment).
L'animation m'a semblé plus mobile, avec des qualités de mise en scène plus probantes. Les designs d'Amelia Vidal et son équipe conservent ce côté rétro qui sied à l'époque de la série, sans abuser des codes visuels des comics des années 90. Toutefois, je me demande si Disney et Marvel Studios ne seraient pas avisés de faire évoluer le concept pour ne pas se cantonner à cet aspect vintage.
En effet, comme on le voit dans la dernière partie, les looks des X-Men sont ceux créés par Frank Quitely lors du run de Grant Morrison sur New X-Men à partir de 2001. On quitte donc le siècle dernier pour aborder le nouveau millénaire et je pense que X-Men '97 n'a dès lors plus rien de viable. Pourquoi pas, alors, entamer une troisième saison en l'intitulant "X-Men 2000" ou le retour du titre X-Men Evolution par exemple ?
Les scénaristes disposent avec les récits de Morrison puis de Whedon jusqu'à Bendis et Hickman d'un volume d'histoires conséquentes à qui les années 90 ne doivent plus rien. Continuer à aménager des storylines plus récentes en restant en 97 serait un non sens, une absurdité.
Mais, exceptées ces réserves, je n'ai que du bien à dire de X-Men '97 saison 2 : j'ai binge-watché ces épisodes avec un grand plaisir, sans jamais m'ennuyer ni pester après la narration trop compressée. J'aimerai juste une animation un peu plus dynamique et une évolution historique afin que la série grandisse et mûrisse comme elle en a le potentiel.










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