Pour que Achilles Fairchild relâche ses amis, Moon Knight a trahi Daredevil, Ghost Rider et Blade en les lui livrant. Pourtant il se rend compte que le marché n'est pas respecté et il passe alors le relais à Clea Strange...
Cette série est sensationnelle et s'il ne fallait en lire qu'une chez Marvel, ce serait celle-ci : pas un numéro plus faible que l'autre - au contraire, chaque mois Jed MacKay se surpasse et hisse Marc Spector : Moon Knight au sommet. Jamais le chevalier de la lune n'avait sans doute été à pareille fête, en tout cas pas depuis des lustres.
Je situe même ce run au-dessus de celui de Jeff Lemire avec Greg Smallwood car sa qualité sur la longueur parle pour lui. MacKay a su s'emparer de celui qu'on a souvent, à tort, comparé au Batman de Marvel pour en faire un héros passionnant, aux aventures palpitantes. Et malgré les relaunchs incessants (celui-ci dépassera-t-il les 10 n° ?), il a su rebondir pour aller encore plus haut.
Les Midnight Sons ont donc été trahis par Moon Knight qui avait passé un marché avec Achilles Fairchild de lui livrer des héros ayant connu au moins une fois un cas de possession (comme lui avec le Manoir Vorace) contre la libération de ses amis. Mais l'asgardien en réclame davantage et c'est au tour de Clea Strange d'entrer en scène.
Jusqu'à présent la sorcière suprême de la dark dimension ne semblait là que pour faire le lien entre Moon Knight et ses alliés de circonstance, mais là, Jed MacKay lâche les chevaux et offre cet épisode à ce personnage qu'il avait un temps placé à la place de Stephen Strange dans le rôle de Doctor Strange. Et le scénariste prouve une fois de plus à quel point il est bon quand il s'agit d'écrire des héros de second rang.
Cette appellation n'a rien de péjoratif - c'est un constat : Marvel, en dehors de Daredevil, ne publie plus de séries avec Blade, Ghost Rider et Clea Strange. Ce sont tout au plus des seconds rôles comme dans cet arc narratifs. Et quand l'éditeur a annoncé sa ligne Midnight, les fans ont cru un temps, les naïfs, que des comics allient mettre à l'honneur ces personnages issus du registre horrifique.
Mais MacKay prouve en réalité que pour faire honneur à ces seconds couteaux il faut les intégrer à une histoire sur-mesure, et non fantasmer sur une ligne de comics qui n'aurait guère de chance d'avoir des ventes suffisantes pour survivre. Et, de ce côté-là, cette intrigue permet de donner la pleine mesure de Clea, Blade et Ghost Rider aux côtés de Moon Knight - jusqu'à ces dernières pages, démentielles !
Devmalya Pramanik contribue énormément à la forte impression que procure Marc Spector : Moon Knight. Ses planches sont spectaculaires, virtuoses, avec un découpage débordant d'imagination. Il n'y a guère que Hayden Sherman chez DC pour l'égaler, dans un style encore différent. Pramanik depuis 8 mois se surpasse à chaque épisode et cette fois-ci encore.
La représentation des forces occultes ne parait lui poser aucun problème graphique - elle le motive, l'inspire et le lecteur est emporté dans un récit complètement fou, où chaque scène est un tour de force visuel. Les couleurs de Rachelle Rosenberg attestent de l'importance que peut avoir une bonne association entre un artiste et une coloriste pour aboutir à à quelque chose d'unique, mettant en valeur chacun.
Mais où vont-ils s'arrêter ?





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