vendredi 25 septembre 2026

X-MEN BY JED MACKAY, VOLUME 1 : HOMECOMING (Jed MacKay / Ryan Stegman, Netho Diaz)


X-MEN BY JED MACKAY, VOLUME 1 : HOMECOMING
(X-Men #1-7)


Merle, Alaska. Cyclope et son équipe (composée de Magneto, le Fauve, Magik, Kid Oméga, Temper, Psylocke, le Fléau pour les missions sur le terrain) ont établi leur base dans une ancienne manufacture de Sentinelles, mise à l'arrêt par les Avengers. Tandis que le Fauve accueille la shérif Robbins pour lui faire visiter les lieux, Cyclope intervient à Santo Marcos pour récupérer Wolverine qui y a localisé six jeunes mutants. Mais leurs pouvoirs se sont activés à l'âge adulte !
 

Le Fauve enquête sur cette anomalie pendant que ses amis interviennent à San Francisco où ils exfiltrent Ben Liu, un autre mutant adulte persuadé d'avoir été l'objet d'expériences par des aliens, et à Detroit où ils sauvent Jennifer Starkey, traquée par Trevor Fitzroy et sa bande pour un livestream. Cyclope doit aussi composer avec l'agent Lundqvist de l'Office National of Emergency (O.N.E.) qui se méfie de la présence des X-Men à Merle.


Kid Oméga et Psylocke découvrent qui a effectivement enlevé Ben Liu et par ricochet qui s'emploie à activer le gène X chez des humains. En parallèle, une jeune fille de Merle, Pipper Cobb, renvoie Cyclope et Magneto à "la nuit de fer", une intervention dramatique survenue quelques mois plus tôt et qui a privé Erik Lehnsherr de ses pouvoirs et de sa mobilité...


Comme aucune nouveauté n'était dans ma liste de lecture de cette semaine, je me suis plongé dans de la littérature mutante, d'abord en relisant X-Men de Jonathan Hickman (qu'est-ce que c'était cool), puis en me décidant à découvrir ce que valait vraiment X-Men de Jed MacKay. La déception ressentie à la lecture de Uncanny X-Men de Gail Simone m'a motivé en espérant que cette autre série soit meilleure.


Et puis je dois bien avouer Jed MacKay figure désormais parmi les scénaristes qui m'intriguent. Son run sur The Avengers, sans être génial et certainement écrit sous la supervision étroite d'un editor, n'était pas si mal, très cohérent en tout cas. Et ses derniers épisodes de Moon Knight avec les Midnight Sons ont prouvé qu'il savait écrire des team books.


Evidemment, X-Men comme The Avengers sont des sortes de tests pour n'importe quel scénariste, les fans attendent au tournant ceux qui s'y frottent, et ayant beaucoup aimé la période Krakoa (en tout cas, tant que Hickman avait la main), j'étais sceptique sur la suite. Uncanny X-Men a été pénible à lire à cause des idées woke de Gail Simone. Et les autres team books ont fait long feu.


MacKay allait-il faire mieux ? A ce jour, il a produit 37 épisodes (+ 3 épisodes de Amazing X-Men durant l'event Age of Revelation, qu'il a initié) et il va rester aux commandes encore en 2027. Comme Uncanny, X-Men est une série qui sort 18 épisodes en moyenne par an, comme l'exige l'editor Tom Brevoort depuis qu'il pilote la franchise mutante. Il faut avoir la santé quand on écrit ces titres.

Ce que j'ai regretté dans la transition de la période Krakoa à celle de From The Ashes, c'est le peu de cas que Brevoort a fait de cette transition justement. Les mutants vivaient sur une île, avaient bâti un Etat souverain, ont connu une ascension, un règne et une chute. Et puis, nouveau directeur éditorial, et tous les mutants sont éparpillés aux quatre vents, comme si leur vie en communauté avait été effacée. Et encore, c'est sans mentionner tous les mutants dont on ignore où ils sont passés depuis Krakoa...

La méthode est quand même cavalière. MacKay, de ce que j'ai lu (c'est-à-dire à peine un tiers de son run actuel), fait comme Gail Simone : il reste allusif sur cette transition. Mais il s'est donné une marge en situant le début de son histoire quelques mois après Krakoa et je pense qu'il va s'employer à raconter ce qui s'est passé dans l'intervalle - c'est déjà un peu le cas dans ce tome 1.

Donc : Cyclope a assemblé une équipe avec Magneto. Les deux avaient déjà fait alliance quand Brian Michael Bendis écrivait Uncanny X-Men, après la mort de Charles Xavier (cf. Avengers vs. X-Men), avant Krakoa. Il y a là une association qui ne sort pas de nulle part. On pourrait même dire que Cyclope a changé de "père" en restant avec Magneto aujourd'hui, condamnant la trahison de Xavier à la fin de Krakoa.

Autour d'eux on trouve le Fauve qui repart de zéro, après ses exactions durant Krakoa, et d'ailleurs il a à nouveau son look classique (et plus une tête de lion ou de singe). Magik et Psylocke sont là, tout comme Kid Oméga (Quentin Quire) et le Fléau (certes pas un mutant mais qui a intégré la communauté mutante). Et Temper, rescapée de l'éphémère génération Hope, et ex-condamnée sur Krakoa.

C'est une formation solide, costaude, variée, plus étendue que Uncanny X-Men de Simone (qui repose sur le quintet Malicia-Gambit-Wolverine-Diablo-Jubilé). Mais surtout MacKay a voulu manifestement un groupe avec une mission, classique certes (localiser/sauver de nouveaux mutants), et une situation traditionnelle (haïs et craints à la fois, mais refusant de baisser les bras, et tournant le dos à une cohabitation avec les humains).

L'intrigue de ce premier arc pointe sur l'émergence de nouveaux mutants dont le gène X se manifeste à l'âge adulte, alors que d'habitude les pouvoirs mutants apparaissent à la puberté. MacKay ne fait pas durer le suspense trop longtemps, même si ce premier tome compte quand même 7 épisodes : il est question d'une organisation secrète, 3K, qui créé artificiellement des mutants en combinant technologie et génétique. Et leur chef est une adversaire réputée et redoutable...

En dehors de ces circuits plutôt balisés et convenus, il faut l'admettre, mais qui délivrent leur quota d'action très efficacement, MacKay fait parler ses qualités en mettant en scène des caractères forts, parfois antagonistes mais complémentaires, et avec une touche d'humour bien dosée (comme quand Cyclope avoue qu'être accompagné de deux filles avec des épées - Magik et Psylocke - était un de ses fantasmes d'ado).

La série est divertissante grâce à cela : les taquineries entre Psylocke et Kid Oméga, la rage bourrine du Fléau, le manque de tempérance de Temper, la frustration de Magneto et du Fauve, le côté missionnaire de Cyclope. Et, contrairement à Gail Simone avec ses horripilants Outliers, les quelques mutants sauvés ici ne parasitent pas la série.

Avec au dessin Ryan Stegman (sur les épisodes 1 à 3 et 5) et Netho Diaz (sur les épisodes 4, 6 et 7), on a le sentiment de lire un comic book provenant des années 90 avec un style percutant, un trait très détaillé, un découpage tout sauf subtil. C'est parfois vilain, en tout cas à mon goût, mais c'est indéniablement percutant, et même rigolo.

Les personnages en action sont saisis dans des postures outrancières, des expressions caricaturales. Tout semble fait pour souligner ce côté vintage, y compris dans certains redesigns (comme celui du costume de Cyclope, assez affreux, ou celui de Temper, carrément moche). A contrario, Psylocke est rhabillée, comme pour coller au climat de l'Alaska (alors que Magik continue à se balader dans son costume de cuir noir sexy made in Chris Bachalo, mais elle doit être moins frileuse. C'est l'avantage d'avoir grandi dans les limbes).

Surtout Stegman et Diaz ont deux dessins qui se répondent bien, il n'y a pas de cassure en termes graphiques. Stegman est plus expérimenté, son style est plus affirmé, là où Diaz, c'est visible, se cherche davantage. Mais c'est une bonne idée de les faire alterner, le lecteur n'est pas choqué en passant de l'un à l'autre. Et, même si ce n'est pas mon style préféré, ça fonctionne très bien.

En fin de compte, c'est ce que j'ai préféré, et ce qui m'a donné envie de poursuivre : tout ça ne prétend rien réinventer, mais cette humilité fait que ça roule. MacKay s'inscrit dans la veine des auteurs X qui renouent avec l'inspiration feuilletonnesque de la série, alternant action pure et caractérisation. C'est moins original et inventif que Hickman ou Morrison, mais c'est nettement plus plaisant et abouti que Gail Simone.

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