Grâce à sa machine, le professeur Martin Stein réussit à se projeter avec Firehawk dans la Matrice. Ils y retrouvent Ronnie Raymond. Bien entendu Firestorm s'aperçoit vite que Lorraine Reilly n'a rien à faire ici et entreprend de la chasser...
Avant de passer à la critique de cet épisode, il faut préciser que la série connaît apparemment un tel succès qu'après avoir été prévue en 6 numéros puis neuf, maintenant DC a annoncé qu'elle en compterait 15 ! Mais je ne serai guère étonné que ce chiffre soit encore revu à la hausse, et c'est pourquoi à présent je ne la présenterai plus comme une série limitée. On verra quand ce sera vraiment terminé.
Il paraît aussi probable que Jeff Lemire a revu ses plans, lui qui expliquait dans sa newsletter vouloir se consacrer à ses projets personnels et ne plus accepter de commandes. Car, entre temps, le scénariste a fait ses comptes : certes il vient de lancer Crowbound avec Dustin Nguyen, mais ses autres séries en creator owned ne marchent pas comme il le souhaitait (Phantom Road, Minor Arcana...).
A ce stade, ce qui est certain, c'est qu'il arrête d'écrire JSA au #24 et qu'il a prolongé The Fury of Firestorm (au moins) jusqu'au #15. Et ce qui est troublant c'est que cela se produit au moment où, justement, ce titre devait s'arrêter, au #6. D'ailleurs les dernières pages de cet épisode ressemblent à une conclusion, hormis la toute dernière planche...
J'espère juste que cette prolongation ne sera pas une extension artificielle à une histoire prévue pour être effectivement plus brève. Ce serait dommage, de la part de DC, d'avoir fait le forcing pour finalement gâcher ce qui a si bien fonctionné. Mais je crois quand même qu'on peut faire confiance à l'intelligence d'un éditeur qui a prouvé sa compétence.
La construction de cet épisode ressemble à du Lemire tout craché, avec cette façon de détourner les codes des comics super héroïque : ne vous attendez pas à de la grosse baston, même celle qui ouvre ce chapitre n'est qu'un flashback dont l'authenticité est discutable. Tout le reste se déroule dans la tête de la Matrice Firestorm, sur un mode très freudien.
Ronnie Raymond et Martin Stein sont comme un fils et son père, mais leur duo est aussi le père de Firestorm. Et entre eux, il y a la femme, qui est à la fois l'amante, la soeur, la mère - Lorraine Reilly/Firehawk. La Matrice ressemble à une créature plus conceptuelle que jamais mais aussi instable, que ses trois parents ensemble peuvent raisonner.
Rafael de Latorre utilise toujours deux styles, l'un pour les flashbacks et l'autre pour les scènes au présent. Ce tour de passe-passe prouve le talent de l'artiste, qui use de cette astuce avec subtilité. Mais il traduit surtout, parfaitement, ces va-et-vient entre Ronnie Raymond, Martin Stein, la Matrice, la réalité, l'espace mental, le présent, le passé. Tout ici est affaire de dualité.
C'est ce qui rend cette série si fascinante et troublante. Je pense qu'elle peut durer longtemps car le terreau est riche et le protagoniste complexe. Lemire est en grande forme et a avec de Latorre un partenaire (encore un duo) de choix, qui tient là un véhicule idéal pour faire la démonstration de son talent. J'étais déjà heureux avec 6 épisodes, encore plus avec 9. C'est parti pour 15 et je ne m'en plains pas.





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