L'inspecteur Jack Harper est chargé d'élucider le meurtre brutal de Rachel Hopkins. Sur le lieu du crime où se pressent déjà tous les médias, il a la surprise de voir sa femme, la journaliste Anna Andrews, dont il était sans nouvelles depuis un an et la mort de leur bébé. Bien qu'elle lui promette de ne pas interférer dans les investigations de la police, elle communique le nom de la victime sur la chaîne de télé locale lors d'un duplex afin de regagner les faveurs du directeur, ce qui agace la présentatrice vedette du JT, Lexy Jones.
Jack et sa partenaire Priya Patel interrogent le mari de Rachel, Clyde Duffie, qui leur avoue être au courant des infidélités de sa femme avec laquelle il avait convenu qu'elle ne couche avec aucun homme du coin. Il ignore comme tout le monde que le soir du meurtre elle était avec Jack et que celui-ci a récupéré le téléphone de Rachel pour tenter de le déverrouiller. Ceci fait, il découvre que Duffie était en relation avec Helen Wang, une amie du lycée de Rachel mais aussi d'Anna et de sa propre soeur, Zoe.
Lorsque Anna découvre le corps de Helen dans le lycée dont elle était devenue la directrice, l'affaire se complique : Jack doit couvrir ses traces, celle de sa femme, dissimuler tout cela à Patel, et découvrir l'identité du tueur...
Mise en ligne en Janvier dernier, His & Hers a été un énorme carton sur Netflix (dans le top 10 des séries anglo-saxonnes les plus vues de la plateforme), mais, moi, j'étais complètement passé à côté (à ma décharge, je ne me suis remis aux séries en streaming que récemment). Mais je dois dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces six épisodes formant un récit complet.
D'abord, très basiquement, j'ai apprécié le format : 6 épisodes, c'est parfait, rien ne dépasse, rien n'est en trop, ça file à toute allure - j'aimerai vraiment que les showrunners qui se croient obligés de produire des saisons de 8 ou 10 épisodes en prennent de la graine. Je sais qu'il y a encore vingt ans, on appréciait des saisons à 20 (ou +) épisodes, mais je me demande comment on faisait.
Ensuite, chacun de ces six épisodes dure 40'. Là aussi, impeccable, pas de rab, pas de gras. Comme disait Billy Wilder, n'ennuyez jamais le spectateur. C'est parfois dense, mais toujours lisible, clair, limpide, efficace. Le dernier épisode voit même un retournement de situation inutilement compliqué passer comme une lettre à la poste et vous laisser pantois.
Enfin, His & Hers ne se prend pas pour ce qu'elle n'est pas : c'est un thriller, classique, mais terriblement addictif, quelquefois capillotracté, mais impossible à laisser en plan. Vous savez dès la fin du premier épisode que vous allez binge watcher ça et que vous allez adorer (ou complètement détester, mais je vous défie d'abandonner avant de savoir le fin mot de l'intrigue).
Le canevas de l'intrigue, justement, est simple : une femme meurt violemment (40 coups de couteau). Elle était infidèle et dans sa jeunesse, une vraie garce, à la tête d'une bande de pestes qu'elle menait par le bout du nez, passant leurs nerfs sur une élève en surpoids et en intégrant une autre, de condition plus modeste et dont la mère officiait comme femme de ménage au lycée et chez les bourgeois du coin.
L'action se situe dans un patelin près d'Atlanta, une bourgade où il ne se passe jamais rien - ou alors qu'on tait, qu'on enterre. Un décor à la David Lynch, plein de sales secrets derrière les belles façades. Le sous-texte, discret, de la série évoque les différences sociales, raciales aussi, la mesquinerie de lycéennes devenues femmes et ennemies.
Le retour d'Anna Andrews est presque plus déclencheur que la mort de Rachel Hopkins. Anna a vécu un drame insurmontable (la mort subite de son bébé) et a fui. Son mari, l'inspecteur Jack Harper, l'a cherchée, en vain, et s'est occupé à la fois de sa belle-mère, Alice, qui perd la tête, et de sa propre famille (Zoe sa soeur alcoolique, mère de la petite Meg - une fille de substitution pour Jack).
Quand les époux se retrouvent, la tension est palpable. Anna resurgit pour couvrir le meurtre de Rachel et, malgré ses promesses de ne pas causer de vagues, parasite l'enquête de Jack. Comme celui-ci a été l'amant de Rachel, il a fort à faire pour ne pas être découvert et considéré comme suspect, mais aussi pour protéger Zoe, proche de la victime dans leur jeunesse.
Anna a vu Rachel et Jack ensemble, en train de s'envoyer en l'air la nuit du meurtre. Mais le scénario est redoutable car elle devient aussi suspecte que lui aux yeux du spectateur - d'ailleurs, jusqu'au bout, on ne sait jamais où elle est quand se produit un autre meurtre (comme Jack d'ailleurs). Le showrunner Dee Johnson joue avec nos nerfs à partir du roman fidèlement adapté de Alice Feeney.
Bien entendu, comme souvent avec les productions Netflix, là où ça pèche, c'est au niveau esthétique. La série revendique pas mal de références (Gone Girl de David Fincher par exemple), mais la réalisation en est très loin. Il y a cet aspect uniformisé des produits de la plateforme, conçus pour plaire au plus grand nombre - et ça marche. Même si on aimerait un peu plus de personnalité visuelle.
Ce que His & Hers perd en qualité graphique, elle le compense, comme souvent, par son casting. Et réunir à l'écran Jon Bernthal et Tessa Thompson est vraiment une riche idée. Le Punisher et la Valkyrie du MCU sont d'excellents acteurs au-delà de leur appartenance à l'univers Marvel, et il y a une véritable alchimie entre eux, une électricité jubilatoire mais qui procure aussi des moments plus émouvants (même si peu creusés).
On notera aussi l'épatante prestation de Rebecca Rittenhouse, plus vraie que nature en présentatrice de JT jalouse, ou Chris Bauer, toujours parfait dans un rôle de crevard (ceux qui se souviennent de The Deuce sauront de quoi je parle).
Bref, ce n'est pas absolument révolutionnaire, mais bon sang, que c'est bien fichu !







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