Riya Ortiz se réveille dans une base scientifique sur une planète lointaine, sans aucun souvenir de la façon dont elle est arrivée là. En explorant le bâtiment, elle est en proie à des visions cauchemardesques avant de découvrir plusieurs cadavres. Un astronaute nommé Brion Argyle arrive sur place en lui expliquant avoir reçu un appel de détresse dans la station orbitale où il surveille les travaux de cette base.
Il identifie les morts - le commandant Adhi (qui était l'amant de Riya) et l'officier Davis - , tous membres d'une expédition pour découvrir de nouvelles planètes habitables. Celle sur laquelle ils sont a été baptisée K.O.-442 (ou "Ash") et représente le dernier espoir de la Terre. Riya échouent à retrouver Clarke qu'ils soupçonnent d'être l'auteur des meurtres, sans pourtant comprendre pourquoi elle a laissé Riya vivante.
Toujours assaillie par des visions, Riya se demande si ce n'est pas elle qui aurait assassiné ses amis. Mais une tempête se lève et une brêche est signalée dans la structure du bâtiment. Riya se glisse dans d'étroits conduits pour la colmater et découvre des signes indiquant qu'une personne s'est introduit dans la base. Elle pense que Clarke est toujours en vie mais a pu être infectée par un parasite inconnu, provoquant une crise psychotique...
Un réflexe que j'ai est de chercher des films avec un acteur que j'ai bien aimé récemment, en l'occurrence ici Eiza Gonzalez dont j'ai beaucoup appréciée la prestation dans In The Grey (et dont la beauté subjugue la caméra à chaque fois). Je suis ainsi tombé sur Prime Vidéo sur Ash, un film de science-fiction sorti l'an dernier mais pas en France où il a directement atterri sur la plateforme de streaming.
Tourné pour un budget qu'on devine très réduit, il s'agit d'une de ces productions inspirées par Alien de Ridley Scott, mais écrit à la façon d'un thriller psychologique, un whodunnit. Sans perdre son temps, le scénario de Jonni Remmler met en situation Riya, une astronaute et scientifique, qui découvre que tous ses co-équipiers sont morts assassinés.
Elle est rejointe par un autre astronaute, Brion, qui travaille lui dans une station orbitale et qui a reçu un message de détresse en provenance de cette base sur une planète lointaine. En s'apercevant qu'il manque un membre de l'équipe, ils imaginent qu'ils tiennent leur coupable et que celui-ci a quitté le bâtiment mais risque d'y revenir pour terminer le travail. A moins que...
... Ce soit Riya qui ait commis ce massacre, comme le lui suggèrent des visions persistantes - et dont elle se garde bien de détailler le contenu à Brion. Le procédé est finalement original par rapport au modèle illustre du film et, s'il y a bien in fine une drôle de bestiole qui rode aux alentours et qu'on n'évite pas quelques clichés sur la fin, l'ensemble est captivant.
Derrière le pseudonyme de Flying Lotus se cache le D.J. Steven Ellison (qui a d'ailleurs aussi composé la bande son de Ash) et dont c'est le premier vrai long métrage. Sa réalisation fait la part belle à une ambiance claustrophobe puisque l'essentiel de l'action se déroule entre les murs de cette base. Le décor est intelligemment exploité avec ses couloirs, ses chambres et ses conduits étroits.
La photo de Richard Bluk est saturée, ce qui renforce l'étrangeté du récit : on baigne dans des tons de bleus et de rose, limite psychédélique. Mais cela participe aux qualités du film : on ne peut se fier à l'héroïne dans la mesure où elle-même est une suspecte possible et les éclairages criards renforcent ce sentiment d'une histoire qui pourrait très bien n'être qu'un cauchemar.
Avec une durée ramassée (95'), Ash est découpé non pas en trois mais en deux actes : le premier se déploie sur un rythme assez lent, à dessein pour endormir le spectateur, avant que l'intrigue n'accélère et que les rebondissements se multiplient. Dans sa seconde partie, les références à Alien, avec une héroïne qui fait alors penser à Ellen Ripley, sont plus flagrantes.
Il n'empêche, le film dégage un vrai charme, possède une réelle efficacité. On sursaute, on détourne le regard, on ne sait plus quoi croire. C'est malin, roublard même, mais prenant. En somme, on a là une authentique série B, avec peu de moyens, beaucoup de débrouille, un casting investi, une esthétique soignée, et quelque moments très intenses.
Mais ce qui forment ces atouts signalent aussi ses limites et il est évident que le script de Remmler échoue à s'affranchir des codes du genre, préférant s'appuyer sur l'esthétique très marquée de Flying Lotus et sur les performances habitées de ses comédiens. C'est déjà pas mal, mais ça aurait sans doute pu (dû ?) être mieux encore.
Eiza Gonzalez occupe l'écran une bonne partie du temps toute seule et prouve qu'elle est définitivement plus qu'une superbe plante : elle incarne cette astronaute qui ne sait où elle en est, à qui se fier (en premier lieu à elle-même) avec beaucoup de présence. Jamais elle ne surjoue sa partition, ce qui rend son interprétation aussi convaincante.
Face à elle, elle a l'excellent Aaron Paul qui est bien connu lui aussi pour jouer avec beaucoup d'énergie et de sobriété à la fois. Cette tension entre eux deux fait tout le sel du film et c'est épatant comme leur duo fonctionne. Il est ambigu à souhait et fait du même coup ressortir son ambivalence à elle. Plus que méritoire quand on sait qu'à l'origine leurs personnages étaient prévus pour Tessa Thompson et Joseph Gordon-Levitt.
Bref, un petit film de SF très accrocheur à défaut d'être singulier.







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