Le Punisher retient prisonnière Black Cat depuis quatre jours en espérant qu'elle finira par s'excuser d'avoir tué son chien. Mais elle y est d'autant moins disposée qu'elle tient maintenant à se venger de son geôlier pour l'avoir retenu captive...
Le deuxième partie de cette histoire (qui se conclura le mois prochain avant que la série ne soit impactée par l'event Queen in Black) est aussi drôle que mouvementée. Black Cat a malencontreusement tué le chien du Punisher alors qu'elle fuyait des malfrats qu'elle avait dépouillés. Frank Castle a d'abord voulu venger son chien avant de réclamer des excuses à Felicia Hardy.
Quand cet épisode démarre, Black Cat est détenue dans une cellule improvisée depuis quatre jours (et autant de nuits) et il n'est pas question pour elle de s'excuser. Au contraire, elle est résolue à infliger une correction au Punisher pour l'avoir enfermée. Pour cela, elle doit d'abord s'évader, ce qui ne sera pas aisé... Car le Punisher semble immunisé contre la malchance qu'elle attire pourtant d'habitude contre ses adversaires.
G. Willow Wilson s'amuse beaucoup et son enthousiasme est communicatif. Elle s'interroge surtout sur la réalité du pouvoir de Black Cat : peut-elle porter malheur à ceux qui la contrarient ? Ou bien ses talents de voleuse et d'acrobate suffisent-ils pour les dominer ? Face à un homme aussi pragmatique que Frank Castle, en tout cas, sa chance semble tourner.
Mais la logique de Castle est aussi battue en brèche : lui aussi a une vision binaire du monde qui l'entoure. Tout individu qui contrevient à ses devoirs ou à la loi mérite une leçon (fatale dans le second cas). Il ne veut pas tuer Black Cat mais qu'elle s'excuse, sincèrement, d'avoir tué son animal de compagnie, qui représentait la partie la plus compassionnelle de son caractère.
Entre la captive et son geôlier, c'est donc une inévitable escalade. Et Black Cat ne fait rien pour en rester là, y compris quand elle échappe au Punisher, prêt, lui, à laisser tomber. L'aventure devient une pure comédie où chacun ne sait plus s'arrêter avant que l'affaire ne devienne incontrôlable. Et le cliffhanger de l'épisode montre, de manière délirante, à quel point l'affrontement prend une envergure ahurissante.
C'est donc un régal à lire, d'autant plus parce que c'est Andrés Genolet qui assure les dessins et que son trait très expressif sied à merveille au récit. Sans avoir à appuyer son découpage pour souligner les excentricités du script, l'artiste nous fait partager les émotions de deux personnages coincés dans leurs choix jusqu'au moment où ils ne maîtrisent plus rien du tout.
En ce sens, je crois que Genolet est plus doué que Melnikov, l'autre dessinateur de la série, qui ne possède pas la même subtilité pour animer les personnages. Melnikov est doué quand ça bouge et que l'action domine. Genolet l'est aussi, mais en plus il a cette capacité à représenter les réactions par des mimiques plus variées et irrésistibles.
Black Cat continue donc d'être un divertissement savoureux et atypique dans la production super héroïque majoritairement sérieuse. Pourvu que ça dure encore longtemps !





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