Où l'on apprend les circonstances de la mort de Prion, sa véritable identité, la machination ourdie par sa grand-mère pour le venger... Et que la famille Reynoso a été manipulée depuis une dizaine d'années par un autre suspect identifié par Batman...
Ce pénultième chapitre de l'arc Flight prouve que cette intrigue traîne inutilement en longueur et est cousue de fil blanc avec des twists assez grotesques. C'est tout le problème de Tom Taylor sur Detective Comics : une absence de projet sur le long terme alors que, ironie du sort, la couverture de cet épisode montrait une voie possible à suivre.
Car au fond ce qui distingue, normalement, la série Batman de Detective Comics, c'est que, dans cette dernière, on doit suivre Batman prouvant ses qualités de détective, donc le voir en train d'enquêter davantage que se battre, même si l'action est quand même présente - on reste dans un comic book de super héros.
Malheureusement, depuis son arrivée sur le titre, on ne peut pas dire que les enquêtes imaginées par Tom Taylor soient palpitantes. Le talent de ce scénariste est ailleurs, dans la caractérisation des personnages, mais certainement pas dans la construction d'affaires susceptibles de tenir le lecteur en haleine pendant des mois.
Celle de l'arc Flight a multiplié les aspects invraisemblables et même ridicules - trop pour qu'on puisse encore être indulgent. Par ailleurs la faire traîner sur six numéros ne fait que souligner ses faiblesses et durer le déplaisir de la lire. Et puis, évidemment, comme depuis le début de son run Taylor s'appuie sur des éléments du passé qu'il a inventés mais qui n'ont aucun impact réel sur le présent.
C'est bien joli de vouloir ajouter des éléments à la mythologie d'un personnage comme Batman (et plus généralement à la continuité de DC), mais encore faut-il être capable d'écrire ces éléments de manière à ce qu'ils aient l'air d'être intéressant, qu'ils apportent un vrai plus. Ce n'est pas le cas avec ce jeune justicier, Prion, mort dans des circonstances par ailleurs assez pathétiques alors qu'elles sont censées être tragiques pour Batman mais aussi pour Green Arrow et surtout pour Black Canary.
Jamais, à aucun moment, on n'a senti que cela accablait des héros qui ont eu le comptant d'épreuves, de deuils à surmonter. Prion est trop faiblement caractérisé, son influence sur l'existence des trois protagonistes trop limitée, pour que Taylor ait réussi à nous faire croire que sa mort représentait un traumatisme.
Si, comme le suggère la couverture de ce numéro, Detective Comics selon Taylor avait été l'occasion pour Batman de partager son titre historique avec d'autres héros, une sorte de Batman team-up en fait, cela n'aurait pas été beaucoup plus original, mais sans doute plus efficace. Ici convoquer Green Arrow et Black Canary n'ajoute rien au projet, leurs relations sont peu creusées et ce qui est supposé les avoir pareillement touchés n'a que trop peu de poids.
Mikel Janin est irréprochable mais c'est tout de même un gâchis d'utiliser ce dessinateur si talentueux pour des histoires aussi médiocres. En outre, après avoir longtemps dessiné Batman déjà sous la direction de Tom King, je ne vous cache pas que j'aimerai le voir exercer son art sur un autre personnage (un peu comme Jorge Jimenez qui dessine la chauve-souris depuis Tynion IV, Zdarsky et maintenant Fraction).
Vivement le mois prochain que ça se termine car, c'est acquis, après le #1112, j'arrête cette série qui m'a trop déçu.





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