vendredi 10 juillet 2026

THE FURY OF FIRESTORM #4 (of 8) (Jeff Lemire / Rafael de Latorre)


Dans le chalet occupé par le professeur Martin Stein dans les Adirondaks, Lorraine apprend dans quelles circonstances est né le projet Firestorm - un parmi d'autres ayant engendré d'autres méta humains - et comment elle y a été mêlé à son insu pour le contrôler. Mais Stein a peut-être un moyen de neutraliser l'homme nucléaire...


Cette semaine Jeff Lemire a publié sa newsletter dans laquelle il fait le point sur ses projets en cours et à venir et il semble clair que le scénariste, toujours aussi prolifique, veut donner la priorité à ses propres créations. Ainsi va-t-il arrêter d'écrire JSA au #24 un mois avant la fin de The Fury of Firestorm. Arrivé à la moitié de celle-ci, l'auteur livre un épisode fourni en révélations.


Interrogé par Firehawk, Martin Stein lui dévoile comment il a trahi Ronnie Raymond pour provoquer la naissance de Firestorm avant que Ronnie le rejette. Mais Firestorm est une entité qui ne peut être maîtrisée qu'avec deux individus et désormais il est donc évident que la matrice a rejeté Ronnie pour devenir autonome.


Cela n'explique pas son comportement mais confirme sa nature dangereuse et volatile. Par ailleurs Lemire relie l'existence de Firestorm à la création d'autres méta humains dont l'apparition a été plus ou moins provoquée par des savants fous comme les Metal Men de Will Magnus, Metamorpho le gendre de Simon Stagg et la Doom Patrol de Nils Caulder.


J'ai bien aimé ce réseau souterrain de scientifiques unis par un projet commun de produire des créatures doués de super pouvoirs et qui ignoreraient un temps le fait d'avoir été manipulés. Bien entendu, c'est un procédé dont il ne faut pas abuser mais c'est intéressant dans la mesure où Metal Men, Doom Patrol, Metamorpho et Firestorm sont des super héros de second ordre (avec tout le respect qu'on leur doit).

Cela définit en somme deux catégories de super héros : les vedettes comme les membres de la Justice League, et les autres dont la conception loin d'être accidentelle a été le fruit des efforts machiavéliques de chercheurs jouant à Dieu. Cela valide aussi le fait que Firestorm prenne en quelque sorte sa revanche en agissant à son tour comme un démiurge.

Ce qui est captivant aussi, c'est la manière dont Lemire met en lumière le rôle de Firehawk, pensée pour séduire et raisonner Firestorm. Evidemment, en l'apprenant, elle voit rouge et le scénariste tisse une analogie malicieuse mais bien sentie avec la fiancée du monstre de Frankenstein. Reste à savoir si le Dr. Frankenstein de cette histoire - dont le nom reprend le suffixe du personnage de Mary Shelley, Stein - a un moyen de ramener Firestorm à la raison...

Ce récit passionnant est merveilleusement illustré par un Rafael de Latorre en grande forme. L'essentiel de l'épisode est un dialogue entre Lorraine Reilly et Martin Stein mais l'artiste réussit brillamment à traduire l'intensité de leur échange. Stein ne regrette au fond pas grand-chose, sinon d'avoir été sorti du jeu par Ronnie Raymond.

Quant à Firehawk, bien que furieuse, de Latorre parvient à représenter tous les états par lesquels elle passe, de la sidération à la colère en passant par la détermination à trouver une solution. Les flashbacks sont encore une fois l'occasion pour le dessinateur et son coloriste, Marcelo Maiolo, de jouer avec un style qui évoque les vieux comics, avec des couleurs moins nuancées, des trames, une impression plus grossière.

The Fury of Firestorm confirme numéro après numéro son excellence. On peut se dire que Lemire tenait là de quoi alimenter une série plus longue, mais on peut surtout espérer que d'autres auteurs après lui se servent de ce personnage comme il le mérite.

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