Une nouvelle fois, Daredevil est dominé physiquement par Omen... Pendant ce temps, Harlan Vale, le donateur de l'université, rassure les enseignants que ses intentions sont désintéressées puis, rejoignant son assistant, il écoute ce que ce dernier a appris sur Matt Murdock. L'inspecteur Forte et son collègue Callahan retournent sur le cargo où ils avaient découvert des indices sur le tueur qu'ils traquent...
Je peux le dire maintenant : avant de lire ce quatrième épisode, j'étais pratiquement sûr d'arrêter ce nouveau volume de Daredevil une fois son premier arc passé (il se termine le mois prochain). En effet, l'ennui me gagnait lentement mais sûrement et je n'étais pas convaincu que Stephanie Phillips ait en fin de compte de quoi ranimer mon intérêt.
Cet épisode n'est pas extraordinairement plus réussi que celui du mois dernier. C'est toujours très décompressé au niveau de la narration, et la scénariste cède à l'envie de revenir sur le passé de Matt, de son père, sa formation par Stick, pour bien souligner qu'il est en difficulté et qu'il va devoir puiser au plus profond de lui-même pour surmonter l'obstacle qui se dresse devant lui.
Pourtant, malgré ces clichés, Phillips parvient à capter mon attention par sa bonne volonté. Il est indéniable qu'elle fait de son mieux et qu'elle témoigne d'une vraie passion pour Daredevil, en ayant à coeur de ne pas singer Zdarsky ou Waid ou Brubaker ou Bendis (encore moins Saladin Ahmed, ouf !). Et pour ses efforts, on a envie de la récompenser en découvrant ce qu'elle a à raconter.
Phillips est excellente quand elle aborde sa série par la périphérie de l'intrigue avec des seconds rôles comme Harlan Vale, ce riche investisseur qui finance l'université où exerce Matt Murdock et qui, de toute évidence, est très curieux au sujet de ce dernier. Et puis quand elle écrit l'inspecteur Forte, ce flic arrogant sur la piste d'Omen sans le savoir.
J'ignore encore si le projet de Phillips se situe là, mais il semble qu'elle apprécie de creuser cette veine où les personnages sont les plus vulnérables, les plus exposés, les plus à la peine : Daredevil qui ne sait pas comment battre Omen, Vale qui ne sait pas que penser de Murdock, Forte qui est frustré par son enquête.
Ces aspects-là sont très réussis, très aboutis, très accrocheurs surtout et, ma foi, traiter Daredevil en le confrontant à des ennemis qu'il ne sait pas appréhender est plutôt efficace. Du coup, je suis assez curieux de voir comment cet arc va se dénouer, si Omen sera vraiment neutralisé le mois prochain, ou si une intrigue au long cours pourrait commencer avec lui (en tout cas, il est certain que Vale et Forte vont faire partie du supporting cast de la série).
Lee Garbett livre une copie inégale. Bizarrement, les scènes de combat sont maladroites alors que c'est là que je l'attendais le plus. L'affrontement entre DD et Omen au début de l'épisode est découpé de manière empruntée. En revanche, les scènes avec Vale puis Forte prouvent que l'artiste s'en sort mieux pour souligner les caractères de ces personnages.
A la fin de l'épisode, Forte et Callahan retournent sur le cargo qu'ils ont déjà inspecté et tombent sur Omen et, avec un "gaufrier", Garbett réussit admirablement à produire un moment intense. Peut-être que s'il cadrait plus rigidement ses pages, sa narration graphique gagnerait en densité.
De toute façon, Garbett passera le relais pour l'arc suivant et ce sera l'occasion pour Phillips de renouer avec Flaviano, son dessinateur sur Grim. J'avoue être très excité à l'idée de voir comment ce dernier va aborder Daredevil parce que je crois que son style, moins classique que celui de Garbett, peut faire un bien fou à la série.
En tout cas, ce quatrième épisode m'a remotivé. Souhaitons qu'il serve d'exemple pour la suite.





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