Catwoman est confrontée par Black Mask à un terrible dilemme : sauver Slam Bradley qui est ligoté avec une grenade dégoupillée dans les mains ? Ou empêcher un attentat à la bombe dans la gare de Burnley ? Elle le sait : quelque soit son choix, il y aura la mort au bout...
Le pénultième épisode de cet arc est encore une fois remarquable et prouve que Torunn Gronbekk sait écrire de bonnes histoires si tant est qu'on la laisse faire et qu'elle pratique son art sur un personnage qui l'inspire, contrairement à ce qu'elle a souvent dû accomplir chez Marvel. Il est juste dommage que DC ne lui attribue pas un bon dessinateur définitivement comme Davide Gianfelice.
L'artiste italien quittera en effet la série après le prochain numéro et c'est bien dommage car il a signé une prestation de haut vol. Je suis certain que s'il était resté, Catwoman en aurait profité. Pour ma part, j'ai décidé de ne pas poursuivre après lui parce que Danilo Beyruth a un style qui me comble moins. A moins que la série connaisse des changements en vue du #100, désormais proche.
Pour en revenir à ce numéro-ci, Gronbekk multiplie les points de vue en vue du grand final : Catwoman doit rallier un point précis en étant coursée par des sbires de Black Mask, Holly Robinson découvre où est Maggie Kyle et ce que lui a réservé Black Mask, Slam Bradley a les mains crispées autour d'une grenade dégoupillée, Katarina Belov savoure sa vengeance...
Faire tenir tout ça en une vingtaine de pages n'est pas une mince affaire et Gronbekk s'en sort haut la main avec une narration très nerveuse et toujours limpide. L'astuce consistant à ponctuer l'épisode avec la course de Catwoman est très efficace et haletante, même si on sait qu'elle se débarrassera sans problèmes des complices de Black Mask.
La dernière page et même la dernière image produit un cliffhanger réellement inattendu et qui donne envie d'être déjà le mois prochain. On comprend au passage comment Black Mask a pu mobiliser autant de personnel pour accomplir son plan machiavélique et Gronbekk en profite même pour remettre une pièce dans la machine sur les liens entre Selina Kyle et Carmine Falcone (l'occasion de réviser sa continuité, ce que la scénariste a fait auparavant dans son run).
Gianfelice livre de superbes planches qui, elles aussi, permettent de savourer le crescendo dramatique de toutes les facettes de l'histoire. Les pièces de l'échiquier sont en mouvement et se répondent, créant un sentiment d'inéluctabilité très prenant. L'artiste italien ne lésine pas sur les décors, notamment pour montrer la course de Catwoman alors que bien des dessinateurs auraient été moins consciencieux sur ce point.
On peut ainsi apprécier la distance parcourue, la diversité architecturale des quartiers traversés, le mobilier urbain. Quelque part, c'est dommage parce que je suis convaincu que la plupart des lecteurs n'y prêteront pas assez d'attention dans la mesure où ce genre de séquences souligne les déplacements, la vitesse. Mais Gianfelice abat un travail exemplaire.
Je ne serai revenu à Catwoman que pour un arc mais ça valait le coup. Torunn Gronbekk et Davide Gianfelice ont rendu, à leur manière, un parfait hommage à une histoire désormais devenue classique de la féline fatale de Gotham contre son pire ennemi, Black Mask, plus d'un quart de siècle après Ed Brubaker et Cameron Stewart. Ce n'était pas gagné, mais le résultat est probant.





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