Les membres de la JLu ne savent pas comment renvoyer les héros rassemblés par Airwave à leur époque et dans leur univers respectifs. Le Time Trapper et le World Forger surgissent alors pour proposer une issue pour le moins choquante... Cependant, Mr. Terrific et Blue Beetle cherchent, eux, un moyen de localiser et ramener Airwave... Mais quid de Superman, Batman et Wonder Woman ?
Bon, je crois que cette fois la messe est dite : ce sera certainement mon dernier épisode de Justice League Unlimited. Et d'ailleurs, petit spoiler d'entrée de jeu : à la dernière page de ce 9ème épisode, la trinité DC (Batman, Wonder Woman, Superman) se réunit dans le premier quartier général de la Justice League et Batman déclare que la JLU était sans doute une erreur...
Bon, vous me direz, et vous n'aurez pas tort, que c'est une vieille et grosse ficelle pour faire tressaillir le lecteur le plus candide que de lui faire croire que l'aventure est déjà sur le point d'être finie, que tout ça c'était trop beau/trop gros pour être vrai, que ça ne pouvait pas durer... C'est un peu comme l'ère Krakoa des X-Men.
Sauf que DC est quand même globalement plus inspiré depuis quelques années que Marvel, qui a tué la poule aux oeufs d'or pour un relaunch affligeant. Donc, non, je ne crois pas que Justice League Unlimited va se terminer si tôt. Par contre, il serait souhaitable que Mark Waid se sorte les doigts et commence à écrire vraiment cette série de façon décente.
Mais en a-t-il l'inspiration ? On peut en douter quand on voit ce qu'il a sorti en neuf mois. Des premiers épisodes laborieux et surpeuplés, un crossover calamiteux (dont c'est ici l'épilogue - hé oui, quand y en a plus, y en a encore...), et tout ça pour aboutir à un bordel dont tous les autres auteurs se contrefichent. Le prochain event DC ne poursuit absolument pas ce qui se passe dans Justice League Unlimited...
S'il fallait trouver un titre avec lequel comparer JLU, ce serait Superman Unlimited. A se demander si le qualificatif Unlimited ne porte pas malheur... Mais toutefois est-il que, comme Slott, dont l'idée pourtant conséquente, n'a été suivie par personne chez DC, ce qu'écrit Mark Waid pour la JLU semble tout aussi ignoré par ses collègues.
Pour résumer, on dira donc (spoiler bis) qu'à la fin de We are Yesterday, Airwave, qui avait trahi la JLU avant de se rendre compte que Gorilla Grodd avait abusé de sa naïveté, a pour contrer ce dernier et sa Legion of Doom fait appel à plusieurs héros issus du multivers. Il a fait son marché un peu partout : Metal, Batman Year Zero, Flash Year One, Batman Beyond, Abin Sur, Jonah Hex...
Un vrai gloubi-boulga. Problème : Airwave a mis K.O. Grodd mais l'énergie oméga qui les liait l'a fait disparaître... Et a coincé les héros qu'il a recrutés dans la tour de guet de la JLU, incapable de les renvoyer chez eux. Pendant que Mr. Terrific et Blue Beetle (Ted Kord) tentent de ramener Airwave, les autres tentent de calmer les déplacés.
Sur ce le Time Trapper et le World Forger (apparu dans le run de Scott Snyder sur Justice League) se pointent et ont une solution pour corriger la situation qui est encore plus grave que prévu puisque le temps est brisé et menace tout le multivers - d'ailleurs des héros déplacés commencent à disparaître... Pour réparer ce merdier, il faudrait disséquer Grodd pour rediriger l'énergie oméga !
Evidemment la JLU n'est pas d'accord mais Grodd propose une alternative et se barre avec le Time Trapper et le World Forger. Dans le chaos qui s'ensuit, des héros déplacés se font la malle de la tour de guet... Si vous avez la migraine, c'est normal. Respirez, prenez une aspirine, attendez que ça agisse et revenez finir de lire cette critique (ou pas).
Comme je le disais, c'est un vrai fouillis dont on ne sait vraiment pas ce que Mark Waid cherche à faire. Mais bon, c'est presque secondaire puisqu'aucun autre scénariste chez DC n'a l'air de vouloir s'en mêler. Du coup, pourquoi ne pas laisser ce bon vieux Waid s'amuser avec le bazar qu'il a créé et voir comment il va s'en sortir ?
Les histoires avec un casting pléthorique, il a déjà fait et ça s'appelait Kingdom Come, un chef d'oeuvre. Mais c'était il y a 30 ans. Waid peut-il réitérer l'exploit et en sortir par le haut en dénouant ce sac de noeuds ? Franchement, qu'il me soit permis d'en douter, ne serait-ce que parce que le postulat de Kingdom Come était tout de même bien plus simple, intense et efficace.
C'est comme si, ici, tout était fait à l'envers. Justice League Unlimited, c'est un concept qui en vaut un autre mais je le trouve affreusement mal développé depuis le début : Waid privilégie de montrer une équipe hyper fournie, ce qui nuit à la caractérisation et où les personnages les plus inattendus ressemblent plutôt à des gadgets pour justifier que l'équipe compte une infinité de héros.
Ensuite, on a eu droit donc à de premiers épisodes qui n'étaient pas très palpitants, tout ça pour nous révéler que les grands méchants étaient la Legion of Doom et arriver à un crossover qui n'a jamais réussi à décoller. Et maintenant, on se retrouve avec encore plus de personnages (alors que ce n'était déjà pas concluant) et une situation qui vire à l'absurde.
Ce qui n'est finalement pas étonnant et rendrait presque heureux, c'est que les meilleures scènes de l'épisode (et de la série en général) sont celles qui privilégient deux-trois personnages max. Là, Waid les écrit bien, comme ici le sauvetage de Airwave par Mr. Terrific et Blue Beetle. Mais dès qu'on retombe dans la foule de la JLU, tout s'évapore.
Et quand on parvient à cette dernière page avec la trinité et Batman qui dit que la JLU était sans doute une erreur, comment ne pas abonder dans son sens ? C'est à tout le moins une erreur narrative car Waid n'y arrive tout simplement pas. Il ne fait rien de ce concept, sinon quelque chose de laborieux, de poussif, de creux alors qu'on espérait de l'épique, de l'intense, du super super héroïque.
Bizarrement, ça me fait penser à du Mark Millar, sauf que lui, avec ce genre d'idées, en aurait fait quelque chose de fun, bourrin, simpliste, mais efficace, direct. Une sorte de grand raout. Mais Waid, je ne sais pas ce qu'il fait ici, je ne comprends pas. Il en a déjà par-dessus la tête et il en rajoute encore ?! Non mais allô, quoi ?!
Dan Mora, je suis désolé de le dire aussi durement, est nul aussi là-dedans. DC tient avec lui une sorte de machine à dessiner (au point que ça en devient suspect : le bonhomme va dessiner un tie-in de DC K.O. et franchement, je n'arrive plus à croire qu'il puisse faire autant de trucs simultanément, il doit avoir un clone ou des assistants, mais il est littéralement partout).
Mora réussit, lui aussi, à briller dans les scènes avec Terrific et Beetle. Mais le reste du temps, ses pages ne sont rien d'autre que des cases avec un millier de personnages, sans composition accrocheuse, sans valeur de plan pertinente, sans découpage élaboré. C'est désagréable à lire parce que ça ne raconte rien, c'est du dessin au km, sans aucune âme.
Je sors de cette lecture déprimé. C'est déplaisant, malaisant même. Un scénariste en roue libre. Un artiste sans idée. Une série sans esprit. C'est comme si DC, par ailleurs si divertissant, ne savait pas produire une série d'équipe. Et spécialement JLU qui ressemble moins à une mauvaise idée qu'à une série confiée aux mauvaises personnes.





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