samedi 27 juin 2026

VENOM #259 (Al Ewing / Carlos Gomez)


Tandis que Captain Alliance prévient VenoMJ que Knull est de retour, Dylan Brock renoue avec Sleeper, le chat symbiote qui l'interroge sur le fait que son père est en prison. Puis il l'entraîne en ville où Toxin affronte le vilain F.A.C.A.D.E....


Le mois prochain démarre l'event Queen in Black qui sera écrit par Al Ewing et qui comptera cinq numéros. On peut dire que Marvel se créé ses propres embouteillages puisque cette saga sera publiée en même temps que Armageddon, mais ça ne semble pas déranger l'éditeur que tous ses héros soient mobilisés contre deux ennemis menaçant la Terre entière sans que leurs assauts aient le moindre rapport.
 

Marvel n'est pas davantage embarrassé par le fait que Queen in Black survient à peine deux moins après les événements survenus dans Death Spiral, le crossover entre Venom, Toxin et Amazing Spider-Man. A quand une mini-série supplémentaire ? C'est grotesque et il faut bien du mérite à un scénariste comme Al Ewing pour composer avec un calendrier aussi absurde.


Mais, heureusement pour lui, Ewing semble jouir d'une vraie liberté sur Venom (et Thor) pour ne pas devoir être empêché par les plans des autres auteurs. Death Spiral s'est fait avec la complicité de Charles Soule et Joe Kelly et Queen in Black ne dépend pas de Chip Zdarsky. A l'heure où j'écris cette critique, je ne sais cependant pas si je suivrai Queen in Black.
 

Je continue Venom quoi qu'il en soit et j'espère que cela suffira pour ne pas être paumé si je zappe Queen in Black. C'est juste que je n'ai pas envie de me fader un event et la charge de travail que cela implique, je suis déjà bien occupé. Je compte en tout cas sur Ewing et je sais qu'il a souvent à coeur le confort de ses lecteurs.

Ce numéro de Venom est clairement un épisode de transition, d'ailleurs on y assiste à des passages de relais. Le scénario va d'un personnage à un autre pour revenir au premier et, hop ! emballé, c'est pesé. Ewing est vraiment maître dans l'art de la narration : il privilégie la fluidité et l'efficacité, même si ça ne l'empêche pas par ailleurs (sur The Mortal Thor) d'expérimenter.

Le "clou" du spectacle de Venom #259 réside dans le passage de témoin de Rick Jones à Dylan Brock qui devient le nouvel hôte de Toxin. Ewing fait passer la pilule de manière habile en rappelant que les symbiotes, quel que soit leur caractère, doive trouver quelqu'un qui leur est complémentaire. Rick Jones n'était pas un bon candidat.

Par ailleurs Ewing joue sur la continuité : après le père (Eddie Brock), il y a une logique à ce que ce soit le fils (Dylan) qui récupère Toxin. La question qui se pose maintenant, c'est de savoir si cet ado saura contenir l'instinct meurtrier de Toxin. Il sera intéressant aussi d'observer la réaction d'Eddie, MJ, voir Flash Thompson quand ils l'apprendront.

Mais Ewing a certainement tout prévu, surtout juste avant le démarrage de Queen in Black : on voit bien qu'il redistribue les cartes, prépare la bataille, rien de tout cela n'est improvisé. Cela suppose bien sûr que celui qui lit Venom apprécie ce qu'en fait Ewing - et si ce n'est pas le cas depuis VenoMJ, inutile de persévérer.

Carlos Gomez continue, lui, d'enchaîner les épisodes avec brio. Il y a de la solidité chez ce garçon : il est très régulier, ses planches ne souffrent d'aucune baisse de régime, il est aussi fort quand il faut animer des scènes d'action qui dépote que pour se concentrer sur des moments où le dialogue prend le pas. C'est très appréciable, en particulier chez Marvel où les dessinateurs sont vite essorés.

Ce n'est sans doute pas le run que les puristes loueront, mais pour part, je suis fan.

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