jeudi 11 juin 2026

THE FURY OF FIRESTORM #3 (of 9) (Jeff Lemire / Rafael de Latorre)


Tandis que Firestorm neutralise sans effort la Justice League venue l'arrêter, Lorraine Reilly/Firehawk rencontre Jason Ruchs pour qu'il l'aide. Mais il refuse d'être à nouveau impliqué avec l'homme nucléaire et lui fournit la dernière adresse connue du professeur Stein. Lequel a des secrets à confesser...


J'avais oublié de mentionner depuis que je parle de ce titre que The Fury of Firestorm est une mini série. Et visiblement DC est content des chiffres de vente (le n°1 a même eu droit à un second tirage) puisque Jeff Lemire a annoncé sur ses réseaux sociaux que l'histoire passait de six à neuf épisodes. Bon, moi, j'aurai aimé que ça dure encore plus longtemps, pourquoi pas même une série régulière...


... Mais je suppose que Lemire n'était pas prêt à ajouter une série de plus à son agenda très chargé (en plus de JSA, il a une production abondante de titres en creator-owned et justement il s'apprête à lancer à la rentrée un nouveau projet avec Dustin Nguyen). A moins que... Firestorm soit appelé à occuper le devant de la scène plus tard, avec d'autres auteurs (en vue d'un event ?).


Cessons là ces hypothèses et revenons à l'épisode de ce mois. Lemire met en retrait Firestorm pour s'intéresser à son passé et aux secrets entourant sa création. Firehawk est à la recherche du seul homme qui, pense-t-elle, peut ramener l'homme nucléaire à la raison : le professeur Martin Stein. Et le scénariste a quelques dossiers sur le bonhomme.


Sans trop en dévoiler, on apprend que Stein a conçu le projet Firestorm d'abord pour créer une entité suffisamment puissante pour raisonner, faire la police, parmi les métahumains. Il a perdu son fils à cause d'une bataille menée par le Dr. Polaris et depuis il estime que les individus dotés de super pouvoirs représentent un danger potentiel élevé.

Penser à Stein comme une sorte d'équivalent scientifique d'Amanda Waller en quelque sorte, voilà qui est astucieux et remet bien des choses en perspective. Sauf que l'idée de Stein a rencontré une opposition politique ferme quand il l'a soumise aux autorités, qui redoutait qu'une telle entité ne devienne elle-même incontrôlable. A raison comme on le constate depuis le début de ce récit.

C'est aussi une manière d'envisager Firestorm comme une réponse plus ferme face aux métahumains. Quand la série a débuté, je pensais à Jenny Sparks, The Authority, dont le rôle était aussi de gendarmer les super héros. Firestorm devient ici une sorte d'agent infiltré dont la mission était à la fois d'être au membre de la Justice League et une sorte de garde-fou à ceux qui en faisaient partie.

Evidemment tout cela a bien déraillé. Mais ce n'est pas la seule surprise que réserve cet épisode et là, évidemment, je ne peux pas aller plus loin sans spoiler. Lemire en tout cas redessine complètement le personnage de Stein, en fait une sorte de control freak, qui trahit tout le monde, qui a créé une sorte de dieu et dont la création lui a totalement échappé et qui lui fait à présent peur.

La série maintient donc, même en s'écartant de Firestorm, un degré de tension élevé. Les tentatives de Firehawk pour règler la situation se heurtent à des obstacles insurmontables, des cas de conscience tragiques. La raison pour laquelle Jason Ruchs refuse de s'impliquer est à la fois légitime et simple. Le comportement de Stein est à la fois honteux et pathétique.

Rafael de Latorre (l'autre raison pour laquelle j'en aurai bien pris pour plus de neuf épisodes) est une nouvelle fois remarquable. Ce dessinateur devrait, quoiqu'il en soit, profiter de cette mini pour devenir un artiste sur lequel DC peut - et doit ! - compter. Il possède ce que les bons dessinateurs ont : un sens de la composition, du storytelling.

Et il pousse la performance jusqu'à aligner son style sur les différentes temporalités du récit, en modifiant son trait, son encrage, pour suggérer les époques évoquées, et adresser ainsi des clés d'oeil aux périodes auxquelles Firestorm appartient dans les comics. Marcelo Maiolo le suit là-dessus en adaptant ses couleurs. Un ouvrage remarquable.

Vraiment une des meilleures productions du DC Next Level.

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