Spider-Man aide Daredevil à affronter Omen qui perturbe ses sens aiguisés. A l'université, Matt Murdock reçoit la visite des inspecteurs Forte et Callahan qui l'interrogent sur les meurtres et ses liens possibles avec les victimes. Pour piéger Omen, Daredevil sollicite l'aide de Ben Urich...
Bon, tout d'abord, il faut préciser que la couverture de ce troisième épisode survend la présence de Spider-Man qui n'apparaît que brièvement. Et cela m'a un peu agacé parce que, d'une part, quand une série fait intervenir un personnage très populaire (comme Spidey ou Wolverine), c'est que la série a besoin d'un coup de boost. Or, Daredevil s'est bien vendu sur ses deux premiers numéros.
D'autre part, Stephanie Phillips exploite très mal la présence de Spider-Man donc. Il intervient pour aider Daredevil en vue d'une future confrontation avec Omen, et ses conseils sont donc circonscrits à une paire de pages, sans plus, et sans que le lecteur comprenne vraiment en quoi Daredevil en retire quoi que ce soit d'important. L'amitié entre les deux héros est elle aussi survolée.
La même précipitation prévaut avec le retour de Ben Urich. Le lecteur peut légitimement se sentir frustré, voire floué : la scénariste fait resurgir le désormais rédacteur en chef du "Daily Bugle" mais il n'apparaît que sur deux pages et de manière anecdotique. En réalité, DD aurait pu s'adresser à n'importe quel journal pour tendre son piège à Omen.
Mais la vérité est que, si cet épisode est décevant,, c'est parce que tout ce qui s'y passe est à l'image de ces deux scènes. Tout parait superficiellement exploité. Alors, certes, on n'en est qu'au troisième épisode, il ne faut pas non plus en demander trop, Stephanie Phillips hérite d'une série qui a souffert et mérite qu'on lui accorde du temps.
Toutefois cela tend à rapprocher son travail de celui de Tom Taylor sur Detective Comics. On sent qu'elle a pour ce personnage et son univers un intérêt sincère, mais son vilain a du mal à s'imposer et ce n'est pas la dernière page qui nous éclaire beaucoup plus à son sujet. J'espérai quand même qu'on ait droit à quelque révélation sur ce que Omen reproche exactement à Matt Murdock.
Et aussi pourquoi il ôte les yeux de ses victimes (on peut deviner que c'est en rapport avec la cécité de Matt, mais tout de même, ça reste nébuleux). Un autre moment a de quoi laisser sur sa faim n'importe quel lecteur, quand les deux inspecteurs interrogent Matt et se font quand même éconduire facilement par une des collègues de Matt (qui, pourtant, ne lui avait pas témoigné beaucoup de sympathie avant).
M'est avis que tout ça trouvera quand même des réponses prochainement, mais je serai reconnaissant à Phillips de ne pas trop jouer la montre. Sans quoi on pourrait juger un brin trop désinvolte sa façon de traiter la série... Je parais sévère, un peu irrité ? Ce n'est pas par méchanceté ni impatience, seulement parce que Phillips est capable de très bonnes choses, à condition qu'elle soit rigoureuse.
C'est un peu la même réflexion qui s'applique aux pages dessinées par Lee Garbett. J'avais trouvé une ressemblance entre son trait et celui du duo Romita Jr. - Williamson (durant le run écrit par Ann Nocenti). Toutefois, je pense même un peu emballé parce que Romita Jr. et Williamson restent à un niveau qui me semble inaccessible.
Ensuite parce que Garbett a lui aussi besoin d'être poussé au cul pour donner le meilleur. Parfois il sort de très belles planches, avec des découpages simples mais bien équilibrés. Parfois, en revanche, il va surtout au plus pressé et se contente de gros plans sur les visages, qui le dispensent de décors, comme c'est le cas dans la scène avec les inspecteurs.
De manière générale, cet épisode laisse cette impression que Garbett a été trop léger dans les décors, ce qui est implacable dans une série urbaine, et plus précisément avec un héros comme Daredevil qui fait corps avec la cité. On nous explique au début que Omen l'a complètement déstabilisé... Sauf qu'on ne le ressent pas suffisamment. Attention !
C'est un peu tendu donc, mais on verra si le prochain chapitre marque un ressaisissement de la part des auteurs. Ou si cet arc est condamné à piquer du nez jusqu'à son dénouement, plombant l'avenir pourtant prometteur de cette relance.





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