dimanche 21 juin 2026

DOOMQUEST #1 (of 10) (Ryan North / Francesco Mobili)


Dr. Fatalis cherche comment faire à nouveau briller la Latvérie dans le concert des nations alors qu'il n'a pas été invité à un sommet à Amsterdam où Reed Richards expose un projet fou de voyage dans le temps. Fatalis fait construire une machine mais ces travaux attirent l'attention des super-héros...


Tout d'abord, cette semaine je n'ai reçu aucune des nouveautés que j'avais commandées, ce qui explique que je n'ai pas parlé de comics jusqu'à aujourd'hui. J'espère que la situation va s'arranger. Ensuite, j'avais oublié de consacrer une entrée à Doomquest #1, sorti le 27 Mai dernier et dont le prochain épisode est prévu pour Mercredi prochain.


Enfin... "Oublié" n'est pas exact : j'attendais plutôt de voir ce qu'il en serait parce que ce projet en dix épisodes est illustré par Francesco Mobili dont j'ai adoré le travail sur The Tin Can Society. Et je doutai qu'il soit sage de s'engager dans une série mensuelle, sachant que Marvel n'offre pas les mêmes conditions de travail qu'Image Comics (c'est-à-dire en tolérant les retards).


Alors que les sollicitations pour le mois de Septembre viennent d'être communiquées, j'ai au moins la certitude de Mobili assure les dessins jusqu'au n°5 de Doomquest, soit la moitié de la série, ce qui signifie qu'il est dessus depuis un moment et que Marvel n'a lancé la publication qu'avec un certain nombre d'épisodes achevés. Plutôt rassurant donc.


Mais Doomquest, c'est quoi au juste ? C'est une histoire originale écrite par Ryan North qui avait visiblement envie d'écrire encore sur le Dr. Fatalis après One World Under Doom. North est le scénariste de Fantastic Four depuis 4 ans maintenant (et aussi de Flash chez DC depuis Mars 2026), il jouit donc de la confiance de ses éditeurs pour produire des projets alternatifs.

Doomquest n'est pas un event, c'est un récit hors continuité, ou en tout cas qui ne s'inscrit pas dans l'actualité. Il se passe avant Blood Hunt et One World Under Doom. Si Marvel avait une collection semblable au DC Black Label, cette mini série en ferait partie. Peut-être que le succès de celle-ci ouvrira la porte à d'autres projets semblables.

Tout commence de manière classique : Fatalis est frustré par la situation de la Latvérie, et donc par le sien. Il est considéré comme un dictateur mais lui se voit comme le sauveur de sa nation et un des génies de l'humanité. Comment rendre à son pays son lustre et en jouir ? En s'aventurant là où son éternel rival, Reed Richards, n'ose pas aller bien sûr !

A Amsterdam, Mr. Fantastic est invité à exposer une idée révolutionnaire mais qu'il juge trop dangereuse malgré son potentiel extraordinaire, le voyage dans le temps non pour le corps mais pour l'âme. Fatalis sait que s'il réalise cet exploit, il pourrait réécrire l'Histoire et donc celle de son pays, prouvant ainsi sa supériorité face à Richards.

Bien entendu, quand on construit une machine capable de cela, les super héros s'en aperçoivent vite et Avengers, X-Men et Fantastic Four interviennent, au mépris du droit international (comme d'habitude...), pour stopper ce que manigance de Fatalis. L'issue de cette bataille a une conséquence inattendue pour Fatalis qui remonte bien le temps mais pas comme il l'avait prévu...

Le peu d'épisodes de Fantastic Four écrits par North que j'ai lus me sont tombés des mains. Il écrit souvent des épisodes done-in-one avec des explications pseudo-scientifiques auxquelles je ne comprends rien. Mais j'ai bien apprécié One World Under Doom, un event qui était très maîtrisé. Avec Doomquest, on est dans du bon North.

J'aime particulièrement la manière dont il traite Fatalis, il n'excuse pas son comportement tyrannique, ses attitudes menaçantes, la crainte qu'il inspire à ses sujets. Mais on voit aussi qu'il estime le véritable génie qu'il est, la volonté de porter la Latvérie en haut de l'échelle. Sa rivalité avec Richards est convenue mais elle reste un carburant toujours aussi efficace.

Ce premier épisode ne prétend donc pas réinventer la roue : le voyage dans le temps, les super héros qui débarquent, tout ça est classique. Pourtant North surprend vraiment quand il montre la Torche Humaine agir de manière inattendue à un moment clé. Et surtout le cliffhanger est à la fois très drôle, très cruel et imprévisible.

Et puis il y a Francesco Mobili. Il est ici colorisé par Frank d'Armata, qui respecte parfaitement le dessin de l'artiste en employant une palette nuancée. Mobili a pris une autre dimension depuis The Tin Can Society et lui confier cette mini série prouve de la part de Marvel un réel souci de donner du cachet graphique au projet.

Mobili nous gratifie de plusieurs pleines et doubles pages somptueuses, riches en détails, avec des compositions impressionnantes, un découpage à la fois dense et fluide. La façon dont il représente l'armure et le masque de Fatalis pourra diviser mais le réalisme choisi est impressionnant. Fatalis y gagne encore en charisme et en puissance. Chacune de ses apparitions est marquante.

Bien sûr se pose la question de savoir si Mobili tiendra le rythme pendant dix mois, conservera cette qualité sur une telle durée. Sur The Tin Can Society, il avait pris du retard vers la fin mais comme c'était une série en creator-owned, Image Comics n'avait pas à imposer un fill-in artist. Est-ce que, si Mobili est à la bourre, Marvel sera aussi sage en décalant la sortie des épisodes ? Ou devra-t-on supporter une doublure sûrement de moindre qualité ? 

J'espère que, puisque l'histoire n'a aucune incidence sur le reste de publications actuelles de Marvel, qu'on laissera Mobili travailler en paix parce que ce serait vraiment regrettable autrement.

En tout cas, ce premier épisode de Doomquest est très prometteur et donne envie de lire la suite.

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