Paul Sanders, mère célibataire, responsable du fact-checking pour un journal en ligne, trouve du réconfort auprès de Trevor, un séduisant camboy, avec lequel elle a tissé des liens. Jusqu'à ce qu'elle soit témoin de son agression par un homme cagoulé qui le tabasse et l'étrangle. Elle a la présence d'esprit de filmer la scène avec son téléphone pour la présenter à la police. Mais lorsqu'elle fait sa déposition à l'inspectrice Sofia Gonzalez, celle-ci pense qu'il s'agit d'une mise en scène pour soutirer de l'argent à Paula.
Et elle pense bien car, effectivement, le lendemain, Paula reçoit au appel téléphonique de Trevor qui réclame 50 000 $ sinon, prétend-il, il sera tué par son agresseur. Elle décide de l'ignorer, d'autant plus que sa vie est déjà largement compliquée, entre sa rédactrice en chef qui lui fait miroiter une promotion, et surtout la garde de sa fille Hazel, confiée pour l'instant à son ex-mari, Karl, et sa nouvelle femme, Mallory. Ces derniers prévoient en outre de déménager dans l'Idaho, réduisant d'autant les occasions pour Paula de voir sa fille.
Evidemment, les choses n'en restent pas là et Paula continue de recevoir des appels du ravisseur de Trevor. En observant attentivement la vidéo de son agression, elle réussit à localiser son adresse et s'y rend. Elle entre dans son appartement, dont la porte est entrouverte, et découvre, horrifiée, son cadavre dans la baignoire. C'est alors qu'elle entend des pas approchés et se cache dans une penderie : l'assassin vient découper le corps. Elle s'enfuit mais laisse derrière elle de maigres indices sur sa présence qui motivent le meurtrier à la pister...
En scrollant sur Twitter, comme je suis le compte de l'écrivain Stephen King, j'ai vu qu'il recommandait cette série qu'il venait de découvrir. Et ça tombait bien, comme Margo a des problèmes d'argent, elle était diffusée sur Apple TV+, auquel je suis encore abonné. J'ai binge watché les huit épisodes ce week-end et si je suis un peu moins enthousiaste que King, j'ai compris pourquoi lui l'était et pourquoi il fallait recommander Maximum Pleasure Guaranted (en vo).
Commençons toutefois par ce qui ne m'a pas plu. Le format des épisodes est en moyenne de 42', la durée standard, parfois moins (le plus court des épisodes fait 29'). Aujourd'hui, il n'est plus rare que les séries compte moins d'épisodes qu'autrefois quand une saison avait une 20taine de chapitres et c'est fréquent que la durée des épisodes varie aussi.
Toutefois, j'ai parfois eu l'impression que certains épisodes s'égaraient un peu en accumulant les rebondissements, les péripéties, et je pense qu'une narration plus serrée aurait été profitable à l'ensemble avec des épisodes de 30-35' environ, pas plus, pas moins. C'est d'ailleurs quelque chose qui me perd un peu avec les séries policières, cette densité à géométrie variable.
Et c'est le deuxième point qui m'a posé problème : Plaisir Maximum Garanti (en vf) est un peu trop riche, comme on le dirait d'un plat cuisiné, trop d'aliments, pas toujours digeste. Beaucoup trop de personnages, et donc d'événements, qui nuisent au rythme d'ensemble. On voudrait pouvoir suivre cette intrigue, déjà tortueuse, sans être distrait. Et hélas ! on l'est trop souvent.
La série donne le sentiment de se disperser inutilement. Par exemple, tout ce qui concerne la bataille que se livrent Paula et Karl (et sa nouvelle femme, Mallory) pour la garde de Hazel, prend, à mon goût, beaucoup trop de place. Surtout quand Mallory s'en mêle et complique encore plus ce casus belli déjà bien documenté, et qui fait passer Karl pour un type bien naïf et manipulable.
Enfin, au titre des seconds rôles encombrants, Paula est assistée dans ses investigations par deux de ses collègues (qui sont en vérité plus ses subalternes, ses assistants), Rudy et Geri. Et il faut bien dire que si Geri tire son épingle du jeu (parce qu'elle participe vraiment tout en cachant son jeu, puisqu'elle écrit en secret un article inspiré des déboires de Paula avec les sexcrocs), Rudy devient vite exaspérant.
En fait la série regorge de trios qui auraient gagné à n'être que des duos. Il y a le trio Paula-Karl-Mallory, Paula-Geri-Rudy, Trevor-Sky-Ash... Au final, et j'en passe, ça fait beaucoup de monde - trop ! Et, pour filer l'analogie avec les comics où les scénaristes doivent faire tenir l'essentiel en 20 pages tous les mois, là il faut faire tenir l'essentiel en 40' par épisode.
Ceci me fournit la transition vers ce qui fonctionne et mérite qu'on regarde ce show. Cette densité sert quand même pas mal la globalité de la série. C'est vrai, c'est trop riche, trop rempli. Mais si on se concentre sur l'essentiel, c'est-à-dire l'enquête de Paula, c'est très efficace. Surtout quand, de témoin d'une agression qui a tout d'un fake, elle devient la cible d'un mystérieux tueur (qui, lui, est bien vrai).
Il y a même quelque chose d'assez drôle, d'un humour noir qui a parlé à Stephen King sûrement, parce qu'en vérité Paula ignore pratiquement tout du long qu'elle est pistée par l'assassin de Trevor. Elle pense n'avoir laissé rien derrière elle qui permette qu'on remonte sa piste, sauf que, comme elle, le meurtrier est extrêmement minutieux, attentif aux détails, ingénieux.
La plupart du temps, quand elle se met volontairement en danger, Paula n'a affaire qu'à des criminels aussi maladroits, amateurs qu'elle dans son rôle de détective. Au début, elle peut compter sur l'inspectrice Gonzalez, qui fait preuve d'un flegme incroyable, pour assurer ses arrières, mais quand elle est accompagnée de Rudy et Geri, elle s'en sort, non pas grâce à eux, mais parce qu'elle pense qu'ils la sauveront.
La série développe une sorte de mythologie comme on disait au temps des grandes productions feuilletonnesques, type Lost ou X-Files, dans la mesure où à la fin du 8ème épisode, il est clair qu'il y aura une deuxième saison, mais surtout parce que la mort de Trevor et les ennuis que cela va causer à Paula ont provoqué une réaction en chaîne.
On a droit à une organisation secrète dont est issu l'assassin de Trevor qui dispose d'un impressionnant arsenal, capable de devancer les flics de New York, de faire disparaître des corps, de remonter des infos personnelles, etc. Paula a mis le doigt dans un engrenage qui la dépasse tellement qu'elle n'en a même pas conscience.
Cela dénote une vraie ambition pour la série, à condition que cela ne l'étouffe pas, car, c'est la limite des mythologies sérielles, plus le background d'une intrigue est riche, plus le risque que le personnage principal soit noyé dans une conspiration est grand et ôte au show ce qui le rend attachant - c'est-à-dire, précisément, la qualité de sa caractérisation.
David Gordon Green a su en tout cas assembler un casting très solide pour sa production, notamment en récupérant Tatiana Maslany, qu'on pensait perdue après le naufrage She-Hulk : Avocate sur Disney+ (sans doute possible la pire série du MCU). Ici, heureusement, on retrouve la comédienne qu'on a adoré dans Orphan Black et la manière dont elle anime la série est formidable d'énergie.
Jake Johnson, vu dans The New Girl, campe son ex-mari tandis que Jessy Hodges joue la nouvelle femme de celui-ci - tous deux également odieux. Murray Bartlett en tueur est glaçant à souhait. Dolly de Leon est sensationnelle en inspectrice pugnace. Kiarra Hamagami Goldberg est épatante en collègue ambitieuse.
Plaisir Maximum Garanti est un polar addictif qui donne envie d'aller plus loin, même s'il gagnerait vraiment à être délesté de quelques éléments plus superflus que nécessaires pour procurer le fun qu'en attend le téléspectateur.









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