Je ne vous dirai pas s'il parvient à ses fins, mais au bout du compte une autre quête motive Fatalis : celle de sortir de cette boucle temporelle. En effet, quelle que soit l'issue, naufrage ou non, il est renvoyé au point de départ, simple passager parmi d'autres. Qu'il survive ou meure, la modification de la situation doit être déterminante pour qu'il échappe à ce cadre.
Fatalis emploie la magie, sans grand succès. La force. La ruse. Jamais il ne se départit de son arrogance. De sa pugnacité. Sa mission est double : changer le sort de la Latvérie dès cette époque et quitter cette époque. Cette version d'Un Jour sans Fin avec Fatalis dans le rôle de Bill Murray est jubilatoire, grâce à une narration remarquable de Ryan North.
Bien entendu, comme le n° de Lobo paru cette semaine, il s'agit là d'une entreprise opportuniste au moment où un film va donner la vedette au personnage (Lobo avec Supergirl, Fatalis avec Avengers : Doomsday). Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Et, bien qu'ils s'inscrivent dans des registres très différents, Lobo #4 et Doomquest #2 sont également réussis.
C'est aussi grâce à la réussite de leur partie graphique. Francesco Mobili, avec les couleurs de Frank d'Armata, nous gratifie de planches magnifiques où l'artiste italien fait parler son style réaliste, son sens des détails, son découpage sobre et fluide, ses compositions fabuleusement équilibrées, pour nous en mettre plein la vue.
La qualité du résultat est éblouissante et si Mobili, encore une fois, réussit à tenir le rythme sans céder un pouce à cette exigence visuelle, Doomquest peut vite devenir un classique - et pourquoi pas ouvrir la voie à d'autres mini séries du même acabit, équivalentes à celles de DC sous leur Black Label.
J'étais motivé par Mobili et il ne me déçoit pas. Mais North lui donne un script extraordinaire. Autant d'atouts pour une lecture enthousiasmante.





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