lundi 29 juin 2026

DOOMQUEST #2 (of 10) (Ryan North / Francesco Mobili)


L'esprit de Victor von Fatalis occupe le corps d'un passage du Titanic. Il tente d'éviter la collision fatale avec l'iceberg, mais échoue, maîtrisé par des hommes d'équipage qui le prennent pour un fou. Le naufrage et la mort le ramènent aux heures précédent la catastrophe. Fatalis va s'employer à sortir de cette boucle temporelle...
 

Décidément, cette mini-série s'avère réjouissante. Ryan North a donc envoyé l'esprit au début du XXème siècle après le sabotage de sa machine à remonter le temps par Mr. Fantastic qui lui en avait donné, involontairement, l'inspiration. Ici, il ne s'agit donc pas de voyager dans le temps physiquement : seul l'esprit fait le déplacement et investit un corps du passé.


Fatalis va donc devoir faire avec et évidemment il se montre aussi impatient qu'impétueux. Raison pour laquelle il échoue plusieurs fois à empêcher le naufrage du Titanic à bord duquel il se piéger. Mais Fatalis apprend vite quand il s'y met, sans toutefois prendre la mesure des événements dans leur gobalité.
 

Il ne faut en effet pas oublier qu'il comptait remonter le temps pour modifier le cours de l'Histoire de la Latvérie, en la faveur de sa nation. Or, en 1912, Fatalis apprend que son pays est considéré (déjà) comme un bout de terre sans importance, peuplé selon le reste du monde par des barbares incultes. Quand il sauve les passagers du paquebot en échange de l'aide des plus riches pour aider la Latvérie, une fois revenus à bon port, ceux-ci le font arrêter par la police.


Je ne vous dirai pas s'il parvient à ses fins, mais au bout du compte une autre quête motive Fatalis : celle de sortir de cette boucle temporelle. En effet, quelle que soit l'issue, naufrage ou non, il est renvoyé au point de départ, simple passager parmi d'autres. Qu'il survive ou meure, la modification de la situation doit être déterminante pour qu'il échappe à ce cadre.

Fatalis emploie la magie, sans grand succès. La force. La ruse. Jamais il ne se départit de son arrogance. De sa pugnacité. Sa mission est double : changer le sort de la Latvérie dès cette époque et quitter cette époque. Cette version d'Un Jour sans Fin avec Fatalis dans le rôle de Bill Murray est jubilatoire, grâce à une narration remarquable de Ryan North.

Bien entendu, comme le n° de Lobo paru cette semaine, il s'agit là d'une entreprise opportuniste au moment où un film va donner la vedette au personnage (Lobo avec Supergirl, Fatalis avec Avengers : Doomsday). Mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Et, bien qu'ils s'inscrivent dans des registres très différents, Lobo #4 et Doomquest #2 sont également réussis.

C'est aussi grâce à la réussite de leur partie graphique. Francesco Mobili, avec les couleurs de Frank d'Armata, nous gratifie de planches magnifiques où l'artiste italien fait parler son style réaliste, son sens des détails, son découpage sobre et fluide, ses compositions fabuleusement équilibrées, pour nous en mettre plein la vue.

La qualité du résultat est éblouissante et si Mobili, encore une fois, réussit à tenir le rythme sans céder un pouce à cette exigence visuelle, Doomquest peut vite devenir un classique - et pourquoi pas ouvrir la voie à d'autres mini séries du même acabit, équivalentes à celles de DC sous leur Black Label.

J'étais motivé par Mobili et il ne me déçoit pas. Mais North lui donne un script extraordinaire. Autant d'atouts pour une lecture enthousiasmante.

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