Moon Knight retourne consulter sa psy, le Dr. Andrea Sherman, auprès de qui il s'excuse pour les rendez-vous manqués et à qui il confie un problème. Le super vilain connu sous le nom du Démolisseur est venu à la Midnight Mission pour faire appel à ses services. Il n'a pas pu refuser car il lui en devait un.
Hanté par les fantômes des civils qu'il a tués, le Démolisseur suit Moon Knight dans un cimetière et les défie. C'est alors que Scarlet Scarab intervient, furieuse que Moon Knight aide un criminel. Ensemble, ils vont au sanctum sanctorum du Dr. Strange mais, en son absence, ils sollicitent l'aide de Clea, sa femme. Pour les aider à cibler celui qui tourmente le Démolisseur, elle les envoie enquêter dans le plan astral...
Cette semaine, je n'ai acheté qu'une nouveauté mais avant de vous en parler, je dois rattraper mon retard sur les critiques de Moon Knight, en commençant par terminer celles du run de Moon Knight : Fist of Khonshu et les épisodes 12 à 15. Je ne me rappelle plus pourquoi j'avais ça en plan mais je vais réparer cela.
Ces chapitres terminent donc un nouveau volume de Moon Knight par Jed MacKay, qui depuis a relancé la machine avec Marc Spector : Moon Knight. On peut s'agacer de ces relaunchs sous des nouveaux titres, mais c'est certainement le seul moyen pour le scénariste de continuer son run, vu que Marvel mise toujours sur des relances pour espérer séduire de nouveaux lecteurs.
Les épisodes 0 à 10 de Fist of Khonshu formaient une seule intrigue, épique, où Moon Knight affrontait Achilles Fairchild, un renégat asgardien devenu trafiquant de drogue dans le quartier que protège le justicier. Après avoir démantelé son réseau, Moon Knight voyait quand même son adversaire lui échapper mystérieusement.
Pour permettre à tout le monde de souffler, l'épisode 11 mettait en scène l'anniversaire de Marc Spector qui, à cette occasion, revoyait sa fille. Pour boucler ce volume, MacKay inaugure un dernier arc narratif qui voit son héros obligé de rendre un service au Démolisseur. Celui-ci lui rappelle qu'il l'a aidé durant l'event Blood Hunt.
L'intrigue tourne autour de fantômes qui persécutent le Démolisseur, il s'agit des victimes qu'il a faites durant ses nombreux méfaits, sauf que les quatre spectres qui le hantent proviennent d'une époque où son fameux pied de biche enchanté (offert à l'origine par Loki pour battre Thor) avait été remplacé par un autre (offert celui-ci par Mme Masque).
L'arme avait littéralement possédé le Démolisseur qui ne se rendait alors plus compte des horreurs qu'il commettait. MacKay interroge régulièrement durant cette histoire la notion de responsabilité et de culpabilité. Aider un criminel est-il responsable ? Un criminel possédé est-il coupable ? Le Démolisseur et Moon Knight ne sont-ils pas comme les deux faces d'une même médaille ?
En effet Marc Spector et Layla El-Faouly/Scarlet Scarab furent mercenaires en Egypte et ont eux aussi du sang sur les mains et une séquence de l'épisode 14 illustre cela avec force, brouillant les repères entre héros et vilains. Le méchant, dès lors, de cette aventure en est-il vraiment un ? La réponse apportée par le scénario est intelligente car trouble et troublante, explorant les notions de vengeance et d'intérêt personnel avant la justice.
MacKay en profite pour ramener dans la série celle dont il avait fait un temps le nouveau sorcier suprême après la mort de Dr. Strange, sa propre femme Clea. Comme c'est un scénariste qui a de la suite dans les idées, il paraît évident qu'on reverra la déesse de la dimension noire dans le futur et sur la route de Moon Knight...
L'incorporation de Scarlet Scarab, qu'on avait vue dans la série Moon Knight sur Disney + (et qu'on préfèrera oublier), est opérée de manière assez habile pour ne pas paraître trop forcée. Qui sait, pour elle aussi, peut-être que l'auteur a des plans ?
Ces quatre épisodes sont tous dessinés par Domenico Carbone qui a donc l'occasion de briller pleinement alors que, jusqu'à présent, il était uniquement employé pour suppléer Devamalya Pramanik. Son trait évoque toujours celui d'Olivier Coipel, ce dont il est difficile de se plaindre, mais sa prestation est impeccable, pleine d'énergie, avec notamment une capacité à représenter les effets magiques de façon très graphique.
Le tout s'achève sur un cliffhanger qui est une parfaite rampe de lancement pour Marc Spector : Moon Knight. Jed MacKay tient à son personnage, le maîtrise formidablement, et Marvel le laisse faire. On ne peut que s'en féliciter, tant le résultat est à la hauteur, et figure même parmi les plus belles productions actuelles de 'l'éditeur.








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