Lobo reçoit un nouveau contrat : il doit s'introduire dans une forteresse de solitude dont Superman se sert pour entreposer du matériel qu'il utilise rarement. Une fois dans la place, Supergirl arrive. La suite est prévisible...
Evidemment, les esprits chagrins diront que c'est un épisode opportuniste : il sort la même semaine que le film Supergirl de Craig Gillespie (ce mercredi en France, vendredi aux Etats-Unis). Mais soyons lucides : vous croyez qu'un éditeur va se priver de l'exposition d'un long métrage pour ne pas produire un comic book avec les mêmes personnages ?
Ce qui compte vraiment au fond, et je pense que là-dessus tout le monde peut en convenir, c'est la manière dont sont racontées les histoires en question. Bien entendu que Skottie Young n'allait pas calquer son scénario sur celui du film (qui s'inspire de Supergirl : Woman of Tomorrow, de Tom King et Bilquis Evely). Et c'est ce qui fait tout le sel de l'épisode.
Young prévient lui-même : il s'agit du crossover que tout le monde attendait - ou craignait. Et comme Young est un sale gosse, l'affrontement qu'il orchestre entre Lobo et Supergirl est férocement drôle, outrancier à souhait, hilarant, et incorrect. L'argument de l'épisode ne fait même pas semblant de trouver un prétexte original : c'est volontairement grotesque.
Et puis une bonne histoire tient aussi à sa chute et celle de cet épisode de Lobo est particulièrement bouffonne. Si vous croyez encore que le chien est le meilleur ami de l'homme (ou de la femme), vous allez bien rigoler devant les conneries de Krypto et du clébard du Main Man, qui sont au moins aussi idiots et dévastateurs que leurs maîtres...
Y a pas à dire mais lire Lobo chaque mois, ça fait du bien. C'est complètement idiot, c'est bourrin, mais qu'est-ce que c'est marrant. Young ose tout, surtout le mauvais goût, et on ne peut qu'être empli de gratitude envers DC de laisser un tel auteur en liberté, sans se soucier du qu'en-dira-t-on. Il suffit de voir comment Lobo se rase (au lance-flamme !) pour éclater de rire !
Et tout est au diapason. Il faut dire aussi que Young a avec Jorge Corona un compagnon de choix. Son dessin a quelque chose d'hystérique, lui non plus ne s'interdit rien. La série tourne à la farce et l'assume. Son héros est un abruti, son chien aussi, son complice ne vaut pas mieux : comment ne pas se bidonner devant le spectacle qu'offre cette bande de gredins ?
La baston entre Supergirl et Lobo est un grand moment : chacun se balance des torgnoles insensées, brûle les fesses de l'autre avec ses rafales optiques, tout en assaisonnant les mandales de sentences rock'n'roll. Il règne ici un esprit punk totalement iconoclaste mais parfaitement maîtrisé. Bien plus tonique que ce que fait Daniel Warren Johnson qui semble souvent s'excuser de ses délires en y plaquant une épaisse couche mélodramatique.
Lisez Lobo - ou croisez les doigts pour qu'Urban Comics le traduise, parce que c'est sûrement ce que le DC Next Level donne à lire de plus jubilatoire.





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