dimanche 24 mai 2026

WEDDING NIGHTMARE 2 (Matt Betinelli-Olpin & Tyler Gillett, 2026)


Après avoir survécu à la partie de cache-cache assassine de la famille Le Domas, Grace MacCaulley est transportée à l'hôpital. A son réveil, un inspecteur de police lui signifie qu'elle est la suspecte n°1 dans le meurtre de la famille. Puis sa soeur cadette, Faith, à qui elle n'a plus parlée depuis son départ à l'université, débarque et l'écoute raconter ce qui lui arrivée.


Pendant ce temps Chester Danforth convoque les membres du Haut Conseil pour éliminer la mariée qui a survécu. Les enfants de Chester, Ursula et Titus, le tuent selon sa volonté pour prétendre à la direction du Haut Conseil. Wilkinson, un des membres, décide de tuer seul Grace mais il échoue. L'Avocat du Haut Conseil, capturent Grace et Faith et, une fois revenues à elles, leur explique qu'elles vont être les proies d'une chasse dans le manoir Danforth. Si elles sont encore vivantes à l'aube, elles seront relâchées.


Contraintes de s'allier car elles sont menottées l'une à l'autre, Grace et Faith parviendront-elles à passer la nuit ?


En 2019, le duo de réalisateurs Matt Betinelli-Olpin - Tyler Gillett livraient Ready or Not ("traduit" en vf par Wedding Nightmare...), une série B très efficace sur l'histoire d'une jeune femme épousant un fils de bonne famille qui, lors du repas de noces, acceptait de participer à un jeu de cache-cache en découvrant qu'elle devenait ainsi la proie d'une bande de détraqués satanistes.


Le résultat était jubilatoire et obtint d'ailleurs un joli succès en salles, confirmant Samara Weaving comme vedette de ce genre de productions improbables, après The Babysitter. Les cinéastes étaient attendus pour une suite mais ils ont pris leur temps, leur star étant accaparée ailleurs. Et donc, sept ans après, voici venir Ready or Not 2 : Here I Come (Wedding Nightmare 2).


Un peu comme John Wick, les producteurs ont dû penser qu'il y avait dans le premier film matière à développer une franchise. Mais, c'est bien connu, il ne faut pas abuser des bonnes choses, et comme pour John Wick, ce conseil n'a pas été suivi. C'est fort dommage, et cela vient souligner à quel point Samara Weaving n'a pas de chance quand il s'agit de reprendre un de ses rôles (même si c'est ici moins grave que pour The Babysitter 2).


Qu'imaginer pour relancer Wedding Nightmare ? Ils n'allaient quand même pas écrire une intrigue où Grace MacCaulley épouserait un nouveau bourgeois barjo. Alors les scénaristes, Guy Busick et R. Christopher Murphy, ont sorti de leur chapeau la soeur de l'héroïne et un Haut Conseil sataniste qui, fort perturbé d'avoir perdu une des familles qui le composait, décide de tenter à son tour d'occire la mariée.

Le souci, c'est que ces deux éléments ne fonctionnent jamais. Faith, la frangine, est censée n'avoir pas vu son aînée depuis des lustres et être fâchée avec elle, mais jamais on ne ressent une véritable animosité entre elles. Leurs disputes sont artificielles, sans intensité, sans tension, et surtout on se demande pourquoi ce Haut Conseil prend la peine d'enlever Faith.

En effet, cela ne sert à rien : kidnapper Samantha leur suffit, Faith ne peut/ne veut pas la retrouver. Ce Haut Conseil se complique inutilement la vie en enlevant deux soeurs au lieu d'une. C'est vraiment l'argument qui ne tient jamais la route, ne résiste pas à l'examen critique de la situation. Et puis le traitement de Faith laisse vraiment à désirer.

Dans une scène où elle décide de tenter de s'échapper seule, Faith est rattrapée par Titus Danforth. Ce dernier est le vrai méchant, ou du moins le plus réellement effrayant du lot, d'abord présenté comme un frère soumis à sa soeur et qui s'affranchit en devenant de plus en plus violent. Cette violence débridée va se déchaîner contre Faith.

Il la roue de coups pour purger sa frustration d'avoir été dominé par des femmes (sa soeur Ursula et Grace). Mais la séquence devient malaisante car elle s'éternise. Les coups de poing succèdent aux gifles, puis ce sont des coups de pied. Le type s'acharne et le spectacle de cette brutalité devient dérangeant, complaisant, comme si les réalisateurs partageaient la joie du personnage à se défouler contre une jeune femme.

Ensuite il y a le Haut Conseil lui-même qui pose problème. Ce qui faisait le sel de Ready or Not 1, c'était que les assaillants de Grace faisaient partie d'une seule famille. Ici, on a affaire à des paires, des trios, composés de pères, de mères, d'enfants, d'épouses, de frères. N'en jetez plus ! Il y a tout simplement trop de personnages.

Et inévitablement leur caractérisation se limite à des clichés. Le latino est sanguin, l'indien est mystique, l'asiatique est fourbe. On trouve même l'ex petite amie du fils Le Domas qui croise donc opportunément la route de Grace, dont de la femme qui lui a volé son amant avant de le liquider, et évidemment cette ex est une hystérique totale.

Malgré leur nombre et leur arsenal, tous sont de vrais manches. Le latino se sert d'un fusil à lunettes avec lequel il est incapable de toucher quoi que ce soit. Les enfants Danforth se servent d'un vieux pistolet et d'une pioche (!). L'asiatique a of course un sabre. L'ex dégaine un bazooka... C'est du WTF complet mais même pas drôle.

En vérité le film affiche tous les défauts d'une mauvaise suite, en surenchérissant : plus de personnages, plus d'armes incongrues, plus de clichés, plus d'explosions sanguinolentes... Mais moins de nervosité, de comédie... La mayonnaise ne prend jamais. C'est long, bavard, pas drôle, pas méchant. C'est terriblement mauvais.

Que peut-on sauver de ce naufrage ? Kathryn Newton ? Même pas : elle ne réussit jamais à convaincre qu'elle peut être la soeur rancunière de Samara Weaving. Cette dernière est impeccable mais elle se gâche dans cette affaire indigne de son talent et de son charisme. Sarah Michelle Gellar aussi. Elijah Wood idem. Shawn Hatosy est flippant mais bon... Ah, et il y a David Cronenberg dans le rôle du père Danforth : une vraie curiosité.

Oui, décidément, Samara Weaving ne devrait plus signer pour jouer dans les suites de ses succès. A ce stade, ça tient de la malédiction.

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